CXI.

Coment les officiers du roy furent rappellés par le régent, et de l'aide

que l'en offri pour la guerre.

Le mardi vint-huitiesme jour du moys de may, ledit régent prononça par

sa bouche que, à tort et sans cause raisonnable, il avoit privé de ses

offices les vint-deux personnes qui avoient esté privées par l'ordonance

des trois estas, l'an cinquante-sept; et qu'il les avoit tousjours

trouvés bons et loyaux; mais l'evesque de Laon et les tirans traitres

qui avoient empris le gouvernement le firent faire par contraincte, si

comme il dit lors. Et les restitua en leur estas et renommées.

Item, le dimenche secont jour de juing ensuivant, fu accordé au régent

que les nobles le serviroient un moys à leur despens, chascun selon son

estat, sans compter aler né venir. Et avec ce paieroient les imposicions

qui seroient ordenées par les bonnes villes. Les gens d'églyse offrirent

à payer lesdites imposicions; la ville de Paris et viscontés offrirent

six cens glaives, trois cens archiers et mil brigans. Et fu ordené que

tous ceux qui là estoient s'en retournaissent en leur villes, pour ce

que il ne vouloient aucune chose ottroier sans parler à leur villes, et

qu'il envoiassent leur responses dedens le lundi après la Trinité. Et

depuis envoièrent pluseurs villes leur response: mais pour ce que le

plat païs estoit tout gasté par les ennemis anglois et navarrois, et

aussi par les garnisons des forteresces françoises, lesdites bonnes

villes ne porent acomplir le nombre de douze mil glaives qui luy avoient

esté accordés de la Langue d'oc.

Les grandes chroniques de France (6/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis en France · 第 124 / 339 题