La défaite de Valens semblait devoir entraîner la ruine de l'empire.
A la vue de Théodose élevé sur le trône, l'audace des vainqueurs
s'arrêta, et le courage revint aux vaincus: tous connaissaient sa
capacité et sa valeur. Le nouvel empereur reçut à Thessalonique
des députés de toutes les provinces orientales. Ils obtinrent pour
leurs villes et pour eux-mêmes tout ce que la justice permettait de
leur accorder. Thémistius, à la tête des principaux sénateurs de
Constantinople, pria le prince de venir au plus tôt se montrer à sa
capitale; il demanda pour la ville la confirmation de ses priviléges,
et pour le sénat de nouveaux honneurs, qui pussent l'élever à la
dignité du sénat romain, comme la nouvelle Rome égalait déja l'ancienne
par la magnificence des édifices, des statues et des aquéducs.
Libanius, toujours inconsolable de la perte de son crédit, tenta dans
ces premiers moments de prévenir Théodose en faveur de l'idolâtrie;
il lui adressa un discours pour l'exciter à venger la mort de Julien,
attribuant à l'oubli de cette vengeance tous les malheurs de l'État; il
prétendait que le silence des oracles était une marque sensible de la
colère des dieux, qui ne daignaient plus donner de conseils aux hommes.
Les vaines remontrances de ce fanatique ne produisirent d'autre effet
que de le rendre méprisable.
[Note latérale: II.
Belles qualités de Théodose.
Pacat. paneg. c. 14.
Vict. epit. p. 232 et 233.