Plus peut-être que toute autre espèce du genre, le _V. unicolor_

présente un polymorphisme étendu portant à la fois sur la forme générale

de la coquille, l’allure de la spire et la sculpture du test. Aussi de

nombreuses formes, comme les _V. biangulata_ Küster[398], _V. polita_

Frauenfeld[399], etc., et même _V. Duponti_ de Rochebrune[400], élevées

au rang spécifique par différents auteurs, doivent-elles être

considérées comme synonymes du _V. unicolor_[401].

Sur une importante série d’échantillons on observe facilement : des

individus dont les tours, nettement arrondis, ne présentent pas trace de

carène spirale ; d’autres [mode _unicarinata_] chez lesquels la carène

inférieure est très saillante, la supérieure ayant plus ou moins

disparu ; des exemplaires présentant le mode _bicarinata_ [=

_biangulata_ Küster] ; enfin des échantillons, beaucoup plus rares, du

mode _tricarinata_, caractérisé par la présence d’une troisième carène

médiane. Ces différentes manières d’être du test sont d’ailleurs

indépendantes de la forme générale et se rencontrent aussi bien chez les

individus présentant le mode _globosa_ que chez ceux appartenant au mode

_elata_.

L’ombilic, plus ou moins ouvert, permet de distinguer un mode

_microporus_ et un mode _pervius_.

Enfin le test est lui-même très diversement coloré. J’ai déjà eu

l’occasion de signaler les variétés EX COLORE : _viridis_, _fusca_ et

_pallescens_ recueillies, dans le lac Tchad, par M. le lieutenant L.

LACOIN[402].

Variété _elatior_ Martens.

1896. _Paludina rubicunda_ Sturany _in_ : Baumann, _Durch Massailand zur

Nilquelle_, p. 8, Taf. XXIV, fig. 2-4 (_non_ von Martens !)

1898. _Vivipara unicolor_ var. _elatior_ Martens, _Beschalte Weichth.

Ost-Afrik._ ; p. 177, Taf. VI, fig. 25.

1906. _Vivipara unicolor_ var. _elatior_ Germain, _Mém. soc. zoolog.

France_ ; XIX, p. 228.

Coquille à spire plus haute et à croissance plus régulière ; tours plus

convexes sans trace de carène, le dernier bien plus arrondi et

proportionnellement moins grand ; ouverture exactement circulaire

(hauteur et diamètre : 7 1/2 millimètres), un peu plus petite ; test

finement strié, vert olive. Hauteur : 21 millimètres ; diamètre : 16

millimètres.

Cette variété présente un peu l’aspect du _V. rubicunda_ Martens[403]

et, notamment, de la variété _subturrita_ Martens[404], mais s’en

distingue assez nettement par ses tours moins convexes séparés par des

sutures également moins profondes. Le Dr von MARTENS a en outre décrit,

sous le nom de variété _conoidea_[405], une coquille qui ne diffère pas

sensiblement de la var. _elatior_.

Le lac Tchad, archipel Kouri ; octobre 1903.

Variété =_obesa_= Germain.

1906. _Vivipara unicolor_ var. _obesa_ Germain, _loc. cit._, XIX, p.

228.

Coquille très ventrue ; spire composée de 5-6 tours bien arrondis

séparés par des sutures profondes ; ouverture subcirculaire ; même test.

Hauteur : 17 millimètres ; diamètre : 12-13 millimètres ; hauteur de

l’ouverture : 8 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 7 millimètres.

Avec la variété précédente.

Variété _Jeffreysi_ Frauenfeld.

1865. _Paludina Jeffreysi_ Frauenfeld, _Proceed. zoolog. soc. London_,

p. 658 ; et _Verhandl. d. zoolog.-bot. Gesellsch. Wien_, XV, p. 352,

taf. XXII, fig. 3-4.

1877. _Vivipara Jeffreysi_ Smith, _Proceed. zoolog. soc. London_, p.

716, pl. LXXIV, fig. 1-2.

1890. _Vivipara Jeffreysi_ Bourguignat, _Mollusques Afrique équator._,

p. 39.

1890. _Vivipara Simonsi_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 40.

1890. _Vivipara Smithi_ Bourguignat, _loc. cit._, p. 40.

1898. _Vivipara unicolor_ var. _Jeffreysi_ Martens, _loc. cit._, p. 177.

Coquille trapue ; spire plus courte à tours supérieurs non étagés ;

dernier tour très développé, bien ventru ; ombilic un peu plus ouvert.

BOURGUIGNAT a établi ses _V. Simonsi_ et _V. Smithi_ sur les figurations

de SMITH qui représentent bien, avec d’insignifiantes variations, le _V.

Jeffreysi_.

Cette variété, qui habite le lac Nyassa, n’a pas encore été recueillie

dans le bassin du Chari-Tchad.

Variété =_Lenfanti_= Germain[406].

1905. _Vivipara Lenfanti_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_,

p. 256 [_sans description_].

1906. _Vivipara unicolor_ var. _Lenfanti_ Germain, _Mém. soc. zoolog.

France_, XIX, p. 228, pl. IV, fig. 7-8.

Coquille médiocrement ombiliquée (ombilic partiellement recouvert par

une légère réflexion du bord columellaire), globuleuse-allongée,

épaisse, élégamment ornée de stries très régulières, assez fortes et

bien onduleuses ; spire un peu élevée (sommet obtus, souvent érosé),

composée de 6 tours à croissance rapide et régulière, séparés par des

sutures profondes ; dernier tour très grand, orné d’une carène médiane

relativement saillante, formant les 3/4 de la hauteur totale ; ouverture

à peine oblique, presque ronde, anguleuse supérieurement, bien arrondie

inférieurement ; péristome continu. Opercule inconnu.

Hauteur maximum : 15-16 millimètres ; diamètre maximum : 10-10 1/4

millimètres ; hauteur de l’ouverture : 7-8 millimètres ; diamètre de

l’ouverture : 6 1/2-7 1/4 millimètres.

Test d’un fauve clair ou d’un vert olivâtre plus ou moins foncé.

Cette remarquable variété rappelle, par son mode d’ornementation

sculpturale, le _Vivipara costulata_ Martens[407] ; elle habite le lac

Tchad où elle ne semble pas très rare [MM. CHEVALIER, LENFANT et

LACOIN].

Variété _Bellamyi_ Jousseaume.

1886. _Bellamya Bellamya_ Jousseaume, _Bullet. soc. zoolog. France_, XI,

p. 479, pl. XII, fig. 3.

1890. _Vivipara unicolor_ var. _Bellamyi_ Dautzenberg, _Mém. société

zoolog. France_, III, p. 134.

C’est avec raison que MM. DAUTZENBERG et MORELET considèrent cette

coquille comme une variété du _V. unicolor_. J’y rapporte le _Vivipara

Duponti_ recueilli par le Dr MARTIN DUPONT sur les bords du Bakoy à

Pangalla (Haut-Sénégal) et décrit par le Dr A. T. DE ROCHEBRUNE[408].

Cette coquille ne diffère, en effet, du _V. unicolor_ que par sa taille

un peu plus petite et sa forme légèrement plus trapue à carènes un peu

moins accusées.

La variété _Bellamyi_ doit être considérée comme une race locale, propre

au Sénégal, du _Vivipara unicolor_. Comme le type, elle est susceptible

de très nombreuses variations portant : soit sur la forme générale (mut.

_alta_, _globosa_, etc...), soit sur l’ornementation sculpturale du test

(mut. _unicarinata_, _bicarinata_, _tricarinata_, etc...), soit enfin

sur la couleur du test (mut. _viridis_, _fusca_, _subrufa_,

_pallescens_, etc.)[409].

Étangs de Kollangui [Guinée Française], mars 1905 ; 20 échantillons.

Konakry (Guinée française), M. CHEVALIER ; 3 exemplaires.

*

* *

Une seule espèce de Vivipara, en dehors de celles signalées

précédemment, a été recueillie dans le Bassin du Tchad. C’est le

_Vivipara gracilior_ Martens[410] dont voici les caractères principaux :

Coquille perforée, conoïde un peu globuleuse ; spire composée de 6 tours

convexes séparés par des sutures assez profondes ; dernier tour grand,

bien ventru inférieurement, obscurément caréné ; ouverture peu oblique,

subcirculaire, anguleuse supérieurement ; hauteur maximum : 25

millimètres ; diamètre maximum : 17 1/2 millimètres ; hauteur de

l’ouverture : 12 millimètres : diamètre de l’ouverture : 10 1/2

millimètres. Test luisant, vert rougeâtre, finement strié.

Cette espèce, qui se rapproche à la fois du _V. unicolor_ Olivier et du

_Vivipara rubicunda_ Martens[411] du Victoria-Nyanza, a été découverte

aux environs de Kouka (lac Tchad) par le lieutenant allemand Glauning

(1902).

Genre CLEOPATRA Troschel[412].

_Cleopatra cyclostomoides_ Küster.

1852. _Paludina cyclostomoïdes_ Küster _in_ : Martini et Chemnitz,

_Syst. Conchyl. Cab. ; Gatt. Paludina_, p. 32, taf. XI, fig. 11-12.

1856 _Bythinia cyclostomoïdes_ Bourguignat, _Amén. malacolog._, I, p.

184.

1879. _Cleopatra cyclostomoïdes_ Bourguignat, _Descript. Mollusques

Egypte, Zanzibar, Sénégal, etc._, p. 26.

1890. _Cleopatra cyclostomoïdes_ Bourguignat, _Histoire malacologique

lac Tanganika_ ; p. 45 ; et _Annales sciences naturelles_ ; X, p. 45.

1906. _Cleopatra cyclostomoïdes_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur.

Paris_, XII, no 1, p. 54, et _Mém. soc. zool. France_, XIX, p. 230, pl.

IV, fig. 9.

Ce _Cleopatra_, qui n’avait encore été signalé qu’en Egypte, paraît

abondant dans le lac Tchad. Il y est parfois très typique, ainsi qu’en

témoignent les nombreux échantillons, encore pourvus de leur épiderme,

recueillis par M. LENFANT. M. CHEVALIER n’a rapporté que peu

d’exemplaires de cette espèce ; ils proviennent tous du Minia-Ngoulou,

affluent du Bangoran (territoire du Chari) ; par contre, cet explorateur

a récolté très abondamment la variété suivante :

Variété =_tchadiensis_= Germain.

1905. _Cleopatra tchadiensis_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur.

Paris_, XI, no 5, p. 328 (_en note et sans description_).

Coquille un peu allongée, oblongue, assez ventrue, pourvue d’une

perforation ombilicale médiocre, plus ou moins recouverte par la

patulescence du bord columellaire ; spire souvent tronquée, assez haute,

composée de 5-6 tours convexes, un peu étagés, séparés par des sutures

profondes ; dernier tour grand, dépassant notablement la moitié de la

hauteur totale ; ouverture peu oblique, ovalaire-oblongue, bien

anguleuse en haut et en bas ; péristome continu ; opercule inconnu.

Hauteur totale : 20-22 millimètres ; diamètre maximum : 6-8

millimètres ; hauteur de l’ouverture : 5-6 1/2 millimètres ; diamètre de

l’ouverture : 3-4 1/2 millimètres.

Test un peu épais, solide, crétacé, assez finement strié.

Cette variété diffère surtout du type par sa forme beaucoup plus

globuleuse et ses tours plus étagés séparés par des sutures beaucoup

plus profondes.

Lac Tchad, Faguibine ; 150 exemplaires.

Abords du lac Faguibine, dans la région de Tombouctou [Mission du

général de TRENTINIAN ; août 1899] ; 20 échantillons.

_Cleopatra bulimoides_ Olivier.

1804. _Paludina bulimoides_ Olivier, _Voyage emp. Ottoman_, II, p. 39 ;

III, p. 68 ; Atlas, II, Pl. XXXI, fig. 6.

1838. _Paludina bulimoides_ de Lamarck, _Anim. sans vertèbres_, édit.

II, VIII, p. 517, no 9.

1852. _Paludina bulimoides_ Küster, _in_ : Martini et Chemnitz, _Syst.

Conchyl. Cabin., Gatt. Paludina_, p. 32, no 32, Taf. VII, fig. 11-15

(_seulement_).

1855. _Cyclostoma Gaillardotii_ Bourguignat, _Aménités malacologiques_,

I, p. 104, Pl. VII, fig. 5-7 ; et _Revue et Magas. de zoologie_, XXVIII,

no 6, p. 335, Pl. VII, fig. 5-7.

1856. _Bythinia bulimoides_ Bourguignat, _Aménités malacologiques_, I,

p. 183.

1865. ? _Paludina bulimoides_ Dohrn, _Proceed. zoolog. society London_,

p. 233.

1868. _Paludina bulimoides_ Morelet, _Voyage Welwitsch_, p. 96.

1874. _Cleopatra bulimoides_ Jickeli, _Land- und Süssw. Mollusk. N. O.

Afrik._, p. 240, Taf. VII, fig. 31 (opercule).

1879. _Cleopatra bulimoides_ Bourguignat, _Mollusques Egypte, Zanzibar,

Sénégal_ ; etc., p. 22.

1890. _Cleopatra bulimoides_ Bourguignat, _Hist. malacolog. lac

Tanganika_, p. 44 ; et _Ann. sc. natur._ ; 7e série, X, p. 44.

1898. _Cleopatra bulimoides_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._ ;

p. 184.

Voici encore une des espèces de la faune nilotique que nous retrouvons

dans toute l’Afrique équatoriale. Autrefois signalée par MORELET dans la

région d’Angola[413] ; retrouvée par DOHRN dans les eaux du Zambèse[414]

et par DUPUIS[415] dans le fleuve Lualaba, elle a été recueillie, peu

abondamment il est vrai, par le Dr DECORSE aux environs de Fort-

Archambault (Bas-Chari). BOURGUIGNAT en a également indiqué l’existence

aux environs de Sayda en Syrie où il suppose l’espèce introduite[416].

Enfin A. AUBRY a signalé la présence du _Cleopatra bulimoides_, à l’état

fossile, dans le Choa et notamment dans les tufs gris marneux des

environs du lac d’Assal, tufs qu’il considère comme appartenant à

l’époque pliocène[417].

_Cleopatra mweruensis_ Smith.

1893. _Cleopatra mweruensis_ Smith, _Proceed. zoolog. society of

London_ ; p. 639, Pl. 59, fig. 10.

Coquille ovale, acuminée, étroitement perforée ; spire composée de 7

tours convexes ornés de 1-4 carènes plus ou moins saillantes, séparés

par des sutures profondes ; ouverture ovalaire bien anguleuse en haut et

en bas ; bords réunis par une callosité assez marquée ; bord

columellaire réfléchi sur l’ombilic.

Longueur : 15 millimètres ; diamètre max. : 8 millimètres ; hauteur de

l’ouverture : 6 1/3 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 4

millimètres.

Test solide, jaune verdâtre, finement strié.

Cette espèce, d’abord découverte dans le lac Mweru par le voyageur

anglais R. CRAWSHAY se rapproche surtout du _Cl. Emini_ Smith[418]. Elle

présente, au point de vue de la sculpture spirale, un polymorphisme

assez étendu portant sur le nombre des carènes qui peut varier de une à

quatre.

Le Chari, à Fort-Archambault ; février 1903 [Dr DECORSE].

Le Chari, aux environs de Fort-Archambault ; 18-19 juin 1903 [Dr

DECORSE].

Genre BYTHINIA Gray[419].

§ 1. — _GABBIA_ Tryon[420].

_Bythinia (Gabbia) Neumanni_ Martens.

1898. _Bythinia (Gabbia) Neumanni_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-

Afrik._ ; p. 191, Taf. VI, fig. 33 et fig. de la radula, p. 191.

1905. _Bythinia (Gabbia) Neumanni_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur.

Paris_ ; XI, no 5, p. 327.

Coquille petite, solide, de forme variable par suite de l’allure de la

spire qui est plus ou moins haute ; test d’un corné jaunâtre très clair,

un peu brillant, orné de stries extrêmement fines et serrées.

Hauteur : 5-6 millimètres ; diamètre : 3 1/2-4 1/4 millimètres.

Le polymorphisme de cette espèce permet de distinguer les variétés _ex

forma_ suivantes :

Variété =_elata_=.

Spire plus haute ; tours légèrement plus convexes séparés par des

sutures un peu plus profondes ; même test.

Variété =_globosa_=.

Spire plus courte, dernier tour plus ventru-globuleux ; même test.

Le _Bythinia Neumanni_ est une espèce qui paraît extrêmement abondante.

M. FOUREAU, au cours de sa Mission saharienne, en avait déjà recueilli

quelques échantillons. M. A. CHEVALIER a pu récolter une centaine

d’exemplaires de cette intéressante coquille qui semble habiter aussi

bien la région du S.-E. que celle du S.-O. du lac Tchad.

=_Bythinia (Gabbia) Martreti_= Germain.

PLANCHE V, fig. 12-12 _a_.

1904. _Bythinia Martreti_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_ ;

X, no 7, p. 468.

Coquille petite, de forme globuleuse, pourvue d’une perforation

ombilicale extrêmement étroite, presque entièrement recouverte ; spire

médiocrement allongée, composée de 4-5 tours extrêmement convexes, à

croissance assez rapide bien que régulière, séparés par des sutures très

profondes ; dernier tour grand, parfaitement arrondi ; sommet obtus,

généralement absent par érosion ; ouverture peu oblique, très

régulièrement circulaire, à peine anguleuse en haut ; péristome continu,

droit et aigu.

Opercule concave, à nucleus excentrique situé au voisinage du bord

inférieur.

Hauteur : 5 millimètres ; diamètre : 3 1/4 millimètres ; hauteur de

l’ouverture égale à son diamètre : 1 1/2 millimètre.

Test assez épais, solide, olivâtre ou corné brun brillant, très finement

mais irrégulièrement strié.

Variété =_major_=.

Coquille atteignant 7 millimètres de hauteur pour 3 3/4 millimètres de

diamètre. Même test, ou d’un rougeâtre plus sombre. Le sommet est

ordinairement érosé et la coquille réduite parfois aux deux derniers

tours de spire.

Le _Bythinia Martreti_ a surtout des affinités avec le _B. Neumanni_. On

l’en distinguera :

Par sa spire à tours plus convexes séparés par des sutures beaucoup plus

profondes ; par son ouverture plus petite, très régulièrement

circulaire, à peine anguleuse en haut ; par son ombilic presque

entièrement recouvert ; etc.

Rapprochée du _Bythinia Stanleyi_ Smith[421], notre espèce s’en

distingue :

Par ses tours également plus convexes, à croissance plus régulière,

séparés par des sutures encore plus profondes ; par sa spire

relativement plus haute ; par son ouverture plus détachée du dernier

tour et proportionnellement plus petite ; etc.

Chez cette Bythinie, la spire est très souvent tronquée et le test

fortement corrodé : nombre d’échantillons, recueillis vivants, ne

possèdent plus que les deux derniers tours de spire. Les sutures, fort

profondes, font paraître les tours très détachés les uns des autres et

donnent, en petit, à cette coquille, l’apparence du _Bythinia

Leachi_[421] d’Europe.

Pays Mamoun ; 5 échantillons.

=_Bythinia (Gabbia) neothaumæformis_= Germain, _nov. sp._

PLANCHE V, fig. 13-13 _a_.

1907. _Bythinia (Gabbia) neothaumæformis_ Germain, _Bullet. Muséum hist.

natur. Paris_, no 1, p. 65.

Coquille petite, très globuleuse, pourvue d’une perforation ombilicale

très étroite, presque entièrement recouverte ; spire courte,

scalariforme, composée de 4-5 tours très nettement étagés, à croissance

spirale rapide, séparés par des sutures extrêmement profondes ; dernier

tour largement développé dans le sens transversal, atteignant les 4/5 de

la hauteur totale, fortement bicaréné : carène supérieure subsuturale

très saillante, carène inférieure saillante à l’origine, plus ou moins

émoussée vers l’ouverture ; sommet obtus ; ouverture peu oblique,

arrondie, très nettement anguleuse en haut, subanguleuse en bas ;

péristome continu, un peu épaissi intérieurement et offrant, sur le bord

columellaire, une surface légèrement réfléchie sur l’ombilic.

Opercule inconnu.

Hauteur : 4-5 millimètres ; diamètre : 3 1/2-4 1/2 millimètres ;

diamètre de l’ouverture (égal à sa hauteur) : 2 millimètres.

Test épais, solide, d’un blanc sale ou d’un corné brun très pâle, très

finement strié.

Cette espèce, si caractérisée, ne peut se rapprocher d’aucune des

Bythinies africaines connues. Elle est surtout remarquable par sa spire

dont les tours sont, pour ainsi dire, emboîtés les uns dans les autres à

la façon des espèces du genre _Neothauma_ et, plus spécialement, du

_Neothauma bicarinatum_ Bourguignat[422]. Cette ressemblance est encore

accentuée par suite de la présence des deux carènes, toujours très

marquées, que l’on observe sur le dernier tour du _Bythinia

neothaumæformis_.

Cette Bythinie est peu variable ; cependant, l’un des exemplaires

présente une spire un peu plus élevée que dans le type et constitue une

mutation _elata_.

Le Tchad S.-E. ; 4 échantillons.

=Famille des AMPULLARIIDÆ=

Genre AMPULLARIA de Lamarck[423].

_Ampullaria speciosa_ Philippi.

1849. _Ampullaria speciosa_ Philippi, _Zeitschr. für Malakozool._, p.

18.

1851. _Ampullaria speciosa_ Philippi, _in_ : Martini et Chemnitz, _Syst.

conchyl. Cabinet ; Ampullaria_, p. 40, taf. XI, fig. 2.

1856. _Ampullaria speciosa_ L. Reeve, _Conchol. Icon., Ampull._, X, fig.

33.

1864. _Ampullaria speciosa_ Dohrn, _Proceed. zoolog. society London_, p.

117.

1879. _Ampullaria speciosa_ Bourguignat, _Mollusques Egypte, Zanzibar,

etc._, p. 32.

1889. _Ampullaria speciosa_ Bourguignat, _Mollusques Afrique équat._, p.

168.

1895. _Ampullaria speciosa_ Martens, _Ann. Mus. civ. Genova._ XV, p. 65.

1898. _Ampullaria speciosa_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p.

153 (_pars._).

1905. _Ampullaria speciosa_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur.

Paris_, XI, no 5, p. 328 ; et XII (1906), no 1, p. 59, no 3, p. 171.

Cette grande et belle espèce d’Ampullaire, assez abondante dans les

cours d’eau de l’Afrique orientale, habite également le bassin du Chari,

le lac Tchad, et même le Niger moyen. Son aire de dispersion est donc

considérable puisqu’elle comprend toute l’Afrique équatoriale. J’ai

signalé trois fois déjà la présence de ce Mollusque dans le lac Tchad,

où il a été successivement recueilli par MM. les lieutenants LACOIN et

MOLL, et par M. le capitaine DUPERTHUIS.

Avec des exemplaires parfaitement typiques, la mission CHEVALIER a

rapporté un échantillon d’une variété _minor_ qui ne mesure que 74

millimètres de hauteur pour 66 millimètres de diamètre maximum.

L’ouverture a 56 millimètres de hauteur pour 36 millimètres de largeur.

Koulikoro, sur le Niger moyen, Soudan français, octobre 1899 [Mission du

général de TRENTINIAN] ; deux exemplaires.

Mamoun, territoire du Chari [A. CHEVALIER] ; 1 exemplaire.

Kousri [Dr DECORSE].

=_Ampullaria Chevalieri_= Germain[424].

1904. _Ampullaria Chevalieri_ Germain, _Bullet. Muséum hist. nat.

Paris_, X, no 7, p. 468 ; et _id._ XI, 1905, no 5, p. 329.

Coquille très grande, assez largement ombiliquée, renflée, globuleuse un

peu allongée, solide quoique médiocrement épaisse, légèrement

brillante ; test très finement strié, presque lisse sur les premiers

tours (stries très fines, à peine onduleuses, très rapprochées et bien

régulières sur la première moitié du dernier tour, devenant plus fortes

et plus irrégulières sur la seconde moitié du dernier tour) ; spire

composée de 6-7 tours assez convexes, un peu étagés, croissant d’abord

lentement, puis rapidement, si bien que le dernier tour est relativement

énorme ; dernier tour très grand, présentant, en largeur, un

développement maximum voisin de la partie supérieure, formant les 3/4 de

la hauteur totale de la coquille ; sommet très obtus, comme écrasé ;

suture médiocrement profonde, non bordée comme chez l’_Ampullaria

speciosa_ ; ouverture à peine oblique, médiocrement échancrée, oblongue,

subpyriforme ; péristome droit, aigu ; bord columellaire subarqué,

notablement réfléchi sur l’ombilic ; bords marginaux réunis par une

callosité médiocre.

Hauteur : 105-107 millimètres ; diamètre : 91-97 millimètres ; hauteur

de l’ouverture : 78-80 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 50

millimètres.

[Illustration : FIG. 89. — _Ampullaria Chevalieri_ Germain. Demi-

grandeur naturelle.]

Test d’un marron olivâtre assez foncé, orné d’un grand nombre de zonules

spirales (réunies en douze groupes) d’une teinte plus sombre ; intérieur

de l’ouverture d’un bleu brillant, bordé de jaune. Quand l’animal est

mort, la coquille devient blanche et les zonules, plus apparentes, sont

d’un rouge vineux plus ou moins foncé.

Cette Ampullaire, que je considère comme l’espèce représentative de

l’_Ampullaria speciosa_ dans le bassin du Chari, se distingue de cette

dernière :

Par sa forme plus élevée ; par son dernier tour relativement plus haut

et plus développé en largeur à la partie supérieure ; par son ouverture

plus grande et plus régulièrement ovalaire ; etc... L’aspect du dernier

tour est très particulier : ce dernier tour, dont le développement

maximum est très voisin de la partie supérieure, conserve une grande

largeur sur la presque totalité de son développement, ce qui fait que la

partie opposée à l’ouverture présente un profil d’abord rectiligne, qui

s’atténue seulement à la hauteur de la naissance de l’ombilic, rappelant

ainsi l’aspect, si caractéristique, de l’_Ampullaria dolium_

Philippi[425] de la Guyane.

Territoire du Chari, cercle de Krébedjé, octobre 1902.

M. FOUREAU, au cours de sa Mission Saharienne, a constaté la présence de

cette espèce dans le lac Tchad, aux environs d’Arégué[426].

_Ampullaria ovata_ Olivier.

1804. _Ampullaria ovata_ Olivier, _Voyage dans l’Empire Ottoman_, II, p.

39, Pl. XXXI, fig. 1 [non Savigny].

1851. _Ampullaria ovata_ Philippi, _Monogr. Ampull._, _in_ : Martini et

Chemnitz, _Syst. Conchyl. Cabin._ ; p. 49, Taf. XIV, fig. 5.

1857. _Ampullaria ovata_ Martens _Malakozool. Blätter_, IV, p. 187.

1863. _Ampullaria ovata_ Bourguignat, _Mollusques nouv. litig. peu

connus_ ; décembre 1863, p. 79, Pl. X, fig. 11.

1866. _Ampullaria ovata_ Martens, _Malakozool. Blätter_, XIII, p. 1.

1874. _Ampullaria ovata_ Jickeli, _Land- und Süssw. Mollusk.

Nordostafrikas_, p. 230 [_Excl. synonym._].

1879. _Ampullaria ovata_ Bourguignat, _Mollusques Egypte, Abyssinie_,

etc., p. 32.

1881. _Ampullaria ovata_ Crosse, _Journal de Conchyl._, XXIX, p. 110 et

280.

1880. _Ampullaria ovata_ Smith, _Proceed. zoolog. society London_, p.

348.

L'Afrique centrale française · 第 45 / 66 段