Coquille senestre, subconique allongée, très étroitement ombiliquée ;

spire haute, très tordue, composée de 4 tours bien convexes, à

croissance très rapide, séparés par des sutures extrêmement profondes ;

dernier tour grand, régulièrement convexe, formant, à lui seul, environ

les 4/5 de la hauteur totale ; sommet obtus et comprimé ; ouverture peu

oblique, ovalaire-allongée, un peu étroite ; bord columellaire arqué,

légèrement réfléchi sur l’ombilic ; péristome droit et aigu ; bords

réunis par une faible callosité blanche.

Hauteur : 7 millimètres ; diamètre : 2 1/2 millimètres ; hauteur de

l’ouverture : 3 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 2 1/4

millimètres.

Test assez solide, un peu épais, blanc brillant ; stries très fines,

irrégulières, légèrement atténuées vers l’ombilic.

Cette espèce se distingue du _Physa Forskali_ Ehrenberg :

Par sa forme bien moins allongée ; par sa spire composée seulement de 4

tours beaucoup plus convexes ; par ses sutures encore plus profondes ;

etc...

Habite la région S.-E. du lac Tchad [A. CHEVALIER]. Cette espèce a,

depuis, été recueillie assez abondamment aux environs de Kouloua et de

N’Guigmi (lac Tchad), par M. R. CHUDEAU.

*

* *

Le nombre des espèces appartenant au genre _Physa_, signalées jusqu’ici

dans la région du lac Tchad, est très peu considérable. Avant les

recherches de MM. CHEVALIER et LACOIN on ne connaissait que les deux

espèces suivantes :

1o Le _Physa (Isodora) Rohlfsi_ Clessin[374], découvert, en 1886, par G.

ROHLFS aux environs de Kouka. C’est une coquille globuleuse, solide,

assez étroitement ombiliquée, à spire obtuse composée de 4 tours

croissant rapidement et séparés par des sutures bien marquées. Le

dernier tour forme environ les 3/4 de la hauteur de la coquille.

L’ouverture, ovalaire peu allongée, a ses bords réunis par une faible

callosité ; enfin la columelle n’est pas tordue. Longueur : 10

millimètres ; largeur : 7 1/2 millimètres.

2o Le _Physa (Isodora) Randabeli_ Bourguignat[375], recueilli par M. F.

FOUREAU[376], autour des lagunes et des mares du Tchad N.-E., dans la

région du Suoulou et de Kokodo. Coquille senestre, ovalaire-

subglobuleuse ; spire brève, obtuse, composée de 4-5 tours à croissance

très rapide ; dernier tour énorme, subcylindrique, légèrement subcaréné

sous la suture ; ouverture peu oblique, ovalaire-oblongue, à bords

réunis par une callosité assez forte. Hauteur : 12 millimètres ;

diamètre : 11 1/2 millimètres. Test assez solide, d’un corné jaunâtre,

peu brillant, finement strié.

Cette espèce habite également le lac Tanganika.

Genre PHYSOPSIS Krauss[377].

=_Physopsis Martensi_= Germain[378].

1907. _Physopsis Martensi_ Germain, _Bulletin Muséum hist. nat. Paris_ ;

no 1, p. 65.

1898. _Physopsis ovoidea_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._ ; p.

142, Taf. VI, fig. 13 (_non_ Bourguignat !)

Le docteur von MARTENS a décrit et figuré, sous le nom de _Physopsis

ovoidea_, une espèce très différente de celle de BOURGUIGNAT, et que M.

CHEVALIER a recueillie dans le S.-O. du lac Tchad. Cette coquille, que

je distingue sous le nom de _Physopsis Martensi_, est de forme

globuleuse ovoïde, à spire très courte, composée de 5 tours bien

convexes séparés par des sutures profondes. Les 2 premiers tours sont

absolument enroulés sur un même plan ; le dernier, très grand, très

ventru, est nettement atténué à la partie inférieure ; l’ouverture

oblique, relativement étroite, est fort anguleuse à la partie

supérieure ; enfin la columelle est forte et tordue.

Hauteur maximum : 16 1/2 millimètres ; diamètre maximum : 11 1/4

millimètres ; hauteur de l’ouverture : 11 1/2 millimètres ; diamètre de

l’ouverture : 6 millimètres. Test épais, solide, corné très clair, assez

fortement strié aux environs de l’ouverture, très finement strié

ailleurs.

S.-O. du lac Tchad ; 2 échantillons.

Le _Physopsis ovoidea_ Bourguignat[379] est une espèce toute différente

et qui n’a jamais été figurée, ce qui explique les confusions qui ont

été faites par divers auteurs au sujet de cette coquille. Je donne ici

(pl. V, fig. 4) la figuration du _type de l’auteur_, déposé au Muséum

d’histoire naturelle de Paris. Il provient de Kondoa (Ousaghara) où il a

été recueilli par M. BLOYET. C’est une coquille globuleuse-ovoïde un peu

allongée, à spire convexe composée de 5 tours séparés par des sutures

peu profondes, presque linéaires.

Le sommet, lorsqu’il existe, est relativement aigu. Le dernier tour,

très grand, est assez régulièrement ellipsoïde. L’ouverture est

verticale, fort étroite, anguleuse en haut, canaliforme inférieurement.

La columelle droite, forte, est « très atténuée à sa base, offrant vers

sa partie inférieure une lamelle torse, très obliquement descendante

jusqu’à la dilatation canaliforme de la base de l’ouverture. »

(Bourguignat.)

Hauteur : 15 millimètres ; diamètre maximum : 9 millimètres ; hauteur de

l’ouverture : 11 millimètres ; largeur : 4 millimètres.

Test peu épais, médiocrement solide, d’un corné très pâle

subtransparent, très finement strié.

Les descriptions qui précèdent font saisir les différences qui séparent

les deux espèces. Le _Physopsis ovoidea_ Bourguignat est d’ailleurs

beaucoup plus voisin du _Physopsis nasuta_ Martens[380] que du _Phys.

Martensi_ Germain. Le _Physopsis nasuta_, qui habite également les cours

d’eau des environs de Zanzibar est, comme le _Phys. ovoidea_

Bourguignat, une coquille globuleuse-ovoïde, mais elle est plus

étroitement allongée ; sa spire, un peu plus haute, est un peu moins

obtuse ; ses sutures ne sont pas linéaires ; son ouverture, plus

étroite, est plus fortement canaliculée à la base ; enfin son test, plus

délicat, est encore plus finement strié. C’est avec raison que le Dr VON

MARTENS considère le _Physopsis Bloyeti_ Bourguignat[381] comme synonyme

de son _Phys. nasuta_.

Genre PLANORBIS Guettard[382].

_Planorbis sudanicus_ Martens.

1870. _Planorbis sudanicus_ Martens, _Malakozool. Blätter_, XVII, p. 35.

1871. _Planorbis sudanicus_ Martens _in_ Pfeiffer, _Novitates

Concholog._, IV, p. 23, no 694, Pl. CXIV, fig. 6-9[383].

1874. _Planorbis sudanicus_ Martens, _Malakozool. Blätter_, XXI, p. 41.

1880. _Planorbis sudanicus_ Smith, _Proceed. zool. soc. London_ (20

avril 1880), p. 349.

1881. _Planorbis sudanicus_ Smith, _Proceed. zool. soc. London_ (15

février 1881), p. 294.

1881. _Planorbis sudanicus_ Crosse, _Journal de Conchyliologie_, XXIX,

p. 109 et p. 278.

1886. _Planorbis sudanicus_ Clessin _in_ : Martini et Chemnitz, _Syst.

Conchyl. Cabin. ; Limnæiden_, p. 135, Taf. XXII, fig. 5.

1888. _Planorbis sudanicus_ Smith, _Proceed. zool. soc. London_, p. 55.

1888. _Planorbis sudanicus_ Bourguignat, _Iconogr. malacol. lac

Tanganika_, Pl. I, fig. 13-15.

1890. _Planorbis sudanicus_ Bourguignat, _Hist. malacol. lac Tanganika_,

p. 15, Pl. I, fig. 13-15 ; et _Ann. sc. naturelles_ ; X, même

pagination.

1898. _Planorbis sudanicus_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p.

146, Taf. I, fig. 17.

1904. _Planorbis sudanicus_ Smith, _Proceed. malacol. soc. London_ ; VI,

no 2, p. 98.

1905. _Planorbis sudanicus_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur.

Paris_ ; p. 253.

Le _Planorbis sudanicus_ est une espèce qui paraît fort abondante dans

toute l’Afrique tropicale. Elle y varie dans d’assez grandes proportions

pour qu’on puisse y distinguer les variétés suivantes :

α) var. =_subsudanicus_= Germain.

Coquille un peu plus petite, de forme _convexe en dessus_, par suite de

la proéminence très notable de l’avant-dernier tour, les 2 premiers

seuls, restant dans le plan du dernier, limitent une concavité très

restreinte, d’ailleurs peu profonde ; spire composée seulement de 4 1/2

tours, notablement plus convexes-arrondis, le dernier plus développé,

_surtout en dessous_, où il forme une grande partie de la coquille qui

est, en dessous, profondément ombiliquée en entonnoir ; ouverture plus

régulièrement ovalaire, bien moins anguleuse ; même test.

Habite le S.-E. du lac Tchad ; 2 exemplaires.

β) var. =_globosa_= Germain.

Coquille de taille un peu plus petite ; forme moins aplatie ; spire

composée de 5 tours plus hauts et notablement plus arrondis ; même test.

γ) var. _minor_ Martens.

1898. _Planorbis sudanicus_ var. _minor_ Martens, _loc. cit._, p. 146.

Coquille de même forme, n’atteignant que 9 à 11 millimètres de diamètre

pour 3 1/2 millimètres de hauteur.

δ) var. _major_ Martens.

Cette variété, nommée par Martens en 1898 (_loc. cit._, p. 146), avait

déjà été signalée par Smith en 1880 (_Proceed. zool. soc. London_, p.

349). Elle mesure 15-18 millimètres de diamètre pour 4 1/2 millimètres

de hauteur.

ε) var. _magnus_ Sturany.

1896. _Planorbis sudanicus_ var. _magnus_ Sturany, _in_ : Baumann,

_Durch Massailand zur Nilquelle_, p. 14, Taf. I, fig. 10, 14 et 29.

Coquille de même forme, atteignant jusqu’à 22 millimètres de diamètre.

Toutes les variétés que je viens de signaler se retrouvent dans l’envoi

du Dr CHEVALIER et notamment dans les nombreux échantillons recueillis

dans la région du Ndellé. Les formes _major_ et _magnus_ y sont

particulièrement abondantes. On y observe également quelques exemplaires

d’une variété dans laquelle la dépression ombilicale est plus profonde

en dessus, les tours étant, en même temps, un peu plus serrés. Le test

est d’un corné ambré ou marron, parfois rougeâtre, très souvent corrodé.

Ndellé, avril 1903 ; 40 exemplaires.

S.-E. du lac Tchad ; 15 échantillons.

S.-O. du lac Tchad ; 4 échantillons.

=_Planorbis tetragonostoma_= Germain.

PLANCHE V, fig. 10-11.

1905. _Planorbis tetragonostoma_ Germain, _Bullet. Muséum hist. nat.

Paris_, p. 466.

Coquille discoïde ; face supérieure presque plane à concavité centrale

très étroite et médiocrement profonde ; surface inférieure à concavité

large et régulière ; 5-5 1/2 tours à croissance régulière, peu rapide en

dessus, bien plus rapide en dessous ; dernier tour médiocre en dessus, à

peine dilaté aux environs de l’ouverture, presque plan en dessus, assez

bombé en dessous, présentant trois carènes : l’une inférieure assez

aiguë, l’autre médiane, très émoussée, enfin une troisième, supérieure,

également très émoussée ; suture bien marquée en dessus, plus profonde

en dessous, de plus en plus marquée à mesure que l’on s’approche du

dernier tour ; ouverture peu oblique, subrectangulaire, plus large que

haute, à bords convergents réunis par une très faible callosité

blanchâtre.

Diamètre maximum : 11 1/2-14 1/2 millimètres ; hauteur : 3 1/2-3 3/4

millimètres ; hauteur de l’ouverture : 3 1/2-3 2/3 millimètres ;

diamètre de l’ouverture : 4 1/2-4 3/4 millimètres.

Test d’un corné pâle, médiocrement brillant, un peu épais, assez solide,

orné de stries relativement fortes, très irrégulièrement arquées,

beaucoup plus accentuées dessus que dessous ; intérieur de l’ouverture

d’un corné jaunâtre plus foncé et un peu plus brillant que le reste de

la coquille.

Cette espèce appartient au groupe du _Planorbis sudanicus_ Martens ;

c’est évidemment avec cette dernière coquille et avec le _Pl.

tanganikanus_ Bourguignat[384], qu’elle a le plus d’affinités ; on l’en

distinguera cependant :

Par sa croissance spirale très régulière, à concavité supérieure tout à

fait centrale, n’intéressant que les tours embryonnaires ; par son

épaisseur relativement faible pour les dimensions de la coquille ; par

son ouverture, non pas « sensiblement ascendante et semi-arrondie »

comme chez le _P. tanganikanus_ ou médiocrement oblique, semi-arrondie

comme chez le _P. sudanicus_, mais bien absolument verticale, ne

dépassant pas, au-dessus, le plan du dernier tour de spire, de forme

rectangulaire et plus large que haute.

Lac Tchad, archipel Kouri, octobre 1903 ; 5 exemplaires.

_Planorbis adowensis_ Bourguignat.

1879. _Planorbis adowensis_ Bourguignat, _Descript. esp. nouv.

Mollusques Egypte, Abyss., Zanzib._, etc., p. 11.

1883. _Planorbis adowensis_ Bourguignat, _Hist. malacolog. Abyssinie_,

p. 101 et p. 128 et _Annales sc. natur._, 6e série, XV, même pagin.

1888. _Planorbis adowensis_ Bourguignat, _Iconogr. malacolog.

Tanganika_, pl. I, fig. 1-4.

1890. _Planorbis adowensis_ Bourguignat, _Hist. malacol. lac.

Tanganika_, p. 17, pl. I, fig. 1-4 ; et _Annal. sc. natur._, 7e série,

X, même pagin.

1898. _Planorbis adowensis_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p.

147.

1898. _Planorbis Herbini_ var. _adowensis_, Pollonera, in : _Bollett.

Musei... Torino_, XIII, 4 mars 1898, p. 11.

1904. _Planorbis adowensis_ Smith, _Proceed. malacol. society London_,

VI, no 2, p. 98.

1904-1905. _Planorbis adowensis_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur.

Paris_, X, no 6, p. 350 et XI, no 4, p. 252.

Cette espèce se retrouve dans un grand nombre de localités africaines,

bien qu’elle ne soit nulle part très commune. Les échantillons,

absolument identiques à la figuration donnée par Bourguignat, sont

rares[385] ; généralement, le dernier tour forme, en dessus, presque

toute la coquille, l’avant-dernier s’enfonce brusquement dans la cavité

ombilicale, ce qui fait que les deux premiers tours sont difficiles à

bien distinguer. On les voit mieux en dessous, où la dépression

ombilicale semble plus grande, grâce à l’angulosité, nettement

accentuée, qui circonscrit le dernier tour, angulosité qui se poursuit,

mais en s’émoussant considérablement, jusqu’au fond de l’ombilic. Dans

la figuration donnée par Bourguignat l’ouverture présente quatre

angulosités très nettes qui ne se retrouvent que très exceptionnellement

chez les exemplaires de cette espèce. Ordinairement, les angulosités

supérieure et inférieure sont les seules parfaitement marquées ; les

deux angulosités médianes étant nettement émoussées. Chez les

échantillons bien adultes et, _à fortiori_, chez les coquilles séniles,

les angles s’arrondissent et l’ouverture devient presque ronde. En même

temps, le profil du dernier tour s’arrondit régulièrement. Le test, de

couleur ambrée, assez pâle, présente des stries assez fines, mais

irrégulières.

β) =_minor_= Germain.

1904. _Planorbis adowensis_ var. _minor_ Germain, _Bullet. Muséum

Paris_, X, no 6, p. 351.

Coquille un tiers plus petite ; dernier tour moins dilaté aux environs

de l’ouverture.

γ) =_major_=.

Coquille plus grande ; même forme et même test.

Diamètre maximum : 13 millimètres ; diamètre minimum : 10 millimètres ;

épaisseur maximum : 5 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 5

millimètres ; hauteur de l’ouverture : 6 millimètres.

Un exemplaire ; Mamoun [CHEVALIER, 1904].

δ) var. =_problematica_= Germain.

Coquille possédant un dernier tour arrondi et relativement peu développé

en hauteur, comme chez le _Planorbis Herbini_ Bourguignat[386] ;

ouverture nettement ascendante, présentant quatre angulosités très

atténuées. En dessus, l’enroulement est très analogue à celui du _Pl.

adowensis_, mais le dernier tour, légèrement dilaté, rappelle certaines

formes, peu typiques, du _Pl. Bridouxi_ Bourg.

Rapides de la rivière Gribingui ; janvier 1903 (Dr DECORSE).

Cette variété est une des nombreuses formes qui établissent un passage

entre les _Pl. adowensis_ et _Pl. Bridouxi_ dont les formes types sont

pourtant si différentes.

_Localités du Planorbis adowensis typique._ — Rapides de la rivière

Gribingui ; janvier 1903 [Dr DECORSE] ; 2 exemplaires.

Le Chari, à Fort-Archambault ; février 1903 [Dr DECORSE].

Le Mamoun [CHEVALIER, 1904].

_Planorbis Bridouxi_ Bourguignat.

1888. _Planorbis Bridouxianus_ Bourguignat, _Iconographie malacol. lac

Tanganika_, pl. I, fig. 9-12.

1890. _Planorbis Bridouxianus_ Bourguignat, _Histoire malacol. lac

Tanganika_, p. 20, pl. I, fig. 9-12, et : _Annales sciences natur._, 7e

série, X, même pagin.

1898. _Planorbis Bridouxianus_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._,

p. 147.

1904. _Planorbis Bridouxianus_ Smith, _Proceed. malacol. society

London_, IV, no 2, p. 98.

1904. _Planorbis Bridouxi_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_,

X, no 6, p. 349 et p. 350.

1905. _Planorbis Bridouxi_ Germain, _loc. cit._, XI, no 4, p. 252 et p.

255.

J’ai déjà montré, dans une précédente note, que l’on devait considérer

la figure donnée par BOURGUIGNAT comme représentant le _type_ de cette

espèce. Ce type paraît, jusqu’ici, habiter seulement le lac Tchad, tous

les échantillons provenant d’autres régions de l’Afrique, — y compris

ceux donnés au Muséum de Paris par Bourguignat lui-même — appartenant à

une mutation, que j’ai nommée _orientalis_[387], caractérisée par une

coquille de taille plus faible, présentant un dernier tour relativement

plus petit et beaucoup moins dilaté à l’extrémité.

Les échantillons recueillis par M. CHEVALIER dans la région S.-E. du lac

Tchad sont bien identiques à ceux que M. FOUREAU-LAMY avait déjà

récoltés en grande abondance aux environs de Kouka[388]. Ils atteignent

parfois jusqu’à 15 millimètres de diamètre, constituant ainsi une

variété _major_[389] et possèdent un dernier tour de spire

remarquablement dilaté à l’extrémité.

L’aire de dispersion du _Pl. Bridouxi_ s’étend ainsi de la côte

orientale d’Afrique au bassin du lac Tchad où il semble, d’ailleurs,

beaucoup plus abondant que partout ailleurs.

Rapides de la rivière Gribingui, janvier 1903 [Dr DECORSE].

Le Chari, à Fort-Archambault, février 1903 [Dr DECORSE].

S.-E. du lac Tchad [CHEVALIER, 1904].

Telle qu’elle a été figurée par Bourguignat, cette espèce paraît très

différente du _Pl. adowensis_. En réalité, on observe d’assez nombreuses

formes de passage entre ces deux espèces, formes qui, toutes, habitent

soit l’Abyssinie, soit le bassin du Chari. Le tableau suivant indique et

précise ces affinités :

PLANORBIS ADOWENSIS

|

PLANORBIS ADOWENSIS var. _minor_.

|

PLANORBIS ADOWENSIS var. _problematica_.

\_____

\

PLANORBIS BRIDOUXI _forma orientalis_.

|

PLANORBIS BRIDOUXI _forma occidentalis_[390].

Genre PLANORBULA Haldeman[391].

=_Planorbula tchadiensis_= Germain.

PLANCHE V, fig. 8-9.

1904. _Planorbula tchadiensis_ Germain. _Bullet. Muséum histoir. natur.

Paris_, X, 1904, no 7, p. 467.

1905. _Planorbula tchadiensis_ Germain, _loc. cit._, XI, 1905, no 4, p.

253.

1906. _Planorbula tchadiensis_ Germain, _Mém. soc. zoolog. France_, XIX,

p. 223.

Coquille petite, assez aplatie ; surface supérieure presque plane, à

concavité centrale relativement large et profonde ; surface inférieure

nettement concave, largement ombiliquée ; spire composée de 5 tours à

croissance assez rapide, un peu plus rapide dessus que dessous ; dernier

tour grand, très nettement dilaté vers l’ouverture, subarrondi, aussi

bombé dessus que dessous, présentant trois angulosités très émoussées,

l’inférieure, entourant la cavité ombilicale étant la plus accentuée ;

suture assez profonde ; ouverture bien oblique, à bords convergents

réunis par une callosité blanchâtre plus ou moins marquée, de forme

subarrondie aussi haute que large, présentant inférieurement une

angulosité accentuée, garnie d’un bourrelet interne blanc très robuste

et d’un système de denticulations assez compliqué comprenant six plis

très saillants : trois plis pariétaux lamelliformes et longitudinaux :

le supérieur très petit et difficilement visible ; le médian

triangulaire, extrêmement saillant ; l’inférieur petit ; trois plis

pariétaux situés vis-à-vis des précédents : les deux supérieurs petits

et dirigés, comme les pariétaux, dans le sens spiral ; l’inférieur

beaucoup plus saillant, subtriangulaire, dirigé dans le sens

transversal.

Diamètre : 8 1/2-9 millimètres ; hauteur : 3-3 1/2 millimètres ; hauteur

de l’ouverture : 2-3 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 2-3

millimètres.

Test un peu épais, solide, d’un corné très pâle, brillant, orné de

stries extrêmement fines, bien régulières, presque effacées en dessous ;

intérieur de l’ouverture d’un corné plus sombre et plus brillant.

Cette espèce ne peut se rapprocher que du _Pl. tanganikana_ Smith[392],

dont elle se distingue très nettement :

Par sa forme un peu plus profondément ombiliquée en dessus, limitée, en

dessous, par une angulosité moins accentuée ; par sa spire dont le

dernier tour, moins anguleux en dessus, est en outre _très nettement

dilaté à l’extrémité_ à la façon du _Planorbis Crossei_ Bourguignat[393]

d’Europe, ce qui ne s’observe pas chez le _Planorbula tanganikana_ qui

possède, au contraire, une croissance particulièrement régulière ; par

son ouverture plus oblique, pourvue d’un bourrelet marginal plus robuste

et d’un système de denticulations.

Lac Tchad, archipel Kouri ; octobre 1903 [A. CHEVALIER]. Cette

intéressante espèce a été retrouvée abondante par M. R. CHUDEAU,

notamment aux environs de N’Guigmi et de Kouloua (Lac Tchad).

Genre SEGMENTINA Fleming[394].

=_Segmentina Chevalieri_= Germain.

1904. _Segmentina Chevalieri_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur.

Paris_, X, no 7, p. 468.

1905, _Segmentina Chevalieri_ Germain, _loc. cit._, XI, no 4, p. 256.

1906. _Segmentina Chevalieri_ Germain, _Etudes sur les Mollusques

récoltés par M. E. Foa dans le lac Tanganika et ses environs_, fig. 6-7.

Coquille petite, orbiculaire, médiocrement convexe en dessus avec une

dépression centrale assez marquée, bien plane en dessous, avec un

ombilic très profond et ponctiforme ; spire composée de 4 tours à

croissance très rapide, séparés par des sutures presque superficielles ;

dernier tour très grand, orné d’une carène émoussée submarginale ;

ouverture bien oblique, largement échancrée par l’avant-dernier tour ;

péristome droit et aigu.

Diamètre : 3 1/4-4 1/4 millimètres ; hauteur : 1 1/2 millimètre.

Test mince, brillant, presque pellucide, très finement strié, blanchâtre

ou d’un corné très pâle.

Cette petite espèce ne peut se rapprocher que du _Segmentina angusta_

Jickeli[395] ; on l’en séparera :

Par sa spire à croissance plus rapide, avec un dernier tour un peu

dilaté vers l’ouverture et bien moins convexe en dessus ; par son

ouverture beaucoup plus oblique, moins développée en largeur ; par son

ombilic moins élargi, à peu près ponctiforme ; etc.

Le S.-O. du lac Tchad ; 4 exemplaires.

GASTÉROPODES PROSOBRANCHES

=Famille des VIVIPARIDÆ=

Genre VIVIPARA de Lamarck[396].

_Vivipara unicolor_ Olivier.

1804. _Cyclostoma unicolor_ Olivier, _Voyage empire Ottoman_, III, p.

68 ; Atlas, II, Pl. XXXI, fig. 9.

1822. _Paludina unicolor_ de Lamarck, _Anim. sans vertèbres_, VI, p.

174.

1832. _Paludina unicolor_ Deshayes, _Encyclop. méthod. ; Vers_ ; III, p.

698.

1838. _Paludina unicolor_ de Lamarck, _Anim. sans vertèbres_, 2e édit.

(par Deshayes), VIII, p. 513.

1852. _Paludina unicolor_ Küster _in_ : Martini et Chemnitz, _Syst.

Conchyl. Cabinet ; Gatt. Paludina_, p. 21, no 16, Taf. IV, fig. 12-13.

1852. _Paludina biangulata_ Küster _in_ : Martini et Chemnitz, _loc.

cit._, p. 25, Taf. V, fig. 11-12.

1864. _Paludina unicolor_ Dohrn, _Proceed. zool. soc. London_ ; p. 117.

1874. _Vivipara unicolor_ Jickeli, _Land- und Süsswass. Mollusk.

Nordostafrik._ ; p. 235, Taf. VII, fig. 30.

1878. _Paludina unicolor_ Martens, _Monatsb. d. Akad. d. Wiss. Berlin_,

p. 297.

1880. _Vivipara unicolor_ Bourguignat, _Recens. Vivipares syst. europ._,

p. 33.

1888. _Paludina unicolor_ Smith, _Proceed. zoolog. soc. London_, p. 53.

1890. _Vivipara unicolor_ Bourguignat, _Hist. malacolog. du lac

Tanganika_, p. 39 et _Ann. sc. natur._, X, p. 39.

1894. _Vivipara unicolor_ variété, Sturany : _in_ : Baumann, _Durch

Massailand zur Nilquelle_, p. 15, Taf. XXIV, fig. 7, 12, 13, 17, 22, 23

et 25.

1898. _Vivipara unicolor_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p.

175.

1906. _Vivipara unicolor_ Germain, _Mém. soc. zoolog. de France_, XIX,

p. 227.

1905. _Vivipara unicolor_ Germain, _Bull. Muséum hist. natur. Paris_,

XI, p. 327 ; et XII (1906), no 1, p. 82 et p. 58.

Le _Vivipara unicolor_ est une espèce très répandue dans tout le centre

africain, depuis le Nil jusqu’au Sénégal. Elle abonde aussi dans le lac

Tchad où sa présence a été constatée par de nombreux voyageurs[397].

L'Afrique centrale française · 第 44 / 66 段