Prosp. chr.]

Gratien, étant parti de Milan au mois de juin, passa par Aquilée,

et prit la route de la Pannonie. Il défit les partis des Goths qui

ravageaient la province. Pour les détacher du reste de la nation,

il entra en négociation avec eux et conclut un traité de paix[430],

auquel Théodose crut devoir accéder[431]; mais ni Alathée, ni Saphrax,

ni Fritigerne ne furent compris dans ce traité[432]. Celui-ci s'étant

séparé des autres après le passage du Danube, prit sa route vers

la Thessalie, dans le dessein de ravager la Grèce[433]. Théodose

avait trop de sujet de se défier des Goths, pour n'être pas sur ses

gardes. Tout ce qu'il pouvait réunir de troupes romaines était depuis

long-temps assemblé auprès de lui; il avait rappelé au service les fils

des vétérans, qui prétendaient jouir des priviléges de leurs pères,

sans en avoir supporté les fatigues. Quoiqu'il eût besoin de soldats,

il avait cependant par une loi expresse, exclu du métier des armes,

les esclaves, les eunuques, et toutes les professions qui travaillent

pour la table, le luxe et la volupté. Au premier bruit de la marche

de Fritigerne, il se mit en campagne. Tous les auteurs, à l'exception

de Zosime, s'accordent à dire que ce prince remporta cette année

plusieurs victoires, qu'il dompta les Goths, et qu'il entra triomphant

dans Constantinople[434]; mais si l'on s'en rapporte à cet historien,

l'empereur fut défait et revint couvert de honte. Son récit, qui ne

se soutient pas lui-même, et qui est démenti par les autres écrivains

et par la suite des événements, ne mérite aucune croyance. Fritigerne

repassa le Danube avec les deux autres généraux, qui n'avaient pas eu

plus de succès que lui.

[Note 430: _Nec tamen fretus (Gratianus) in armis, sed gratia eos

muneribusque victurus, pacemque et victualia illis concedens, cum ipsis

inito fædere fecit._ Jornand. _de reb. Get._ c. 27.--S.-M.]

[Note 431: _Ubi vero post hæc Theodosius convaluit imperator,

reperitque Gratianum cum Gothis et Romanis pepegisse fœdus, quod ipse

optaverat, admodum grato animo ferens, et in hac ipse pace consistit._

Jornand. _de reb. Get._ c. 27.--S.-M.]

[Note 432: Zosime a commis, l. 4, c. 34, une assez singulière

erreur au sujet de ces trois chefs goths. Il dit que deux des nations

germaniques qui habitaient au-delà du Rhin, et qui étaient commandées,

l'une par Fritigerne et l'autre par Allothus et Safracès firent alors

une irruption chez les nations de la Gaule, τοῖς Κελτικοῖς ἔθνεσιν

ἐπικείμεναι. Il est facile de reconnaître ici une confusion assez

étrange. Il est évident que Zosime a pris les Germains pour les Goths,

et le Rhin pour le Danube.--S.-M.]

[Note 433: Ils voulaient, dit Zosime, l. 4, c. 34, passer de la

Pannonie en Épire, traverser le fleuve Achéloüs et attaquer les villes

de la Grèce. Διαπλεύσαντες οὖν ἐπὶ τούτοις τὸν Ἴστρον, διανούμενοί τε

διὰ Παιονίας ἐπὶ τὴν Ἤπειρον διαβῆναι, περαιωθῆναι δὲ τὸν Ἀχελῶον, καὶ

τᾶις Ἑλληνικαῖς πόλεσιν ἐπιθέσθαι.--S.-M.]

[Note 434: _Theodosius adflictam rempublicam ira dei reparandam

credidit misericordia illius, omnem fiduciam sui ad opem Christi

conferens, maximas illas Scythicas gentes, formidatasque cunctis

majoribus, Alexandro quoque illi magno, sicut Pompeius Corneliusque

testati sunt, evitatas, nunc autem, exstincto romano exercitu,

Romanis equis armisque instructissimas, hoc est, Alanos, Hunnos et

Gothos, incunctanter adgressus, magnis multisque præliis vicit. Urbem

Constantinopolim victor intravit._ Oros. l. 7, c. 34.--S.-M.]

[Note latérale: XVIII.

Théodose à Constantinople.

Zos. l. 4, c. 33.

Idat. chron. et fast.

Marcel. Chr.

Chron. Alex. p. 303.

Greg. Naz. or. 28, t. 1, p. 473-486, et or. 32, p. 516 et seq. et carm.

de vita sua, t. 2, p. 20 et 21.

Socr. l. 5, c. 6 et 7.

Soz. l. 7, c. 5 et 6.

Philost. l. 9, c. 19.

Chron. Cod. Theod.

Hermant, vie de S. Greg. l. 9, c. 9.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 152 / 388 题