Hermant, vie de S. Greg. l. 9, c. 18 et 26.]

On ne pouvait se flatter de donner à Grégoire un successeur d'un

égal mérite. Théodose recommanda au concile de ne rien négliger pour

trouver un pasteur digne d'une place si importante: mais les vues de

la plupart des prélats n'étaient pas si pures que celles du prince.

Les intérêts d'amitié ou de parenté, déterminaient les suffrages.

Il y avait alors à Constantinople un nommé Nectarius, né à Tarse,

d'une famille sénatorienne, et actuellement préteur. Comme il était

sur le point de retourner dans sa patrie, il alla rendre visite à

Diodore évêque de Tarse, pour lui offrir de se charger de ses lettres.

Diodore cherchait alors dans son esprit sur qui il ferait tomber son

choix. La vue de Nectarius fixa son irrésolution. Les cheveux blancs

du magistrat, sa physionomie noble et majestueuse, la douceur et la

probité peintes sur son visage, le rendaient respectable. Le prélat,

frappé de cette idée, le conduisit au nouvel évêque d'Antioche,

qui avait beaucoup de crédit sur l'esprit de l'empereur; il lui

demanda sa voix en faveur de Nectarius. Flavien reçut d'abord en

riant la recommandation de Diodore; il trouvait quelque chose de

bizarre à proposer un laïque presque inconnu, en concurrence avec

les ecclésiastiques les plus distingués dans le clergé des églises

d'Orient. Cependant, par complaisance pour son ami, il conseilla à

Nectarius de différer son départ de quelques jours. Théodose, pour

accélérer l'élection, pria les évêques de lui donner par écrit les

noms de ceux que chacun d'eux avait en vue, se réservant la liberté

de choisir. Flavien ayant composé la liste de ceux qu'il proposait

sérieusement, voulut bien, pour ne pas désobliger Diodore, ajouter à

la fin le nom de Nectarius. Ce fut à ce nom que s'arrêta la pensée

de l'empereur; il connaissait ce magistrat; il estimait sa vertu.

La vie de Nectarius n'avait pas toujours été fort réglée; mais il

avait corrigé dans la maturité de l'âge les désordres de sa jeunesse.

Théodose, après avoir plusieurs fois relu la liste avec réflexion,

se décida pour Nectarius. Ce choix surprit tous les évêques; on se

demandait qui était ce Nectarius; on fut encore plus étonné d'apprendre

qu'il ne fût pas encore baptisé, quoique déja avancé en âge. Ni cette

circonstance, ni les représentations de plusieurs prélats ne firent

changer d'avis à l'empereur. Nectarius fut baptisé; et, avant même que

d'avoir quitté l'habit de néophyte, il reçut les ordres sacrés et fut,

en présence du prince, installé sur le siége épiscopal avec le suffrage

unanime des évêques, du clergé et du peuple de la ville. Ce fut un

prélat médiocre, plus pieux que savant, plus capable de ménagement

que de fermeté, plus versé dans les affaires politiques que dans les

matières de la foi; mais Théodose fut heureux qu'un choix si hasardé

n'eût pas des suites plus fâcheuses.

[Note latérale: XXVIII.

Décrets du concile.

Socr. l. 5, c. 8.

Soz. l. 7, c. 9.

Pagi ad Baron.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 162 / 388 题