Les Huns étaient de tous les barbares les plus affreux à voir[150]. Ce
n'était qu'une masse informe, et les Romains les comparaient à une
pièce de bois à peine dégrossie[151]. Ils avaient la taille courte
et ramassée, le cou épais et rentrant dans les épaules[152], le dos
courbé, la tête grosse et ronde, le teint noir, les yeux petits et
enfoncés, mais le regard vif et perçant[153]. Ils s'étudiaient encore
à augmenter leur difformité naturelle. Dès que les enfants mâles
venaient au monde, les mères leur écrasaient le nez, afin que le
casque pût s'appliquer plus juste à leur visage[154]; et les pères
leur tailladaient les joues, afin d'empêcher la barbe de croître.
Cette opération cruelle rendait leur visage défiguré de coutures et
de cicatrices[155]. Leur façon de vivre n'était pas moins sauvage
que leur figure. Ils ne mangeaient rien de cuit, et ne connaissaient
nulle espèce d'assaisonnement. Ils vivaient de racines crues ou de la
chair des animaux un peu mortifiée entre la selle et le dos de leurs
chevaux[156]. Jamais ils ne maniaient la charrue[157]: les prisonniers
qu'ils faisaient à la guerre cultivaient la terre, et prenaient soin
des troupeaux. Ils n'habitaient ni maisons ni cabanes; toute enceinte
de murailles leur paraissait un sépulcre[158]; ils ne se croyaient
pas en sûreté sous un toit[159]. Accoutumés dès l'enfance à souffrir
le froid, la faim, la soif[160], ils changeaient fréquemment de
demeure, ou, pour mieux dire, ils n'en avaient aucune; errants dans
les montagnes et dans les forêts, suivis de leurs nombreux troupeaux,
transportant avec eux toute leur famille dans des chariots traînés
par des bœufs. C'était là que leurs femmes renfermées s'occupaient à
filer ou à coudre des vêtements pour leurs maris, et à nourrir leurs
enfants[161]. Ils s'habillaient de toile ou de peaux de martres qu'ils
laissaient pourrir sur leur corps, sans jamais s'en dépouiller[162].
Ils portaient un casque, des bottines de peau de bouc, et une chaussure
si informe et si grossière, qu'elle les empêchait de marcher librement;
aussi n'étaient-ils pas propres à combattre à pied[163]. Ils ne
quittaient presque jamais leurs chevaux, qui étaient petits et hideux,
mais légers et infatigables[164]. Ils y passaient les jours et les
nuits, tantôt montés en cavaliers, tantôt assis à la manière des
femmes[165]. Ils n'en descendaient ni pour manger, ni pour boire; et
lorsqu'ils étaient pris de sommeil, se laissant aller sur le cou de
leur monture, ils y dormaient profondément[166]. Ils tenaient à cheval
le conseil de la nation[167]. Toutes les troupes de leur empire étaient
commandées par vingt-quatre officiers, qui étaient à la tête chacun de
dix mille cavaliers; ces corps se divisaient en escadrons de mille,
de cent et de dix hommes; mais dans les combats ils n'observaient
aucun ordre. Poussant des cris affreux, ils s'abandonnaient sur
l'ennemi[168]: s'ils trouvaient trop de résistance, ils se dispersaient
bientôt, et revenaient à la charge avec la vitesse des aigles et la
fureur des lions, enfonçant et renversant tout ce qui se rencontrait
sur leur passage. Leurs flèches étaient armées d'os pointus, aussi durs
et aussi meurtriers que le fer[169]; ils les lançaient avec autant
d'adresse que de force, en courant à toute bride et même en fuyant.
Pour combattre de près, ils portaient d'une main un cimeterre et de
l'autre un filet, dont ils tâchaient d'envelopper l'ennemi[170]. Une de
leurs familles avait le glorieux privilége de porter le premier coup
dans les batailles; il n'était permis à personne de frapper l'ennemi,
qu'un cavalier de cette famille n'en eût donné l'exemple[171]. Leurs
femmes ne craignaient ni les blessures ni la mort; et souvent après une
défaite, on en trouva parmi les morts et les blessés. Dès que leurs
enfants pouvaient faire usage de leurs bras, on les armait d'un arc
proportionné à leur force; assis sur des moutons, ils allaient tirer
des oiseaux et faisaient la guerre aux petits animaux. A mesure qu'ils
avançaient en âge, ils s'accoutumaient de plus en plus aux fatigues et
aux périls de la chasse; enfin, lorsqu'ils se sentaient assez forts,
ils allaient dans les combats repaître de sang et de carnage leur
férocité naturelle. La guerre était pour eux l'unique moyen de se
signaler: les vieillards languissaient dans le mépris; la considération
était attachée à l'usage actuel des armes[172]. Ces Barbares, tout
grossiers qu'ils étaient, ne manquaient ni de pénétration, ni de
finesse. Leur bonne foi était connue: ils ignoraient l'art d'écrire;
mais en traitant avec eux, on n'avait pas besoin d'autre sûreté que de
leur parole[173]; d'ailleurs, ils avaient au souverain degré tous les
vices de la barbarie[174]: cruels, avides de l'or[175], quoiqu'il leur
fût inutile; impudiques, prenant autant de femmes qu'ils en pouvaient
entretenir, sans aucun égard aux degrés d'alliance ni de parenté[176],
le fils épousait les femmes de son père[177]; adonnés à l'ivrognerie,
avant même qu'ils eussent connu l'usage du vin, ils s'enivraient d'un
certain breuvage composé de lait de jument qu'ils laissaient aigrir.
Les Romains ont cru qu'ils n'avaient aucune religion[178], parce qu'on
ne voyait aucune idole qui fût l'objet de leur culte; mais, selon les
auteurs Chinois, ils adoraient le ciel, la terre, les esprits et les
ancêtres.
[Note 150: Voici le portrait que Claudien fait des Huns, dans le
Ier livre de ses Invectives contre Rufin, v. 325 et seq.
........... Turpes habitus; obscœnaque visu
Corpora; mens duro nunquam cessura labori;
Præda cibus, vitanda Ceres, frontemque secari
Ludus, et occisos pulchrum jurare parentes.
Nec plus nubigenas duplex natura biformes
Cognatis aptavit equis: acerrima nullo
Ordine mobilitas, insperatique recursus.
Tacite ne parle pas d'une manière plus avantageuse des Finnois, _Germ._
c. 46. _Fennis_, dit-il, _mira feritas, fœda paupertas_.--S.-M.]
[Note 151: _Prodigiosæ formæ et pandi, ut bipedes existimes
bestias, vel quales in commarginandis pontibus effigiati stipites
dolantur incomptè._ Amm. Marc. l. 31, c. 2.--S.-M.]
[Note 152: _Compactis omnes firmisque membris, et opimis
cervicibus._ Am. Marc. l. 31, c. 2.--S.-M.]
[Note 153: La laideur et l'étrangeté du visage des Huns,
pourraient donner lieu de croire, comme quelques savants l'ont pensé,
que ce peuple appartenait à la race des Mongols. Effectivement les
descriptions que l'on donne de leur constitution physique, si elles
n'ont pas été outrées, comme il y a lieu de le croire, par la terreur
que les Huns inspiraient, ne pourraient s'appliquer à des Turks ou à
des Finnois. Voici comment Sidonius Apollinaris les dépeint, carm. 2,
v. 245-252.
Gens animis membrisque minax: ita vultibus ipsis
Infantum suus horror inest. Consurgit in arctum
Massa rotunda caput: geminis sub fronte cavernis
Visus adest oculis absentibus: acta cerebri
In cameram vix ad refugos lux pervenit orbes,
Non tamen et clausos. Nam fornice non spatioso,
Magna vident spatia, et majoris luminis usum
Perspicua in puteis compensant puncta profundis.
On voit que les anciens et les modernes se sont attachés à rendre leur
portrait le plus hideux possible. Cependant en lisant avec soin ce
que disent les anciens auteurs, on ne trouve aucune raison suffisante
pour faire croire que les Huns puissent être rangés parmi les nations
qui appartiennent à la race calmuke ou mongole. Tout ce qu'on dit de
leur configuration s'explique fort bien par leurs usages, sans qu'il
soit besoin de recourir à des interprétations plus scientifiques. A
l'exception de la difformité de leur visage, qui leur venait plutôt,
comme on le voit, de leurs habitudes que de la nature, les Huns, dit
plus loin Sidonius Apollinaris, carm. 2, v. 258, étaient de beaux
hommes, d'une taille bien prise, et doués d'une vaste poitrine et de
larges épaules.
Cetera pars est pulchra viris. Stant pectora vasta,
Insignes humeri, succincta sub ilibus alvus.
Forma quidem pediti media est, procera sed extat
Si cernas equites, sic longi sæpe putantur,
Si sedeant.
--S.-M.]
[Note 154: Cette circonstance est encore empruntée à Sidonius
Apollinaris, carm. 2, v. 253-257.
Tum ne per malas excrescat fistula duplex,
Obtundit teneras circumdata fascia nares,
Ut galeis cedant. Sic propter prælia natos
Maternus deformat amor, quia tensa genarum
Non interjecto fit latior area naso.
--S.-M.]
[Note 155: _Ubi quoniam ab ipsis nascendi primitiis infantium ferro
sulcantur altiùs genæ, ut pilorum vigor tempestivus emergens corrugatis
cicatricibus hebetetur, senescunt imberbes absque ulla venustate,
spadonibus similes._ Amm. Marc. l. 31, c. 2.--S.-M.]
[Note 156: _In hominum autem figura licet insuavi ita visi sunt
asperi, ut neque igni, neque saporatis indigeant cibis, sed radicibus
herbarum agrestium et semicruda cujusvis pecoris carne vescantur, quam
inter femora sua et equorum terga subsertam, fotu calefaciunt brevi._
Amm. Marc. l. 31, c. 2.--S.-M.]
[Note 157: _Nemo apud eos arat, nec stivam aliquando contingit._
Amm. Marcel. ibid.--S.-M.]
[Note 158: _Ædificiis nullis unquam tecti; sed hæc velut ab usu
communi discreta sepulcra declinant. Nec enim apud eos vel arundine
fastigatum reperiri tugurium potest._ Amm. Marc. _ibid._--S.-M.]
[Note 159: _Peregrè tecta nisi adigente maxima necessitate non
subeunt: nec enim apud eos securos existimant esse sub tectis._ Amm.
Marc. l. 31, c. 2.--S.-M.]
[Note 160: _Sed vagi montes peragrantes et silvas, pruinas, famem,
sitimque perferre ab incunabulis assuescunt_. Amm. Marc. _ibid._--S.-M.]
[Note 161: _Omnes enim sine sedibus fixis, absque lare vel lege
aut ritu stabili dispalantur, semper fugientium similes, cum carpentis
in quibus habitant: ubi conjuges tetra illis vestimenta contexunt,
et coeunt cum maritis, et pariunt, et adusque pubertatem nutriunt
pueros._ Am. Marc. _ibid._ Aucun d'eux, ajoute le même historien,
n'aurait pu indiquer le lieu de sa naissance. Conçus dans un endroit,
nés dans un autre, ils étaient élevés bien loin de là. _Nullus apud eos
interrogatus, respondere unde oritur potest, alibi conceptus, natusque
procul, et longius educatus._--S.-M.]
[Note 162: _Indumentis operiuntur linteis, vel ex pellibus
silvestrium murium consarcinatis; nec alia illis domestica vestis est,
alia forensis. Sed semel obsoleti coloris tunica collo inserta non
antè deponitur aut mutatur, quam diuturna carie in pannulos defluxerit
defrustata._ Amm. Marc. l. 31, c. 2.--S.-M.]
[Note 163: _Galeris incurvis capita tegunt; hirsuta crura coriis
munientes hædinis: eorumque calcei formulis nullis aptati, vetant
incedere gressibus liberis. Quâ causâ ad pedestres parum accommodati
sunt pugnas._ Amm. Marc. l. 31, c. 2. C'est pour cette raison que les
Huns étaient souvent appelés par les Grecs ἄποδες, _sans pieds_, ou
ἀκροσφαλεῖς, c'est-à-dire, _chancelants_ dans leur marche.--S.-M.]
[Note 164: Ils semblaient, dit Ammien Marcellin, l. 31, c. 2,
cloués sur leurs robustes, mais vilains chevaux, _equis propè affixi
duris quidem, sed deformibus_. Les poètes disent également qu'ils
étaient semblables à des centaures, et qu'il était difficile de séparer
le cheval du cavalier.
Nec plus nubigenas duplex natura biformes
Cognatis aptavit equis.
dit Claudien _in Rufin._ l. 1, v. 352. Selon Sidonius Apollinaris,
carm. 2, v. 262, les Huns, encore enfants, étaient placés sur le dos
des coursiers, et dès lors ils n'avaient plus d'autre habitation.
Vix matre carens ut constitit infans,
Mox præbet dorsum sonipes: cognata reare
Membra viris, ita semper equo ceu fixus adhæret
Rector. Cornipedum tergo gens altera fertur,
Hæc habitat.
--S.-M.]
[Note 165: _Et muliebriter iisdem nonnumquam insidentes, funguntur
muneribus consuetis._ Amm. Marc. l. 31, c. 2.--S.-M.]
[Note 166: _Ex ipsis quivis in hac natione pernox et perdius emit
et vendit, cibumque sumit et potum, et inclinatus cervici angustæ
jumenti, in altum soporem adusque varietatem effunditur somniorum._
Amm. Marc. _ibid._ Zosime dit également, l. 4, c. 20, que ces hommes ne
savaient point se tenir à pied, et qu'ils passaient les jours et les
nuits sur leurs chevaux, οἱ μήτε εἰς γῆν πῆξαι τοὺς πόδας οἷοί τε ὄντες
ἑδραίως, ἀλλ' ἐπὶ τῶν ἵππων καί διαιτώμενοι καὶ καθεύδοντες.--S.-M.]
[Note 167: _Et deliberatione super rebus proposita seriis, hoc
habitu omnes in commune consultant._ Amm. Marc. l. 31, c. 2. Selon le
même historien, ils n'étaient point soumis à une autorité royale, mais
ils suivaient, dans leurs entreprises, les impulsions de différents
chefs. _Aguntur nulla severitate regali, sed tumultuario optimatum
ductu contenti, perrumpunt quidquid inciderit._ Cette indication
est d'accord avec ce que les historiens rapportent des Huns avant
Attila.--S.-M.]
[Note 168: _Pugnant nonnumquam lacessiti, sed ineuntes prœlia
cuneatim vocibus sonantibus torvum._ Amm. Marc. ibid.--S.-M.]
[Note 169: _Eoque omnium acerrimos facilè dixeris bellatores, quod
procul missilibus telis, acutis ossibus pro spiculorum acumine arte
mira coagmentatis, sed distinctis._ Amm. Marc. _ibid._ Tacite rapporte
(_Germ._ c. 46) que les Finnois armaient leurs flèches de la même
façon. _Sola in sagittis spes_, dit-il, _quasi inopia ferri ossibus
asperant_.--S.-M.]
[Note 170: _Comminus ferro sine sui respectu confligunt, hostesque
dum mucronum noxias observant contortis laciniis illigant ut laqueatis
resistentium membris equitandi vel gravandi adimant facultatem._ Amm.
Marc. l. 31, c. 2. Plusieurs auteurs anciens font mention de cet usage
qu'ils attribuent généralement aux Scythes, aux Sarmates, aux Alains et
aux Parthes. Les poètes persans en parlent souvent aussi en racontant
les exploits des anciens héros de la Perse. Cette manière de combattre
leur était familière. Il en est aussi question dans les Argonautiques
de Valérius Flaccus, l. 6, v. 144, en parlant du peuple scythe qu'il
appelle _Auchates_.
Doctus et Auchates patulo vaga vincula gyro
Spargere, et extremas laqueis adducere turmas.
--S.-M.]
[Note 171: Procope cite un exemple de cet usage, _de Bell. Vand_.
l. 1, c. 18. Pendant la guerre des Romains contre les Vandales, sous
le commandement de Bélisaire, un guerrier hun ou massagète usa de ce
privilège.--S.-M.]
[Note 172: Tous ces détails sont tirés des écrivains
chinois.--S.-M.]
[Note 173: Ce sont les Chinois qui parlent de la loyauté des
_Hioung-nou_. Ammien Marcellin ne donne pas une idée aussi avantageuse
des Huns, qu'il taxe au contraire de perfidie et d'inconstance. _Per
inducias_, dit-il, _infidi, inconstantes ad omnem auram incidentis spei
novæ perquam mobiles, totum furori incitatissimo tribuentes_. l. 31, c.
2.--S.-M.]
[Note 174: _Hunnorum gens omni ferocitate atrocior._ Jornand. _de
reb. Get._ l. 24. _Omnem modum feritatis excedit_, dit Amm. Marc. l.
31, c. 2.--S.-M.]
[Note 175: _Auri cupidine immensa flagrantes._ Amm. Marc.
_ibid._--S.-M.]
[Note 176: _Inconsultorum animalium ritu, quid honestum
inhonestumve sit penitus ignorantes._ Amm. Marc. _ibid._ Salvien parle
aussi, _de gubern. Dei_, l. 4, c. 14, de l'impudicité des Huns, qu'il
prétend cependant être moins grande que celle des Romains. _Numquid tam
criminosa est Chunorum impudicitia quam nostra._--S.-M.]
[Note 177: Cet usage existait chez toutes les nations de l'Asie
centrale. On le retrouve chez les Mongols au treizième siècle. Les
veuves d'un prince passaient à son fils et tenaient alors le premier
rang entre ses femmes. On voit même dans l'histoire des Mongols que
ces sortes de femmes jouissaient de beaucoup de considération et d'une
grande influence politique.--S.-M.]
[Note 178: _Nullius religionis vel superstitionis reverentiâ
aliquando districti_, dit Ammien Marcellin, l. 31, c. 2, c'est-à-dire,
que comme tous les autres Barbares nomades de l'Asie intérieure, les
Huns n'avaient ni temples, ni statues ou simulacres révérés, ce qui
n'aurait guère été compatible avec leurs mœurs errantes. Quand les
Turks se répandirent vers l'Occident au onzième siècle, ils étaient
encore dans le même état, n'adorant que le ciel matériel, qu'ils
appelaient _le Dieu bleu, Kouk Tangri_. On voit par le témoignage de
Théophylacte Simocatta, l. 7, c. 8, qu'aux sixième et septième siècles,
les Turks voisins de la Perse vers l'orient n'avaient non plus d'autres
dieux que l'air, le feu, l'eau, le ciel et la terre. Voyez à ce sujet
les _Recherches sur les langues tartares_, de M. Abel-Rémusat, t. 1, p.
297.--S.-M.]
[Note latérale: XLIII.
Idée générale de leur histoire.