Cette victoire rassura Constantinople, et réprima l'audace des
Barbares, en leur apprenant que la valeur romaine n'était pas
entièrement éteinte. Gratien après avoir mis ordre aux affaires de
l'Orient, retourna à Sirmium, où son premier soin fut de réparer
les maux que son oncle avait faits à la religion. Valens, avant son
départ d'Antioche, avait permis aux évêques exilés de revenir dans
leurs églises. Mais la supériorité que conservait toujours le parti
arien, avait rendu cette permission presque inutile. Gratien ordonna
par un édit que les prélats bannis rentreraient sans nul obstacle en
possession de leurs siéges. Cependant comme en poussant à bout les
Ariens qui dominaient dans la plupart des villes de l'Orient, il était
à craindre qu'ils n'appelassent à leur secours les Goths protecteurs
de la même hérésie, il accorda aux diverses communions, comme nous
l'avons déja dit, la liberté de s'assembler, et la révoqua dès l'année
suivante, lorsqu'il crut la tranquillité de l'empire mieux affermie.
Il arrêta les nouvelles entreprises des sectateurs de l'anti-pape
Ursinus; et sur la requête qui lui fut présentée de la part du pape
Damase et d'un grand nombre d'évêques assemblés à Rome, il prescrivit
les règles qu'on devait observer dans le jugement des évêques et des
causes ecclésiastiques. Les accusations de magie avaient depuis quelque
temps fait périr beaucoup d'innocents: dès le commencement de cette
année, Gratien avait déclaré que l'accusateur serait obligé de prouver
le crime en toute rigueur, sur peine d'être lui-même sévèrement puni.
[Note latérale: XLII.
Ausone consul.
Auson. grat. act. et ad Syagr. et in epiced. patris.
Idat. chron.
Scalig. vit. Auson.
Till. Grat. art. 8, 21, 22 et not. 8, 9.