Cependant, on avait mandé aux évêques d'Égypte et de Macédoine de venir
se joindre au concile, sous prétexte de contribuer au rétablissement
de la paix. C'étaient sans doute les ennemis de saint Grégoire qui
les y avaient appelés. Les évêques d'Occident étaient prévenus contre
son ordination: Timothée frère et successeur de Pierre d'Alexandrie,
mort depuis peu, et les autres évêques d'Égypte n'étaient pas mieux
disposés. Ils réclamaient l'autorité des canons contre un prélat, qui
déja évêque de deux siéges, disaient-ils, était venu s'emparer encore
de celui de Constantinople. Saint Grégoire n'eût pas été embarrassé de
se défendre, s'il eût souhaité de gagner sa cause; mais il embrassa
avec empressement cette occasion de se soustraire à tant de cabales
et de traverses; et après avoir déclaré que, pour calmer la tempête,
il subirait avec joie le sort de Jonas, il abdiqua l'épiscopat en
plein concile. Il y eut un petit nombre d'évêques qui sentirent la
perte que faisait l'église de Constantinople, et qui pour n'avoir rien
à se reprocher, sortirent de l'assemblée avec une profonde douleur.
Les autres acceptèrent sans délibérer, la démission d'un prélat dont
l'éloquence excitait leur jalousie et dont l'austérité condamnait leur
luxe.
[Note latérale: XXVI.
Il obtient le consentement de Théodose.