L’analyse faite par M. A. HÉBERT[548] a montré que cette eau contenait
11,94 d’acide sulfurique, 10,30 de soude, 0,49 de chlore, 1,74 de
potasse, avec traces de chaux et de magnésie.
_Bédanga._ — Comme dernier renseignement ajoutons que l’eau du puits du
poste de Bédanga (345 kilomètres environ à vol d’oiseau au S.E. du
Tchad) est alcaline.
_Considérations générales._ — En résumé le Tchad constitue une cuvette
recevant les eaux d’un bassin particulier et où ces eaux viennent
s’évaporer en abandonnant sur le pourtour du lac les principes alcalins
qu’elles contiennent, soit pour les avoir dissous du sol alcalin de la
plaine, soit provenant de très loin.
Les sols de Mandjaffa (190 kilomètres environ à vol d’oiseau du Tchad)
et de Bousso (330 kilomètres environ à vol d’oiseau du Tchad), postes
situés sur le Chari, sont sodiques, mais, ainsi qu’il résulte des
analyses de M. A. HÉBERT, le sol de la galerie forestière du ruisseau
Boro, au S.E. de Ndélé, c’est-à-dire à l’extrême limite du bassin (810
kilomètres du Tchad), contient une notable proportion de soude.
Il paraît difficile de rattacher les gisements alcalins de la région du
Tchad, formant aujourd’hui un bassin spécial, aux autres gisements
disséminés dans toute la partie de l’Afrique située au N. de la 20e
parallèle. On ne peut que constater qu’il existe au Tchad du carbonate
de soude, du sulfate de soude et du carbonate de chaux.
Dans d’autres régions le carbonate de soude se formant par la réaction
du chlorure de sodium sur le carbonate de chaux, on peut supposer que le
chlorure de sodium existe disséminé dans le sous-sol de la plaine.
En outre nous pensons qu’il y a lieu de tenir compte pour la formation
des carbonates de soude au Tchad, de la soude dissoute des terrains du
bassin et amenée par les eaux.
A l’O. du Tchad, entre le lac et Zinder, une région alcaline a été
particulièrement étudiée par M. le commandant MOLL et ses
collaborateurs. Les principaux centres de cette région sont Ouacha (460
kilomètres environ du Tchad), Gourselick (300 kilomètres environ du
Tchad) et Adeber (120 kilomètres environ du Tchad).
En outre M. Foureau a recueilli dans les dépressions du Tchad des
croûtes salines constituées par du carbonate de soude.
LES PUITS DU DAR-EL-HADJER (RÉGION ARDÈBE-GOGO)
_Puits d’Ardèbe._ — Le puits d’Ardèbe a une profondeur totale de 47
mètres. On y remarque les couches suivantes :
{ 7 m. — Terre noire mélangée de nombreux grains de sable.
{
40m {16m,50. — Sable fin blanc jaunâtre.
{
{ 15 50. — Argile blanc verdâtre prenant parfois un aspect
schistoïde.
2 35. — Marne blanche. Calcaire en morceaux de la grosseur
d’une noix.
2 35. — Sable blanc très fin.
2 35. — Sable grossier formé de gravats siliceux, quartz,
quartzite, roche ferrugineuse, de la grosseur d’une
noisette.
------
47m,05
------
Le calcaire contient des diatomées (35 espèces ou variétés)[549]. Les
_Navicula_ et les _Epithemia_ forment le fond de ces diatomées. En outre
il contient du quartz, du feldspath (dont oligoclase en fragments
parfois déterminables), de la biotite, du zircon et de la magnétite.
La marne très argileuse de la même couche ne contient que quelques rares
diatomées. La partie lourde des résidus de lévigation contient du
quartz, du feldspath (dont microcline en fragments déterminables, de la
biotite, de l’apatite, de l’ilménite et de l’hématite).
Pour expliquer la présence de ces minéraux il faut rappeler qu’il existe
à Ardèbe un affleurement de granite.
_Puits de Lahmeur (El Amer)._ — Ce puits a une profondeur totale de
33m,70. On y remarque les couches suivantes :
2m,20. — Terre noire recouverte d’un lit superficiel de sable.
9 00. — Argile grise ou blanc-verdâtre avec petites concrétions
gréseuses et petits grains de quartz.
9 00. — Sable blanc très fin avec petits morceaux de quartz à
angles mal arrondis.
6 75. — Marne blanchâtre.
6 75. — Sable plus ou moins grossier avec gros gravier siliceux.
------
33m,70
------
_Puits de Bolo_, 36m,00 de profondeur.
11m,25. — Sable grisâtre mélangé d’une très petite quantité de
terre.
11 25. — Sable très blanc avec particules nombreuses de quartz en
grains anguleux.
13 50. — Sable ocracé, en petits grains, friable, mélangé d’une
très petite quantité d’argile.
------
36m,00
------
_Puits de Reddedioum_, profondeur 26m,60.
7m,15. — Sable grisâtre.
6 75. — Sable de couleur ocre.
4 50. — Sable blanc avec petits galets quartzeux.
8 20. — — —
------
26m,60
------
_Puits de Gogo_, profondeur 25 mètres.
2m,25. — Sable grisâtre.
11 25. — Sable de couleur ocre.
2 25. — Siniaka béda.
9 25. — —
------
25m,00
------
_Puits de Moziout_, profondeur 28m,40.
6m,75. — Sable grisâtre avec lits alternatifs de terre végétale.
9 00. — Sable jaune ocracé assez bien agglutiné.
4 50. — Sable blanc assez fin avec petits grains de quartz et
quelques petits nodules de calcaire de la grosseur d’un
haricot.
8 15. — — —
------
28m,40
------
_Puits de Kanam_, profondeur 43 mètres.
{ 4m,50. — Sable grisâtre.
{
{ 11 25. — Terrain sableux assez aggloméré, d’un jaune ocracé.
{
{ 6 75. — Sable fin jaune ocracé avec petits cailloux de quartz.
33m75 {
{ 11 25. — Sable blanc avec petits cailloux de quartz et petits
{ morceaux de calcaire, le plus gros de la grosseur
{ d’une noix comme à Ardèbe.
{
{ 9 25. — — —
------
43m,00
------
On ne peut guère tirer de conclusions de l’examen de ces couches. Un
vague rapprochement existe cependant entre le puits d’Ardèbe où le
calcaire existe à 40 mètres de profondeur en morceaux de la grosseur
d’une noix, et celui de Kanam où l’on rencontre aussi du calcaire sous
la même forme à 33m,75 de profondeur.
Le nivellement du sol n’étant pas fait, il est difficile de considérer
ce vague rapprochement comme pouvant constituer un repère permettant de
supposer que le calcaire existe en couche continue à cette profondeur.
Les puits étudiés se trouvent dans une région formant une dépression
limitée par les affleurements granitiques du Dar-el-Hadjer et recevant
trois cours d’eau, le Batha ou Ba Laïri, le Ba Bourda et le Batha du
Ouadaï. Cette dépression a évidemment été comblée par les apports de ces
cours d’eau et il ne reste plus du lac primitif que le petit lac Fittri.
L’OUBANGUI ENTRE BANGUI ET FORT-DE-POSSEL
Les quelques renseignements que la Mission a pu recueillir malgré les
difficultés de la navigation et la hauteur des eaux sont les suivants
(Les distances sont comptées en partant de Bangui et le chiffre donné
n’est qu’une indication. Les directions sont orientées au N. magnétique.
Le chaland a constamment suivi la rive droite).
_Bangui._ — Le fleuve est barré par un affleurement de quartz en couches
épaisses, dans lesquelles on rencontre la roche ferrugineuse remplissant
les fissures et les cavités. La direction générale des couches est celle
du barrage même, c’est-à-dire N. 7° E., avec pente de 58° environ vers
l’E. Dans ce barrage on rencontre un autre filon transversal de quartz
avec clivages verticaux ayant l’apparence de strates de 10 à 30
centimètres d’épaisseur ; la direction de ce filon est presque
perpendiculaire à celle du barrage.
_Mission catholique._ — Conglomérat paraissant former une couche épaisse
à la surface du sol, composé de cailloux quartzeux plus ou moins roulés
de 1 à 7 centimètres environ, agglutinés par un ciment ferrugineux.
[Illustration : FIG. 106. — Barrage de diabase entre Bangui et Fort-de-
Possel.]
_5 kilomètres._ — Conglomérat de petits cailloux quartzeux agglutinés
par un ciment ferrugineux. Roches quartzeuses, blocs de roche
ferrugineuse. Alternance du conglomérat et de couches d’apparence
quartzeuses.
_8 kilomètres._ — Conglomérat de petits cailloux quartzeux agglutinés
par un ciment ferrugineux. La hauteur de ce conglomérat au-dessus du
niveau de l’eau était de 2 mètres (21 août 1902). Au-dessus il existe
une couche d’argile de 4 mètres.
_10 kilomètres._ — Village de Bongasso.
_13 kilomètres._ — Schistes micacés, stratification ondulée, direction
E. 25° N., avec pente vers le N. de 20°.
_23 kilomètres._ — Village de Bafourou. Schistes micacés.
_29 kilomètres._ — Blocs de quartzites avec fissures remplies par un
ciment ferrugineux.
_32 kilomètres._ — Roche quartzeuse dans les cavités de laquelle existe
la roche ferrugineuse.
_33 kilomètres._ — Village de Kika. Quartzites mélangés de roche
ferrugineuse.
_42 kilomètres._ — Rapide de Belli. Roches stratifiées, direction E.-O.,
avec pente vers le S. de 65°.
_45 kilomètres._ — Quartzites, direction E.-O., avec pente vers le S. de
73°. Fissures remplies par la roche ferrugineuse.
_50 kilomètres._ — Village d’Itongo.
_52 kilomètres._ — Quartzites, direction E.-O., avec pente vers le S. de
77°. Fissures remplies par la roche ferrugineuse.
_56 kilomètres._ — Rapide de l’En-Avant. Affleurement de diabase,
direction E.-O., largeur approximative de la partie visible 50 mètres.
La roche contient dans les cavités quelques fragments d’un conglomérat
ferrugineux avec petits cailloux roulés quartzeux de 1 à 3 centimètres,
et en outre de la roche ferrugineuse scoriacée.
_57 kilomètres._ — Roche ferrugineuse avec fragments d’autres roches
englobés.
_63 kilomètres._ — Rapide de l’Eléphant ou de Mokouanghai. Affleurement
de diabase, direction E.-O., largeur approximative de la partie visible
40 mètres. La roche contient dans ses cavités quelques fragments d’un
conglomérat ferrugineux avec galets roulés de quartz de 1 à 7
centimètres environ, et des fragments de diabase même. A la partie N. de
l’affleurement on remarque la roche ferrugineuse englobant des fragments
de quartz et de quartzites plus ou moins volumineux et plus ou moins
roulés.
_65 kilomètres._ — Roches ferrugineuses et quartzeuses mélangées.
_67 kilomètres._ — Roche stratifiée mélangée de roche ferrugineuse,
direction E.-O., avec pente vers le N. de 45 à 50°.
_72 kilomètres._ — Quartzites, direction E.-O., avec pente vers le S. de
30°. Fissures et cavités remplies par la roche ferrugineuse.
_83 kilomètres._ — Village de Oudounjié. Grès grossier, caverneux, à
éléments assez fins ; au-dessus, c’est-à-dire à la surface du sol,
conglomérat ferrugineux avec petits cailloux roulés. Un peu au S. de ce
point roche ferrugineuse.
_90 kilomètres._ — Village habité par des Ouaddas. Dans la berge, à un
mètre au-dessous de la surface du sol on remarque une couche de 15 à 20
centimètres d’épaisseur, humifère, contenant des coquilles d’huîtres du
fleuve.
_94 kilomètres._ — Confluent de la Ombella.
_99 kilomètres._ — Factorerie de Ouadda.
_110 kilomètres._ — Fort-de-Possel au confluent de la Kémo.
Après le village de Oudounjié la roche ferrugineuse devient abondante et
surtout en amont de la factorerie de Ouadda.
_Mission catholique de Bessou._ — En amont de Fort-de-Possel, à 20
kilomètres environ, à la mission de Bessou, les schistes affleurent dans
le fleuve, avec une direction E. 25° N. et une pente de 12° vers le
N.-O. En aval de cet affleurement existe un conglomérat ferrugineux avec
cailloux roulés.
Un puits creusé auprès des bâtiments de la mission fournit les
renseignements suivants :
1m,50. — Argile rouge avec blocs de conglomérat ferrugineux.
1 50. — Conglomérat ferrugineux.
2 50. — Sable ferrugineux.
2 50. — Schistes semblables à ceux du fleuve.
-----
8 00. — Profondeur du puits.
-----
_Zangha._ — (57 kilomètres environ à vol d’oiseau en amont de Fort-de-
Possel). Un échantillon de quartzite micacé provenant de Zangha, a été
rapporté à la Mission.
RÉSUMÉ. — Entre Fort-de-Possel et Bangui, l’Oubangui a rencontré une
ligne de collines provoquées par un puissant affleurement de diabase
dont la direction générale est E.-O., recouvert par la roche
ferrugineuse, et s’est frayé un passage dans ces collines.
Il franchit cette ligne de collines dans une direction N.E.-S.O. et au
rapide de Belli prend une direction E.-O. Il s’infléchit ensuite
brusquement au contact des quartzites de Kika et coule N.-S. jusqu’au
voisinage de Bangui. Au contact des collines de Bangui, il s’infléchit
de nouveau brusquement pour couler E.-O. et former ensuite le coude de
Bangui.
PÉTROGRAPHIE
ROCHES ÉRUPTIVES
GRANITES
DESCRIPTION DES ÉCHANTILLONS TAILLÉS EN PLAQUES MINCES
17. Granite à épidote, groupe de la Tomi (auprès du poste des M’Brous).
Roche de couleur grisâtre et à grain très fin. A l’œil nu on distingue
cependant les petits cristaux de feldspath et les petites lamelles de
biotite.
Quartz, orthose et oligoclase damouritisés et biotite, épidote comme
autre produit d’altération. Quelques rares cristaux d’oligoclase sont
déterminables. Le quartz présente des extinctions roulantes[550].
Apatite et zircon.
59. Granite à pyroxène, groupe Fort-Sibut à Fort-Crampel (entre le poste
de M’Pokou et celui des Ungourras).
Roche à grain fin, quartz, orthose et oligoclase damouritisés et
biotite.
On remarque une certaine quantité d’augite passant au diallage.
Magnétite, apatite, zircon et sphène.
61. Granite à épidote, groupe Fort-Sibut à Fort-Crampel (Dekoua).
Roche à grain fin et de couleur assez claire.
Quartz, feldspath et biotite. Les feldspaths sont damouritisés et
parsemés de lamelles de muscovite souvent allongées mais en général sans
orientement précis, l’oligoclase domine.
L’épidote est abondante comme autre produit secondaire, elle se présente
aussi en filonnets. Elle appartient à un type ferrifère car dans les
lames minces son pléochroïsme est assez accentué en jaune citron.
Apatite et zircon.
62. Granité à épidote, groupe Fort-Sibut à Fort-Crampel (poste même de
Dekoua).
Même roche que la précédente sauf qu’il faut ajouter une quantité
notable de microcline très peu altéré et du rutile. Pas d’apatite.
109. Granite des Kagas Djé.
Granite ordinaire dans lequel les feldspaths sont un peu damouritisés.
Le quartz est parfois vermiculé. Les feldspaths sont le microcline,
l’oligoclase et l’orthose. L’oligoclase englobe parfois le microcline. A
la biotite il faut ajouter un peu de muscovite et un peu d’augite mais
rare.
Magnétite, apatite et zircon.
110. Gneiss amphibolique et pyroxénique en enclave dans le granite
précédent.
Dans ce gneiss l’élément dominant est la hornblende qui est pléochroïque
en vert pâle brunâtre suivant _Np_ et en vert sale suivant _Ng_. Comme
feldspaths l’oligoclase avec un peu d’orthose. Le quartz est peu
abondant. On remarque en outre un peu d’augite.
Apatite et magnétite.
111. Gneiss (rognon zoné dans le granite précédent).
Quartz, oligoclase et orthose, biotite abondante, un peu de muscovite.
Magnétite, zircon, apatite.
116. Aplite, filons dans les granites porphyroïdes des Kagas de Balidja.
Roche de couleur rosâtre. Le microcline domine, l’orthose et
l’oligoclase sont damouritisés. Quartz, un peu de biotite et de
muscovite.
Magnétite, apatite et zircon.
119. Granite amphibolique accidentel dans les granites des Kagas de
Balidja.
Ce granite est à grain fin et à la biotite il faut ajouter une notable
quantité de hornblende. Les feldspaths, orthose, oligoclase et
microcline sont un peu damouritisés. Le quartz existe aussi à l’état
vermiculé.
Apatite, zircon, ilménite, sphène, calcite.
126. Granite en filon sillonnant les mamelons après le Kaga Batolo.
Roche compacte de couleur rosâtre. Les feldspaths sont le microcline,
l’oligoclase et l’orthose, ces deux derniers damouritisés. Le quartz est
parfois vermiculé. A la biotite assez disséminée il faut ajouter de la
muscovite.
Magnétite, apatite, zircon, calcite et chlorite.
124. Microcline du Kaga Batolo.
Les cristaux provenant des pegmatites du Kaga Batolo contiennent de
nombreux filonnets d’albite un peu damouritisée et parsemée de
vermicules de quartz.
127. Aplite en filon de Djigangou.
Le quartz est en grands cristaux contenant de longues et fines
inclusions de rutile, en plages de cristaux plus petits et parfois sous
la forme vermiculée. En outre des vermiculisations de quartz parsèment
les feldspaths, les cristaux qui les constituent sont parfois allongés
et orientés et le groupement passe alors à la micropegmatite.
Les feldspaths sont l’orthose, l’oligoclase et le microcline. La roche
contient en outre un peu de biotite.
Minéraux accessoires, magnétite et zircon.
A l’œil nu le quartz tranche nettement sur la pâte feldspathique de la
roche.
151. Aplite des mamelons du poste de Ndélé.
Roche de couleur rougeâtre et d’aspect gneissique. La coloration est due
à l’abondance de feldspaths roses, ces feldspaths sont damouritisés.
Elle est composée d’oligoclase, d’orthose, de quartz et de rare
muscovite.
Un peu de magnétite et de calcite.
192. Aplite (avec feldspaths altérés) des mêmes mamelons.
Roche compacte dans laquelle abondent les feldspaths de couleur rose
très chargés en inclusions et damouritisés.
Le feldspath dominant est l’orthose avec association microperthitique
d’anorthose. Un peu d’oligoclase.
Le quartz est assez abondant, il existe aussi à l’état secondaire en
plages ou en filonnets traversant la roche.
On remarque un peu de muscovite et de magnétite.
La calcite est abondante et forme souvent des filonnets ; il faut
ajouter un peu de chlorite.
175. Granite de Goumba (pays de Senoussi).
Roche à grain fin et de couleur blanchâtre.
Oligoclase et microcline un peu damouritisés, quartz et biotite. Un peu
de muscovite et du zircon.
250. Granite de Mali (Lac Iro).
Roche à grain fin et de couleur rosâtre dans laquelle le biotite est de
couleur vert foncé.
Les feldspaths sont le microcline avec association micropertithique
d’albite et l’oligoclase, ce dernier damouritisé, l’altération étant
souvent au centre des cristaux. Quartz ordinaire et vermiculisation de
quartz dans le microcline.
La biotite est pléochroïque dans les teintes brunes ou vertes et on a
suivant _Ng_, brun clair ou brun verdâtre et suivant _Np_, vert ou vert
sale. La roche contient en outre un peu d’augite et de hornblende. Comme
autres éléments : Ilménite, sphène, zircon et allanite. Epidote.
252. Granite des mamelons Karou (Lac Iro).
Roche de couleur blanche à grain fin. Quartz, orthose, oligoclase et
biotite. Un peu de muscovite. Le quartz est assez abondant sous la forme
vermiculée.
Un peu d’apatite.
261. Granite des rapides du Gribingui.
Quartz, microcline, oligoclase et biotite. Un peu de muscovite. Les
feldspaths sont un peu damouritisés et on remarque un peu de quartz
vermiculé.
Magnétite et zircon.
346A. Granite de Korbol.
Roche de couleur rosâtre. Quartz, microcline avec association
microperthitique d’albite, oligoclase un peu damouritisé et biotite. On
remarque en outre un peu d’augite.
Magnétite, zircon, apatite.
340. Granite à muscovite (granulite) de couleur rougeâtre.
Quartz, oligoclase, orthose et muscovite. Apatite, zircon et sphène.
La coloration rougeâtre de ce granite est due à l’hématite qui existe
disséminée dans les cristaux et qui remplit les fissures et les
interstices.
413. Granite à grain très fin en enclave dans le granite de Ngoura (Dar-
el-Hadjer).
Quartz, microcline, biotite et un peu de muscovite. Allanite et zircon.
414. Granite de Ngoura (Dar-el-Hadjer).
Roche à grain fin et de couleur blanche. Quartz, microcline et
oligoclase un peu damouritisés.
Biotite avec pléochroïsme suivant :
_Ng_, brun foncé ou vert sale ;
_Np_, brun très pâle ou vert brun pâle.
On remarque aussi un peu de muscovite.
Allanite, magnétite, zircon, sphène et un peu d’apatite.
305. Granite de Moïto (Dar-el-Hadjer).
Roche à grain fin et de couleur claire. Quartz, orthose et oligoclase
damouritisés, un peu de microcline. Biotite et un peu de muscovite.
Magnétite, calcite et chlorite.
342. Granite à muscovite de Moïto (granulite) (Dar-el-Hadjer).
Roche rose dans laquelle les cristaux de quartz assez volumineux ont un
aspect opalin. Microcline, oligoclase et orthose. La muscovite est assez
abondante, très rare biotite.
Magnétite, zircon, apatite.
410. Granite de Yao (Lac Fittri).
Roche de couleur blanche. Quartz parfois vermiculé. Microcline,
oligoclase et orthose. L’oligoclase et l’orthose sont damouritisés et
contiennent parfois des vermiculisations de quartz. Biotite et un peu de
muscovite.
Apatite, magnétite, sphène et zircon. Un peu d’épidote.
231. Granite des Niellims.
Quartz quelquefois vermiculé, oligoclase, orthose et microcline avec
association microperthitique d’albite. Les feldspaths sont souvent
damouritisés et contiennent parfois des vermiculisations de quartz.
L’orthose existe en phénocristaux et en plages, il englobe parfois
l’oligoclase.
Le pléochroïsme est très intense dans la biotite, on a :
_Np_, brun verdâtre plus ou moins clair ;
_Ng_, noirâtre.
Allanite, magnétite, zircon, sphène et un peu de fluorine. Un peu de
chlorite.
235. Granite à grain très fin en rognon dans le granite des Niellims.
Quartz, oligoclase et orthose damouritisés et biotite. La biotite est
abondante et possède un pléochroïsme très intense dans les cristaux bien
conservés. Un peu de muscovite.
Magnétite, zircon, quelques microlites allongés d’apatite, allanite.
NOTA. Les grands cristaux d’orthose du granite porphyroïde des Niellims
sont sillonnés de filonnets d’albite.
RÉSUMÉ
_Au point de vue pétrographique._ Les granites rencontrés appartiennent
au type normal, à orthose (avec ou sans microcline) et oligoclase,
parfois l’orthose est entièrement remplacé par le microcline. La biotite
est le mica dominant, elle est parfois associée à fort peu de muscovite.
Il y a lieu de signaler aussi la présence du quartz vermiculé dans les
feldspaths de certains échantillons.
On observe en outre d’une façon presque constante les minéraux
accessoires habituels, magnétite, apatite, zircon.
Le quartz présente presque constamment des extinctions roulantes plus ou
moins bien caractérisées, résultat d’actions mécaniques subies par la
roche postérieurement à sa consolidation.
Il y a lieu en outre de signaler quelques particularités intéressantes
propres à certains échantillons : La présence de l’allanite
primaire[551], et la grande abondance de l’épidote dans certaines
régions, qui, elle, est nettement secondaire.
Comme variétés pétrographiques peu répandues je signale le granite à
muscovite (granulite), et le granite à pyroxène.
Enfin certains de nos granites renferment des enclaves amphiboliques et
pyroxéniques ou seulement amphiboliques, à structure grenue.
Tous nos granites ne sont pas à grain moyen et on rencontre assez
fréquemment le granite porphyroïde, soit à microcline, soit à orthose.
Toutes ces variétés sont traversées par des filons d’aplite
remarquablement simples de composition, ou par des granites à biotite à
grain fin. La pegmatite est beaucoup plus rare.
_Au point de vue géologique._ — Il y a lieu de distinguer deux groupes
de gisements d’une importance très inégale.
Le plus important est représenté par tous les échantillons recueillis
dans le pays de Senoussi entre le Koukourou et le Bangoran, ceux des
rapides du Gribingui, du lac Iro, du confluent du Bahr-Salamat, des
Niellims, de Korbol, de Koli, de l’ancien lac Baro (Dar-el-Hadjer) et du
lac Fittri, on n’y rencontre pas d’autre roche que des granites et des
granites normaux, les types basiques ne sont représentés que sous forme
d’enclaves de petite étendue.
Dans le second groupe, les gisements de granites s’observent au milieu
des gneiss de la région s’étendant de la Haute-Ombella à Fort-Crampel ;
aussi est-il assez difficile de se décider sur l’attribution de tel ou
tel échantillon soit au granite soit au gneiss, les schistes cristallins
ayant selon toute vraisemblance subi l’influence propre du granite,
comme dans tant d’autres régions de constitution similaire. La question
est encore compliquée par l’écrasement qu’ont subi les roches de cette
région, écrasement qui dans certains cas peut être considéré comme la
cause du rubanement offert par certains gisements tels que celui des
granites à épidote de Dekoua.