Soz. l. 7, c. 1.]

L'avidité du pillage les conduisit à Constantinople. Ils en insultaient

déja les faubourgs et couraient jusqu'aux portes. Dominica, veuve de

Valens, sauva par son courage la capitale de l'empire: elle ranima

les habitants consternés; elle leur distribua des armes; elle tira

de grandes sommes du trésor pour les exciter par ses largesses à

leur propre défense. La principale ressource de la ville consistait

dans une troupe de cavaliers Sarrasins[367], qui sortirent sur les

ennemis avec une audace déterminée, et donnèrent à grands coups de

cimeterre au travers de leurs escadrons. Pendant ce combat, qui fut

sanglant et opiniâtre, un Sarrasin, nu jusqu'à la ceinture, portant

une chevelure longue et flottante, poussant des sons lugubres et

menaçants, armé seulement d'un poignard, vint se lancer au milieu

des Goths; et au premier qu'il égorgea, il attacha sa bouche sur la

plaie pour en sucer le sang[368]. La vue d'une férocité si brutale

glaça d'effroi les ennemis; ils sonnèrent la retraite, et allèrent

camper à quelque distance, n'osant plus approcher de trop près d'une

ville, qui leur semblait être un repaire d'animaux farouches. Quelques

jours après, lorsqu'ils eurent considéré à loisir la vaste étendue

de Constantinople, la hauteur de ses tours et de ses palais qui

ressemblaient à autant de forteresses, la multitude infinie de ses

habitants, la commodité du Bosphore qui lui donnait une communication

toujours libre avec l'Asie et les deux mers, ils désespérèrent de la

réduire ni par la force, ni par la famine. Ayant donc détruit tous les

travaux qu'ils avaient commencés pour un siége, après avoir, par les

différentes sorties, perdu plus de soldats qu'ils n'en avaient tués,

ils se retirèrent pour se répandre vers l'Illyrie.

[Note 367: _Saracenorum cuneus._ Un escadron de Sarrasins. Amm.

Marc. l. 31, c. 16.--S.-M.]

[Note 368: _Ex ea enim crinitus quidam, nudus omnia præter pubem,

subraucum et lugubre strepens, educto pugione agmini se medio Gothorum

inseruit, et interfecti hostis jugulo labra admovit, effusumque cruorem

exsuxit._ Ammien Marcellin, l. 31, c. 16.--S.-M.]

[Note latérale: XXXVII.

Massacre des Goths en Asie.

Amm. l. 31, c. 16.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 113 / 388 题