Vict. epit. p. 232 et 233.]

Ce juste tempérament d'une noble économie a prêté également aux

louanges de ses panégyristes et à la censure de ses ennemis. Zosime,

déclaré contre tous les princes qui ont travaillé aux progrès du

christianisme, reproche à Théodose le luxe de sa table, la multitude

de ses eunuques, qui disposaient, dit-il, de tous les emplois, et

gouvernaient l'empereur même. Il ne tient pas à lui qu'on ne croie

que ce prince, plongé dans la mollesse, endormi dans le sein des

plaisirs, livré à des bouffons et à des farceurs qui corrompaient

sa cour, ne fit par lui-même rien de mémorable; qu'il dut tous ses

succès à ses généraux; qu'il vendait au plus offrant les charges et

les gouvernements; et que, sous son règne, les provinces accablées

d'impôts, épuisées par l'avarice de leurs magistrats, faisaient des

vœux pour changer de maître. A ces reproches, Zosime ne manque pas

d'ajouter celui d'avoir aboli le culte des dieux. Ce dernier trait

décèle le ressentiment de l'auteur, et l'on sent que ses invectives

ne sont que le cri de l'idolâtrie terrassée. Un autre historien, païen

ainsi que Zosime, mais plus équitable, fait de Théodose un héros

accompli; il remarque même, comme un exemple presque unique, que ce

prince devint meilleur sur le trône, et que sa grandeur fit croître ses

vertus. Il le compare à Trajan, dont il lui attribue toutes les belles

qualités d'esprit et de corps, sans lui donner aucun de ses vices.

[Note latérale: IV.

Fautes de Théodose.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 133 / 388 题