Mos. Chor. l. 3, c. 40.]]

--[Les désastres que la mort de Valens et l'irruption des Goths

causèrent à l'empire, contraignirent encore une fois les Romains

d'abandonner à leur sort les états de l'Orient, toujours menacés par

les entreprises des Perses, contenus depuis long-temps par la présence

de l'empereur. Heureusement que la vieillesse et les revers qu'il

avait éprouvés étaient venus mettre des bornes à l'ambition de Sapor.

Arrivé au terme d'un règne aussi long que sa vie, le Roi de Perse ne

songeait plus qu'à passer dans le repos les années qui lui restaient.

Ses généraux inquiétaient bien les frontières de l'empire, mais ce

n'était que des courses isolées, sans résultat intéressant. Ce fut un

bonheur pour l'empire, qui semblait menacé alors d'une destruction

totale. L'Arménie, grâce aux précautions prises par Valens pour s'en

assurer l'occupation militaire, avait persisté dans l'alliance des

Romains; elle était pour eux un boulevard et un poste avancé de la

plus grande importance, où régnait un prince que la présence des

lieutenants de l'empereur, réduisait à être plutôt un sujet qu'un

allié. Ce n'est pas que le roi placé par Valens sur le trône des

Arsacides, fût plus affectionné qu'aucun de ses prédécesseurs; mais

les Romains cantonnés sur toutes ses frontières et dans le centre de

ses états, ne lui permettaient pas d'hésiter. Sa nouvelle position

avait changé ses sentiments: son dévouement à la cause des Romains,

qui lui avait mérité la couronne, avait fait place au désir de régner

en monarque indépendant. Le joug lui pesait, et il ne songeait qu'à

s'en délivrer. Son courage à toute épreuve, son habileté à la guerre,

lui auraient fait tout oser; mais par malheur Varazdat était loin

d'avoir assez de prudence et de capacité pour concevoir un plan et le

mettre à exécution. Faible de caractère, il fut bientôt le jouet de

ses courtisans, qui furent sous son nom les maîtres du royaume, qu'ils

remplirent de troubles[386]. Tous les jeunes seigneurs qui avaient

été les compagnons de son enfance, obtinrent un grand crédit sur son

esprit; leur vanité présomptueuse flatta les idées d'indépendance qu'il

nourrissait déjà. Le prince des Saharhouniens[387] Bad, qui l'avait

élevé, et qui était ennemi de Mouschegh, dont il ambitionnait la

place, acquit bientôt la plus grande influence dans ses conseils; et

sans la crainte qu'inspiraient les troupes romaines et le connétable,

qu'on savait être attaché au parti de l'empire, Varazdat se serait

jeté dans les bras du roi de Perse, avec lequel il était secrètement

en relation. Celui-ci lui promettait, pour prix de sa défection, son

alliance, ses soldats et la main de sa fille[388].]

[Note 386: On a déja pu voir ci-devant, § 10, p. 111, note 2, que

Valens, avant de quitter Antioche pour marcher contre les Goths, avait

envoyé le général Victor, l'ancien compagnon de Julien, pour arranger

les affaires de l'Arménie, alors agitée de troubles, _ut super Armeniæ

statu_, dit Ammien Marcellin, l. 31, c. 7, _pro capturerum componeret

impendentium_.--S.-M.]

[Note 387: La position du canton des Saharhouniens n'est pas

connue. Il paraît cependant qu'il était dans la partie orientale de

l'Arménie, vers les frontières de l'Albanie.--S.-M.]

[Note 388: Moïse de Khoren dit, l. 3, c. 40, que Varazdat avait

envoyé à Sapor des députés chargés de lui offrir la soumission du

royaume d'Arménie, s'il voulait consentir à lui donner une de ses

filles pour épouse.--S.-M.]

[Note latérale: XLIV.

[Assassinat du connétable Mouschegh.]

[Amm. l. 31, c. 7.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 120 / 388 题