Till. Grat. not. 4.]

Il est plus probable que ce fut le dernier effet de la méchanceté de

Maximin: ce barbare, teint du sang de tant de familles illustres, après

avoir déshonoré le règne de Valentinien par des cruautés sans nombre,

espérait noircir des mêmes horreurs celui de Gratien. La jeunesse

du prince augmentait encore sa hardiesse et son insolence. Gratien

ne tarda pas à le connaître, et bientôt il désarma sa fureur. Les

esclaves et les affranchis étaient les instruments les plus ordinaires

que Maximin mettait en œuvre. Gratien ordonna que ceux qui oseraient

accuser leurs maîtres de tout autre crime que de celui de lèse-majesté,

seraient, sans être entendus, brûlés vifs avec leurs libelles de

dénonciation. Bientôt après Maximin lui-même, convaincu de plusieurs

crimes, eut la tête tranchée. Simplicius subit la même peine en

Illyrie; et Doryphorianus, autre ministre de Maximin, après avoir été

renfermé dans la prison de Rome, en fut tiré par le conseil de la mère

de l'empereur, pour expirer dans les plus rigoureuses tortures. Après

la punition de ces hommes sanguinaires, Gratien songea à rassurer le

sénat qu'ils avaient tenu si long-temps dans des alarmes continuelles.

Il adressa à cette compagnie une lettre qui fut reçue avec joie: elle

contenait plusieurs réglements favorables; et dès le commencement

de l'année suivante il renouvela, par une loi expresse, un ancien

privilège des sénateurs, que Maximin n'avait jamais respecté; c'était

qu'ils fussent exempts des tourments de la question.

[Note latérale: XXXIX.

Lois de Gratien.

Cod. Th. l. 10, tit. 19, leg. 8; l. 13, tit. 3, leg. 11; l. 15, tit.

1, leg. 19; l. 16, tit. 2, leg. 23, 24; tit. 5, leg. 4, 5, et ibi God.

tit. 6, leg. 2.

God. chron.

Hier. ep. 107, t. 1, p. 672.

Symm. l. 9, ep. 83.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 62 / 388 题