Fleury, hist. ecclés. l. 17, art. 44.]

Gratien s'étant déchargé sur son nouveau collègue du soin de l'Orient,

fit à Sirmium un séjour de quelques mois. Il remporta de son côté

plusieurs avantages sur différents partis de Barbares qui s'étaient

avancés jusqu'en Pannonie[420]. Il reprit ensuite le chemin de la

Gaule, en passant par Aquilée et par Milan, où il arriva vers la fin

de Juillet. Les catholiques, dont il s'était déclaré le protecteur,

accouraient sur son passage et faisaient des vœux pour la prospérité

de son gouvernement. Pendant son séjour à Milan, il eut de fréquents

entretiens avec saint Ambroise. Il avait pour ce saint évêque un

respect mêlé de tendresse, et puisait dans cette source féconde la

connaissance et l'amour de la vérité. Lorsqu'il était parti pour

l'Illyrie, il avait prié saint Ambroise de lui composer quelque

ouvrage, pour le confirmer dans la loi de la consubstantialité; et

il en avait reçu deux livres intitulés: _De la Foi_. En partant de

Sirmium, il lui écrivit pour le prier de confondre les sectateurs

de Macédonius, qui niaient la divinité du Saint-Esprit. Il voulait

même que le saint prélat le vînt trouver en diligence. Saint Ambroise

s'en excusa; il attendit l'empereur à Milan, et se contenta pour lors

d'ajouter trois autres livres aux deux premiers, dans lesquels il

prouvait la divinité du Fils: il lui promit d'écrire dans la suite

sur la divinité du Saint-Esprit, et s'acquitta de cette promesse

deux ans après. Ce fut sans doute par le conseil de ce saint, que

Gratien révoqua la loi qui permettait aux hérétiques de tenir leurs

assemblées[421]. Le zèle d'Ambroise ne se renfermait pas dans les

bornes de son diocèse: le siége de Sirmium étant vacant par la mort

de l'arien Germinius, Justine, que Gratien avait laissée dans cette

ville avec son fils Valentinien, entreprit d'y placer un évêque du même

parti. Sur cette nouvelle, Ambroise vole à Sirmium; il s'oppose avec

fermeté aux efforts de l'impératrice, et vient à bout de faire nommer

un évêque catholique; c'était Anémius. Ce coup de vigueur fut l'origine

de la haine implacable, dont les éclats scandaleux déshonorèrent

Justine, et augmentèrent la gloire de l'intrépide prélat.

[Note 420: Voyez ci-devant, p. 149, note 2, liv. XX, § 40--S.-M.]

[Note 421: En vertu d'une loi rendue à Milan le 3 août 379.--S.-M.]

[Note latérale: X.

Il retourne dans les Gaules.

Zos. l. 4, c. 24.

Socr. l. 5, c. 6.

Soz. l. 7, c. 4.

Auson. grat. act. p. 553 et 554.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 144 / 388 题