XXI.

Le mariage de monseigneur de Bourgoigne et de madame Marguerite, fille

du conte de Flandres.

L'an mil trois cent soixante-neuf dessusdit, le dix-neuviesme jour du

mois de juing, le mariage de monseigneur Phelippe, frère du roy de

France et duc de Bourgoigne, et de Marguerite, fille de messire Loys

conte de Flandres, fu fait et célébré en l'abbaye de Saint-Bavon de Gand

par l'evesque de Tournay: et ot en ladite abbaye ce jour moult belle et

notable feste. Et l'endemain, jour de mercredi, ledit duc de Bourgoigne

donna à disner à toutes gens qui y vouldrent disner en l'abbaye de

St-Père de Gand, en laquelle il estoit logié et en laquelle il estoit

descendu le lundi précédent environ disner. Et jousta-l'en et fist-l'en

moult belle feste le mardi, mercredi et jeudi; et y furent le duc de

Breban oncle dudit duc de Bourgoigne, et la duchesse de Breban, qui

estoit tante de ladite Marguerite, duchesse de Bourgoigne; et aussi

avoit icelle Marguerite esté par avant femme du duc Phelippe de

Bourgoigne, qui avoit esté trespassé l'an mil trois cent soixante-un, et

ainsi fu duchesse de Bourgoigne deux fois. Et par le traictié de ce

derrain mariage fait le dix-neuviesme jour de juin, comme dit est, les

villes de Lille, de Douay et d'Orchies, avec les chastiaux et

chastellenies et toutes les appartenances, furent bailliées audit conte

lors de Flandres, par certaines manières et condicions, si comme par le

traictié puet apparoir, dont la teneur ensuit:

Les grandes chroniques de France (6/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis en France · 第 189 / 339 题