kilomètres à vol d’oiseau au S. de Ndélé) offre la même particularité de
rubanement que le granite à épidote de Dekoua. Les affleurements sont
recouverts par les grès horizontaux et n’apparaissent que dans
l’échancrure de Goumba et du ruisseau Yofo.
MICROGRANITES
DESCRIPTION DES ÉCHANTILLONS TAILLÉS EN PLAQUES MINCES
285. — Microgranite à microcline de Korbol.
Roche à cassure esquilleuse et de couleur assez sombre sur laquelle
tranchent de petits cristaux porphyriques de quartz et de feldspath.
Dans une pâte microgrenue de microcline et de quartz avec un peu de
biotite, sont distribués des plages plutôt que des cristaux isolés de
quartz, de microcline avec association microperthitique d’albite, du
grenat ainsi que des lamelles de biotite et de microcline. On remarque
en outre du zircon, un peu de magnétite et de sphène.
Le microcline englobe parfois des éléments de la pâte. Certains cristaux
ont continué de s’accroître après leur formation, le feldspath de la
pâte a été absorbé et il est resté, dans la forme la mieux caractérisée
au bord de ces cristaux, une bande de grains de quartz avec quelques
lamelles de biotite disséminées.
347. — Même roche que la précédente, la biotite, au lieu de se présenter
en lamelles isolées, constitue en général des nids de petites lamelles
diversement orientées.
349. — Microgranite à microcline à structure porphyrique de Korbol.
Dans une pâte microgrenue de quartz, de microcline, d’oligoclase avec un
peu de muscovite, sont disséminés des cristaux de quartz englobant
parfois un peu de muscovite, de microcline avec association
microperthitique d’albite, d’oligoclase damouritisé, de la biotite et du
grenat. On remarque, en outre, de la magnétite, du sphène, du zircon, de
l’allanite et de la chlorite.
355. — Même roche que la précédente, l’allanite est plus abondante, le
sphène manque et on voit un peu de calcite.
RÉSUMÉ
Ce qui caractérise les microgranites de Korbol que l’on rencontre en
filon dans le granite, c’est la présence du microcline qui existe en
abondance dans la roche, alors que dans les autres gisements connus, le
microcline n’existe qu’à l’état exceptionnel.
Les phénocristaux de quartz ne se montrent pas nettement corrodés. Leurs
contours sont parfois linéaires, ou plus ou moins irréguliers, c’est-à-
dire plus ou moins entamés par la pâte.
Dans le type non porphyrique le grenat est relativement abondant et très
corrodé, il n’existe généralement qu’à l’état de squelette dans la pâte.
Dans le type porphyrique le grenat est plus rare et ne présente pas des
caractères de corrosion aussi accentués, il y a lieu en outre de
signaler la présence de l’allanite dans ce type.
RHYOLITE DE HADJER-EL-HAMIS
Cette roche ayant été étudiée et décrite par M. GENTIL (Documents
scientifiques de la Mission Saharienne), avec les échantillons rapportés
par M. LACOIN, elle ne figure ici que pour indiquer que la Mission
Chari-Tchad en a rapporté de nombreux échantillons.
GABBROS ET NORITES
170. Gabbro du Vou. — Type de gabbro banal à tendance ophitique.
[Illustration : FIG. 107. — Schéma de l’ouralitisation du diallage du
gabbro du Vou.]
Plagioclases (Labrador-Bytownite) maclés suivant la loi de l’albite, de
Carlsbad, et de la péricline. Diallage souvent maclé suivant _h_¹, avec
inclusion ferrugineuse fine, titanomagnétite.
Un certain nombre de cristaux de feldspath sont déformés
longitudinalement par une légère courbure.
Cette roche est intéressante à cause des modifications minéralogiques de
l’ordre de celles qui se montrent dans les régions dynamo-
métamorphisées, mais sans déformations structurales.
Ces modifications sont :
1o Ouralitisation (transformation du diallage en hornblende verte) par
trois modes. _a._ — Facules irrégulières s’orientant quelquefois, ou
gros grains quelquefois dentelliformes. _b._ — Par petits cristaux
isolés distribués dans les clivages _m_ et les plans de séparation _p_
du diallage. _c._ — Par un cristal unique de hornblende, transformation
toujours incomplète, gagnant de la périphérie au centre, et toujours
réduite à un cadre extérieur.
Tous ces modes peuvent être réalisés ensemble et donnent alors une
apparence des plus complexes.
2o Formation de grenat (grossulaire) avec formes géométriques dans les
feldspaths, soit en cristaux isolés, soit plus ordinairement en bordure
cristallitique quelquefois constituée entre le feldspath et le diallage
ou la titanomagnétite. Cette particularité rappelle quelques cas de
saussuritisation des gabbros des Alpes et aussi de la norite d’Arvieu
décrite par M. Lacroix B.S. min. XIX, 1896, p. 70.
3o Formation de lamelles de biotite autour de la titanomagnétite ou dans
les feldspaths, et enfin un peu de quartz secondaire.
190. Norite quartzifère de Ndélé. — Roche leucocrate à structure grenue.
Apatite, titanomagnétite, hypersthène (diallage), biotite, fort peu de
hornblende verte secondaire, plagioclases ne dépassant pas l’andésine,
et quartz quelquefois en vermiculisations dans la hornblende et la
biotite. Les métasilicates sont presque incolores en lames minces, le
pyroxène rhombique (hypersthène) se transforme en talc et en xylotile
pléochroïque en jaune brun suivant _ng_ et en jaunâtre suivant _np_.
Feldspaths granulitiques moulés par du quartz qui par place est
granitique (xénomorphe). Les minéraux colorés au moins en partie sont
antérieurs aux feldspaths.
Cette roche ne saurait être confondue avec les gneiss à pyroxène et
hypersthène du Kaga Bandéro. Ces derniers sont plus basiques, les
métasilicates sont plus abondants et plus riches en fer (plus colorés),
la hornblende est plus abondante.
En outre, les gneiss du Kaga Bandéro sont parfois vaguement rubanés.
DIABASES
_Rapides de l’Oubangui, entre Bangui et Fort-de-Possel._
Rapide de l’En-Avant. — Roche à structure ophitique ouralitisée, à
feldspath plagioclase et à augite en cristaux très déchiquetés ; un peu
de quartz, ce minéral existe aussi en association micropegmatitique.
Amphibole d’ouralitisation rare et peu pléochroïque, on a :
_np_ verdâtre pâle un peu jaunâtre, _ng_ verdâtre.
Un peu de biotite assez pléochroïque, on a : _np_ brun très clair, _ng_
brun grisâtre.
Ilménite assez abondante généralement transformée en sphène et
quelquefois complètement disparue des plages de sphène.
Rapide de l’Éléphant. — Même roche que ci-dessus, il faut ajouter une
notable quantité d’épidote et un peu de chlorite. L’ilménite se présente
sous forme de longs bâtonnets croisés dans les plages de sphène, et a
quelquefois complètement disparu de ces plages.
_Porphyrite du sud du Lac Fittri._
Roche formée par une pâte microlitique d’augite et de feldspath, quartz
rare, mais ce minéral existe en outre en plages micro-cristallines,
irrégulières ou allongées et en filonnets.
Dans la pâte sont disséminés des phénocristaux d’augite parfois maclés
suivant _h′_ (100).
La pyrite est abondante et on remarque encore une notable quantité
d’épidote.
SCHISTES CRISTALLINS
GNEISS ET LEPTYNITES
DESCRIPTION DES ÉCHANTILLONS TAILLÉS EN PLAQUES MINCES
=Gneiss ordinaires.=
39. Gneiss de Koussougou (Haute-Ombella).
Dans ce gneiss le quartz est souvent vermiculé et présente des
extinctions roulantes. Le feldspath dominant est le microcline, mais on
trouve aussi un peu d’oligoclase. Le mica est le biotite.
Magnétite, apatite, sphène et zircon.
26. Gneiss du Kaga Bongbo (Fort-Sibut).
Oligoclase, un peu d’orthose, quartz, biotite abondante et un peu de
muscovite. Grenat abondant et englobant parfois de la biotite, du zircon
et du quartz.
Magnétite, un peu de sphène et d’apatite.
71. Gneiss du nouveau poste de la Nana (groupe Fort-Sibut à Fort-
Crampel).
Roche à grain très fin. Quartz, oligoclase, un peu de microcline et
biotite.
On remarque encore un peu de hornblende et un peu d’augite.
Apatite, magnétite, sphène et zircon.
80. Gneiss du Kaga Bandéro (Fort-Crampel).
Dans ce gneiss le quartz est très abondant et présente des extinctions
roulantes, on l’observe aussi sous la forme vermiculée. Orthose,
oligoclase et biotite.
Magnétite, apatite, zircon.
82. Gneiss à grands cristaux accidentel dans les gneiss du Kaga Bandéro.
Le quartz présente parfois des extinctions roulantes. Les feldspaths
sont un peu damouritisés. L’oligoclase est le plus abondant et dans les
grands cristaux les lamelles sont courbées. L’orthose est parsemé de
quartz en association micropegmatitique. Le mica est la biotite.
Magnétite, apatite et zircon. Un peu de calcite secondaire.
270. Gneiss du Kaga Bandéro (Fort-Crampel).
Dans cette roche le quartz est très abondant et présente des extinctions
roulantes. Les feldspaths sont l’oligoclase, l’orthose et du très rare
microcline.
Biotite abondante.
Apatite, magnétite et zircon.
197. Gneiss glanduleux à grands cristaux de Ndélé.
Le quartz ordinaire est peu abondant et présente des extinctions
roulantes. Les feldspaths orthose et oligoclase sont damouritisés, les
grands cristaux ont la partie intérieure intacte et présentent une zone
extérieure grenue, de couleur rougeâtre, indice de leur écrasement.
L’orthose domine, il est parsemé de quartz en association
micropegmatitique. Le mica est la biotite parfois parsemée aussi de
quartz en association micropegmatitique. La roche contient en outre une
certaine quantité de hornblende.
Magnétite, apatite et zircon. Un peu de calcite et de chlorite.
198. Gneiss à grands cristaux de Golo (Ndélé).
Roche de couleur rougeâtre, coloration due à l’abondance des feldspaths
rouges.
Le quartz présente des extinctions roulantes bien caractérisées, on
l’observe aussi sous la forme vermiculée et sous la forme microgrenue.
Orthose, microcline et oligoclase plus ou moins damouritisés.
{ _Np_, brun très clair, _Ng_,
{ brun noirâtre
On a pour le pléochroïsme de la biotite {
{ _Np_, brun très clair,
{ _Ng_, vert
Magnétite, sphène, zircon et un peu d’allanite. Un peu de chlorite.
174. Gneiss granitoïde de Goumba.
Orthose et oligoclase un peu damouritisés, quartz présentant des
extinctions roulantes, biotite et un peu de muscovite. On a pour le
pléochroïsme de la biotite : _Np_, brun clair, _Ng_ brun.
Zircon abondant et un peu de magnétite.
=Leptynites.=
6. Leptynite de la Basse-Tomi.
Dans cette leptynite le quartz domine, le feldspath le plus abondant est
le microcline, on remarque aussi un peu d’oligoclase.
Le mica (biotite) est assez rare. La magnétite est abondante en petits
grains visibles à l’œil nu. Un peu de zircon.
28 bis. Leptynite à microcline de Fort-Sibut.
Dans cette roche le microcline est très abondant à l’état grenu.
Le quartz englobant parfois du zircon présente des extinctions
roulantes.
Biotite, un peu de muscovite. Grenat et zircon.
55. Leptynite pyroxénique (groupe de Fort-Sibut à Fort-Crampel, entre la
Tomi et M’Pokou).
Roche compacte dont les principaux éléments sont le quartz,
l’oligoclase, un peu de microcline et le pyroxène. Le quartz est très
abondant et présente généralement des extinctions roulantes. L’augite
est assez abondante, un peu d’hypersthène.
Magnétite, apatite et zircon.
269. Leptynite du Kaga Bandéro (Fort-Crampel).
Orthose, oligoclase et microcline un peu damouritisés. Quartz abondant
et présentant des extinctions roulantes. Biotite et un peu de muscovite.
Magnétite, apatite, sphène et zircon. Un peu de calcite.
=Types basiques.=
276. Gneiss granitoïde amphibolique et pyroxénique de la rivière Kouli
(affluent de la Tomi).
Dans ce gneiss la hornblende ne se présente jamais en cristaux ayant
conservé des formes géométriques, elle est en général peu pléochroïque
et épigénise souvent des cristaux d’augite mieux caractérisés. Le
feldspath dominant est l’oligoclase, on remarque aussi un peu d’orthose.
Le mica est la biotite. Le quartz se présente parfois sous la forme
vermiculée.
Magnétite, apatite, allanite et zircon.
31. Gneiss amphibolique du Kaga Do (Haute-Ombella).
Cet échantillon d’aspect granitoïde est essentiellement composé
d’oligoclase, de hornblende et de quartz. Le mica manque, cependant il
existe dans les clivages des blocs. On remarque de la magnétite assez
abondante et de l’apatite souvent enclavée dans la hornblende. Les
cristaux de hornblende n’ont jamais de contours géométriques mais ils
présentent les clivages nets des sections _h_¹ (100) et _g_¹ (010) et
des sections perpendiculaires à l’arête _h_¹_g_¹ (100) (010). Quelques
rares cristaux plus petits présentent des contours géométriques.
33. Gneiss amphibolique en rognon dans le précédent.
Cette roche est beaucoup plus complexe que la précédente dont elle n’est
d’ailleurs qu’un accident.
Le feldspath est toujours l’oligoclase, et à la hornblende il faut
ajouter de l’augite et de la biotite. Le grenat est abondant.
Apatite, zircon et magnétite. Un peu de calcite.
Les cristaux d’amphibole sont très déchiquetés, ou très petits et
disséminés dans une structure grenue.
20. Gneiss à pyroxène (Fort Sibut).
Le quartz présente souvent des extinctions roulantes. Le feldspath
dominant est l’oligoclase, il est accompagné d’un peu de microcline.
Augite, biotite et un peu de hornblende.
Magnétite assez abondante, apatite, sphène et zircon.
22. Gneiss à pyroxène à grands cristaux (Fort-Sibut).
Cette roche a l’aspect d’un granite grossier sub-porphyroïde.
L’oligoclase domine, mais on remarque aussi du microcline sous la forme
grenue et en grands cristaux disséminés. Le quartz présente des
extinctions roulantes et se montre parfois en grands cristaux, ces
cristaux contiennent alors de longues et assez larges bandes
d’inclusions liquides.
L’hypersthène est assez abondant et il faut ajouter une certaine
quantité d’augite, un peu de hornblende et comme mica la biotite.
Magnétite abondante, apatite et zircon. Un peu de chlorite.
23. Gneiss pyroxénique (Fort-Sibut).
Roche compacte à cassure esquilleuse. Le quartz présente des extinctions
roulantes. Le feldspath dominant est le microcline à l’état grenu, il
est accompagné d’oligoclase. L’hypersthène est assez abondant avec
pléochroïsme assez accentué en vert suivant _Ng_ et en rose-brunâtre
suivant _Np_. Le mica manque. L’apatite est abondante et quand les
cristaux se présentent suivant leur allongement, ils ont très
fréquemment des lignes transversales d’inclusions.
Magnétite, sphène et zircon.
85. Gneiss pyroxénique et amphibolique du Kaga Bandéro (Fort-Crampel).
Ce gneiss se présente en lentilles ou lits dans les autres gneiss.
Le quartz est comparativement peu abondant. Le feldspath est
l’oligoclase qui se présente rarement sous des formes nettes, les
lamelles sont souvent courbées, déformées et l’ensemble des cristaux
présente des extinctions roulantes. L’augite domine et englobe parfois
de l’apatite. Il faut ajouter une notable quantité d’hypersthène, de
hornblende, et un peu de biotite.
Magnétite assez abondante patite.
Le pléochroïsme de l’augite est à peine sensible et on a :
_Ng_, vert pâle.
_Nm_, vert.
_Np_, vert.
_Ng_ C¹ = 42° environ.
Le pléochroïsme de l’hypersthène est assez accentué et on a :
_Ng_, vert pâle.
_Nm_, jaune un peu brunâtre-clair.
_Np_, rose saumon.
_Ng_ C¹ = 0.
2 E est relativement petit, ce qui indique un hypersthène très
ferrifère.
84. Pyroxénite associée au gneiss précédent.
Le gneiss précédent passe dans certains endroits de la base du Kaga
Bandéro à la pyroxénite.
Dans cette roche, les éléments essentiels sont l’augite, la hornblende
et la biotite. L’augite domine, après vient le hornblende. Elle contient
en outre un peu de quartz et un peu d’anorthite.
Zircon et apatite.
271. Gneiss pyroxénique et amphibolique du Kaga Bandéro (Fort-Crampel).
Ce gneiss se présente en lentilles ou lits dans les gneiss et
leptynites.
A part quelques cristaux plus volumineux, cette roche a une structure
microgrenue. Quartz, oligoclase, orthose, biotite. L’augite est assez
abondante. La roche contient en outre une certaine quantité
d’hypersthène et de hornblende.
Magnétite abondante, apatite et zircon.
97. Gneiss à pyroxène de l’O. du Kaga Bandéro (Fort Crampel).
Ce gneiss se présente en lits ou lentilles dans les autres gneiss.
Quartz, oligoclase, biotite et augite. L’élément le plus abondant est le
feldspath, après viennent la biotite et l’augite en quantités
sensiblement égales. Le quartz est relativement peu abondant.
Magnétite abondante, apatite abondante en cristaux et en microlites
allongés, et zircon.
199. Gneiss amphibolique de Djalmada (Itinéraire Ndélé-Mamoun).
Quartz présentant des extinctions roulantes, oligoclase et hornblende.
La hornblende est abondante et présente souvent les clivages des
sections _h_¹ (100) et _g_¹ (010) et les sections perpendiculaires à
l’arête _h_¹_g_¹ (100) (010). Sphène très abondant, apatite, magnétite
et un peu de zircon.
208. Gneiss amphibolique de la région montueuse du Kouti.
Quartz présentant des extinctions roulantes. L’élément principal est la
hornblende. Un peu de diallage. Comme feldspath de l’oligoclase. Sphène
abondant, hématite, apatite et zircon.
RÉSUMÉ
_Au point de vue pétrographique._ — Il y a lieu de distinguer, dans
cette première partie des schistes cristallins, les gneiss normaux, les
leptynites et les gneiss basiques. Toutes ces roches présentent des
traces d’actions mécaniques qui se traduisent par des extinctions
roulantes assez fréquentes dans le quartz et par l’altération plus rare
des autres éléments et en particulier des feldspaths.
Gneiss normaux. — Roches rubanées et à grain variable mais ne devenant
jamais schisteuses, à orthose (avec ou sans microcline) et oligoclase,
parfois l’orthose est entièrement remplacé par le microcline. La biotite
est le mica dominant, elle est très rarement accompagnée de muscovite.
On observe en outre d’une façon presque constante les minéraux
accessoires habituels, magnétite, apatite, zircon, et d’autres minéraux,
l’un assez fréquent le sphène, le grenat et l’allanite très rares.
Il y a lieu en outre de signaler la présence du quartz en association
micropegmatitique dans les feldspaths de quelques échantillons.
Leptynites. — Roches rubanées de couleur rose à grain très fin dans
lesquelles le mica est plus ou moins abondant en couches minces. Les
éléments sont les mêmes que dans les gneiss normaux, sauf que la
muscovite est un peu plus fréquente et que le sphène est plus rare.
Types basiques. — Ces roches sont rarement rubanées, et quand le
rubanement existe, il est généralement vague. Les feldspaths sont les
mêmes que dans les roches précédentes, mais avec prédominance de
l’oligoclase. Les éléments essentiels sont l’augite, la hornblende, la
biotite et parfois l’hypersthène. Ces divers minéraux sont quelquefois
réunis dans la même roche mais dans certains types la biotite manque.
Dans d’autres types on ne rencontre que l’augite ou la hornblende. La
proportion des minéraux colorés est variable, mais parfois elle devient
considérable et il arrive même que les feldspaths viennent à disparaître
complètement, la roche est alors une pyroxénite.
On remarque en outre les mêmes minéraux accessoires que dans les gneiss
normaux, mais le sphène est parfois plus abondant.
_Au point de vue géologique._ — Les gneiss forment deux groupes. Le plus
important comprend tous les échantillons recueillis dans la région
s’étendant de la Haute-Ombella à Fort-Crampel. A ces gneiss sont
associées des leptynites, des gneiss amphiboliques, pyroxéniques, ou
amphiboliques et pyroxéniques, et en outre les granites dont il a été
parlé plus haut.
Les types basiques paraissent accidentels et intercalés en lits ou
lentilles dans les gneiss normaux et les leptynites, mais ce fait n’est
réellement démontré qu’au Kaga Bandéro (Fort-Crampel).
Signalons enfin la présence accidentelle dans les gneiss et leptynites
ci-dessus de gneiss à grands cristaux ayant souvent l’apparence d’un
granite sub-porphyroïde.
Les particularités qui viennent d’être citées ne constituent rien
d’anormal et se reproduisent dans des régions gneissiques françaises.
Le second groupe comprend les gneiss glanduleux à grands cristaux de
Ndélé, gneiss qui ont parfois l’aspect du granite porphyroïde, et les
rares gneiss ordinaires de la même région.
Les gneiss à grands cristaux sont traversés à Djigangou par un filon
d’aplite.
On peut être tenté de rattacher ces gneiss au granite et de les
considérer comme un granite écrasé. Mais si l’écrasement particulier des
grands cristaux de feldspath autorise jusqu’à un certain point cette
hypothèse, d’autres faits permettent aussi de légitimer la place de ces
roches dans les gneiss. En particulier le filon d’aplite qui les
traverse n’a pas subi de modifications structurelles.
Signalons enfin un autre petit groupe composé de deux échantillons de
gneiss amphibolique recueillis dans les quartzites du Kouti. Le premier
à Djalmada où ce gneiss n’apparaît qu’en deux points d’une étendue très
restreinte, le second provenant d’un affleurement assez important
interstratifié dans des quartzites dont les couches sont verticales au
ruisseau Kiokioro (village de Koubou).
Quoique recueillis à 30 kilomètres environ l’un de l’autre, dans une
direction respective N.E.-S.O., qui correspond sensiblement à la
direction générale de la stratification des quartzites, on peut admettre
qu’ils appartiennent à un même affleurement dont ils ne sont que des
points isolés, car ils ont la même composition minéralogique.
QUARTZITES
DESCRIPTION DES ÉCHANTILLONS TAILLÉS EN PLAQUES MINCES
76. Quartzite micacé des chutes de la Nana.
Roche dans laquelle sont disséminées des lamelles de muscovite. On
remarque aussi du zircon et un peu de magnétite.
104. Quartzite micacé à disthène et dumortiérite du Kaga M’Bra.
Roche avec muscovite assez abondante. Disthène assez abondant, très peu
de dumortiérite. Magnétite, ilménite, zircon et un peu de rutile.
Le disthène constitue des cristaux très aplatis, allongés suivant l’axe
vertical, mesurant souvent deux et parfois trois millimètres sur leur
plus grande dimension. Ils présentent très rarement des macles
microscopiques, leur couleur est le bleu verdâtre un peu pâle.
La dumortiérite est constituée par de petites baguettes faciles à
reconnaître à leur pléochroïsme intense :
On a : _Ng_, incolore,
_Nm_, incolore,
_Np_, bleu azur,
avec maximum suivant l’axe vertical. L’allongement est de signe négatif.
105. Même roche que ci-dessus mais sans dumortiérite. Magnétite, sphène
et zircon.
107. Quartzite micacé à disthène et klaprothite du Kaga M’Bra.
Roche avec muscovite assez abondante. Disthène abondant avec un peu de
klaprothite. Apatite, rutile, tourmaline.
Bien que les grains de klaprothite soient très petits, leur attribution
à ce minéral n’est pas douteuse. Ils possèdent une haute biréfringence
et un pléochroïsme très intense :
_Ng_, bleu azur,
_Nm_, bleu azur,
_Np_, incolore.
La bissectrice aiguë est négative et l’angle 2 V assez grand. On n’y
observe ni clivage ni macles. De petits fragments ont pu être isolés de
la roche pulvérisée par un traitement à l’iodure de méthylène, puis par
un triage à l’aiguille sous la loupe. Des essais microchimiques ont mis
en évidence la présence de l’acide phosphorique, de l’alumine et de la
magnésie.
La klaprothite est toujours en contact avec le disthène, elle est même
parfois englobée par ce minéral.
216. — Quartzite micacé de Télé (Kouti).
Roche avec muscovite assez abondante, du zircon, un peu d’hématite et de
tourmaline.
RÉSUMÉ