Caractère de Théodore.]

Ce Théodore en faveur duquel on était si fortement prévenu, était

né en Gaule, d'autres disent en Sicile, d'une famille ancienne et

illustre. Une éducation brillante avait perfectionné ses talents

naturels, et les graces de l'extérieur y ajoutaient un nouvel éclat:

ferme et prudent, bienfaisant et judicieux, modeste et savant dans

les lettres, il était chéri du peuple, respecté des grands, considéré

de l'empereur; et quoiqu'il ne tînt que le second rang entre les

secrétaires du prince, il était presque le seul qui fût assez courageux

pour lui parler avec franchise, et assez habile pour s'en faire

écouter. Eusérius, qui avait été vicaire d'Asie, et qui était dans le

secret de la consultation, l'instruisit des prétendus desseins du ciel

sur sa personne. Une tentation si délicate fit connaître que sa vertu

n'était pas à l'épreuve de l'ambition. Théodore se sentit flatté, et

aussitôt il devint criminel: il écrivit à Hilaire qu'il acceptait le

présent des dieux, et qu'il n'attendait que l'occasion de remplir sa

destinée.

[Note latérale: IV.

Histoire du Bas-Empire. Tome 04 · 第 25 / 388 题