Il ne devait pas être si facile d'obtenir le consentement de Théodose.
Grégoire alla au palais, et s'approchant de l'empereur, qu'il trouva
environné d'une cour nombreuse et brillante: «Prince, lui dit-il, je
viens vous demander une grâce; vous aimez à en accorder. Ce n'est pas
de l'or pour mon usage, ni de riches ornements pour mon église; ce ne
sont pas non plus des gouvernements ni des emplois pour quelqu'un de
mes proches. Je laisse ces faveurs à ceux qui recherchent ce qui n'est
de nul prix. Mon ambition s'est toujours élevée au-dessus des choses
de la terre. Je ne désire de votre bonté que la permission de céder à
l'envie. Je respecte le trône épiscopal; mais je ne veux le voir que
de loin. Je suis las de me rendre odieux à mes amis mêmes, parce que
je ne cherche à plaire qu'à Dieu. Rétablissez entre les évêques cette
concorde si précieuse; qu'ils terminent enfin leurs débats, si ce n'est
par la crainte de la justice divine, du moins par complaisance pour
l'empereur. Vainqueur des Barbares, remportez encore cette victoire sur
l'ennemi de l'église. Vous voyez mes cheveux blancs et mes infirmités.
J'ai épuisé au service de Dieu, ce qu'il m'avait donné de forces.
Vous le savez, prince, c'est contre mon gré que vous m'avez chargé
du fardeau sous lequel je succombe; permettez-moi de le mettre à vos
pieds, et d'achever en liberté ce qui me reste d'une longue et pénible
carrière.» Ces paroles affligèrent sensiblement l'empereur; mais la
demande était aussi juste que sincère; il consentit à regret, et le
saint prélat, après avoir dit adieu à son peuple par un discours plein
d'une tendresse noble et chrétienne, qu'il prononça dans la grande
église de Constantinople, en présence des évêques du concile, alla
terminer le cours d'une vie pénitente et laborieuse dans sa chère
solitude, après laquelle il n'avait cessé de soupirer.
[Note latérale: XXVII.
Élection de Nectarius.
Socr. l. 5, c. 8.
Soz. l. 7, c. 7, 8 et 10.
Theod. l. 5. c. 8, 9.
Marcel. Chr.
Zon. l. 13, t. 2, p. 36.