Themist. or. 15, p. 190 et seq.]

L'empereur ne s'occupait que des moyens de soulager les peuples et de

relever l'honneur de l'empire. Le diadème qu'il n'avait pas désiré,

n'altéra rien dans son caractère. Aussi chaste, aussi humain, aussi

désintéressé qu'il l'avait été dans sa vie privée, il ne se permettait

que ce que les lois lui avaient toujours permis. Sensible à l'amitié,

ami des hommes vertueux, fidèle dans ses promesses, libéral et donnant

avec grandeur, communicatif et d'un accès facile, il ne voyait, dans

la souveraineté, que le pouvoir d'étendre ses bienfaits. Un jour qu'il

commettait des juges à l'examen d'une conspiration qu'on prétendait

formée contre sa personne, comme il les exhortait à procéder avec

équité et avec douceur: _Notre premier soin_, dit un des commissaires,

_doit être de songer à la conservation du Prince_. _Songez plutôt à

sa réputation_, repartit Théodose: _l'essentiel pour un prince n'est

pas de vivre long-temps, mais de bien vivre_. Son extérieur noble

et majestueux attirait le respect; sa bonté inspirait la confiance.

Prudent et circonspect dans le choix des magistrats, il eut, en

arrivant à l'empire, le singulier bonheur d'en trouver en place un

grand nombre, tels qu'il les aurait choisis. Il n'était pas savant;

mais il avait un goût exquis pour tout ce qui regarde la littérature,

et il aimait les gens de lettres, pourvu que l'usage qu'ils faisaient

de leurs talents n'eût rien de dangereux. Il s'instruisait avec soin de

l'histoire de ses prédécesseurs, et ne cessait de témoigner l'horreur

que lui inspiraient l'orgueil, la cruauté, la tyrannie, et surtout la

perfidie et l'ingratitude. Les actions lâches et indignes excitaient

subitement sa colère; mais il s'apaisait aisément, et un court délai

adoucissait la sévérité de ses ordres. Il savait parler à chacun selon

son rang, sa qualité, sa profession. Ses discours avaient en même

temps de la grâce et de la dignité. Il pratiquait les exercices du

corps, sans se livrer trop au plaisir, et sans se fatiguer. Il aimait

surtout la promenade; mais le travail des affaires précédait toujours

le délassement. Il n'employait d'autre régime pour conserver sa santé,

qu'une vie sobre et frugale, ce qui ne l'empêchait pas de donner dans

l'occasion des repas, où l'élégance et la gaîté brillaient plus que

la dépense. Il diminua dès le commencement celle de sa table, et son

exemple tint lieu de loi somptuaire; mais il conserva toujours dans le

service de sa maison cet air de grandeur qui convient à un puissant

prince.

[Note latérale: III.

Calomnies de Zosime réfutées.

Zos. l. 4, c. 27, 28 et 29.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 132 / 388 题