Au matin ils tinrent conseil, et se déterminèrent à prendre la route
de Périnthe, qu'on nommait aussi Héraclée. Les transfuges leur
promettaient un riche butin. Ils marchèrent donc de ce côté-là sans
se hâter, ne rencontrant ni ne craignant aucun obstacle. Lorsque les
habitants d'Andrinople furent assurés de leur retraite, les soldats
qui avaient si bien défendu la ville, n'étant pas instruits de la
mort de Valens, et croyant qu'il s'était retiré du côté de l'Illyrie,
résolurent d'aller en diligence rejoindre l'empereur. Ils partirent
pendant la nuit avec tous les bagages, et prenant des chemins détournés
et couverts de bois, dans l'incertitude où ils étaient, ils se
partagèrent en deux divisions: les uns tournèrent vers Philippopolis
et Sardique, les autres vers la Macédoine. Cependant les Goths ayant
reçu un renfort considérable de Huns et d'Alains, que Fritigerne avait
attirés[366], campèrent à la vue de Périnthe. Le mauvais succès de
l'attaque d'Andrinople leur ôta l'envie d'approcher de la ville, mais
ils désolèrent les vastes plaines d'alentour.
[Note 366: _At Gothi Hunnis Alanisque permisti nimium bellicosis
et fortibus, rerumque asperarum difficultatibus induratis, quos miris
præmiorum illecebris sibi sociarat solertia Fritigerni._ Ammien
Marcellin, l. 31, c. 16.--S.-M.]
[Note latérale: XXXVI.
Ils sont repoussés de devant Constantinople.
Amm. l. 31, c. 16.
Socr. l. 5, c. 1.