millimètres de longueur, 18 de hauteur maximum et 10 millimètres
seulement d’épaisseur maximum.]
[Note 490 : Dans un grand nombre d’espèces appartenant au genre _Spatha_
l’épiderme est peu adhérent au test et s’exfolie très facilement sous
l’influence de la sécheresse.]
[Note 491 : SIMPSON, _Synopsis of Naïades_, in : _Proceed. unit. st.
national Museum_, XXII, 1900, p. 898. C’est le _Spatha Anceyi_
Bourguignat in : ANCEY, _Mém. soc. zoolog. France_, VII, p. 231, fig. 7
(figuré à la page 232).]
[Note 492 : SCOPOLI, _Introduction ad historiam naturalem_, etc., 1777,
p. 397.]
[Note 493 : CAILLIAUD, _Voyage à Méroë_, IV, 1827, p. 262 ; atlas, II,
1823, pl. LX, fig. 11.]
[Note 494 : Espèce dédiée à M. A. CHEVALIER, chef de la Mission Chari-
Tchad.]
[Note 495 : MARTENS (E. von), _Beschalte Weichthiere Ost-Afrikas_ ;
1898, p. 255, Taf. VII, fig. 17 [_Mutela Bourguignati_ Ancey, var.
_truncata_ Martens]. Par les caractères de sa charnière, cette espèce ne
peut être maintenue dans le genre _Mutela_ ; elle appartient aux
_Pliodon_ de la série des _Cameronia_ Bourguignat.]
[Note 496 : BOURGUIGNAT (J.-R.), _Espèces nouvelles et genres nouveaux
découverts, etc., dans les grands lacs africains Oukéréwé et Tanganika_,
Paris, décembre 1885, p. 11.]
[Note 497 : Voici les caractères comparatifs des _M. legumen_ et _M.
Tholloni_ :
_M. legumen_. | _M. Tholloni_.
|
Bord dorsal antérieur droit, | Bord dorsal légèrement subconcave
postérieur légèrement ascendant, | dans une direction ascendante.
à peine subconvexe. |
|
Bord inférieur très largement | Bord inférieur largement convexe
convexe se terminant par un | se terminant par un rostre aigu
rostre aigu et placé un peu haut.| placé un peu haut.
|
Test un peu plus mince que chez | Test mince.
_M. Tholloni_. |
|
1 seule valve, Gancini (Congo). | 1 valve et une 1/2 valve. Gancini
| (Congo).
]
[Note 498 : Toutes ces Mutelines ont été décrites par le Dr A. T. DE
ROCHEBRUNE : Sur quelques Lamellibranches nouveaux provenant du Congo et
de ses tributaires ; _in : Bullet. soc. malacol. France_ ; II, 1886 ; p.
6-8.]
[Note 499 : Il est évident que les _M. Mabillei_ et _M. paludicola_ sont
synonymes. L’espèce qu’elles constituent doit prendre le nom de
_Mutelina Mabillei_ de Rochebrune, puisque le nom de _Mabillei_ est
imprimé à la page 7 tandis que celui de _paludicola_ l’est seulement à
la page 8 du mémoire précité du Dr A. T. DE ROCHEBRUNE.]
[Note 500 :
=_Mutelina falemeensis_= Germain, nov. sp.
1907. _Mutelina falemeensis_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur.
Paris_, no 1, p. 67.
Coquille assez petite, médiocrement allongée, bien comprimée ; valves
minces, fragiles, bibaillantes ; bords supérieur et inférieur très
divergents ; bord supérieur subrectiligne dans une direction nettement
ascendante ; bord inférieur d’abord subconvexe, puis très convexe et
remontant vers l’extrémité postérieure ; région antérieure médiocre,
arrondie, décurrente à la base ; région postérieure 2 fois 1/2 aussi
longue que l’antérieure, remarquablement élargie et terminée par un
rostre arrondi placé très haut ; sommets petits, médiocrement
saillants ; crête dorsale fortement émoussée ; ligament long et
robuste ; impressions musculaires très faibles.
[Illustration : FIG. 96. — _Mutelina falemeensis_ Germain. Grandeur
naturelle.]
Longueur max. : 66 millimètres ; hauteur maximum : 32 millimètres à 29
1/2 millimètres des sommets ; hauteur sous les sommets : 22
millimètres : épaisseur maximum : 13 millimètres.
Test marron verdâtre foncé, jaunacé olivâtre vers les sommets et la
région postérieure ; stries d’accroissement très irrégulières ; nacre
bleuâtre, très irisée.
Le fleuve Falémé (Sénégal).]
[Note 501 : Je figure ici (fig. 97) cette coquille recueillie dans le
Niger par le Dr FRAS. On ne saurait la considérer comme spécifiquement
distincte du _Mutelina Mabillei_ Roch., dont elle constitue une variété
de forme beaucoup plus allongée à bords supérieur et inférieur plus
divergents, à région postérieure plus développée terminée par un rostre
subtronqué-arrondi placé très bas.
[Illustration : FIG. 97. — _Mutelina Mabillei_ de Rocheb., var. _Frasi_
Germain. Grandeur naturelle.]
Longueur max. : 63 millimètres ; largeur max. : 24 millimètres ;
épaisseur max. : 13 millimètres.
Test relativement épais, solide, d’un brun marron un peu rougeâtre
postérieurement, verdâtre au voisinage des sommets qui sont notablement
excoriés ; stries fortes et irrégulières ; nacre bleue, assez irisée.
Je donne à cette coquille le nom de _Mutelina Mabillei_ de Rochebrune,
var. =_Frasi_= Germain.]
[Note 502 : Le _Mutelina Carrei_ décrit par Putzeys [_Proc. verb. soc.
malacolog. Belgique_ ; XXVII, 1898, p. XXVIII, fig. 16 (_Burtonia
Carrei_)] est également très voisin du _M. rostrata_. S’il doit rentrer
dans cette espèce, il en constitue une variété _maxima_.]
[Note 503 : Espèce dédiée à M. le Dr Louis JOUBIN, professeur de
Zoologie au Muséum d’histoire naturelle de Paris (Chaire de
Malacologie).]
[Note 504 : SOWERBY _in_ : REEVE, _Conchol. Icon._, XVI. pl. II, fig. 3
[_Mycetopus plicatus_]. L’habitat de cette espèce est encore inconnu ;
il est fort probable, ainsi que le pensent JICKELI [_Land- und Süssw.
Mollusk. Nord. Ost-Afrik._, 1874, p. 270] et SIMPSON [_Synopsis of
Naïades, in : Proceed. unit. st. nation. Museum_, XXII, 1900, p. 905]
que cette coquille est africaine. Ses rapports avec le _Mutelina
Joubini_ viennent corroborer cette opinion.]
[Note 505 : ANCEY (C. F.), On the generic name of a remarkable Bivalve
Shell, found in the Congo ; _in : Conch. Exchange_ ; II, 1888, p. 22.]
[Note 506 : ROCHEBRUNE (A. T. DE), Sur quelques Lamellibr. nouv. du
Congo, etc., _in : Bullet. soc. malacolog. France_ ; III, juillet 1886,
p. 3.]
[Note 507 : ROCHEBRUNE (A. T. DE), _loc. cit._ ; juillet 1886, p. 4, Pl.
I, fig. 1-4 [_Chelidonura arietina_].]
[Note 508 : MARTENS (Dr E. von), Zwei Binnen Conchylien aus Angola ; in
_Sitz. ber. natur. freunde_ ; 1881, p. 122. MARTENS a figuré cette
coquille dans ses _Concholog. Mittheilungen_, II, 1883, p. 139, Taf.
XXVII [_Spatha (Mutela) hirundo_].]
[Note 509 : Cette coquille a été figurée par le Dr A. T. DE ROCHEBRUNE
(_loc. cit._ ; 1886, Pl. II, fig. 5-6.]
[Note 510 : CONRAD, Descript. of a new gen. of fresh wat. shells ; _in :
Journ. Acad. of natur. sc. Philadelphia_ ; VII, 1834, p. 178.]
[Note 511 : BOURGUIGNAT (J. R.), Descript. esp. nouv. Mollusques Egypte,
Abyss., etc. ; 1879, p. 42.]
[Note 512 : GERMAIN (Louis), Contribut. faune malacolog. Afrique
équator. ; IV. Mollusques recueillis par M. le lieutenant Moll. etc. ;
_in Bullet. Muséum hist. natur. Paris_ ; XII, 1906, no 1, p. 60, fig.
4.]
[Note 513 : Espèce dédiée à M. le lieutenant HARDELET, un des
explorateurs du lac Tchad.]
[Note 514 : GERMAIN (Louis), Contributions, etc., III. Sur quelques
Lamellibr. du Tchad, etc., _in : Bullet. Muséum hist. natur. Paris_,
XII, 1906, no 1, p. 56, fig. 2.]
[Note 515 : Variété dédiée à M. le lieutenant MOLL, explorateur.]
[Note 516 : GERMAIN (Louis), _loc. cit._ ; 1906, p. 58, fig. 3.]
[Note 517 : MEGERLE VON MÜHLFEDT, Entwurf. eines neuensyst. der schalth.
geh. in : _Mag. d. gesel. naturf. freunde z. Berlin_, V, part. 1, 1811,
p. 38.]
[Note 518 : Espèce dédiée à M. le lieutenant L. LACOIN qui a recueilli,
dans le lac Tchad, de précieux matériaux pour l’étude malacologique de
ce lac.]
[Note 519 : BOURGUIGNAT (J.-R.), _Mollusques terrestres et fluv.
recueillis Soleillet voy. Choa_, septembre 1885, p. 36, pl. I. fig. 12.]
[Note 520 : Espèce dédiée à M. H. FISCHER, auteur de nombreux et
importants travaux de Malacologie.]
[Note 521 : MARTENS (E. von), Verzeichniss der von Prof. Peters in
Mossambique gesammelten Land- und Süsswasser-Mollusken ; in :
_Malakozoolog. Blätter_, 1860, p. 219, taf. III, fig. 6-7. [La planche
est datée de 1859].]
[Note 522 : MARTENS (E. von), Süsswasser Conchylien vom Südufer des
Tsad-Sees ; in : _Sitz. bericht. der gesellsch. naturf. freunde_, 1903,
p. 9, no 4.]
[Note 523 : BERNARDI, 1860.]
[Note 524 : DAUTZENBERG (Ph.), Mollusques recueillis au Congo par M. E.
Dupont, etc. ; _in : Bullet. Mus. roy. hist. nat. Belgique_ ; XX, 1890,
p. 578, Pl. III, fig. 5-8.]
[Note 525 : SCOPOLI, _Introd. ad histor. natur._ ; 1777, p. 297.]
[Note 526 : Espèce dédiée à M. COURTET, membre de la mission Chari-
Tchad.]
[Note 527 : MARTENS (E. von), _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._ ; 1898, p.
261, Taf. VII, fig. 8.]
[Note 528 : Ce genre a été réédité par CLESSIN sous le nom de _Limosina_
[_Malakozool. Blätter_, 1872, p. 160].]
[Note 529 : BOURGUIGNAT (J.-R.), _Amén. malacolog._, I, 1854, p. 30 et
73.]
[Note 530 : C’est à cette forme que se rapporterait la fig. 17 (pl. XI)
de l’ouvrage de JICKELI ; la figure 16 correspondrait au type
_parasitica_ Parreyss.]
[Note 531 : GERMAIN (Louis), Contributions à la faune malacologique de
l’Afrique équatoriale, XI, _Bulletin Muséum hist. natur. Paris_, 1907,
no 5, pages 343-351, fig. 24-26.]
[Note 532 : Voyez ci-dessus, pages 462-464.]
[Note 533 : D’AILLY (Adolf), Contributions à la connaissance des
Mollusques terrestres et d’eau douce du Kameroun ; _Bihang Till K.
Swenska Vet. Akad. Handlingar_, XXII, Afd. IV, no 2, 1896, p. 39.]
[Note 534 : MORELET (A.), _Revue et Magasin de zoologie_, 1848, p. 351.
Figuré dans les _Séries Conchyliologiques_, etc., 1re livraison, _Côte
occidentale d’Afrique_, 1858, p. 11, Tabl. II, fig. 1 (_Helix
troglodytes_).]
[Note 535 : Espèce dédiée à M. Édouard LAMY, auteur d’importants
mémoires de Malacologie.]
[Note 536 : MARTENS (E. von), Die von prof. Dr B. Buchholz in Westafrika
gesammelten Land- und Süsswasser-Mollusken ; _Monatsb. Akad. Wissensch.
Berlin_, 1876, p. 256, taf. I, fig. 16-18.]
[Note 537 : PFEIFFER, _Symbol. Heliceor._, III, 1846, p. 66, et _Monogr.
heliceor. vivent._, I, 1848, p. 51 (_Helix ibuensis_).]
[Note 538 : Espèce dédiée à M. COURTET, membre de la Mission Chari-
Tchad.]
[Note 539 : Espèce dédiée à mon excellent ami, M. J. GUÉRIN, préparateur
au laboratoire de Malacologie du Muséum.]
=GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE=
PAR
H. COURTET
=GEOLOGIE ET MINERALOGIE=
* * * * *
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Les roches rencontrées appartiennent jusqu’au Tchad à des types
granitiques variés, des schistes cristallins, et des roches
sédimentaires représentées par les grès horizontaux. Absence totale de
roche volcanique. La diabase, abondante dans d’autres régions
congolaises et sur l’Oubangui, est au contraire rare car on ne la
rencontre que sur un point du Gribingui. A signaler un peu de norite et
de gabbro. Enfin il y a lieu de faire remarquer l’absence de calcaire.
Dans la région Fort Sibut-Ndélé, une latérite remaniée a recouvert ces
roches que les érosions ont fait ensuite reparaître. Les schistes
cristallins sont plus ou moins redressés, quelquefois verticaux et sont
recouverts en stratification discordante par les grès horizontaux, ils
sont traversés par les granites.
Au voisinage du Tchad, on entre dans une province pétrographique
particulière caractérisée par des roches alcalines (rhyolite d’Hadjer-
el-Hamis) que l’on retrouve à 3° environ plus au sud sur le Mayo-Kebbi.
A l’E. de ce point la grande plaine du Logone et du Ba-Illi sépare ces
roches des granites des Niellims et de Korbol. A l’E. du Tchad, le
granite reparaît au Dar-el-Hadjer (Pays des roches) et au S.-E. la
rhyolite n’a pas été rencontrée sur l’itinéraire de la mission. Il est
donc suffisamment démontré qu’on ne rencontre plus de roches alcalines à
l’E. et au S.-E. du Tchad et que ces roches sont là à leur limite[540].
=GÉOLOGIE=
RÉGIONS RECONNUES ET ASPECT GÉNÉRAL DE CES RÉGIONS
Les investigations géologiques de la Mission scientifique Chari-Lac
Tchad portent :
1o En prenant pour point de départ Fort-de-Possel, poste situé au
confluent de la Kémo avec l’Oubangui, sur une région mesurant au N.N.E.,
525 kilomètres environ à vol d’oiseau, soit de la Haute-Ombella (5° 30
de latitude et 16° 45 de longitude) jusqu’au pays des Goullas du Mamoun
(9° 50 de latitude et 19° de longitude).
2o En prenant pour point de départ Ndélé, capitale des Etats du sultan
Senoussi, sur une région mesurant au N.-O. 825 kilomètres à vol
d’oiseau, soit de Ndélé (8° 25 de latitude et 18° 25 de longitude)
jusqu’à Mondo dans le Kanem (13° 45 de latitude et 13° 10 de longitude).
Jusqu’à présent, au point de vue géologique proprement dit, dans la plus
grande partie de ces régions, aucune reconnaissance n’avait été faite.
Les renseignements que l’on possédait à ce sujet avaient été fournis par
M. G. BRUEL, administrateur des Colonies, qui, au cours des nombreux
itinéraires qu’il a parcourus dans le Haut-Chari, avait eu l’heureuse
idée de recueillir des échantillons qui ont été ensuite déposés et
étudiés à la Sorbonne. Après M. G. BRUEL vint M. le lieutenant LACOIN,
qui terminait son exploration au moment où la mission Chari-Tchad
commençait la sienne. M. LACOIN recueillit des échantillons le long de
la ligne d’étapes entre Fort-de-Possel et Fort-Crampel, en faisant un
crochet à l’E. vers la Haute-Kémo et les M’Brès. Il suivit ensuite le
Gribingui, le Bamingui et le Chari jusqu’au Tchad, reconnut les rochers
de Hadjer-el-Hamis, et alla jusqu’à Bir-Allali dans le Kanem. Les
échantillons de M. LACOIN ont été déposés et déterminés à la Sorbonne
par M. GENTIL.
La mission Chari-Tchad a en outre reconnu quelques points du cours de
l’Oubangui entre Bangui et Fort-de-Possel et plus en amont à la mission
catholique de Bessou. M. LACOIN a également fourni des indications
géologiques sur ce même parcours.
Signalons en outre la mission Foureau-Lamy dont les échantillons ont été
aussi étudiés par M. GENTIL[541].
_La première région_ offre sur tout son parcours l’aspect d’un immense
plateau légèrement ondulé dont les altitudes vont en croissant dans la
direction du N.-N.-E., et varient de 442 mètres (Fort-Sibut) à 611
mètres Ndélé, résidence du sultan (671 à 682 mètres plateau) pour
atteindre un maximum de 827 mètres en un point dominant M’Bélé, grande
cité Kreich aujourd’hui détruite, qui est située au S.-E. de Ndélé, à
78 kilomètres environ à vol d’oiseau. Après Ndélé et toujours dans la
même direction, les altitudes décroissent car on descend vers le pays
des Goullas habitant la région marécageuse du Mamoun. Dans cette région
elles varient de 490 mètres à 500 mètres.
Des points culminants on aperçoit, s’estompant jusqu’à l’horizon, les
lignes de plus en plus indécises des collines, lignes desquelles
émergent par endroits des mamelons disséminés arrondis, ou des rochers
abrupts que l’on nomme indistinctement kagas, qui atteignent rarement
100 mètres de hauteur au-dessus du niveau général des terrains
environnants. Les lignes indécises que l’on voit à l’horizon ont pu
faire croire à des alignements montagneux, il n’en est rien et il n’y a
là qu’un effet d’optique. Parfois on aperçoit une ligne sombre continue
dont la distance à vol d’oiseau est d’environ 20 à 40 kilomètres, ligne
qu’on atteint généralement en une ou deux étapes par les sentiers. Si
arrivé là on se retourne vers l’endroit que l’on a quitté on remarque
le même phénomène, et on reste tout étonné d’avoir franchi l’intervalle
séparant les deux points sans avoir rencontré d’accidents sensibles de
terrain.
Les mamelons et autres protubérances rocheuses que l’on nomme kagas
apparaissent souvent aussi, selon l’endroit d’où on les aperçoit, sous
la forme d’imposants massifs quand ce ne sont que de petits accidents.
On ne peut, en réalité, que les comparer à des termitières ou des blocs
de rochers disséminés dans une prairie.
C’est aussi avec l’apparence d’un alignement montagneux qu’apparaît le
plateau qui sépare le Boungoul du Bahr-Salamat, et cependant ce plateau
n’a qu’une altitude variant de 30 à 60 mètres au-dessus de la plaine et
on y accède par une pente insensible.
Dans la plaine du Bangoran, quand on quitte le pays montueux du Kouti
dont l’altitude varie entre 500 et 685 mètres, avec quelques rares
points culminants d’une altitude un peu supérieure, la plaine étant à
une altitude variant de 444 mètres (Bangoran, piste Kaga M’Bra-Ndélé) à
410 mètres (Bangoran, piste Ndélé-Fort-Archambault) et 470 mètres (Télé
extrémité O. du Kouti), on aperçoit de divers endroits le point
culminant dominant Télé et on a l’illusion d’un important massif. Des
bords du Bangoran, à plus de 50 kilomètres à vol d’oiseau, on voit
encore distinctement les sommets bleuâtres dominant Télé.
C’est sous l’influence sans doute de ces illusions qu’ont été créés : Le
massif des M’Brés, les monts Niellims, les monts de Gamkoul, la chaîne
de montagne séparant les bassins du Boungoul, du Bamingui et de la
Kotto, du bassin du Nil ; et aussi les monts Guérés.
Cette première région constitue un centre hydrographique important, d’où
ruissellent les eaux alimentant par une multitude d’affluents plusieurs
grands cours d’eau qui sont : L’Oubangui, ayant comme principaux
affluents alimentés par ce centre hydrographique, la Kémo, le Kouango et
la Kotto. Le Bahr-Sara ayant comme affluent la Fafa. Le Bamingui ayant
comme principaux affluents, le Gribingui et le Bangoran. Le Boungoul
ayant comme principaux affluents, le Tété et la Moussoubourta
(Ngardjam). La réunion de ces trois grands cours d’eau en aval de Fort-
Archambault forme le Chari.
Enfin dans la région de M’Bélé on rencontre un petit cours d’eau nommé
Bakaka qui d’après le sultan Senoussi va au Ouadi Kabassa (Darfour).
Une certaine quantité de petits cours d’eau, prenant naissance dans la
région de Ndélé et du Kouti, n’atteignent aucune grande artère
d’écoulement et se perdent dans la plaine.
_La seconde région_ constitue une immense plaine s’étendant du Kouti au
Kanem, généralement marécageuse et dont la pente est très faible vers le
N.-O. Cette pente n’atteint qu’une différence de 110 mètres environ sur
une distance à vol d’oiseau de 700 kilomètres, c’est-à-dire du confluent
du Bangoran avec le Bamingui au Tchad. De cette plaine émergent quelques
mamelons ou des rochers abrupts, toujours de faible altitude au-dessus
du niveau général.
LES GRANDES FORMATIONS SUPERFICIELLES
ROCHE FERRUGINEUSE
La roche ferrugineuse n’est pas la latérite en place, c’est-à-dire une
roche formée par la décomposition sur place et en masses profondes des
roches silico-alumineuses, granites ou gneiss qui affleurent dans
beaucoup d’endroits, mais une latérite remaniée.
Cette latérite se présente en gisements différents selon qu’elle occupe
les parties élevées, les parties basses ou plaines dans lesquelles
circulent les grands cours d’eau, ou le pourtour des affleurements
granitiques des grandes plaines.
Les différentes formes sont les suivantes : Argilo-ferrugineuse, à
aspect scoriacé, agglomérée, contenant des débris ténus ou des menus
cailloux roulés de quartz et de quartzites, contenant des cailloux
roulés assez volumineux, contenant des fragments assez volumineux de
quartz, de quartzites ou autres roches stratifiées, contenant de gros
fragments de quartzites ou autres roches stratifiées.
La forme argilo-ferrugineuse ne se rencontre que dans les parties basses
et on ne peut l’observer nettement que dans les berges des cours d’eau,
elle prend parfois à la surface un aspect scoriacé par suite de la
désagrégation des parties molles. Celles contenant des fragments plus ou
moins volumineux de quartz, quartzites ou autres roches stratifiées ne
se rencontrent qu’au voisinage ou au contact de ces roches. Celle
contenant des cailloux roulés ne se rencontre en général qu’à une
certaine profondeur et n’est visible que dans les berges de certains
cours d’eau. Enfin les formes, scoriacée, agglomérée, contenant des
débris ténus ou des menus cailloux roulés, se rencontrent partout et
constituent dans leur ensemble la forme générale de la roche.
En réalité, sauf pour la forme argilo-ferrugineuse, toutes les autres
sous lesquelles la roche ferrugineuse se présente, ne sont que des
agrégats ou des conglomérats rougeâtres plus ou moins riches en fer et
en éléments quartzeux. Les plus riches en fer sont utilisés comme
minerai par les indigènes qui les traitent par une méthode analogue à la
méthode catalane.
Que ce soit dans les parties élevées, les parties basses, ou les
plaines, c’est généralement en plateaux horizontaux que l’on rencontre
la roche ferrugineuse. Ces plateaux couvrent parfois de grands espaces
soit totalement dénudés, soit recouverts par une maigre végétation. Les
endroits dénudés sont le plus souvent imperméables et il y règne une
chaleur intense, la roche fait fonction d’accumulateur et la chaleur
accumulée ne disparaît qu’assez tard dans la nuit.
A côté des plateaux rocheux et arides des parties élevées, la formation
ferrugineuse apparaît aussi sous la forme argilo-sablonneuse et
constitue alors des terrains plus ou moins fertiles, cultivés par les
indigènes quand ils trouvent à proximité l’eau nécessaire à leur
alimentation.
Dans les parties élevées, les plateaux rocheux constituent évidemment la
fraction de la formation ayant résisté à l’érosion et dans laquelle les
eaux ont creusé des vallons et des ravins, dont les flancs sont souvent
abrupts et parsemés de gros blocs de roche dure provenant du sommet et
ayant roulé parfois jusqu’au bas des pentes.
Un des témoins les mieux caractérisés de la désagrégation est le Kaga
Dokélé ou Dogbéré, situé tout près et à l’est de Fort-Sibut sur la rive
gauche de la Tomi. Sur ce Kaga, le plateau du sommet formant la partie
la plus résistante est à peu près détruit et de nombreux blocs ont roulé
sur les pentes mélangés à d’autres blocs provenant des flancs du Kaga
même. Ces derniers sont les restes compacts des couches plus tendres
gisant au-dessous du plateau supérieur et qui ont été désagrégées.
La formation ferrugineuse du Kaga Dogbéré et de Fort-Sibut repose sur
des gneiss qui affleurent, dans le ruisseau coulant au pied du Kaga, à
Bongbo, village situé à 3 km. 500 à vol d’oiseau à l’ouest de Fort-
Sibut, et entre le poste et le passage de la Tomi sur l’ancienne route
de Fort-Crampel.
Jusqu’au voisinage de Ndélé c’est la formation ferrugineuse qui
prédomine à la surface du sol. Par places, les érosions ont mis à nu des
roches diverses, gneiss, granites, quartzites, dont il sera parlé plus
loin.
Dans la région de Ndélé ce n’est plus la roche ferrugineuse qui domine à
la surface, et tout en occupant encore de grandes superficies elle
n’existe réellement que sur les parties culminantes. Partout ailleurs on
la rencontre par petites masses épargnées par le ravinement et en
contact visible avec la roche sous-jacente. Dans beaucoup d’endroits son
épaisseur reste faible, et dès qu’on quitte les parties culminantes on
retrouve les grès horizontaux ou les quartzites sur lesquels elle
repose.
L’épaisseur actuelle de la roche ferrugineuse des parties élevées est
très variable et sur le pourtour de la cuvette de Ndélé des épaisseurs
de 10, 15 et 23 mètres ont été mesurées. Comme il vient d’être dit c’est
dans la région de Ndélé que la formation ferrugineuse est la moins
importante.
Dans la région de Fort-Sibut, au Kaga Dogbéré, l’épaisseur de la
formation serait de 60 à 66 mètres, cette dernière cote étant l’altitude
du sommet au-dessus du niveau moyen du sol environnant.
Sur le plateau dominant le versant ouest du petit ruisseau Banga situé à
8 kilomètres environ à l’ouest de Fort-Crampel, on rencontre une roche
qui doit être évidemment rattachée à la roche ferrugineuse. Cette roche
en plateaux horizontaux se compose de sable siliceux ou de petits galets
quartzeux, anguleux ou peu roulés, et qui ne sont que faiblement
agglomérés entre eux ; elle s’effrite très facilement sous le choc du
marteau. Plus loin on rencontre la même roche, mais cette fois avec
éléments cimentés par le fer.