cours d’eau s’est évidemment formée avec les résidus de la désagrégation
de celle des parties élevées, et ses différents modes de gisement, ainsi
que les modifications générales de leur composition ont pu être
particulièrement étudiés, sur le Bangoran, le Gribingui et le Bamingui.
On peut considérer le Gribingui comme coulant définitivement en plaine,
au confluent de la Vassako des Ngamas, c’est-à-dire à 130 kilomètres
environ à vol d’oiseau en aval de Fort-Crampel. C’est un peu en aval de
ce confluent que les gisements deviennent bien caractérisés. Beaucoup
plus en amont, c’est-à-dire au voisinage du poste des Arétous (Lutos)
situé à 90 kilomètres environ à vol d’oiseau en aval de Fort-Crampel, le
terrain devient ondulé et les ondulations s’accentuent au fur et à
mesure qu’elles se rapprochent de Fort-Crampel. Dans cette partie, le
cours sinueux du Gribingui se heurte partout à des falaises de roche
ferrugineuse appartenant à la formation des parties élevées.
En aval du confluent de la Vassako des Ngamas avec le Gribingui, et
jusqu’au confluent du Gribingui avec le Bamingui, les profils relevés
au-dessus du niveau de l’eau (hautes-eaux) sont les suivants :
1o A la surface une couche de roche ferrugineuse de 1 m. 50 d’épaisseur
reposant sur une couche argileuse ayant un mètre d’épaisseur au-dessus
du niveau de l’eau ;
2o A la surface une couche argilo-ferrugineuse de 1 m. 50 d’épaisseur,
ensuite une couche de roche ferrugineuse d’un mètre d’épaisseur reposant
sur une couche argileuse de 0 m. 80 d’épaisseur au-dessus du niveau de
l’eau ;
3o A la surface une couche argileuse de 1 m. 50 d’épaisseur, ensuite une
couche de roche ferrugineuse de 2 m. 50 d’épaisseur reposant sur une
couche argileuse de 2 mètres d’épaisseur au-dessus du niveau de l’eau ;
4o A la surface une couche argileuse de 1 m. 50 d’épaisseur, ensuite une
couche de roche ferrugineuse de 1 mètre d’épaisseur reposant sur une
couche argileuse de 2 m. 50 d’épaisseur au-dessus du niveau de l’eau ;
5o A la surface une couche de roche ferrugineuse de 2 mètres d’épaisseur
reposant sur une couche argileuse de 2 mètres d’épaisseur au-dessus du
niveau de l’eau.
Sur le Bamingui, un peu en amont du confluent du Bangoran, un profil
relevé donne : à la surface une couche de roche argilo-ferrugineuse de 3
mètres d’épaisseur reposant sur une couche argileuse de 3 mètres
d’épaisseur au-dessus du niveau de l’eau. La couche argilo-ferrugineuse
contient des parties de roche ferrugineuse compacte et des blocs éboulés
gisent le long de la falaise.
On peut considérer le Bangoran comme coulant définitivement en plaine au
confluent de la Mindja Engoulou, petit cours d’eau venant de Ndélé. Ce
confluent est situé à 55 kilomètres environ à vol d’oiseau à l’ouest de
Ndélé. Dans cet endroit, le Bangoran est encaissé dans la roche
ferrugineuse.
A 45 kilomètres environ en aval, c’est-à-dire au passage de la piste de
Ndélé au Bamingui par le village de Ngara, on retrouve encore la roche
ferrugineuse compacte sur les rives du Bangoran.
A 20 kilomètres à vol d’oiseau plus en aval, la berge rongée n’est plus
formée par la roche compacte, mais par une roche argilo-ferrugineuse
avec nodules ferrugineux disséminés, se transformant plus loin en une
roche se rapprochant davantage de la roche compacte. Dans cette dernière
roche, les éléments les plus chargés en fer forment à la surface une
couche scoriacée, aspect qui est dû à la désagrégation des parties
molles, et qui est plus ou moins caractérisé dans les divers endroits où
on l’observe. Enfin auprès du confluent, la berge est constituée par une
falaise de 5 mètres de hauteur (basses-eaux) montrant trois couches : A
la surface une couche argileuse, ensuite une couche argilo-ferrugineuse
à aspect scoriacé par suite de la désagrégation des parties molles,
reposant sur une couche sablonneuse compacte constituée par des débris
siliceux.
Sur le Bamingui (basses-eaux) au village de Bongo, situé à 60 kilomètres
environ à vol d’oiseau en amont de Fort-Archambault, la falaise haute de
10 mètres montre les trois mêmes couches.
A 7 kilomètres à vol d’oiseau plus bas que ce point, la piste passe sur
une couche de roche ferrugineuse compacte contenant des débris de
quartzites. Cette couche est analogue à celles qui ont été remarquées
sur le Bangoran en amont de Ngara et sur le Gribingui en amont de son
confluent avec le Bamingui. Elle appartient à cette même formation qui
s’étend du Gribingui vers la région de Mandjatezzé et plus au nord
jusqu’au Bamingui où on la retrouve.
A Fort-Archambault, au poste même, on remarque une falaise de 10 mètres
de hauteur (basses-eaux) présentant les mêmes couches que la falaise du
village de Bongo.
Au confluent du Kalabari situé à 14 kilomètres environ à vol d’oiseau en
aval de Fort-Archambault et à 3 kilomètres en aval de la bouche la plus
éloignée du Boungoul (juin 1903) les trois mêmes couches se rencontrent
encore, mais la couche argilo-ferrugineuse a subi une modification et a
été transformée en un agrégat d’aspect scoriacé, très caverneux,
constitué par des menus débris siliceux cimentés par un ciment
ferrugineux, le profil relevé dans cet endroit donne ; A la surface une
couche argilo-sablonneuse en pente douce venant en général s’atténuer au
bord de la berge. Ensuite une couche de roche ferrugineuse à aspect
scoriacé, très caverneuse se divisant en deux parties : La partie
supérieure dure, mesurant 1 m. 50 d’épaisseur, et la partie inférieure
moins dure, mesurant 1 m. 60 d’épaisseur. L’ensemble de cette couche
repose sur la couche sablonneuse compacte mesurant 2 m. 60 au-dessus du
niveau de l’eau (basses-eaux).
Ensuite et jusqu’au confluent du Bahr-Salamat situé à 50 kilomètres
environ à vol d’oiseau en aval de Fort-Archambault, la berge ne montre
plus que des couches alluvionnaires dont il sera parlé plus loin.
Les autres endroits où la roche ferrugineuse des plaines a été
rencontrée dans des conditions analogues sont : A 80 kilomètres environ
à vol d’oiseau au N.-N.-E. de Ndélé dans la plaine située entre le Tété
et la Moussoubourta, elle repose là sur des quartzites. Des deux côtés
de la trouée de la Mindja M’Banga sur le plateau argilo-sablonneux
séparant le Boungoul du Bahr-Salamat, et plus à l’O. entre ce plateau et
le Bahr-Salamat, c’est-à-dire à 55 kilomètres environ à vol d’oiseau au
N.-E. de Fort-Archambault.
Enfin quelques menus faits d’ordre plus local ont été observés : Auprès
de Ndélé, au fond du vallon de Golo, les restes d’une couche
ferrugineuse d’un mètre d’épaisseur ont été remarqués reposant sur une
couche d’argile. La couche d’argile a peu d’étendue et sur son extrémité
gît la roche ferrugineuse. Cette roche s’écroule sur les déclivités de
la bande argileuse au fur et à mesure que cette dernière est entamée par
les érosions.
A 32 kilomètres environ à vol d’oiseau au N. de Ndélé, dans la vallée de
Djalmada, on remarque une couche de roche ferrugineuse paraissant
reposer sur une couche argileuse.
A Koubou, village du Kouti, situé à 18 kilomètres à vol d’oiseau au
N.-O. de Ndélé, au fond d’un vallon, une couche d’un mètre d’épaisseur
environ repose sur des quartzites.
Enfin comme phénomène actuel, dans les flaques d’eau dormante du lit du
Bahap (130 kilomètres environ à vol d’oiseau au N.-E. de Ndélé) le fer
se dépose en couche rougeâtre sur le gravier du fond.
Il résulte de l’ensemble des observations ci-dessus, qu’à une époque
déterminée, époque dont l’éloignement peut s’apprécier par l’épaisseur
de la couche argileuse de la surface, la désagrégation de la roche
ferrugineuse des parties élevées, qui sont aujourd’hui des centres
hydrographiques, a été particulièrement intense. Les résidus de cette
désagrégation ont formé dans les plaines voisines des couches de roche
ferrugineuse d’une certaine étendue et d’une certaine épaisseur.
Plus loin dans les grandes plaines, où des masses d’eau plus
considérables ont circulé en entraînant par conséquent une plus grande
quantité de matières alluvionnaires, la proportion de fer ne s’est plus
trouvée en rapport avec la masse de ces matières, et il n’a pu se former
qu’une roche argilo-ferrugineuse.
Au confluent du Kalabari, un phénomène d’ordre local, un remous sans
doute, a accumulé là les éléments siliceux et le fer nécessaire pour les
cimenter. Il y a lieu de faire remarquer que cet endroit est proche du
point de jonction de trois grands cours d’eau actuels, le Boungoul, le
Bamingui et le Bahr-Sara.
Les auréoles ferrugineuses des affleurements granitiques des grandes
plaines se présentent sous forme de plateaux d’une certaine étendue ; ce
mode de gisement est donc le même que pour les deux autres formations
exposées plus haut.
Cette roche paraît former non pas des auréoles isolées autour de chaque
affleurement, mais un ensemble plus ou moins continu englobant tous les
affleurements d’une région. C’est l’impression qui se dégage de l’examen
de la région du lac Iro, où un certain nombre d’affleurements saillants
de granites ont été observés.
Cette région est sans pente sensible, c’est donc une grande plaine basse
où se sont accumulés des alluvions divers et les résidus ferrugineux
provenant soit de la désagrégation directe des granites, soit de la
désagrégation de la latérite proprement dite qui pouvait exister
autrefois par suite de l’altération de ces mêmes granites.
Il est à présumer que la roche ferrugineuse de cette formation, dès
qu’on s’éloigne des affleurements granitiques pour s’avancer dans la
plaine où on la rencontre encore, repose aussi sur des couches
alluvionnaires. Comme elle n’a pas été remarquée dans les berges du
Bahr-Salamat ni dans celles du Bassa, déversoir du lac Iro, ni dans
celles du Ba-Moufa, aucune observation réellement précise ne peut
confirmer ce dire.
Les affleurements granitiques des Niellims, de Korbol, ceux situés à 50
kilomètres au N.-E. de ce point, et 70 kilomètres environ au N., ceux du
Dar-el-Hadjer (Pays des roches) situé à 200 kilomètres à l’E. du Tchad,
sont entourés aussi par une auréole ferrugineuse.
ALLUVIONS DES GRANDES PLAINES
En général, dans les grandes plaines, le sol est argileux ou argilo-
sablonneux, et ces plaines sont toujours plus ou moins marécageuses,
fait qui s’explique par leur peu de pente.
Pendant les hautes eaux, les masses d’eau considérables descendant des
centres hydrographiques s’épandent et séjournent sur de vastes surfaces
qu’elles transforment en marais. Après les pluies, ces eaux
disparaissent, soit par écoulement superficiel, soit par infiltration,
soit par évaporation, et les grandes plaines présentent pendant la
saison sèche une surface sillonnée de nombreuses et profondes crevasses.
Quelques-unes des couches sous-jacentes ont déjà été indiquées en
parlant de la roche ferrugineuse, mais indépendamment des renseignements
fournis, il en est d’autres qu’il importe de donner.
A Ngara, dans la plaine du Bangoran, 50 kilomètres environ à vol
d’oiseau à l’E. du confluent, deux puits ont été creusés par les
indigènes. L’un de ces puits, situé en dehors du village, a 10 mètres
environ de profondeur, il est entièrement creusé dans une couche argilo-
ferrugineuse contenant des nodules ferrugineux. L’autre creusé dans le
village même et abandonné, a aussi 10 mètres de profondeur, mais le fond
atteint une couche de schiste argileux.
En suivant le Bangoran, à 11 kilomètres de son confluent, la couche
argileuse superficielle repose sur une couche sablonneuse constituée par
des débris siliceux plus ou moins volumineux dans lesquels on rencontre
des fragments de cristaux de quartz. C’est la première apparition dans
les berges de la couche sablonneuse compacte qui se poursuit jusqu’au
confluent du Kalabari.
A 3 kilomètres en aval du village de Bongo, la couche sablonneuse plus
chargée en fer devient plus compacte et forme roche dans le lit du
Bamingui.
Un autre genre de roche que l’on peut jusqu’à un certain point rattacher
au schiste argileux de Ngara existe encore dans le lit du Bamingui, à 13
kilomètres environ à vol d’oiseau en aval du confluent du Bangoran, et
forme un banc émergeant d’un mètre au-dessus du niveau de l’eau (basses-
eaux). Ce banc est constitué par une roche argileuse (argillite) en
couches stratifiées et diversement colorées. La partie la mieux
caractérisée mesure 25 à 30 mètres de largeur et se prolonge sur une
partie de la rivière. La stratification tendant à l’horizontalité à la
partie N. se relève à la partie S., et la cassure en cet endroit a une
direction E.-O. La pente au N. de l’affleurement est de 10° et au S. de
25°. L’ensemble des roches visibles (20 mai 1903) a de 300 à 400 mètres
de largeur. Selon toutes probabilités, cette roche repose sur des roches
quartzeuses que l’on rencontre en fragments isolés provenant
vraisemblablement du fond rocheux de la rivière, fait que le manque
d’embarcation n’a pas permis de vérifier.
Après le confluent du Kalabari les profils de la berge, rive droite
(basses-eaux, 8-9 juin 1903) montrent les couches suivantes :
A 5k,500 en aval, à la surface une couche argilo-sablonneuse de 2m,50
d’épaisseur, ensuite une couche d’argile grise, une couche de sable, et
une couche d’argile grise, ces trois couches ayant une épaisseur totale
de 5m,50 au-dessus du niveau de l’eau.
A 5 kilomètres plus loin, la berge est formée par une couche de sable de
6 mètres.
A 4k,500 plus loin, à la surface une couche de sable de 2m,50
d’épaisseur, ensuite une couche d’argile grise de 2 mètres d’épaisseur
reposant sur une couche argilo-sablonneuse de 2m,60 d’épaisseur au-
dessus du niveau de l’eau.
A 3k,500 plus loin, la berge est formée par une couche de sable de 6
mètres.
Les quatre profils ci-dessus sont dans la partie de la plaine où le
Bahr-el-Arzeg et le Bahr-Sara se réunissent au Bamingui. Enfin au
confluent du Bahr-Salamat une berge de 5 mètres de sable reposant sur le
granite à l’endroit où l’on rencontre cette roche en masses arrondies
dans le Chari.
Cette alternance de couches qui caractérise cette partie de la plaine et
qui se sont formées à une époque qui ne saurait être très éloignée,
s’observe dans les phénomènes actuels produits par les crues du fleuve.
Le cours du Bamingui serpente dans un sillon de 1500 à 2000 mètres de
largeur qui constitue son lit véritable, dont les hautes berges restent
bien visibles et dans lequel il reste des mares et des étangs
n’asséchant pas, vestiges d’un cours déplacé ou obstrué par les crues.
Entre ces hautes berges, au moment des grandes crues, les matières
entraînées se déposent, et un profil relevé à Fort-Archambault donne les
couches suivantes, la berge secondaire se trouvant éloignée de 60 mètres
de la haute berge : A la surface, une couche d’argile jaunâtre d’un
mètre d’épaisseur servant à la fabrication des briques, ensuite une
couche de sable ordinaire de 75 centimètres d’épaisseur, ensuite une
couche de sable fin de 20 centimètres d’épaisseur, et enfin une couche
de sable ordinaire de 1m,50 d’épaisseur du dessus du niveau de l’eau.
Ces couches ne sont pas continues car plus bas l’argile disparaît et la
berge est entièrement formée de couches de sable.
Le phénomène actuel et celui qui s’est produit autrefois sur une plus
grande échelle entre le confluent du Kalabari et le confluent du Bahr-
Salamat sont donc bien identiques.
Un peu à l’E. de Fort-Archambault, au village de Kembaga ou mieux du
chef Solo situé sur la rive droite du Boungoul, les berges de cette
rivière montrent à découvert des amas de concrétions blanchâtres
calcaires, et d’autres amas de concrétions ferrugineuses. Les
concrétions calcaires contiennent parfois des nodules ferrugineux qui
indiquent qu’elles sont de formation plus récente que les concrétions
ferrugineuses. Les amas de concrétions calcaires sont plus abondants.
Ces amas sont disséminés dans une couche argileuse ou argilo-
sablonneuse.
Les amas de concrétions calcaires ont été rencontrés non seulement dans
la plaine du Boungoul mais aussi dans la plaine du Bahr-Salamat où on
les observe jusqu’au lac Iro. Ils forment des bosses un peu saillantes
indiquant par ce fait que les érosions ont moins d’action sur eux que
sur la couche environnante.
On rencontre aussi des concrétions calcaires disséminées à la surface
des plaines du Dekakiré.
Partout où le Bahr-Salamat a été observé ses berges sont argileuses ou
argilo-sablonneuses.
Dans la plaine du Bahr-Salamat, le lac Iro s’est formé dans un bas-fond
entouré d’une ceinture de roche ferrugineuse surélevée de quelques
mètres et boisée. La roche apparaît à la surface sur presque tout le
pourtour du lac, sauf dans la partie où se trouve le déversoir qui ne
fonctionne qu’aux hautes-eaux. Aux basses-eaux ce déversoir n’a aucun
écoulement. L’altitude du lac est de 380 mètres (juin 1903), celle du
village de Souka 383, et celle de la bande ferrugineuse entre Moufa et
Souka et entre le déversoir et Sourouba est de 387 mètres. La plus
grande longueur du lac est de 18 kilomètres et la plus grande largeur de
3 kilomètres. Du côté de Souka et de Sourouba, les abords du lac sont
vaseux et en pente très douce.
Le lac ne reçoit aucun cours d’eau, il n’est donc alimenté que par les
eaux pluviales qui glissent sur la roche ferrugineuse et vont
s’accumuler dans la partie la plus basse qui est le lac.
ÉTUDE DES DIVERS GROUPES
_Fort-de-Possel à Fort-Sibut (Krébedjé) par la Kémo et la Tomi (hautes-
eaux)[542] et retour par la voie de terre longeant la Tomi._
Dès qu’on quitte Fort-de-Possel pour remonter le cours de la Kémo et
celui de la Tomi on rencontre la roche ferrugineuse.
Les premières roches stratifiées se rencontrent sur la Tomi à 5
kilomètres environ de son confluent avec la Kémo, et on suit ces roches
sans interruption jusqu’au voisinage du poste de la Tomi (M’Brous),
c’est-à-dire à 48 kilomètres environ du confluent, où l’on rencontre
dans des quartzites un filon de quartz translucide intercalé entre les
couches, et un peu plus loin des granites.
Entre les premières roches rencontrées et les granites, la distance à
vol d’oiseau est de 26 kilomètres environ et la rivière parcourt pour
atteindre le même point 45 kilomètres environ. Au delà de ce point et
jusqu’à Fort-Sibut, on ne rencontre plus dans les berges que la roche
ferrugineuse sous différents aspects.
La Basse-Kémo est sinueuse ; quant à la Tomi, son cours n’est qu’un
continuel lacet à courbes brusques et courtes, et il donne du confluent
à Fort-Sibut un développement approximatif de 115 à 120 kilomètres pour
une distance à vol d’oiseau de 80 kilomètres environ.
La différence d’altitude entre le niveau de l’eau à Fort-de-Possel au
confluent de la Kémo avec l’Oubangui, et le niveau de l’eau à Fort-Sibut
est de 53 mètres environ.
Les environs des rives présentent de légères ondulations dans la région
où l’on rencontre les roches stratifiées. Après le poste de M’Brous, la
Tomi serpente dans une plaine herbeuse avec arbustes et arbres rabougris
clairsemés et parties marécageuses boisées, jusqu’au voisinage de Fort-
Sibut où l’on rencontre de nouvelles ondulations.
En résumé, de Fort-Sibut à M’Brous, la Tomi a creusé son lit dans la
roche ferrugineuse et chaque changement de direction est provoqué par la
rencontre d’une partie dure.
Entre le poste de M’Brous et le confluent, le cours de la Tomi franchit
un gradin constitué par des granites et des roches stratifiées dont les
dépressions et les fractures ont été comblées par la roche ferrugineuse.
Ces roches occasionnent de très fréquents changements de direction et le
cours est coupé par de nombreux rapides. Dans cette partie la roche
ferrugineuse se montre souvent en conglomérats. Les dépôts sablonneux
contiennent de nombreuses paillettes de mica.
Il est particulièrement difficile de relever la direction de la
stratification des couches rencontrées et l’inclinaison de ces couches.
Sur quelques points la stratification est horizontale, sur d’autres elle
est inclinée, mais les pentes sont très indécises et l’ensemble seul
peut donner une indication à ce sujet.
Sur une distance à vol d’oiseau de 12 à 13 kilomètres environ
représentant la partie principale du gradin franchi par la Tomi, la
direction de la stratification prise en cinq endroits varie de N. à N.
25° O. (nord magnétique), la pente vers l’O. varie de 7° à 30°. En cinq
autres endroits où la stratification a été également observée, elle est
horizontale. La direction générale du cours correspond sensiblement à la
direction moyenne de la stratification aux endroits où elle a pu être
relevée, la rivière longe donc les fractures. A 3km500 plus au N., la
direction de la stratification des quartzites contenant le filon de
quartz est N. 20° O. mais la pente de 30° environ est vers l’E.
Le gradin de roches stratifiées franchi par la Tomi est constitué par
des schistes micacés, des grès siliceux, des quartzites micacés
calcarifères, une leptynite (6, p. 682)[543], et des calcschistes. Un
peu plus au N. et à peu de distance des derniers quartzites affleurent
un granite à épidote (17, p. 670) et un granite en décomposition, ce
dernier recouvert par la roche ferrugineuse.
Si au lieu de suivre en embarcation le cours de la Tomi, on suit la
piste longeant cette rivière à quelque distance, en retournant à Fort-
de-Possel, dans le lit encaissé du ruisseau Kouli ou Gouli, à 15
kilomètres de Fort-Sibut on rencontre un affleurement de gneiss
amphibolique et pyroxénique (276, p. 683), dont la structure varie du
rubané au granitoïde. On rencontre encore ces mêmes gneiss à 3km500 plus
loin dans le lit encaissé d’un autre ruisseau.
Immédiatement après le poste de M’Brous, la piste franchit une petite
ondulation où l’on remarque de nombreux fragments de quartz provenant de
filons sous-jacents dont l’un signalé plus haut affleure dans les
quartzites de la rive droite de la Tomi. C’est dans la région de M’Brous
que les femmes bandas viennent chercher les cristaux allongés de quartz,
pour se confectionner, en arrondissant par usure les arêtes de ces
cristaux, l’ornement qu’elles portent dans la lèvre inférieure.
A 26 kilomètres environ avant d’atteindre Fort-de-Possel, la roche
quartzeuse affleure et on rencontre des amas de fragments de cette roche
dans le lit du ruisseau situé à 3km500 de ce point. Ensuite jusqu’à la
série de mamelons situés à 14 kilomètres environ de Fort-de-Possel,
c’est-à-dire sur un parcours d’environ 8km500, de nombreux fragments de
roche quartzeuse sont enchâssés dans la roche ferrugineuse et indiquent
par ce fait le contact de ces deux roches dont l’une est aujourd’hui
disparue.
Aux mamelons, les roches schisteuses apparaissent et se prolongent
jusqu’à la Tomi où elles ont déjà été rencontrées.
_Haute-Ombella._
A l’O.-S.-O. de Fort-Sibut (40 à 45 kilomètres à vol d’oiseau, d’après
les cartes du poste) on est dans la région de la Haute-Ombella définie
ici par les bassins des rivières Yambéré et Bouma, formant par leur
réunion la Ombella et ayant leurs sources au voisinage de celle de la
Tomi. Le principal accident de cette région est le Kaga Do ou Dodo formé
de plusieurs petits mamelons. On rencontre à ce Kaga un lambeau
important de gneiss amphibolique (31, p. 683). En réalité ce gneiss est
peu caractérisé, il se présente plutôt avec l’aspect granitoïde et
constitue la forme générale de l’affleurement. Il prend comme forme
accidentelle un aspect rubané caractérisé par des bandes claires et
foncées, ces dernières évidemment plus chargées en éléments colorés. On
remarque encore, mais plus rarement, des rognons enclavés dans la forme
générale (33, p. 683).
Au N. du Kaga Do affleure le gneiss ordinaire (39, p. 680) et à Oualiko
(13 kilomètres environ au N.) on rencontre le granite.
_Moyenne-Kémo._
A l’E. de Fort-Sibut, on rencontre, à 10 kilomètres environ avant
d’atteindre Griko, poste situé sur la rive gauche de la Kémo, deux
ruisseaux dans lesquels on trouve des micaschistes, et un peu plus loin
une ondulation constituée par des éboulis de roche ferrugineuse et de
grès passant aux schistes.
_Fort-Sibut (Krébedjé)._