L'agitation qui avait régné dans le concile, tant que les intérêts
personnels avaient divisé les esprits, se calma par l'élection de
Nectarius. Dans le silence des passions humaines, la foi parla seule,
et son langage fut unanime. Toutes les hérésies contraires à la
décision de Nicée, et à la doctrine orthodoxe sur la Trinité, furent
frappées d'anathème. Pour confondre les Macédoniens, qui niaient la
divinité du Saint-Esprit, on arrêta le symbole, tel qu'on le chante
aujourd'hui à la messe, à l'exception de l'addition _filioque_, qui est
plus récente. On fit plusieurs canons de discipline. Le plus fameux est
celui qui donne à l'église de Constantinople le premier rang d'honneur
après celle de Rome; et la raison qu'allègue le concile, c'est que
Constantinople est la nouvelle Rome. Ce canon ne parlait que du
rang; on l'étendit depuis à la juridiction. Le concile de Chalcédoine
attribua à l'église de Constantinople l'ordination des métropolitains
de la Thrace, de l'Asie et du Pont. Ce nouveau patriarche eut la
supériorité d'honneur sur ceux d'Alexandrie et d'Antioche; mais il n'en
fut point un démembrement; parce que les trois diocèses dont il fut
composé, ne dépendaient auparavant d'aucun patriarchat. Les évêques
se séparèrent vers la fin de juillet, après que Théodose eut promis
d'appuyer de son autorité l'exécution de leurs décrets. Ce concile
n'était pas œcuménique dans son origine; mais il le devint ensuite
pour ce qui regarde la foi, par l'accession du pape Damase et de tout
l'Occident. Il tient le second rang entre les conciles généraux.
[Note latérale: XXIX.
Lois de Théodose contre les hérétiques à l'occasion de ce concile.
Cod. Th. l. 16, tit. 7, leg. 1, 2, 3; tit. 5, leg. 7, usque ad 25.
Soz. l. 7, c. 12.