Fleury, hist, eccles. l. 17, art. 59.]

Théodose ayant dissipé ce nouvel orage, alla conférer avec Gratien à

Sirmium[435], où il paraît qu'il était le 8 de septembre; mais il

n'y demeura que peu de jours, puisque le 20 du même mois, il était de

retour à Thessalonique. Il entra le 24 novembre à Constantinople, où

il fut reçu avec beaucoup de joie, surtout de la part des catholiques.

Il y avait quarante ans que l'arianisme dominait dans cette ville;

depuis l'exil d'Evagrius choisi pour évêque par les catholiques en 370,

et chassé par Valens, Démophile possédait seul toutes les églises.

Valens étant mort, les catholiques avaient appelé Grégoire de Nazianze

pour les soutenir contre les hérétiques. Grégoire, sans être attaché à

aucun siége, était revêtu du caractère épiscopal: il avait été ordonné

évêque de Sasima en Cappadoce, dont il n'avait jamais pris possession.

Après la mort de son père, qu'il avait aidé dans les fonctions d'évêque

de Nazianze sa patrie, il s'était retiré dans la solitude. Pressé

par les instances de l'église de Constantinople, qui le priait de

venir combattre les ennemis de la foi, il s'était rendu dans cette

ville. Ce saint prélat, chéri et respecté des fidèles, persécuté sans

cesse par les Ariens, avait par la sainteté de sa vie et la force

de son éloquence, ranimé la foi prête à s'éteindre dans la capitale

de l'empire. Un philosophe cynique, nommé Maxime, flétri de crimes

et de châtiments, mais hypocrite effronté, était venu d'Alexandrie

traverser les succès du saint évêque; et s'était fait secrètement

ordonner et installer par une cabale sur le siége de Constantinople.

Chassé aussitôt par les catholiques, il était allé trouver Théodose

à Thessalonique pour implorer sa protection. L'empereur l'avait

rebuté avec indignation; mais ce fourbe était soutenu par un puissant

parti. Tel était l'état de l'église de Constantinople à l'arrivée de

Théodose. Ce prince, deux jours après, c'est-à-dire le 26 de novembre,

fit demander à Démophile s'il voulait embrasser la foi de Nicée; et sur

son refus, il lui ordonna d'abandonner toutes les églises de la ville.

Le prélat hérétique préféra l'exil à l'abjuration de ses erreurs:

il alla mourir à Berrhée en Thrace, dont il avait été autrefois

évêque. Grégoire ne soupirait qu'après la retraite; accablé d'années

et de travaux, il voulait se décharger du fardeau de l'épiscopat.

L'empereur le retint malgré lui, le conduisit lui-même à la grande

église, et le mit en possession de la maison épiscopale et de tous

les revenus attachés au siége de Constantinople. Eunomius, le chef

des Anoméens, dogmatisait alors à Chalcédoine. Comme il était hardi

et subtil dans la dispute, il attirait à ses discours un grand nombre

de personnes. Théodose lui-même témoigna quelque désir de l'entendre;

mais l'impératrice Flaccilla l'en détourna, en lui représentant que ce

serait accréditer l'erreur et autoriser une curiosité dangereuse.

[Note 435: Il était à Andrinople, le 17 août de la même

année.--S.-M.]

[Note latérale: AN 381.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 153 / 388 题