Punition de quelques conjurés.]

Valens forma un tribunal composé de grands officiers, auxquels

présidaient le préfet du prétoire. On donnait alors la question aux

criminels dans la salle même de l'audience, en présence de tous les

juges. Quand les bourreaux eurent étalé à leurs yeux les instruments

des diverses tortures, on fit entrer Pergamius. C'était un homme

éloquent et hardi; mais sentant bien qu'il ne pouvait éviter la mort,

au lieu de nier son crime et de désavouer ses complices, il prit une

voie toute contraire; et soit pour effrayer Valens, soit pour prolonger

sa vie, il n'attendit pas les interrogations des juges qui paraissaient

embarrassés, et dénonça des milliers de complices, nommant avec une

volubilité incroyable tout ce qu'il connaissait de Romains dans toute

l'étendue de l'empire; il demandait qu'on les fît tous venir, et

promettait de les convaincre. Une pareille déposition devenant inutile

par l'impossibilité d'en éclaircir la vérité, on lui imposa silence

pour lui prononcer son jugement, qui fut sur-le-champ exécuté. Après

qu'on en eut fait mourir plusieurs autres que l'histoire ne nomme

pas, on envoya chercher dans la prison Salia, qui avait été peu de

temps auparavant trésorier général de la Thrace[9]. Mais pendant que

ses gardes le détachaient pour le faire sortir du cachot, frappé

d'effroi comme d'un coup de foudre, il expira entre leurs bras. On

introduisit ensuite Patricius et Hilaire; on leur ordonna de faire le

détail de leur procédé magique: comme ils hésitaient d'abord, on leur

fit sentir les ongles de fer, et on les força ainsi d'exposer toutes

les circonstances de la consultation; ils ajoutèrent, par amitié pour

Théodore, qu'il ignorait tout ce qui s'était passé. Ils furent mis à

mort séparément.

[Note 9: C'est-à-dire Receveur-général de la Thrace. _Salia,

thesaurorum paulo antè per Thracias Comes._ Amm. Marc. l. 29, c.

1.--S.-M.]

[Note latérale: VII.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 28 / 388 题