Ce juste tempérament d'une noble économie a prêté également aux
louanges de ses panégyristes et à la censure de ses ennemis. Zosime,
déclaré contre tous les princes qui ont travaillé aux progrès du
christianisme, reproche à Théodose le luxe de sa table, la multitude
de ses eunuques, qui disposaient, dit-il, de tous les emplois, et
gouvernaient l'empereur même. Il ne tient pas à lui qu'on ne croie
que ce prince, plongé dans la mollesse, endormi dans le sein des
plaisirs, livré à des bouffons et à des farceurs qui corrompaient
sa cour, ne fit par lui-même rien de mémorable; qu'il dut tous ses
succès à ses généraux; qu'il vendait au plus offrant les charges et
les gouvernements; et que, sous son règne, les provinces accablées
d'impôts, épuisées par l'avarice de leurs magistrats, faisaient des
vœux pour changer de maître. A ces reproches, Zosime ne manque pas
d'ajouter celui d'avoir aboli le culte des dieux. Ce dernier trait
décèle le ressentiment de l'auteur, et l'on sent que ses invectives
ne sont que le cri de l'idolâtrie terrassée. Un autre historien, païen
ainsi que Zosime, mais plus équitable, fait de Théodose un héros
accompli; il remarque même, comme un exemple presque unique, que ce
prince devint meilleur sur le trône, et que sa grandeur fit croître ses
vertus. Il le compare à Trajan, dont il lui attribue toutes les belles
qualités d'esprit et de corps, sans lui donner aucun de ses vices.
[Note latérale: IV.
Fautes de Théodose.