AU MONUMENT DE RANC

La dernière inauguration du septennat de M. Fallières aura, en quelque

sorte, été la première des solennités de la transmission des pouvoirs

présidentiels. L'hommage solennel à la mémoire d'Arthur Ranc avait en

effet réuni, dès dimanche, à la mairie de la rue Drouot, devant le

monument élevé par l'Association des journalistes républicains à leur

ancien président, les trois présidents de la République, celui de la

veille, celui du jour et celui du lendemain, MM. Loubet, Fallières et

Poincaré, que nous allions revoir ensemble, le mardi, à la grande fête,

toute parisienne, de l'Hôtel de Ville.

Le monument que l'on inaugurait, dû au ciseau du sculpteur Camille

Lefèvre, est composé d'un buste d'Arthur Ranc, derrière lequel passe une

République de bronze tenant une palme à la main. Sur une plaque de

bronze, placée à droite du buste, sont indiqués les dates commémoratives

et les titres du disparu. Sur une seconde plaque de bronze, à gauche du

buste, est gravée l'inscription suivante: «Qu'il n'y ait plus parmi vous

qu'une devise, celle de Grambetta: _Tout par la République pour la

patrie!_»

Beaucoup d'amis d'Arthur Ranc assistaient, autour de Mme veuve Ranc, à

cette cérémonie officielle, véritable solennité républicaine, à laquelle

étaient présents les présidents des Chambres, les membres du

gouvernement et de nombreuses personnalités de la politique et de la

presse. Six discours furent prononcés, et M. Mathieu Prévôt, le

vénérable maire du neuvième arrondissement, salua dans les termes les

plus heureux MM. Fallières, Loubet et Poincaré, auxquels il dit, au

milieu des applaudissements:

«--Vous représentez pour nous les idées de patrie et de République avec

leur noble cortège de traditions, de souvenirs, de regrets et

d'espérances.»

L'Illustration, No. 3652, 22 Février 1913 · 第 10 / 50 题