Le lendemain, 9 août, l'empereur, dès la pointe du jour, se mit en
marche, laissant sous les murs d'Andrinople les bagages avec une garde
suffisante. Le préfet du prétoire, la maison du prince, ses trésors
et ses équipages furent mis en sûreté dans la ville[348]. La chaleur
était excessive ce jour-là. Après une marche de huit milles, par des
chemins rudes et difficiles, on aperçut le camp des Barbares bordé
de leurs chariots, et l'on entendit leurs cris confus et menaçants.
Valens n'avait dressé aucun plan de bataille; il ne connaissait ni le
terrain ni les forces des ennemis; il rangea son armée au hasard. La
cavalerie formait les deux ailes; l'aile droite fut placée en avant, et
couvrit une grande partie de l'infanterie; l'aile gauche avait marché
dans un tel désordre, que les cavaliers dispersés çà et là par les
chemins, arrivaient confusément, et prenaient leurs rangs avec peine.
Fritigerne, déja rangé en bataille, sentait bien que c'était là le
moment de charger l'ennemi; mais ce prudent capitaine, afin de ne point
donner de jalousie aux Ostrogoths, ne voulait rien faire en l'absence
d'Alathée et de Saphrax, qu'il attendait à chaque instant.
[Note 348: _Thesauri et principalis fortunæ insignia cætera, cum
præfecto et consistorianis ambitu mænium tenebantur._ Amm. Marc., l.
31, c. 12.--S.-M.]
[Note latérale: XXVII.