242, figuré p. 243.
Coquille plus petite, plus régulièrement arrondie ; bord inférieur plus
convexe ; sommets moins antérieurs, parfois presque médians. Même test
épais, solide ; stries d’accroissement plus fines ; nacre très irisée,
rougeâtre ou violacée.
Longueur max. : 71-77-80 millimètres ; hauteur max. : 50-50-51
millimètres ; épaisseur maximum : 27-33-33 millimètres.
Cette espèce n’est peut-être que l’état jeune du _Spatha rubens_.
Le Chari, dans le pays de Senoussi. [Mars 1903] ; 4 exemplaires
recueillis avec _Spatha rubens_.
Variété =_Chudeaui_= Germain, nov. var.[478].
1907. _Spatha rubens_ var. _Chudeaui_ Germain, _Bulletin Muséum hist.
natur. Paris_ ; no, 1. p. 65.
Coquille de grande taille, subtrapézoïdale, médiocrement allongée ;
valves bien bombées, très épaisses, pesantes ; bord supérieur convexe
dans une direction très ascendante ; bord inférieur un peu sinueux,
formant, avec le bord supérieur, un angle très accentué ; région
antérieure très peu développée, arrondie ; angle antéro-dorsal fort
saillant ; région postérieure bien développée, à peine subtronquée, un
peu plus de deux fois aussi longue que l’antérieure ; crête dorsale très
obtuse ; sommets bien antérieurs, peu proéminents, largement excoriés ;
ligament très robuste ; empreintes musculaires antérieures très
profondes ; postérieures profondes, palléale médiocre.
Longueur max. : 126 millimètres ; hauteur max. : 86 millimètres, à 52
millimètres des sommets ; épaisseur max. : 54 millimètres.
Test solide, recouvert d’un épiderme brun très foncé, presque noir ;
stries d’accroissement fortes, irrégulières, plus faibles
antérieurement ; nacre très irisée, d’un rose saumon vif.
Cette magnifique variété se distingue du type :
Par la position très antérieure de ses sommets ; par la région
postérieure plus développée, terminée par une partie rostrale
régulièrement arrondie ; par sa hauteur maximum plus éloignée des
sommets ; enfin par ses bords supérieur et inférieur très divergents.
Par ce dernier caractère, cette variété rappelle l’aspect du _Spatha
Kirki_ Ancey[479]. Dans ces deux coquilles, le bord postérieur est
également fort régulièrement convexe depuis l’angle postéro-dorsal
jusqu’au bord inférieur.
[Illustration : FIG. 91. — _Spatha rubens_ de Lam., var. _Chudeaui_
Germ. Demi-grandeur naturelle.]
Le Mamoun (Pays de Senoussi) [M. A. CHEVALIER] ; 1 échantillon.
Le Gribingui [MM. A. CHEVALIER et DECORSE] ; mars 1903 ; 1 exemplaire.
_Spatha Renei_ Jousseaume.
1886. _Spatha Renei_ Jousseaume, _Bullet. soc. zoolog. de France_, XI,
p. 22, pl. XIII, fig. 3-3 _a_.
1890. _Spatha Renei_ Dautzenberg, _Mém. soc. zoolog. France_, III, p.
126.
SIMPSON[480] considère à tort cette espèce comme synonyme du _Spatha
rubens_ var. _Cailliaudi_ Martens. M. CHEVALIER a recueilli, dans le
Bani près de San (Soudan français), un exemplaire bien complet et bien
typique du _Spatha Renei_ qui diffère très nettement du _Sp. rubens_. La
coquille, de taille beaucoup plus faible, est d’une forme assez
régulièrement ovalaire ; les valves sont peu bombées ; le test est
recouvert d’un épiderme vert très foncé qui, lorsque l’animal est mort
depuis un certain temps, s’exfolie facilement et laisse voir la coquille
qui est d’un rouge saumoné assez vif.
Longueur maximum : 89 millimètres ; hauteur maximum : 64 millimètres ;
épaisseur maximum : 23 millimètres.
Cet échantillon constitue, par rapport au type, une variété
_compressa_[481].
M. CHEVALIER a en outre recueilli, dans la même station, un deuxième
exemplaire moins typique, mais ayant conservé son épiderme, et un jeune
individu dont la coquille, relativement comprimée, est recouverte d’un
épiderme plus clair, passant au rougeâtre vineux vers les sommets. La
nacre est toujours très irisée, violacée ou rougeâtre.
_Spatha chaiziana_ Rang[482].
1834. _Anodonta Chaiziana_ Rang, Acéph. Sénégal, in : _Nouv. Ann. Muséum
Paris_, p. 13, pl. XXVIII et XXIX.
1838. _Margarita (Anodonta) Chaiziana_ Lea, _Synopsis of Naïades_, p.
30.
1852. _Margaron (Anodonta) Chaiziana_ Lea, _Synopsis of Naïades_, p. 49.
1868. _Anodonta Chaiziana_ Morelet, _Série Conchyliol._, p. 97.
1870. _Margaron (Anodonta) Chaiziana_ Lea, _Synopsis of Naïades_, p. 79.
1876. _Spatha Chaiziana_ Clessin, _in_ : Martini et Chemnitz, _Syst.
Conchyl. Cabinet, Anodont._, p. 187, taf. LXIII, fig. 3-4[483].
1886. _Spatha Chaiziana_ Jousseaume, _Mém. soc. zoolog. France_, XI, p.
490.
1890. _Spatha Chaiziana_ Paetel, _Conchyl. Sam._, III, p. 188.
1900. _Spatha Chaiziana_ Simpson, _Proceed. unit. stat. nation Museum_,
XXII, p. 896.
1905. _Spatha Chaiziana_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_,
XI, no 5, p. 330, XII (1906), no 3, p. 172, et _Mémoires soc. zoolog.
France_, XIX, p. 240.
Cette espèce, bien caractérisée, paraît répandue dans tout le centre de
l’Afrique. En dehors du Sénégal, elle a été recueillie dans le Bornou,
sur les bords de la rivière Komadougou par M. F. FOUREAU ; dans le Bas-
Chari par le lieutenant L. LACOIN ; enfin dans le Kanem par M. le
lieutenant DUPERTHUIS.
M. A. CHEVALIER a également trouvé cette espèce, notamment dans le
Mamoun (pays de Senoussi), en mars 1903. Antérieurement à sa Mission, le
général DE TRENTINIAN l’avait recueillie dans le Niger Moyen (Soudan
français), 1898-1900.
_Spatha tawai_ Rang.
1834. _Anodonta Tawai_ Rang, Acéph. du Sénégal, in : _Nouv. Ann. Muséum
Paris_, p. 14.
1886. _Spatha Tawai_ Jousseaume, _Mém. société zoolog. de France_, XI,
p. 490.
1900. _Spatha Tawai_ Simpson, _Proceed. unit. stat. nat. Museum_, XXII,
p. 902 [_Incert. sed._].
Le _Spatha tawai_ est une coquille qui, d’après les types du Muséum de
Paris, diffère du _Spatha chaiziana_ seulement par sa forme plus petite,
notablement plus comprimée, et par son épiderme plus clair, d’un
magnifique vert très brillant. Il est fort probable que les deux espèces
sont synonymes et que le _Spatha tawai_ n’est que la forme jeune du
_Spatha chaiziana_.
Un seul exemplaire mesurant 49 millimètres de longueur, 30 millimètres
de hauteur et 18 millimètres d’épaisseur maximum. Il a été recueilli, en
mars 1903, dans le Mamoun (pays de Senoussi).
_Spatha Mabillei_ Jousseaume.
1886. _Spatha Mabillei_ Jousseaume, _Bullet. soc. zoolog. France_, XI,
p. 495 (à part, p. 25), pl. XIV, fig. 2-2 _a_.
1890. _Spatha Mabillei_ Dautzenberg, _Mém. soc. zoolog. France_, III, p.
126 et 135.
1900. _Spatha Mabillei_ Simpson, _Proceed. unit. stat. nation. Museum_,
XXII, p. 897.
Cette espèce est certainement très voisine du _Spatha chaiziana_ dont
elle se distingue surtout par sa forme plus comprimée et sa région
postérieure moins développée et plus largement arrondie. M. A. CHEVALIER
n’a pas recueilli le type, mais seulement la variété suivante :
Variété =_mamounensis_= Germain, nov. var.
1907. _Spatha Mabillei_ var. _mamounensis_ Germain, _Bulletin Muséum
hist. natur. Paris_ ; no 1, p. 67.
Coquille subrectangulaire, comprimée ; valves médiocrement épaisses,
solides ; bord supérieur subrectiligne dans une direction légèrement
ascendante ; bord inférieur rectiligne, presque parallèle au bord
supérieur ; région antérieure médiocrement développée, semi-circulaire ;
région postérieure semi-ovalaire, à peine deux fois aussi longue que
l’antérieure ; sommets très peu saillants ; ligament long de 14 1/2
millimètres ; empreintes musculaires antérieures médiocres, postérieures
faibles.
[Illustration : FIG. 92. — _Spatha Mabillei_ Jousseaume, var.
_mamounensis_ Germain. Grandeur naturelle.]
Longueur maximum : 61 millimètres ; hauteur maximum : 40 1/2 millimètres
à 20 1/2 millimètres des sommets ; épaisseur maximum : 23 millimètres.
Épiderme marron foncé, presque noir, bien brillant ; stries
d’accroissement médiocres et irrégulières ; nacre violacée, assez
irisée.
Comparée au type, la variété _mamounensis_ s’en distingue :
Par sa forme générale moins allongée ; par sa région antérieure plus
arrondie ; par sa région postérieure bien moins allongée avec un bord
plus régulièrement convexe ; par son bord supérieur rectiligne presque
parallèle au bord inférieur ; par son ligament plus court ; etc...
Le Mamoun (pays de Senoussi), mars 1903 [M. A. CHEVALIER].
§ 2. — _LEPTOSPATHA_ de Rochebrune et Germain[484].
Genre _Spathella_ Bourguignat, _Esp. nouv. genres nouv. Oukéréwé et
Tanganika_, décembre 1885, p. 13.
_Spatha (Leptospatha) sinuata_ Martens.
1883. _Spatha sinuata_ Martens, _Sitz. b. natur. freunde_, p. 173.
1885. _Spatha sinuata_ Martens, _Conch. Mittheil._, II, p. 190, Taf.
XXXIV, fig. 5-6.
1889. _Spathella sinuata_ Bourguignat, _Mollusques Afrique équat._, p.
196.
1900. _Spatha sinuata_ Simpson, _Proceed. unit. st. nation. Museum_,
XXII, p. 899.
Un seul exemplaire de cette espèce, caractérisée par son bord inférieur
bien sinueux et son bord postérieur assez largement tronqué, recueilli
dans le Bani, près San, par M. A. CHEVALIER.
=_Spatha (Leptospatha) Decorsei_= Germain[485].
PLANCHE LITHOGR. fig. 5.
1904. _Spatha (Leptospatha) Decorsei_ Germain, _Bullet. Muséum hist.
natur. Paris_, X, no 7, p. 469.
Coquille de taille moyenne, de forme rectangulaire allongée ; valves
assez bombées, épaisses, pesantes ; bord supérieur presque rectiligne
dans une direction légèrement ascendante ; bord inférieur, nettement
sinueux, parallèle au bord supérieur ; région antérieure médiocre, bien
arrondie ; région postérieure très développée, un peu plus de deux fois
aussi longue que l’antérieure ; crête dorsale médiocre, fort obtuse ;
sommets obtus, non comprimés, à peine proéminents, largement excoriés,
laissant voir une nacre plombée ; ligament court, assez robuste, long de
18 millimètres ; charnière filiforme, édentulée ; impressions
musculaires : antérieure très profonde, postérieure presque
superficielle, palléale faible.
Longueur : 87 millimètres ; hauteur max. : 42 millimètres à 39
millimètres des sommets ; longueur de la région antérieure : 27
millimètres ; de la région postérieure : 63 millimètres ; épaisseur
max. : 34 millimètres.
Test d’un beau marron très foncé, passant au noir antérieurement et
postérieurement, très largement excorié au voisinage des sommets ;
stries d’accroissement médiocres, très irrégulièrement distribuées ;
nacre peu irisée, d’un blanc bleuâtre.
Cette espèce se distinguera du _Spatha (Leptospatha) Stuhlmanni_
Martens[486] :
Par ses bords supérieur et inférieur subparallèles ; par sa région
antérieure moins brièvement tronquée ; par sa région postérieure plus
allongée, mais se terminant par un rostre beaucoup moins effilé et non
pas médian et nettement tronqué comme chez le _Sp. Stuhlmanni_, mais
très nettement basal et largement convexe ; par son bord inférieur non
pas convexe-relevé vers la région postérieure, mais descendant et très
nettement sinueux dans sa partie médiane ; etc.
Variété =_persinuata_= Germain.
1904. _Spatha (Leptospatha) Decorsei_ Germain, var. _sinuata_ Germain,
_loc. cit._, p. 469.
Diffère du type par sa forme générale plus développée en hauteur vers la
région postérieure ; par sa région postérieure bien plus déclive, se
terminant par un rostre très fortement écourté, largement convexe et
placé très bas ; par son bord inférieur bien plus fortement sinueux ;
par son épaisseur maximum plus voisine du bord supérieur ; par son
ligament plus robuste ; etc.
Longueur : 74 millimètres ; hauteur max. : 39 millimètres à 33
millimètres des sommets ; longueur de la région antérieure : 24
millimètres ; de la région postérieure : 52 millimètres ; épaisseur
maximum : 29 millimètres.
Test marron très sombre, presque noir, très fortement et très
profondément excorié au voisinage des sommets, laissant voir une nacre
plombée ; stries d’accroissement plus régulières et plus fortes que dans
le type ; nacre peu irisée, bleue de prusse.
[Illustration : FIG. 93. — _Spatha (Leptospatha) Decorsei_ Germain, var.
_persinuata_ Germain. 3/4 de la grandeur naturelle.]
J’ai changé le nom de variété _sinuata_, que j’avais d’abord donné à
cette coquille, parce qu’il existe déjà un _Spatha sinuata_ Martens.
Cette similitude d’appellation pouvait prêter à confusion.
Le Mamoun (pays de Senoussi), mars 1903 ; 1 échantillon recueilli avec
le type.
_Spatha (Leptospatha) Adansoni_ Jousseaume.
1886. _Spathella Adansoni_ Jousseaume, _Bulletin soc. zoologique de
France_, XI, p. 498 (à part, p. 28), Pl. XIV, fig. 4-4a.
1889. _Spathella Adansoni_ Bourguignat, _Mollusques Afrique équator._,
p. 196.
1890. _Spatha (Spathella) Adansoni_ Dautzenberg, _Mém. société zoolog.
France_, III, p. 135.
1900. _Spatha Adansoni_ Simpson, _Proceed. unit. stat. nation. Museum_,
XXII, p. 898.
Coquille ovalaire-allongée, nettement comprimée ; bord supérieur à peu
près rectiligne dans une direction à peine ascendante ; bord inférieur à
peine convexe, parallèle au bord supérieur ; région antérieure assez
développée, bien arrondie ; région postérieure deux fois aussi longue,
terminée par un rostre assez saillant ; impressions musculaires bien
marquées ; test relativement mince, d’un brun noirâtre ; stries
médiocres, assez régulières ; nacre saumonée, bien irisée.
Longueur : 77 1/2 millimètres ; hauteur maximum : 39 millimètres ;
épaisseur maximum : 22 millimètres.
Le Soudan français (M. CHEVALIER, 1895) ; 1 exemplaire.
Cette coquille, découverte par le Dr BELLAMY dans le Diamouko, à son
embouchure dans le Sénégal, habite également le Sénégal aux environs de
Bakel, où elle a été recueillie par DORR.
_Spatha (Leptospatha) Pfeifferi_ Bernardi.
1859. _Margaritana Pfeifferiana_ Bernardi, _Journal de Conchyliol._,
VIII, p. 331, pl. XII, fig. 1-2.
1870. _Margaron (Margaritana) Pfeifferiana_ Lea, _Synopsis of Naïades_,
p. 68.
1889. _Spathella Pfeifferiana_ Bourguignat, _Mollusques Afrique
équator._, p. 196.
1890. _Margaritana Pfeifferiana_ Paetel, _Conch. Sam._, III, p. 173.
1900. _Spatha Pfeifferiana_ Simpson, _Proceed. unit. st. nation.
Museum_, XXII, p. 900.
Petite espèce à valves médiocrement épaisses, quoique solides,
recouvertes d’un épiderme vert ; nacre saumonée. Longueur : 44
millimètres ; hauteur : 25 millimètres ; épaisseur maximum : 14
millimètres.
Le Mamoun (pays de Senoussi) ; mars 1903 ; un seul exemplaire.
Ce _Spatha_ n’était encore connu que du Gabon.
_Spatha (Leptospatha) Bourguignati_ Ancey.
1885. _Spatha Bourguignati_ Ancey _in_ : Bourguignat, _Esp. nouvelles,
genres nouv. Oukéréwé et Tanganika_, p. 12 et 14.
1887. _Spathella Bourguignati_ Ancey, _Bullet. soc. malacolog. France_,
IV, p. 268.
1889. _Spathella Bourguignati_ Bourguignat, _Mollusques Afrique
équator._, p. 197, pl. VIII, fig. 1-2.
1889. _Spathella Bloyeti_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 198, pl. VIII,
fig. 3.
1889. _Spathella spathuliformis_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 199, pl.
VIII, fig. 4.
1892. _Spatha (Spathella) Bourguignati_ Smith, _Ann. magaz. natur.
history_, 6e série, X, p. 128.
1898. _Spatha Bloyeti_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik_, p. 249.
1898. _Spatha Wahlbergi_ var. _spathuliformis_ Martens, _loc. cit._, p.
248, taf. VII, fig. 18.
1900. _Spatha Wahlbergi_ var. _spathuliformis_ Simpson, _Proceed. unit.
stat. nation. Museum_, XXII, p. 898.
1904. _Leptospatha spathuliformis_ de Rochebrune et Germain, _Mém.
société zoolog. France_, XVII, p. 25.
1906. _Spatha (Leptospatha) Bourguignati_ Germain, _Bullet. Muséum hist.
natur. Paris_, XII, no 3, p. 173.
J’ai déjà montré tout dernièrement que, d’après les types de Bourguignat
déposés au Muséum de Paris[487], on devait réunir au _Spatha
Bourguignati_ les _Spatha Bloyeti_ et _Sp. spathuliformis_. Il n’y a
entre ces trois prétendues espèces, d’autres différences que celle de la
taille, le _Sp. spathuliformis_ représentant la forme _maxima_.
M. CHEVALIER a recueilli assez abondamment ce _Spatha_, qui paraît vivre
dans tout le bassin du Chari puisque MM. DUPERTHUIS et LACOIN en ont
également constaté la présence dans des localités très différentes. A
côté des échantillons types, il existe de nombreux exemplaires
présentant de grandes analogies, soit avec le _Spatha Stuhlmanni_
Martens, soit avec le _Sp. cryptoradiata_ Putzeys. Certains spécimens
recueillis par M. CHEVALIER sont même particulièrement difficiles à
rapporter à une espèce plutôt qu’à une autre ; aussi je crois qu’il
faudra, lorsque la faune malacologique de cette région de l’Afrique sera
mieux connue, réunir un certain nombre de formes de ce groupe en une
seule espèce.
Le Mamoun (pays de Senoussi) ; mars 1903 ; 12 exemplaires.
Une très belle variété _major_ Germain[488], de même forme que le type,
mais mesurant 101 millimètres de longueur pour 55 millimètres de hauteur
et 33 millimètres d’épaisseur maximum a été recueillie par M. A.
CHEVALIER près de la chute du Colimbine, non loin de Yilimane (Soudan
français). Son test est épais, pesant, recouvert d’un épiderme marron
assez foncé ; la nacre, très irisée, est d’un magnifique rose saumoné.
Une valve trouvée dans le sable sec, à Toya (Soudan français), 5 mars
1895.
Le Soudan français [M. A. CHEVALIER, 1895] ; un exemplaire jeune.
_Spatha (Leptospatha) divaricata_ Martens.
1898. _Spatha divaricata_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p.
250, taf. VII, fig. 15.
Coquille subelliptique allongée, très comprimée, région antérieure
courte, semi-ovalaire ; région postérieure plus de 1 fois 1/2 aussi
longue que l’antérieure ; bord supérieur rectiligne dans une direction à
peine ascendante ; bord inférieur parallèle au bord supérieur,
subrectiligne dans sa partie médiane ; ligament long ; sommets petits,
assez proéminents, situés aux 2/5 de la longueur totale ; impressions
musculaires faibles.
Longueur : 25-32 millimètres ; hauteur maximum : 12 1/2-15 1/2
millimètres ; épaisseur maximum : 7-8 millimètres[489].
Test peu épais, solide, jaune brunâtre, orné, sur la région postérieure,
d’une sculpture chevronnée assez saillante rayonnant des sommets. Cette
sculpture, tout à fait caractéristique de ce _Spatha_, a bien été
figurée par Martens. Les stries d’accroissement sont fines et assez
régulières, la nacre, bien irisée, est orangée.
Les dimensions maxima correspondent à un échantillon qui diffère du
type : par sa forme plus allongée et beaucoup plus comprimée ; par sa
région antérieure plus développée ; par sa hauteur maximum plus voisine
de l’extrémité postérieure ; enfin par l’absence presque complète de
sculpture chevronnée. C’est donc une variété =_elongata_= présentant en
outre le mode _compressa_, du _Spatha divaricata_.
Cette espèce a été recueillie par M. le Dr DECORSE, aux environs de
Fort-Archambault (janvier 1903). Le type provient des Rapides du
Gribingui [Dr DECORSE], janvier 1903 ; 1 exemplaire.
_Spatha (Leptospatha) cryptoradiata_ Putzeys.
1898. _Spatha cryptoradiata_ Putzeys, _Annales (Bullet. des séances)
société malacol. Belgique_, p. XXVII, fig. 14-15.
1900. _Spatha cryptoradiata_ Simpson, _Proceed. unit. States nation.
Museum_, XXII, p. 900.
1906. _Spatha (Leptospatha) cryptoradiata_ Germain, _Mém. société
zoolog. France_, XIX, p. 241.
Le _Spatha cryptoradiata_, d’abord découvert dans le Congo, est une
espèce fort abondante dans le Chari. Elle est assez polymorphe, pour
qu’on puisse distinguer, en ce qui concerne la forme générale de la
coquille, des mutations _elongata_, _curta_, _compressa_, reliées entre
elles par de nombreux intermédiaires.
Le bord inférieur est tantôt rectiligne, tantôt sinueux, plus rarement
très légèrement convexe. Le test est très sombre, d’un marron
extrêmement foncé, presque noir ; les sommets, très généralement
excoriés, sont, dans ce cas, d’un vert très brillant ; la nacre est
bleue, assez brillante, violacée sur les bords, rarement rosée. Voici
les dimensions de quelques exemplaires :
Longueur Hauteur maximum Epaisseur maximum
1 58 millimètres. 28 millimètres. 17 millimètres.
2 59 — 29 — 17 1/2 —
3 59 1/2 — 29 — 17 1/2 —
4 63 — 31 — 19 1/2 —
5 64 — 32 — 19 —
6 64 — 33 — 19 —
7 66 — 28 — 16 —
8 66 — 32 — 20 1/2 —
9 67 — 33 — 18 3/4 —
10 70 — 36 — 22 —
Dans un très grand nombre d’échantillons on observe un état tout à fait
spécial du test : celui-ci présente, sur un fond généralement très
sombre, des radiations verdâtres très peu marquées. Entre ces radiations
les stries d’accroissement ont pris un aspect très particulier rappelant
les plis d’une étoffe régulièrement froncée. Il n’y a d’ailleurs que
l’épiderme qui présente de tels caractères et encore toute la surface
épidermique de la coquille n’est-elle pas recouverte de cette pseudo
sculpture qui présente l’aspect d’une étoffe plissée. La cause de cette
apparence si spéciale du test est d’ordre purement physique : il faut
l’attribuer à un retrait de l’épiderme[490] dû aux alternances de
sécheresse et d’humidité auxquelles la coquille s’est trouvée exposée ;
on ne saurait donc en faire état au point de vue spécifique.
Le Bangoran, affluent du Chari (pays de Senoussi), février 1903 ; 17
exemplaires.
Ndellé (pays de Senoussi), février 1903 ; 3 exemplaires.
Miangoulom, février 1903 ; 3 exemplaires.
Dar Banda, dans une rivière affluent du Moyen-Baguirmi (territoire du
Chari) ; 5 exemplaires.
*
* *
Bien peu d’espèces de _Spatha_, en dehors des précédentes, ont été
signalées dans le Bassin du Chari-Tchad. On ne peut guère citer que le
_Spatha (Leptospatha) lacustris_ Simpson[491], découvert dans le Kanem
par M. le lieutenant DUPERTHUIS. C’est une coquille extrêmement voisine,
si toutefois elle est différente, du _Spatha (Leptospatha) Bourguignati_
Ancey, dont elle ne constitue probablement qu’une variété _major_.
Test épais, très fortement corrodé, orné de stries médiocres, assez
régulières ; nacre rougeâtre, un peu saumonée, très fortement irisée.
Longueur : 77-89 millimètres ; largeur maximum : 43-49 millimètres ;
épaisseur maximum : 23-26 millimètres.
Genre MUTELA Scopoli 1777[492].
_Mutela angustata_ Sowerby.
1868. _Iridina angustata_ Sowerby _in_ : Reeve, _Conchol. Iconic._, XVI,
pl. II, fig. 5.
1894. _Mutela angustata_ Jickeli, _Land- und Süssw. Mollusk. Nordost._,
p. 268.
1890. _Mutela angustata_ Paetel, _Conch. Sam._, III, p. 187.
1890. _Mutela angustata_ Westerlund, _Fauna Paleärt. region._, II, p.
312, pl. VII.
1900. _Mutela angustata_ Simpson, _Proceed unit. stat. nation. Museum_,
XXII, p. 904.
1906. _Mutela angustata_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_,
XII, no 1, p. 55 et 59, no 3, p. 174.
Le _Mutela angustata_ est une coquille que l’on doit rattacher, comme
variété, au _Mutela nilotica_ Cailliaud[493] dont il diffère surtout par
la divergence, plus ou moins accentuée, des bords supérieur et
inférieur. C’est plus spécialement la forme répondant au type figuré par
SOWERBY qui habite le bassin du Chari et le lac Tchad. Elle y est
d’ailleurs assez variable, aussi bien au point de vue de la forme
générale qu’au point de vue de la taille. Les grands exemplaires
atteignent 146-148 millimètres de longueur pour 58-60 millimètres de
hauteur et 40 millimètres d’épaisseur maximum. Leur test est
généralement épais, recouvert d’un épiderme foncé. Les petits
échantillons mesurent 110 millimètres de longueur, 40 millimètres de
hauteur et 26 millimètres d’épaisseur maximum. Leur test est plus mince
et aussi plus richement coloré. Chez les jeunes, les valves, assez
fragiles, sont recouvertes d’un épiderme vert émeraude ou olivâtre, très
brillant.
Habite tout le Bassin du Chari et le lac Tchad :
Affluents de la Kémo et de la Tomi, tributaires de l’Oubangui (rivières
coulant sur des terrains granitiques et archéens, à courant plus ou
moins torrentiel), septembre-octobre 1902.
Le Mamoun (pays de Senoussi), mars 1903 ; 2 échantillons.
Le Bas-Chari (lieutenant LACOIN).
Le lac Tchad (lieutenants HARDELET, L. LACOIN, MOLL, capitaine
DUPERTHUIS, R. CHUDEAU).
Variété =_curta_= Germain.