Cellar. geog. ant. l. 2, c. 1, § 66.]

Cependant le comte Victor, aussitôt après la défaite, était allé porter

à Gratien cette triste nouvelle. Peu de temps après on fut informé de

la mort de Valens; et ce fut pour l'empereur et pour tout l'empire un

surcroît d'affliction. Gratien se rendit en diligence à Constantinople

à travers mille périls: dans le désordre où il voyait les affaires, il

se souvint de Théodose, qui après la mort de son père s'était retiré de

la cour. Il sentit quel secours l'empire, sur le penchant de sa ruine,

pourrait tirer de la valeur et de l'expérience de ce guerrier, et il

résolut de le rappeler. Théodose vivoit depuis deux ans à Cauca[374]

sa patrie, que les uns placent en Galice, les autres dans le pays

des Vaccéens, aujourd'hui la province de Béïra en Portugal. Quelques

auteurs le font naître à Italica près de Séville, patrie de Trajan; ils

prétendent même, sans beaucoup de fondement, qu'il était de la famille

de cet empereur; mais ce fut un plus grand honneur à Théodose d'avoir

les vertus de Trajan, que de lui appartenir par la naissance[375].

La gloire de son père et la sienne l'avaient suivi dans son exil

volontaire. Soumis aux lois, sobre, laborieux, aussi libéral qu'il

était riche, il faisait, sans le savoir, dans l'état de particulier

le plus utile apprentissage de la souveraineté. Il secourait ses amis

et ses compatriotes de ses conseils et de sa fortune: la misère des

provinces, qu'il voyait de près, lui imprimait dès lors ces tendres

sentiments, que la Providence devait bientôt rendre efficaces. Souvent

il se retirait à la campagne, et trouvait un délassement innocent dans

les travaux de l'agriculture. Il avait épousé Flaccilla[376], vraiment

digne de lui par sa vertu et par sa noblesse: il en avait déja un fils

nommé Arcadius[377], lorsqu'il reçut l'ordre de retourner auprès de

l'empereur. Il quitta sa retraite en soupirant, sans désirer ni prévoir

la haute fortune qui l'attendait à la cour.

[Note 374: Ἐκ μὲν τῆς ἐν Ἰβηρίᾳ Καλλεγίας, πόλεως δὲ Καύκας

ὁρμώμενον. Zos. lib. 4, cap. 24.--S.-M.]

[Note 375: _Ulpia progenies_, dit Claudien, in 4º consul. Honor. v.

19.--S.-M.]

[Note 376: Ælia Flaccilla était espagnole, et fille d'un Antoine

qui fut fait consul en 382.--S.-M.]

[Note 377: Il était né en l'an 377.--S.-M.]

[Note latérale: XL.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 116 / 388 题