Till. Grat. art. 2, et not. 3 et Valent. n. 30.]

L'armée assemblée dans la ville d'Acincum craignait que les soldats

gaulois, naturellement audacieux et turbulents, qui s'étaient plus

d'une fois rendus arbitres de l'empire, ne se hâtassent de nommer un

empereur étranger à la famille impériale. Ils étaient encore au-delà

du Danube, bien avant dans le pays des Quades, sous les ordres de

Mérobaudès et de Sébastien. On prit donc le parti de rompre le pont

qui communiquait aux terres des Quades, et de mander Mérobaudès de

la part de l'empereur, comme si ce prince eût encore été vivant.

Mérobaudès, dont le nom fait croire qu'il tirait son origine des

Francs, était affectionné et même allié par un mariage à la famille

de Valentinien. Se doutant de la vérité, ou peut-être en étant

instruit par le courrier, il publia que l'empereur lui donnait ordre

de renvoyer les soldats gaulois avec le comte Sébastien, pour veiller

à la défense des bords du Rhin, menacés par les Allemans. Il était

de la prudence d'éloigner Sébastien, avant qu'on apprît la nouvelle

de la mort de l'empereur, non pas que ce comte donnât par lui-même

aucun soupçon; mais il était estimé et chéri des troupes. Après

avoir pris ces précautions, Mérobaudès, s'étant promptement rendu à

Acincum, proposa, de concert avec le comte Equitius, de conférer le

titre d'Auguste à Valentinien, âgé de quatre ans, qui se trouvait

alors à trente lieues[134] de l'armée avec sa mère Justine. Les

esprits y étaient déja disposés. Ainsi Céréalis, oncle maternel du

jeune prince, partit sur l'heure, et l'amena au camp. Ces démarches

se firent avec une si extrême diligence, que le 27 de novembre, dix

jours après le décès de l'empereur[135], son second fils fut proclamé

Auguste selon les formes ordinaires. Tous les auteurs, excepté la

chronique d'Alexandrie, abrègent encore de cinq jours cet intervalle,

et placent la proclamation de Valentinien II, au 22 de novembre; ce qui

me paraît incroyable. On peut conjecturer par quelques traces légères,

à peine marquées dans l'histoire, que l'armée romaine ne quitta ce

pays qu'après avoir remporté sur les Quades et les Sarmates un nouvel

avantage, et qu'on accorda la paix à ces peuples.

[Note 134: A cent milles de distance, selon Ammien Marcellin,

l. 30, c. 10, dans une maison de campagne, appelée _Murocincta_.

_Centesimo lapide disparatus_, dit-il, _degensque cum Justina matre in

villa quam Murocinctam appellant_.--S.-M.]

[Note 135: Ce fut le sixième jour après la mort de Valentinien,

selon Ammien Marcellin, l. 30, c. 10. _Sextoque die post parentis

obitum imperator legitimè declaratus, Augustus nuncupatur more

solemni._ Je ne vois aucune bonne raison de rejeter le témoignage

de cet auteur et de lui préférer, comme le fait Lebeau, celui de la

Chronique d'Alexandrie.--S.-M.]

[Note latérale: XXXIV.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 56 / 388 题