distinctes et mieux caractérisées, elles peuvent être considérées
jusqu’à un certain point comme des lignes de collines de faible altitude
dans lesquelles on rencontre quelques mamelons qui dominent. La Tomi
cesse d’être navigable même pour des pirogues et son cours n’est plus
qu’une succession de rapides occasionnés soit par la roche ferrugineuse
soit par des roches granitiques.
Au N., entre le poste et le point de l’ancienne route de Fort-Crampel où
l’on franchissait la Tomi (5 kilomètres environ) le gneiss affleure
partout sur la seconde moitié du parcours. Ce gneiss est souvent
pyroxénique et parfois pyroxénique et amphibolique (20, 22, 23, p. 684).
Il passe au gneiss à grands cristaux et constitue ainsi une roche ayant
l’apparence d’un granite grossier sub-porphyroïde. L’apparition d’un
semblable gneiss a un caractère accidentel, et le même phénomène
parfaitement visible par suite d’une dénudation complète se reproduit,
mais plus restreint, au Kaga Bandéro dont il sera question plus loin.
A l’O.-S.-O., on rencontre le petit mamelon de Bongbo ayant une altitude
approximative de 24 mètres au-dessus du niveau moyen du terrain
environnant. Ce petit mamelon n’offre aucun escarpement et les couches
de gneiss sont concentriques. La forme générale est le gneiss ordinaire
(26, p. 680), dans lequel on rencontre accidentellement des lentilles ou
lits de gneiss à pyroxène de couleur plus sombre.
A l’E.-S.-E., on remarque le Kaga Dogbéré constitué par la roche
ferrugineuse et ayant une altitude approximative de 72 mètres au-dessus
du ruisseau coulant entre le pied de ce mamelon et la Tomi, dans le lit
de ce ruisseau le gneiss affleure.
La distance E.-O., entre le mamelon de Bongbo et le Kaga Dogbéré est
d’environ 6 kilomètres à vol d’oiseau, et la présence du gneiss au pied
de ce dernier Kaga permet de constater la continuité des couches
gneissiques sur lesquelles repose la roche ferrugineuse des alentours de
Fort-Sibut. Enfin il existe encore au voisinage de Krébedjé, village
situé à 2 kilomètres au S.-O. de Fort-Sibut, une leptynite dont on a
apporté un gros fragment au poste (28 _bis_, p. 682).
Les indigènes utilisent les gneiss comme pierre à aiguiser et il est
rare que chaque case ne possède pas sa pierre, plus ou moins usée par le
frottement des couteaux, lances, haches, et souvent concave. Le long des
sentiers fréquentés on remarque souvent sur les roches des traces bien
apparentes du frottement des divers instruments en fer.
_Fort-Sibut à Fort-Crampel._
En quittant le poste de Fort-Sibut (par l’ancienne route), on franchit
la Tomi à 5 kilomètres du poste. Dans cet endroit, cette rivière coule
entre des collines où affleurent des gneiss de structures différentes
qui passent au gneiss à grands cristaux. Ces gneiss sont d’ailleurs
identiques à ceux de la rive droite dont il a été parlé au groupe Fort-
Sibut. Vers le 14e kilomètre on rencontre un mamelon de gneiss et à
2km500 plus loin, une leptynite pyroxénique (55, p. 682). Le long de la
piste, le gneiss disparaît ensuite de la surface du sol et on ne le
rencontre plus que dans le lit du ruisseau du poste de M’Pokou et dans
le lit du ruisseau Méné à 2 kilomètres environ à vol d’oiseau de ce
poste. A 5 kilomètres plus loin on rencontre un affleurement de granite
à pyroxène (59, p. 670).
A 2km500 au delà du poste des Ungourras affleure un gneiss à pyroxène.
Au N. de ce poste à 11 kilomètres à vol d’oiseau commence en s’étendant
sur une longueur de 2km500 une zone où l’on rencontre en trois endroits
des affleurements de quartz.
A 8 kilomètres avant d’atteindre le poste de Dekoua on rencontre le
granite à épidote dont les affleurements se poursuivent jusqu’au poste
même (61, 62, p. 670).
A 6 kilomètres au delà de Dekoua on rencontre encore un granite. La
région de Dekoua est une région culminante d’où ruissellent les eaux
allant, d’un côté vers l’Oubangui par la Kémo, et de l’autre vers le
Gribingui par la Nana.
A 17 kilomètres plus loin, au Kaga Takoungo, commencent les quartzites.
La direction de la stratification de ces quartzites est O. 35° N., la
pente vers le N.-E. varie de 50 à 60°.
Au nouveau poste de Nana on rencontre des gneiss qui forment l’ossature
du mamelon sur lequel le poste est construit (71, p. 681).
Entre le nouveau poste et l’ancien poste qui était situé au confluent du
Gou avec la Nana, à 3km500 environ du nouveau poste affleure un gneiss à
pyroxène.
Au poste de Nana, l’argile à poterie, qui contient des grains de quartz
et de nombreuses paillettes de mica, vient de chez N’Dagué (village
Boutana), rivière Kobo qui se jette dans la Nana.
Ensuite en suivant à quelque distance le cours de la Nana sur la rive
droite on ne rencontre aucun affleurement de roches avant d’arriver aux
quartzites barrant la rivière et occasionnant une série de chutes (76,
p. 688). On retrouve ces quartzites à l’O. de Fort-Crampel. Dans les
endroits où la stratification a pu être observée, on trouve : Avant la
grande chute de la Nana, direction N. 5° O., pente variable vers l’O. ;
à la grande chute, direction N. 7° O., pente vers l’O. 12° ; aux
secondes chutes, direction O. 5° N., pente vers le N. 15° ; aucune
direction n’a pu être relevée à la 3e chute où on rencontre des
quartzites avec mica blanc abondant ; à l’O.-N.-O. de Fort-Crampel, 11 à
12 kilomètres environ à vol d’oiseau, direction O. 22° S., pente vers le
N. 45°.
_Kaga Bandéro (Fort-Crampel)._
Au confluent de la Nana avec le Gribingui et sur la rive droite, le Kaga
Bandéro constitue un important mamelon de 90 mètres de hauteur environ
au-dessus du niveau de la plaine du Gribingui. Ce mamelon est largement
dénudé, ce qui en rend l’étude facile, et ce fait a une importance
particulière en ce sens qu’il permet de rattacher à un ensemble continu
les divers gneiss rencontrés à Fort Sibut et qui sont identiques à ceux
du Bandéro.
Dans la région de Fort-Sibut, le gneiss n’affleure pas toujours sur de
grandes étendues, et en général, il est difficile sinon impossible
d’avoir le contact certain de ses différentes formes. C’est ainsi qu’on
y rencontre du gneiss ordinaire, du gneiss pyroxénique, quelquefois
pyroxénique et amphibolique, du gneiss à grands cristaux, des
leptynites, faisant partie évidemment de la même formation et dont on ne
fait que deviner les relations. Le Kaga Bandéro possède les divers
gneiss qui viennent d’être énumérés en couches dont les relations sont
parfaitement visibles.
[Illustration : FIG. 101. — Les gneiss de Fort-Crampel.]
D’abord au pied, en plaine, le gneiss ordinaire (80, p. 681) constitue
la forme générale et dans les couches apparaissent des couches
accidentelles de gneiss à grands cristaux (82, p. 681) ayant souvent
l’aspect d’un granite grossier sub-porphyroïde.
Ensuite apparaît accidentellement un gneiss pyroxénique et amphibolique
(85, p. 684), passant parfois à la pyroxénite (84, p. 685). Viennent
après des gneiss ordinaires contenant des lentilles ou lits de gneiss
pyroxénique et amphibolique. Si on examine ensuite l’escarpement, on
voit que les gneiss ordinaires (270, p. 681) alternent avec des
leptynites (269, p. 683), ces deux roches contenant aussi des lentilles
ou lits de gneiss pyroxéniques et amphiboliques (271, p. 685) et de
gneiss à grands cristaux.
On a donc là, mais sur une échelle moindre, l’explication de ce que l’on
rencontre dans la région de Fort-Sibut.
Les gneiss basiques ont souvent une structure granitoïde et dans
certains cas il est difficile de se prononcer sur l’attribution d’un
échantillon au gneiss ou au granite.
A l’O. du Kaga Bandéro (7 kilomètres environ) dans le lit du ruisseau
Banga on rencontre une leptynite grenatifère très rubéfiée en contact
avec un quartzite micacé dont la stratification est O. 25° N.
Enfin les gneiss affleurent encore à 22 et 30 kilomètres environ à l’O.
de ce même Kaga, gneiss ordinaire et gneiss à pyroxène en lits ou
lentilles dans le gneiss ordinaire (97, p. 685).
_Le Kaga Tambago (Gourara), le Kaga M’Bra et les quartzites._
Avant le passage de la rivière Koddo (50 kilomètres environ à vol
d’oiseau à l’O. de Fort-Crampel), on retrouve les quartzites. Ces
quartzites forment là un affleurement assez important dont la
stratification est O. 18° N, la pente vers le S. est de 25°.
Plus loin (11 kilomètres environ à vol d’oiseau avant le Kaga M’Bra) on
rencontre, précédé d’une bande de roche ferrugineuse avec cailloux
anguleux de quartz, un affleurement de quartzites et de schistes
siliceux micacés dont la direction de la stratification est O. 18° N.,
la pente vers le N. est de 10°.
A l’O. du Kaga M’Bra (7 kilomètres environ à vol d’oiseau) le Kaga
Tambago ou Gourara est constitué par des quartzites en grandes masses
formant une sorte de longue falaise au pied de laquelle passe le
sentier. La direction de la stratification est O. 40° S. et la pente
vers le N. O. est de 30°. Au pied de la falaise, la roche ferrugineuse
existe et englobe de gros fragments de ces quartzites.
_Kaga M’bra._ — Le Kaga M’Bra est formé par un amas de 20 à 30 mètres de
hauteur au-dessus du niveau de la base, de blocs gigantesques de
quartzites. Dans ces blocs jetés comme au hasard, il est impossible de
déterminer une direction certaine de stratification. Comme cas
particuliers citons : Une ligne de pente a donné une direction E. O.
avec une pente vers l’O. de 32°, la stratification serait donc N. S. Un
bloc a une direction N. 7° O, avec une pente vers l’O. de 48°. Deux
autres blocs ont une direction N. S., avec une pente presque verticale
vers l’O. Tout le reste est confondu et l’ensemble a subi une violente
dislocation. Les strates paraissent avoir glissé les unes sur les autres
et beaucoup de surfaces de contact sont polies et striées. En général
les blocs sont rubanés et ont subi une action métamorphique indiquée par
la présence du disthène (104, 105, 107, p. 688).
On trouve çà et là des parties tendres se réduisant en sable sous le
choc du marteau. L’eau a désagrégé ces parties en laissant de grands
vides.
[Illustration : FIG. 102. — Un mamelon granitique des Kagas Djé.]
Le Kaga M’Bra fait peu saillie sur l’ensemble de la région et si sa
masse peut être aperçue du S. et du sentier passant au pied du Kaga
Tambago, elle n’est plus visible dès qu’on s’éloigne de quelques
kilomètres sur le chemin de Ndélé. D’un des mamelons des Kagas Djé (40
kilomètres environ, à vol d’oiseau au N.-E), le guide montre, se
détachant imperceptiblement à l’horizon, deux petites saillies séparées
par une petite échancrure, c’est le Kaga M’Bra.
Des sommets accessibles, la région présente l’aspect d’un immense
plateau sur lequel s’échelonnent vaguement et à l’infini des ondulations
de faible altitude. Vers le N.-E. on aperçoit quelque chose de vague
paraissant comme une ondulation un peu plus accentuée, ce sont les Kagas
Djé.
Il y a lieu de mentionner ici les quartzites des M’Brés qui, d’après les
échantillons rapportés par M. GAUD à Fort-Crampel, sont analogues aux
quartzites des Kagas M’Bra et Tambago. Les quartzites des M’Brés ont
déjà été signalées par M. le capitaine TRUFFERT comme vaguement
susceptibles de recéler des dépôts houillers (_Revue générale des
sciences_, no 2, 1902). M. Truffert donne une direction approximative
N.-E. à la stratification, avec un plongement variant entre 40 et 80°.
_Kagas Djé._
Les Kagas Djé constituent un important affleurement granitique
apparaissant sous la forme mamelonnée. Les mamelons sont disséminés sur
un espace mesurant environ 7 kilomètres de longueur et 4 kilomètres de
largeur, et on en compte 16 bien caractérisés. Au N.-O., à 13 kilomètres
environ à vol d’oiseau, il existe encore un autre mamelon nommé Kaga
Baga.
L’altitude de ces mamelons au-dessus du niveau de la plaine ne dépasse
pas 60 mètres. En réalité ils ne sont que les parties culminantes de
l’affleurement qui s’étend vers l’est et qui sépare le bassin du
Koukourou du bassin du Bamingui. Entre les mamelons le granit se montre
sous forme d’ondulations ou de grands espaces plus ou moins aplanis.
Il paraît donc rationnel d’admettre que les mamelons proprement dits se
sont formés par suite de l’inégale désagrégation du massif.
Le granite est à grain moyen comme forme générale, il passe parfois à un
granite dont les éléments sont un peu plus gros et qui se rapproche très
sensiblement du granite porphyroïde. On rencontre accidentellement des
rognons zonés transformés en gneiss et des lentilles, lits ou inclusions
dans lesquels le grain est fin et les éléments colorés dominent,
également transformés en gneiss (109, 110, 111, p. 671).
_Kagas Balidja et Batolo._
L’affleurement granitique qui commence au village de Balidja est
beaucoup plus important que le précédent et les mamelons visibles
s’étendent sur un espace ayant environ 24 kilomètres de longueur et 21
kilomètres de largeur, on peut compter 31 mamelons.
Le groupe le plus important est celui du village de Balidja.
Comme pour les Kagas Djé, il paraît rationnel d’admettre que tous ces
mamelons se sont formés par suite de la désagrégation inégale du même
massif. L’altitude au-dessus du niveau du sol environnant du plus haut
mamelon de Balidja est d’environ 80 mètres, et l’altitude du Kaga Batolo
(15 kilomètres N.-N.-E. de Balidja) est de 64 mètres. Tous ces mamelons
sont dénudés et souvent ont éclaté en couches concentriques, parfois
minces, parfois ayant une épaisseur de plusieurs mètres ; les blocs ont
roulé ou glissé jusqu’en bas des pentes, mais on en rencontre beaucoup
qui sont en place. Il existe sur ces mamelons des cuvettes de peu de
surface mais profondes et contenant de l’eau presque toute l’année,
cette eau sert à l’alimentation des indigènes.
Au Kaga Batolo une de ces citernes que les indigènes considèrent comme
« fétiche » est sensiblement elliptique, a 5 mètres environ de grand
axe, 2m50 de petit axe et plus de 4 mètres de profondeur ; elle a ses
bords arrondis et s’élargit dans le roc en forme de vase, ce qui fait
qu’un indigène tombant dans cette citerne ne peut en sortir. Les
habitants en ont une grande crainte et n’utilisent pas son eau.
Le type de granite est le granite porphyroïde à grands cristaux de
microcline, mais il passe parfois à un granite à grain uniforme, fait
que l’on observe surtout dans un important mamelon de Balidja sillonné
de filons d’aplite dans toutes les directions. Il passe aussi mais
accidentellement à un granite à grain fin dans ce même mamelon.
Dans l’ensemble des mamelons de Balidja et Batolo, on rencontre des
filons de granite à grain fin et d’aplite (116, 126, p. 671), à bords
parallèles atteignant plus d’un mètre d’épaisseur, ces filons ont en
général une direction N.O.-S.E. Les principales cavités du Kaga Batolo
dont l’une est la citerne dont il vient d’être parlé, sont situées sur
le trajet d’une fissure ayant également une direction N.O.-S.E. Le long
de cette fissure, la roche est comme laminée et les grands cristaux sont
orientés parallèlement à la fissure ; là, on rencontre aussi une
pegmatite avec très grands cristaux de microcline (124, p. 672).
Cette fissure est l’indice d’une puissante action mécanique ayant
modifié dans certains endroits la structure du granite.
On rencontre encore mais accidentellement dans le granite des Kagas de
Balidja des enclaves de granite amphibolique (119, p. 671).
_Région de Ndélé (Pays de Senoussi)._
_Djigangou._ — Au voisinage de Ndélé, à Djigangou, on rencontre des
mamelons et des collines constitués par des roches granitiques. Dans un
mamelon formé par du gneiss glanduleux à grands cristaux (197, p. 681),
on remarque un filon d’aplite de plusieurs mètres d’épaisseur dont la
direction est N.O.-S.E. qui est celle des filons des Kagas de Balidja
(127, p. 672). A la base du mamelon apparaissent des gneiss ordinaires.
Un peu plus loin on arrive aux grès horizontaux. Ces grès forment autour
de la cuvette de Ndélé des falaises d’un aspect pittoresque et
ruiniforme.
Ndélé. — On rencontre à Ndélé : Des roches granitiques, un dyke de
norite, des quartzites et des grès horizontaux.
_Groupe granitique._ — Dans la cuvette de Ndélé, un des contre-forts
s’allonge dans une direction N.O.-S.E. et à son extrémité forme trois
mamelons. Sur le mamelon le plus N.O., qui est le plus petit et le moins
élevé on a construit le poste français.
Au N.E. de la ligne formée par ces mamelons se trouve une échancrure de
600 à 700 mètres de largeur dans laquelle coule une petite rivière, la
Mindja Engoulou ; le bord de cette échancrure est couronné par les grès
horizontaux, et le fond est formé par des quartzites sur lesquels les
grès horizontaux reposent.
Dans cet ensemble, le groupe granitique est représenté par les mamelons
et par un petit affleurement situé au pied du bord N.O. de l’échancrure,
en face les mamelons. Ce groupe est constitué par des roches riches en
feldspath rouge, pauvres en mica ou dépourvues de mica, passant tantôt
aux aplites et tantôt aux pegmatites. La roche des mamelons passe aux
aplites (151, 192, p. 672) et celle du petit affleurement situé en face
passe aux pegmatites.
Dans les mamelons on rencontre une sorte de stratification dont la
direction varie de N. 15° O. à N.O. Les couches ont une pente de 70 à
80° vers le N.E. ou sont verticales. Les quartzites ont une direction
variant de O. 40° N. à N. 15° O., avec une pente de 40 à 50° vers le
S.O.
Un peu au S. des mamelons du poste affleure un gneiss à grands cristaux
analogue à celui de Djigangou (197, p. 681) et sur ce gneiss reposent
les grès horizontaux. Enfin au N.N.O. du poste, à 5 kilomètres environ,
avant le village de Golo et au village même, on retrouve ces mêmes
gneiss en collines isolées ou supportant les grès horizontaux (198, p.
682). Si on prend maintenant la direction de l’O., au village de Kaka
(13 kilomètres du poste) on rencontre encore du gneiss et une pegmatite
grenatifère.
[Illustration : FIG. 103. — Les grès turriformes de Ndélé.]
_Dyke de Norite._ — Au pied du contrefort dont le prolongement forme les
mamelons du poste et au S.O. paraît un dyke de norite (190, p. 679). Ce
dyke est en contact avec les mamelons d’aplite, et avec les quartzites
qui ont été traversés et métamorphisés. Il supporte les grès
horizontaux.
_Groupe des quartzites._ — L’ensemble est constitué par des quartzites
plus ou moins micacés. Au voisinage des aplites et des pegmatites, ces
quartzites sont souvent riches en mica (muscovite) et passent parfois
aux micaschistes.
Au contact des pegmatites on trouve des roches quartzeuses quelquefois
pauvres en mica et passant au quartz, mais le plus souvent très riches
et prenant un aspect pegmatoïde ou schisteux. Le fer oligiste apparaît
dans certaines couches. Ces roches sont stratifiées.
Au contact de l’aplite on rencontre des affleurements de quartz
stratifié.
Au contact de la norite on rencontre un affleurement de quartz.
Tous les faits remarqués dans les quartzites indiquent bien l’action
métamorphique des roches éruptives.
Enfin il a été recueilli un échantillon de quartz haché portant
l’empreinte de cristaux disparus.
_Groupe des grès horizontaux._ — Les grès horizontaux couronnent la
cuvette et les échancrures, d’énormes blocs de ces grès ont souvent
roulé jusqu’au bas des pentes. Leur plus grande épaisseur totale est de
60 mètres. Ils reposent sur les quartzites ou sur les gneiss à grands
cristaux, ou sur la norite dans l’endroit où cette roche affleure.
L’épaisseur totale de 60 mètres se décompose ainsi en prenant pour plan
de comparaison, 0,00 le fond du ruisseau coulant dans l’échancrure :
De 0 à 10 mètres. — Quartzites.
10 mètres. — Commencement des grès horizontaux.
10 à 22. — Inspection difficile par suite des
éboulements.
22 à 22,15. — Couche argileuse.
22,15 à 23,25. — Grès.
23,25 à 23,50. — Poudingue ferrugineux à gros éléments.
23,50 à 24,00. — Grès.
24,00 à 26,00. — Poudingue ferrugineux à gros éléments. Dans
les poudingues intercalés dans les grès,
il existe des galets roulés atteignant
jusqu’à 20 centimètres dans leur plus grande
dimension.
26,00 à 35,75. — Grès à grain fin de couleur claire, rougeâtre
ou jaunâtre.
35,75 à 36,00. — Poudingue ferrugineux à gros éléments.
36,00 à 38,80. — Grès à grain fin de couleur claire, rougeâtre
ou jaunâtre.
38,80 à 39,00. — Poudingue ferrugineux à gros éléments.
39,00 à 41,50. — Grès à grain fin de couleur claire, rougeâtre
ou jaunâtre.
41,50 à 41,70. — Poudingue ferrugineux à gros éléments.
41,70 à 42,50. — Grès à grain fin de couleur claire, rougeâtre
ou jaunâtre.
42,50 à 42,70. — Poudingue ferrugineux à gros éléments.
42,70 à 43,70. — Grès à grain fin de couleur claire, rougeâtre
ou jaunâtre.
43,70 à 43,90. — Poudingue ferrugineux à gros éléments.
43,90 à 48,00. — Grès à grain fin de couleur claire, rougeâtre
ou jaunâtre.
48,00 à 59,00. — Grès plus grossier (conglomérat) de couleur
claire, jaunâtre, dans lequel on rencontre
des amas de grès à grain fin de même couleur
contenant quelques menus galets roulés.
59,00 à 61,75. — Grès à grain fin de couleur claire, rougeâtre
ou jaunâtre.
61,75 à 62,00. — Poudingue ferrugineux à gros éléments.
62,00 à 70,00. — Inspection difficile par suite des éboulis de
roche ferrugineuse.
70,00. — Fin des grès horizontaux et commencement de
la roche ferrugineuse.
Les galets roulés des poudingues ferrugineux proviennent de quartzites
identiques à ceux qui supportent en stratification discordante les grès
horizontaux. Ces grès auraient donc été formés aux dépens des
quartzites. Les poudingues ferrugineux à gros éléments indiqueraient les
périodes les plus violentes de la formation, et l’épaisseur des grès qui
les séparent, les périodes plus calmes ainsi que la durée
proportionnelle de ces périodes.
_Circuit Ndélé, rivière Tété, ruisseau Boro._ — Aux grès horizontaux
succède la roche ferrugineuse, mais elle n’est plus la roche dominante
car on rencontre sur tout le parcours les grès précédents et des
quartzites. Sur la déclivité du Vou (affluent du Tété) la roche
ferrugineuse a disparu et il n’en reste qu’une couche mince englobant
des fragments des grès horizontaux.
Les grès horizontaux reposent là sur des quartzites plus ou moins
micacés à stratification presque verticale, c’est-à-dire ayant une pente
de 75° à l’O. avec une direction N.-S. Les vides de ces quartzites sont
remplis par la roche ferrugineuse.
Sur le Vou apparaît un dyke de gabbro qui traverse les quartzites et
s’arrête aux grès horizontaux qui recouvrent les deux roches quartzite
et gabbro (170, p. 678). Au contact de ce dyke les quartzites sont
riches en mica (muscovite) et passent parfois aux micaschistes.
On retrouve des quartzites sur la rive gauche du Tété avec une direction
N. 22° O. et une pente vers l’E. de 80°.
Plus loin le Tété et le Boro coulent entre des grès horizontaux à la
base desquels apparaissent les quartzites, et sur le plateau sous une
couche peu épaisse de roche ferrugineuse, gisent toujours les grès
horizontaux qui apparaissent dans les endroits où la roche ferrugineuse
a disparu par la désagrégation.
_Circuit Ndélé, Kaga Bongolo, Ara, M’Bélé, Kaga Toulou, Tété._ — Jusqu’à
la grande falaise verticale constituant le Kaga Bongolo, l’itinéraire
longe le bord O. d’un grand plateau se terminant brusquement sur la
plaine du Bangoran, tantôt suivant les parties culminantes, tantôt
franchissant les échancrures du bord même de ce plateau.
Après avoir franchi l’échancrure dans laquelle coule le ruisseau
Bongolo, la piste suit le pied d’une grande falaise verticale formée par
les grès horizontaux et ayant environ 10 kilomètres de longueur, et
remonte ensuite sur le plateau. Cette falaise a environ 85 mètres de
hauteur au-dessus du niveau de la plaine au Kaga Bongolo.
Le Kaga Firindi est un curieux groupe de roches isolées ou bizarrement
découpées de grès horizontaux, n’atteignant au-dessus du sol environnant
qu’une hauteur de 25 mètres.
Le Kaga Sibi est un curieux mamelon isolé aujourd’hui du plateau dont il
devait autrefois faire partie.
Entre Ndélé et Ara, l’altitude du plateau se maintient entre 678 et 732,
ce dernier point proche de la source du Bangoran. L’altitude du Bangoran
est de 683 et celle du Bamingui 662. L’altitude de la plaine au pied du
plateau oscille entre 560 et 578.