On envoya en diligence à Constantinople pour enlever Théodore, qu'une
affaire particulière y avait rappelé. En attendant son retour, on
passait les jours et les nuits à interroger les complices qui se
trouvaient dans Antioche; et sur leurs dépositions, on dépêchait de
toutes parts jusque dans les provinces les plus éloignées, pour saisir
les coupables et les amener à la cour. Plusieurs d'entre eux étaient
distingués par leur noblesse et par leurs emplois. Les prisons
publiques, et même les maisons particulières, étaient remplies de
criminels, chargés de fers, tremblants pour eux-mêmes, et plus encore
pour leurs parents et leurs amis dont ils ignoraient le sort. Théodore
arriva: comme on appréhendait quelque violence de ses partisans, on
le fit garder dans un château écarté sur le territoire d'Antioche. Sa
disgrace avait du premier coup abattu son courage; et son ame qui avait
paru si ferme à la cour, ne se trouva pas d'une trempe assez forte pour
se soutenir à la vue d'une mort prochaine qu'il avait méritée.
[Note latérale: VI.