Conduite de Gratien à l'égard de son frère.]

On s'attendait bien que Gratien aurait d'abord quelque mécontentement

qu'on lui eût donné un collègue sans le consulter; mais on comptait

sur la bonté de son cœur, et l'on ne fut pas trompé. Il aima

tendrement son frère, qu'il regarda comme son fils, et prit soin de

son éducation. Il le nomma consul pour l'année suivante, et ce jeune

prince fut collègue de Valens, qui prit le consulat pour la cinquième

fois. Quelques historiens disent que l'Occident fut alors partagé

entre les deux frères, et que Gratien laissa à Valentinien l'Italie,

l'Illyrie et l'Afrique; se réservant à lui-même la Gaule, l'Espagne

et la Grande-Bretagne. D'autres prétendent que ce partage ne se fit

qu'après la mort de Valens; mais selon l'opinion la mieux fondée,

Gratien gouverna seul tout l'Occident jusqu'à sa mort, qui arriva

lorsque le jeune Valentinien n'avait pas encore douze ans accomplis.

Il ne partagea donc avec son frère que le titre et les honneurs du

commandement, et non pas les provinces de l'empire.

[Note latérale: XXXV.

Caractère de Gratien encore César.

Auson. in Grat. act.

Themist. or. 9, p. 125, or. 13, p. 161, or. 15, p. 187.

Idat. chron.

Vict. epit. p. 231.

Chron. Alex. p. 293.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 57 / 388 题