courte, composée de 6 tours convexes, le dernier énorme, formant à peu
près les 2/3 de la hauteur totale ; sommet obtus, ouverture grande,
particulièrement dilatée inférieurement, bord columellaire droit et
réfléchi. Hauteur : 107 millimètres, largeur max. : 72 millimètres ;
hauteur de l’ouverture : 66 millimètres ; largeur de l’ouverture : 42
millimètres. Test épais, solide, orné de stries longitudinales assez
fortes, coupées par des stries spirales plus faibles.
La région du Kanem (région orientale du lac Tchad) [M. le capitaine
DUPERTHUIS][346].
Genre ACHATINA de Lamarck[347].
_Achatina marginata_ Swainson[348]. — Coquille ovalaire ; spire conique,
composée de 7 tours convexes, le dernier ventru, formant les 5/9 de la
hauteur totale ; sommet obtus ; ouverture ovalaire un peu allongée,
columelle épaissie, arquée, brièvement tronquée à la base ; péristome
simple, droit et aigu. Longueur : 120 millimètres, largeur : 63
millimètres ; hauteur de l’ouverture : 70 millimètres ; diamètre : 40
millimètres. Test épais, solide, un peu luisant, finement strié, orné,
sur un fond fauve, de flammules fulgurantes d’un châtain foncé.
Bords du Gribingui, 23 mai 1900 [M. F. FOUREAU].
_Achatina Schweinfurthi_ Martens[349], var. _Foureaui_[350],
Germain[351]. — Cette belle coquille, que je figure ici (fig. 87),
diffère du type :
[Illustration : FIG. 87. — _Achatina Schweinfurthi_ Martens, var.
_Foureaui_ Germain.]
Par sa spire, dont les premiers tours sont proportionnellement moins
élevés ; par son ouverture plus élargie à la base et plus largement
convexe vers le bord externe ; par sa columelle plus tordue ; enfin par
sa taille plus faible. Hauteur max. : 177 millimètres, largeur max. : 58
millimètres ; hauteur de l’ouverture : 63 millimètres, diamètre de
l’ouverture : 36 millimètres.
Bien qu’ayant sensiblement les mêmes dimensions que l’_Achatina
zanzibarica_ Bourguignat[352], la variété _Foureaui_ s’en distingue
facilement par sa columelle beaucoup plus tordue (chez l’_A.
zanzibarica_,la columelle est encore moins tordue que chez l’_A.
Schweinfurthi_), mais surtout par son ouverture beaucoup plus élargie à
la base, ainsi que l’indique la figure ci-dessus (fig. 87).
Les environs de Sabaukafi, dans le Damergou, octobre 1899 [M. F.
FOUREAU].
_Achatina Weynsi_ DAUTZENBERG[353]. — Coquille ovoïde-allongée ; spire
composée de 8 tours convexes séparés par des sutures assez profondes ;
dernier tour formant environ les 2/3 de la hauteur totale ; ouverture
subovalaire égalant à peu près la moitié de la hauteur totale ;
columelle presque droite, à peine tordue. Test orné, sur fond blanc, de
flammules d’un brun-noirâtre, très larges et disposées en zigzags.
Hauteur 93 millimètres ; diamètre max. : 50 millimètres.
Cette belle coquille, remarquablement figurée par M. DAUTZENBERG, habite
les rives du Haut-Congo. M. DUPERTHUIS a recueilli dans le Kanem, sur la
côte orientale du lac Tchad, deux exemplaires d’une _Achatina_ que je
rapporte, comme variété, à cette espèce.
var. =_Duperthuisi_= Germain, _nov. var._
[Illustration : FIG. 88 — _Achatina Wynsei_ Dautzenb., var.
_Duperthuisi_ Germ. Réduit de 1/3.]
Coquille moins ventrue, spire composée de 9 tours convexes séparés par
des sutures plus distinctement marginées ; dernier tour
plus étroitement ovoïde, formant les 2/3 de la hauteur totale. Ouverture
de même forme, mais plus étroite ; columelle notablement plus tordue.
Hauteur maximum : 98 millimètres, diamètre maximum : 53 millimètres ;
hauteur de l’ouverture : 44-46 millimètres, diamètre de l’ouverture :
22-23 millimètres. Même test.
_Achatina rugosa_ Putzeys[354]. — Coquille de forme subconique très
allongée ; spire composée de 7-8 tours convexes, le dernier grand,
formant près des 2/3 de la hauteur totale ; ouverture ovalaire,
allongée, bien anguleuse en haut, régulièrement arrondie en bas ; bords
marginaux réunis par une callosité bleuâtre.
Longueur : 130 millimètres ; diamètre max. : 60 millimètres ; hauteur de
l’ouverture : 70 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 60 millimètres.
Test solide, fauve ou châtain foncé ; stries d’accroissement fortes et
rugueuses, coupées par des lignes spirales.
Cette espèce, d’abord découverte dans les forêts qui s’étendent sur la
rive droite du Lualaba, a été retrouvée en un grand nombre de points de
la rive droite du Congo, jusqu’aux environs de Stanley-Falls. Il est
donc probable qu’on la retrouvera un peu plus au nord, sur les rives de
l’Oubangui. L’explorateur français Ed. FOA l’a également recueillie dans
le Haut Congo.
Genre SUBULINA Schumacher.
_Subulina octona_ Chemnitz.
1786. _Helix octona_ Chemnitz, _Conchylien cabinet_, IX, part. 2, p.
190, Taf. CXXXVI, fig. 1264.
1792. _Bulimus octonus_ Bruguière, _Encyclopédie méthod._ ; Vers ; I, p.
325, no 47.
1822. _Bulimus octonus_ de Lamarck, _Anim. sans vertèbres_, VI, part. 2
(avril 1822), p. 125, no 27.
1837. _Subulina octona_ Beck, _Index Mollusc._, p. 77, no 8.
1838. _Bulimus octonus_ de Lamarck, _Anim. sans vertèbres_, édit. 2 (par
DESHAYES), VIII, p. 233, no 27.
1838. _Achatina octona_ Potiez et Michaud, _Galerie Mollusques Douai_,
I, p. 129, Taf. XI, fig. 13.
1848. _Achatina octona_ Pfeiffer, _Monogr. heliceor. vivent._, II, p.
266, no 65.
1853. _Achatina octona_ d’Orbigny, _Mollus. Cuba_, I, p. 168, pl. XI,
fig. 4-6.
1860. _Achatina octona_ Morelet, _Séries Conchyl._, I. p. 72.
1889. _Achatina octona_ Morelet, _Journ. de Conchyl._, XXXVII, p. 363.
1898. _Subulina octona_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p.
123.
1900. _Stenogyra octona_ Dautzenberg, _Mém. soc. zoolog. France_, XIII,
p. 153.
1906. _Subulina octona_ Germain, _Mollusques Foa lac Tanganika_.
Cette espèce, originaire de l’Amérique, a été signalée en de nombreuses
localités d’Océanie, notamment à la Nouvelle-Calédonie, à Java et à
Sumatra.
En Afrique le _Subulina octona_ se rencontre non seulement à Madagascar,
mais encore sur la côte de Zanzibar et du Zanguebar. M. A. CHEVALIER l’a
également recueillie dans les localités suivantes :
Cercle de Krébedjé (septembre 1902) ; 2 exemplaires.
Téte (Dr DECORSE, 28 décembre 1902) ; 1 exemplaire.
=_Subulina krebedjeensis_= Germain, _nov. sp._
PLANCHE V, fig. 17.
Coquille assez grande, très allongée, cylindro-conique ; spire très
haute, d’abord presque régulièrement cylindrique dans le premier tiers
de son développement, puis conique dans le reste, composée de 11 tours
médiocrement convexes séparés par des sutures linéaires assez
profondes ; sommet obtus ; dernier tour caréné (carène à peine
saillante, fortement émoussée, particulièrement sensible aux environs
immédiats de l’ouverture), à peine plus grand que l’avant-dernier et
légèrement plus convexe ; ouverture peu oblique, petite, ovalaire,
anguleuse en haut et en bas ; columelle courte, incurvée, nettement
tronquée à la base ; bords réunis par une callosité à peine indiquée.
Hauteur : 18 millimètres ; diamètre maximum : 4 millimètres ; hauteur de
l’ouverture : 4 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 2 millimètres.
Test médiocrement épais, solide, d’un châtain jaunâtre peu brillant,
très fortement strié ; stries saillantes, très serrées, obliques et
légèrement onduleuses, particulièrement fortes sur les tours médians,
atténuées sur le dernier tour et, plus spécialement, vers l’ombilic.
Cercle de Krebedjé [Dr DECORSE, octobre 1902] ; un seul échantillon.
*
* *
Les deux Subulines précédemment étudiées sont les seules qui ont été
jusqu’ici signalées dans les contrées traversées par la Mission. Il est
à remarquer qu’un grand nombre d’espèces de ce genre et des genres
voisins : _Opeas_ Albers, _Pseudopeas_ Putzeys, _Hapalus_ Albers,
_Geostilbia_ Crosse, etc., ayant été signalées dans l’Afrique orientale
allemande et anglaise, ainsi que dans le haut bassin du Congo, de
nouvelles recherches conduiront à la découverte de ces Mollusques dans
le bassin du Chari.
=Famille des LIMNÆIDÆ=
Genre LIMNÆA Bruguière[355].
_Limnæa humerosa_ Martens.
1898. _Limnæa humerosa_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._ ; p.
135, Taf. VI, fig. 1.
Coquille d’assez grande taille, ovalaire allongée ; spire courte, un peu
aiguë, composée de 4 tours à croissance très rapide ; dernier tour très
grand, ovalaire-allongé ; columelle mince, tordue ; ouverture grande,
subovale, anguleuse en haut, bien arrondie en bas et à bord externe
subrectiligne ; bords réunis par une callosité blanche.
Hauteur : 20 1/2 millimètres ; diamètre : 11 millimètres ; hauteur de
l’ouverture : 15 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 7
millimètres[356].
Test mince, fragile, d’un corné pâle, assez finement strié.
Cette espèce, qui était connue du lac Victoria-Nyanza et de l’Uganda, a
été recueillie, par M. CHEVALIER, dans le Mamoun en mars 1903. 1 seul
exemplaire.
_Limnæa undussumæ_ Martens.
1898. _Limnæa undussumæ_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._ ; p.
135, Taf. I, fig. 18 et Taf. VI fig. 2 et 5.
Coquille de taille moyenne ; forme ovalaire assez allongée ; spire
courte, aiguë, composée de 4-5 tours convexes à croissance très rapide
séparés par des sutures profondes ; dernier tour très grand ; ouverture
subovalaire, anguleuse en haut, bien arrondie en bas, à bord externe
subrectiligne, égale aux 3/4 de la hauteur totale ; bords marginaux
réunis par une callosité blanche assez marquée.
Longueur max. : 20 millimètres ; largeur max. : 13 mill. ; hauteur de
l’ouverture : 15 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 7 1/2
millimètres.
Test mince, fragile, finement et irrégulièrement strié, d’un jaune corné
pâle.
Le Ndellé, avril 1903 (A. CHEVALIER).
Le Mamoun, territoire du Chari, mars 1903 ; 20 exemplaires recueillis
avec _Physa (Isodora) strigosa_ Martens, _Sphærium Courteti_ Germain et
_Eupera parasitica_ Parreyss.
Variété =_Courteti_= Germain
PLANCHE V, fig. 2.
1904. _Limnæa undussumæ_ var. _Courteti_ Germain, _Bullet. Muséum hist.
natur._, Paris, X, no 7, p. 467.
Coquille différant du type :
Par sa spire plus allongée, à tours plus convexes, séparés par des
sutures plus profondes, et surtout par son ouverture plus oblique, moins
régulièrement ovalaire. Même test.
Longueur : 17 millimètres, largeur : 8 1/2 millimètres ; hauteur de
l’ouverture : 12 millimètres ; largeur de l’ouverture : 5 millimètres.
Cours d’eau du pays Mamoun ; mars 1903 [A. CHEVALIER] ; 3 exemplaires.
=_Limnæa tchadiensis_= Germain
PLANCHE V, fig. 3.
1905. _Limnæa tchadiensis_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur. Paris_,
1905, XI, no 6, p. 484.
Coquille ovalaire-oblongue, pourvue d’une fente ombilicale presque
entièrement recouverte ; spire brièvement conique, composée de 3 1/2-4
tours à croissance rapide ; les deux premiers très peu développés,
nettement convexes, séparés par des sutures bien marquées ; sommet
obtus ; dernier tour très grand, bien ovalaire-allongé, formant, à lui
seul, plus des 4/5 de la hauteur totale de la coquille ; ouverture peu
oblique, ovale-oblongue, bien anguleuse supérieurement, largement
arrondie inférieurement et à bord externe convexe ; bord columellaire
d’abord presque droit, puis très fortement tordu supérieurement ;
péristome droit, aigu et fragile.
Hauteur max. : 11 millimètres ; diamètre max. : 6 1/2 millimètres ;
hauteur de l’ouverture : 9 1/4 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 4
1/2 millimètres.
Test fragile, translucide, d’un jaune blanchâtre très pâle, brillant,
orné de stries extrêmement fines, serrées et un peu onduleuses.
Cette nouvelle espèce, qui se rapproche surtout du _Limnæa undussumæ_
MARTENS, s’en distingue facilement :
Par sa forme moins longuement allongée ; par sa spire beaucoup plus
brève, composée de tours plus convexes et, par suite, séparés par des
sutures plus profondes ; par son ouverture plus largement ovalaire, plus
nettement anguleuse en haut, mais beaucoup plus régulièrement arrondie
en bas ; par sa columelle extrêmement tordue, remarquable, en outre, par
son aspect filiforme ; etc...
Le S.-E. du lac Tchad (A. CHEVALIER) ; 2 exemplaires.
*
* *
Deux autres Limnées seulement ont, jusqu’ici, été recueillies dans le
lac Tchad :
_Limnæa africana_ Ruppell[357]. — Coquille ovalaire-ventrue, très
étroitement ombiliquée ; spire courte, subconique, composée de 4 tours à
croissance très rapide, le dernier très développé, atteignant les 3/4 de
la hauteur totale ; suture peu profonde ; ouverture faiblement oblique,
ovalaire-oblongue, sensiblement élargie à sa partie inférieure ; bords
marginaux réunis par une callosité très accentuée ; péristome droit et
aigu.
Hauteur 20-22 millimètres ; diamètre max. : 10-11 millimètres.
Test mince, fragile, presque transparent, corné pâle ou légèrement
ambré, très finement strié.
Le Tchad N.-E., dans la région de Suoulou [M. F. FOUREAU].
_Limnæa exserta_ MARTENS[358]. — Coquille fusiforme assez allongée ;
spire composée de 5 tours convexes, le dernier très grand, régulièrement
convexe ; sommet aigu ; ouverture étroitement ovalaire, égale aux 7/10
de la hauteur totale de la coquille ; columelle médiocrement épaissie et
faiblement tordue.
Hauteur : 13 millimètres, diamètre max. : 7 millimètres ; hauteur de
l’ouverture : 10 millimètres, diamètre de l’ouverture : 5 millimètres.
Test mince, fragile, corné pâle, très finement strié[359].
Habite le lac Tchad, dans la région de Suoulou, en compagnie de l’espèce
précédente [M. F. FOUREAU].
Genre PHYSA Draparnaud[360].
§ 1. — _ISODORA_ Ehrenberg[361].
_Physa (Isodora) trigona_ Martens.
1892. _Physa trigona_ Martens, _Sitz. ber. d. gesel. nat. Freunde_, p.
17.
1898. _Isodora trigona_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p.
138, taf. VI, fig. 8 [et figure des dents de la radule, à la p. 138].
Coquille trigone par suite du grand développement de la région
supérieure du dernier tour de spire ; spire presque plane, composée de 3
1/2-4 tours, les 3 premiers enroulés sur un même plan, le dernier très
grand, formant à lui seul presque toute la coquille, remarquablement
turgescent à sa partie supérieure, très atténué en bas ; ouverture semi-
elliptique, à peu près aussi haute que la coquille ; columelle assez
tordue.
Hauteur : 9-12 millimètres ; diamètre : 8-10 millimètres ; hauteur de
l’ouverture : 8 1/2-11 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 5-8
millimètres.
Test médiocrement solide, blanchâtre ou jaunacé très clair, finement
strié.
Cette espèce est assez polymorphe. Le type figuré par MARTENS est
rare[362] ; dans la grande majorité des cas, l’ouverture ne dépasse pas
le sommet, mais atteint seulement la partie supérieure du dernier tour.
L’allure de la spire est également variable : certains exemplaires ont
une spire plus haute, composée de tours très légèrement étagés et non
plans. Enfin, dans quelques cas, la columelle est remarquablement
tordue. Nous distinguerons dès lors les variétés _ex forma_ suivantes :
Var. EX FORMA :
_alta_ Germain.
Spire plus haute, à tours plus convexes.
Var. _columellaris_ Germain.
Columelle beaucoup plus tordue ; même test.
Var. _solida_ Germain.
Test bien plus épais, plus solide.
Le S.-E. du lac Tchad. Une quinzaine d’échantillons (M. CHEVALIER,
1904).
_Physa (Isodora) truncata_ de Férussac.
1856. _Physa truncata_ de Férussac _in_ : Bourguignat, _Aménités
malacolog._, I, p. 170, pl. XXI, fig. 5-7.
1864. _Physa truncata_ Bourguignat, _Malacolog. terr. fluv. Algérie_,
II, p. 176, pl. X, fig. 47-49.
1866. _Physa truncata_ Martens, _Malakozool. Blätter_, p. 5.
1886. _Physa truncata_ Clessin _in_ : Martini et Chemnitz, _Syst.
Conchyl. cabinet ; Limnæiden_, p. 321, no 165. Taf. XXXIX, fig. 4.
1905. _Physa truncata_ Germain, _Bulletin Muséum hist. natur. Paris_,
XI, no 6, p. 488.
Cette Physe, surtout abondante en Egypte, n’avait pas encore été
signalée dans l’Afrique équatoriale. M. A. CHEVALIER en a recueilli, en
1904, deux exemplaires dans le S.-O. du lac Tchad. Ils sont parfaitement
conformes à ceux figurés par BOURGUIGNAT.
Le _Physa truncata_ est une espèce voisine du _Physa Brocchii_
Ehrenberg[363]. On l’en distinguera :
Par sa spire beaucoup plus courte, presque plane en dessus ; par ses
tours plus convexes, plus contournés et plus ventrus ; par sa suture
plus profonde ; etc.
_Physa (Isodora) strigosa_ Martens.
1892. _Physa nyassana_ ? Smith, _Annals and mag. natur. history_ ; 6e
série, X, no 56 (août 1892), p. 123.
1898. _Isodora strigosa_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p.
139, Taf. VI, fig. 11.
Cette espèce paraît abondante dans le lac Tchad ; M. CHEVALIER en a
recueilli une vingtaine d’exemplaires ; M. le lieutenant LACOIN en avait
également récolté de nombreux échantillons.
A côté des individus typiques dont le test présente, ainsi que l’a fait
remarquer MARTENS[364], une assez grande analogie avec celui de _Physa
contorta_ MICHAUD[365], il existe beaucoup d’exemplaires, provenant du
même lot, qui constituent des termes de passage entre cette espèce et le
_Physa Randabeli_ BOURGUIGNAT[366]. J’ai déjà signalé ce fait à propos
des matériaux recueillis par M. FOUREAU au cours de sa Mission
saharienne[367]. Il faudrait cependant de nouveaux documents pour que
l’on puisse réunir, en toute connaissance de cause, l’espèce de Martens
à celle de Bourguignat.
=_Physa (Isodora) tchadiensis_= Germain.
1905. _Physa (Isodora) tchadiensis_ Germain, _Bullet. Muséum hist.
natur. Paris_, XI, no 6, p. 485.
1906. _Physa (Isodora) tchadiensis_ Germain, _Mémoires soc. zoologique
France_, XIX, p. 225, pl. IV, fig. 3-6.
Coquille senestre, ovalaire ventrue, très étroitement ombiliquée ; spire
très courte, obtuse, très tordue, composée de 4 tours à croissance très
rapide, séparés par des sutures très profondes ; dernier tour très
grand, régulièrement convexe, formant à lui seul les 7/8 environ de la
hauteur totale de la coquille ; sommet nettement déprimé et comprimé ;
ouverture presque verticale, ovalaire allongée ; columelle un peu arquée
et réfléchie sur l’ombilic ; péristome droit et aigu, bordé
intérieurement d’un léger bourrelet blanchâtre ; bords réunis par une
callosité blanchâtre assez marquée.
Hauteur : 10-11 millimètres ; diamètre : 7 1/2-8 millimètres ; hauteur
de l’ouverture : 6 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 4 1/2
millimètres.
Test subtransparent, assez solide, d’un jaune pâle ou ambré plus ou
moins foncé, orné de stries fines, peu régulières et légèrement
onduleuses.
Le _Physa tchadiensis_ se distinguera toujours du _Physa strigosa_
Martens :
Par sa forme plus allongée ; par sa spire plus haute, à tours beaucoup
plus convexes, séparés par des sutures bien plus profondes, ce qui donne
à la coquille une apparence scalariforme ; par son dernier tour très
ventru ; par son ouverture beaucoup plus petite, moins ovale-allongée,
avec un bord externe très largement convexe inséré plus bas.
Cette Physe qui, à première vue, paraît largement ombiliquée, n’a, en
réalité, qu’une fente ombilicale extrêmement étroite ; mais elle est
bordée, à une distance plus ou moins grande suivant les échantillons,
par une saillie très apparente du dernier tour, en tous points
comparable à l’angulosité qui entoure l’ombilic chez les Lanistes du
groupe du _Lanistes lybicus_ Morelet.
Variété =_regularis_= Germain.
PLANCHE V, fig. 6.
1905. _Physa (Isodora) tchadiensis_ var. _regularis_ Germain, _loc.
cit._, XI, no 6, p. 485.
Diffère du type par son enroulement plus régulier, sa spire moins
tordue, dont le dernier tour, bien régulièrement convexe, est
notablement plus développé. Même test.
Le _Physa tchadiensis_ est une espèce très polymorphe, tant au point de
vue de la forme générale qu’au point de vue de la coloration du test. En
dehors de la variété _regularis_, il existe une variété _disjuncta_
Germain, que n’a point rapportée M. CHEVALIER, qui est caractérisée par
une spire extrêmement tordue à tours encore beaucoup plus convexes que
chez le type[368].
La région S.-E du lac Tchad. 15 échantillons du type et 2 de la variété
_regularis_.
Lac Tchad, archipel Kouri ; octobre 1903.
=_Physa (Isodora) Vaneyi_= Germain, _nov. sp._[369].
1907. _Physa (Isodora) Vaneyi_ Germain, _Bulletin Muséum hist nat.
Paris_ ; no 1, p. 65.
Coquille senestre, ovalaire-ventrue, très étroitement ombiliquée
(ombilic réduit à une simple fente, le plus souvent entièrement
recouverte par le bord columellaire) ; spire courte, obtuse (sommet
comprimé et déprimé), composée de 4-5 tours, les trois premiers
tellement déprimés qu’ils sont presque enroulés sur un même plan ;
croissance extra rapide ; dernier tour énorme formant, à lui seul,
presque toute la coquille, assez régulièrement convexe, légèrement
subtrigone par suite de la turgescence de sa partie supérieure ; suture
peu profonde ; ouverture oblique, semi-elliptique, relativement étroite,
très anguleuse en haut, subanguleuse en bas ; columelle bien arquée,
réfléchie sur l’ombilic ; péristome droit et aigu ; bords réunis par une
callosité blanchâtre assez marquée.
Hauteur : 10-12 1/2 millimètres ; diamètre : 7-8 millimètres ; hauteur
de l’ouverture : 9-10 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 4-5
millimètres.
Test blanchâtre, légèrement jaunacé, assez brillant, un peu mince, assez
solide ; stries très fines, bien régulières, médiocrement serrées.
Lac Tchad, archipel Kouri, octobre 1903 [A. CHEVALIER] ; 3 exemplaires.
§ 2. — _PYRGOPHYSA_ Crosse[370].
_Physa (Pyrgophysa) Forskali_ Ehrenberg.
1831. _Isodora Forskali_ Ehrenberg, _Symbol. physic. animal._, no 3.
1856. _Physa Forskali_ Bourguignat, _Revue et mag. zool._, et _Aménités
malacolog._, I, p. 174.
1866. _Physa Forskali_ Martens, _Malakozool. Blätter_, p. 6 et p. 100.
1869. _Physa Forskali_ Martens, _Malakozool. Blätter_, p. 213.
1872. _Physa Forskali_ Morelet, _Ann. Mus. civ. Genova_, III, p. 208.
1874. _Physa Forskali_ Jickeli, _Fauna der land- und Süssw. Mollusken
Nord-Ost Afrik._, p. 198 (_part._), taf. VII, fig. 13 c.
1883. _Physa Forskali_ Bourguignat, _Malacolog. de l’Abyssinie_, p. 127.
1886. _Physa Forskali_ Clessin, _in_ : Martini et Chemnitz, _Syst.
Conchyl. Cabinet ; Limnæiden_, p. 320, no 164, taf. XXXIX, fig. 2.
1891. _Physa Forskali_ Martens, _Sitz. ber. d. gesell. naturf. Freunde_,
p. 17.
1898. _Isodora Forskali_ Martens, _Beschalte Weichth. Ost-Afrik._, p.
141, taf. I, fig. 15.
Il est probable que le _Physa (Isodora) lamellosa_ ROTH[371] n’est qu’un
jeune de cette espèce abondante dans tous les cours d’eau de l’Afrique
Orientale.
Pays Batolo, Dar Banda, décembre 1902 [A. CHEVALIER] ; 7 exemplaires.
Kousri, septembre 1903, 6 échantillons ; et octobre 1903 ; 5
échantillons dont 3 jeunes [Dr DECORSE].
_Physa (Pyrgophysa) Dunkeri_ Germain.
1845. _Bulinus scalaris_ Dunker, in : _Zeitschr. für Malakozool._, p.
164.
1853. _Bulinus scalaris_ Dunker, _Index Molluscor. quae itinere Guineam
inferior._, etc., p. 9, no 23, tab. II, fig. 5-6.
1856. _Physa scalaris_ Bourguignat, _Aménités malacolog._, I, p. 179.
1862. _Isodora scalaris_ Küster _in_ : Martini et Chemnitz, _Conchyl.
Cabinet, Limnæus_, p. 71, taf. XII, fig. 27-28.
1866. _Physa scalaris_ Martens, _Malakozool. Blätt._, p. 100.
1869. _Physa scalaris_ Dohrn, _Malakozool. Blätt._, p. 15.
1886. _Physa scalaris_ Clessin _in_ : Martini et Chemnitz, _Conchyl.
Cabinet_, p. 319, no 363.
1890. _Pyrgophysa scalaris_ Dautzenberg, _Mémoires soc. zoolog. France_,
III, p. 133, pl. I, fig. 12 _a_-12 _b_.
1905. _Physa (Pyrgophysa) Dunkeri_ Germain, _Bullet. Muséum hist. natur.
Paris_, XI, no 6, p. 486.
J’ai dû changer le nom imposé par DUNKER à cette coquille, JAY[372]
l’ayant employé antérieurement pour une Physe toute différente de la
Floride.
Les exemplaires qui vivent aux environs de Ndellé sont bien conformes à
la très exacte figuration donnée par PH. DAUTZENBERG. Leur test est
assez mince, un peu fragile, subtransparent, d’un corné parfois un peu
rougeâtre.
Ndellé, dans le pays de Senoussi, avril 1903 ; 14 exemplaires [A.
CHEVALIER].
=_Physa (Pyrgophysa) Dautzenbergi_= Germain[373].
PLANCHE V, fig. 7.
1905. _Physa (Pyrgophysa) Dautzenbergi_ Germain, _Bullet. Muséum hist.
natur. Paris_, XI, no 6. p. 486.