PAR MARCEL BASCHET

_(Voir le hors texte en couleurs encarté dans ce numéro.)_

Dans le numéro de cette semaine--«la semaine du Président», ainsi qu'on

l'a appelée en manière d'hommage familier au nouveau chef de

l'État--_L'Illustration_ devait à l'attente de ses lecteurs de

reproduire à une place d'honneur, en une image qui fût une oeuvre d'art

durable, les traits de M. Poincaré. Avant de recevoir l'investiture

officielle, pendant cette période d'un mois qui a précédé son entrée à

l'Elysée, le président de la République a bien voulu consacrer quelques

heures à un maître du portrait, M. Marcel Baschet: trois séances--et

encore furent-elles bien courtes--suffirent à l'artiste pour exprimer

non seulement la ressemblance du visage, mais l'âme même, les vertus

propres qu'il décèle. C'est le beau pastel ainsi exécuté que nous avons

la bonne fortune de présenter aujourd'hui en hors texte.

[Illustration: Le monument d'Arthur Ranc dans la cour de la mairie du

IXe arrondissement.]

La figure, désormais populaire, de M. Poincaré y vit, jusqu'à paraître

s'animer, dans toute son intime vérité: sa forte structure, le front

comme éclairé par l'intelligence qu'il abrite, le clair regard, tout

indique l'énergie, la loyauté, la raison. Jamais sans doute la volonté

et la réflexion ne se trouvèrent à ce point réunies sur une même face,

et ne furent interprétées plus fidèlement.

L'Illustration, No. 3652, 22 Février 1913 · 第 9 / 50 题