Depuis l’année 1904 où j’ai publié les principaux résultats des récoltes

ichtyologiques de la mission CHEVALIER, les connaissances se sont

légèrement accrues en ce qui concerne les Poissons du Tchad et du Chari.

C’est ainsi qu’en 1905, M. FOUREAU[265], dans les documents

scientifiques relatifs à la mission saharienne FOUREAU-LAMY, a consigné

un certain nombre d’observations au sujet de la faune ichtyologique de

ces intéressantes régions. Les documents relatifs aux Poissons

recueillis par la mission FOUREAU, et qui m’ont été soumis, consistaient

en quelques photographies et en descriptions et dessins dus au Dr H.

FOURNIAL, d’exemplaires récoltés dans la rivière Komadougou-Yobé,

affluent du Tchad et dans le bas Chari. C’étaient là des données

insuffisantes, on le comprendra, en l’absence de toute pièce matérielle,

pour faire une détermination exacte des espèces rencontrées. Les

quelques assimilations suivantes m’ont paru néanmoins présenter assez de

certitude.

POLYPTERIDÆ : _Polypterus bichir_ Geoffr. ?

MORMYRIDÆ : _Mormyrus caschive_ Hasselq. ?, _Hyperopisus_ sp. ?

OSTEOGLOSSIDÆ : _Heterotis niloticus_ Cuv.

PANTODONTIDÆ : _Pantodon Buchholzi_ Peters ?

CHARACINIDÆ : _Hydrocyon Forskali_ Cuv. ?, _Citharinus citharinus_

Geoffroy ?, _Citharinus_ sp. ?

CYPRINIDÆ : _Barbus_ ?

SERRANIDÆ : _Lates niloticus_ L.

CICHLIDÆ : _Tilapia_ sp. ?

TETRODONTIDÆ : _Tetrodon fahaka_ Hasselq.

Les espèces les plus intéressantes sont une sorte de Poisson volant.

« Ce dernier, écrit M. FOUREAU, s’élance hors du liquide et parcourt à

fleur d’eau, en battant l’eau de ses nageoires pectorales et en y

traçant un petit sillon rectiligne, une distance qui d’ordinaire est de

4 à 5 mètres, mais que j’ai vu parfois atteindre une quinzaine de

mètres[266]. » Il s’agit là très certainement d’un _Pantodon_ et très

probablement du _Pantodon Buchholzi_ Peters, du bas Niger et du bassin

du Congo, la seule espèce du genre connue jusqu’ici. M. FOUREAU signale

en outre « un Poisson pourvu d’une énorme poche qu’il gonfle d’air à

volonté si bien qu’il prend l’aspect d’une outre. Ce Poisson est

entièrement recouvert de petites épines courtes et disposées

régulièrement, sa coloration est jaune et changeante. » C’est sans aucun

doute le _Tetrodon fahaka_ Hasselquist, espèce d’ailleurs recueillie par

la mission CHEVALIER.

M. G. A. BOULENGER a donné en 1905[267] la liste d’une collection de

Poissons récoltés dans le lac Tchad et le Chari par le capitaine G. B.

GOSLING et offerts au British Museum de Londres ; elle comprend les 23

espèces suivantes, réparties en 7 familles.

MORMYRIDÆ : _Petrocephalus bane_ Lacep., _Mormyrus caschive_ Hasselq.,

_Hyperopisus bebe_ Lacep., _Gymnarchus niloticus_ L.

CHARACINIDÆ : _Hydrocyon brevis_ Gthr., _Alestes baremose_ Joannis, _A.

dentex_ L., _A. nurse_ Rüpp., _Distichodus rostratus_ Gthr., _D.

brevipinnis_ Gthr., _Citharinus citharinus_ Geoffr.

CYPRINIDÆ : _Labeo horie_ Heckel.

SILURIDÆ : _Clarias lazera_ C. V., _Heterobranchus senegalensis_ C. V.,

_Schilbe mystus_ L., _Clarotes laticeps_ Rüpp., _Bagrus bayad_ Forsk.,

_Synodontis clarias_ L., _S. batensoda_ Rüpp., _S. serratus_ Rüpp.

SERRANIDÆ : _Lates niloticus_ Hasselq.

CICHLIDÆ : _Tilapia nilotica_ L.

TETRODONTIDÆ : _Tetrodon fahaka_ Hasselq.

Près de la moitié, ainsi qu’on pourra s’en rendre compte plus loin,

c’est-à-dire une dizaine d’espèces, se retrouvent également dans la

liste des Poissons rapportés par la mission CHEVALIER.

Enfin le Dr DECORSE a fourni dans son carnet de route publié en

1906[268] quelques intéressants détails sur la pêche dans les régions

traversées par la mission, et particulièrement sur les procédés employés

par les indigènes des bords du Chari.

Les poissons récoltés par la mission CHEVALIER-DECORSE proviennent

principalement du lac Tchad même, de Kousri dans le bas cours du Chari,

à son confluent avec le Logone et de Fort-Archambault, localité située

bien plus en amont, à l’endroit où le fleuve reçoit la rivière Boungoul.

Quarante espèces réparties en onze familles ont été rencontrées. Trois

formes sont nouvelles : un Cyprinidé du genre _Labeo_, un curieux

Mormyridé du genre _Hyperopisus_, enfin un Siluridé appartenant au genre

_Synodontis_.

Autant qu’on en peut juger sur des photographies communiquées par le Dr

DECORSE et reproduites dans le _Bulletin de la Société

d’Acclimatation_[269], deux espèces peuvent être jointes à celles

recueillies par la mission dans la région du Tchad et du Chari, un

Serranidé le _Lates niloticus_ L., représenté par un énorme spécimen de

1 mètre 20 de longueur et un Ostéoglossidé aussi de grande taille

l’_Heterotis niloticus_ Cuvier. Il y a lieu de remarquer que ces deux

espèces se retrouvent également sur les dessins et photographies de la

mission FOUREAU et qu’elles font partie des récoltes du capitaine G. B.

GOSLING, signalées par M. G. A. BOULENGER.

La mission n’a pas capturé seulement des Poissons dans la région du lac

Tchad et du Chari. Un accident, d’après les renseignements communiqués

par le Dr DECORSE, a causé la perte de la presque totalité des pêches

effectuées dans le bassin du Congo, principalement à Krebedjé, sur la

rivière Tomi, sous-affluent de l’Oubangui. Seuls quelques spécimens

minuscules provenant les uns de Bessou sur l’Oubangui, les autres de

Brazzaville sur le Congo, ont pu échapper ; ce sont des Cyprinodontidés

appartenant au genre _Haplochilus_ et représentant deux espèces

nouvelles dont la description sera donnée à la fin de ce mémoire, et un

Cichlidé, l’_Hemichromis bimaculatus_ Gill, extrêmement commun dans

toute l’Afrique occidentale.

On trouvera ci-dessous la liste de toutes les espèces recueillies par la

Mission, avec l’indication du nombre des spécimens rapportés, leur

provenance exacte et la description des formes nouvelles dont la

connaissance est due à la mission.

La distribution géographique générale de chaque espèce est mentionnée

également. Elle fournit des indications intéressantes et montre les

affinités de la faune ichtyologique du bassin du Chari et du lac Tchad

avec celle des bassins voisins. C’est ainsi que sur les 40 espèces

rencontrées dans ces régions 3 seulement paraissent spéciales au Tchad,

26 habitent aussi dans le Niger, 22 dans le Sénégal, 21 dans le Nil, 16

dans le bassin du Congo et 3 dans celui du Zambèze. Il ressort de là

clairement que la faune ichtyologique du Chari et du Tchad, par sa

physionomie, se rapproche surtout de celle du Niger. Plus de la moitié

des espèces citées ici se retrouvent en effet dans les deux bassins.

Elle présente ensuite à peu près d’égales affinités avec celle du

Sénégal et celle du Nil, elle offre des rapports bien marqués quoique

moins accentués avec celle du Congo. Enfin le nombre des formes

particulières à la région du Tchad est tout à fait minime et prouve

qu’elle n’a pas une faune ichtyologique propre, très spéciale, très

différenciée, comme celle du lac Tanganika par exemple.

=POISSONS DU BASSIN DU CHARI=

=Polypteridæ.=

=1.= POLYPTERUS BICHIR Geoffroy, 1802. — 1 spécimen, Kousri.

Ce spécimen de 550 millimètres de longueur a 17 pinnules dorsales.

L’espèce appartient au bassin du Nil.

=2.= POLYPTERUS DELHEZI Boulenger 1899. — 3 spécimens, Fort-Archambault.

Ce Poisson habite le Congo.

=Lepidosirenidæ.=

=3.= PROTOPTERUS ANNECTENS Owen, 1839. — 3 spécimens, Kousri.

Ce Poisson a été signalé, au Sénégal, en Gambie, dans le Niger et le

Zambèze.

=Mormyridæ.=

=4.= MORMYROPS ENGYSTOMA, Boulenger, 1898. — 1 jeune spécimen, Fort-

Archambault.

Espèce du Congo.

=5.= PETROCEPHALUS BANE Lacépède, 1803. — 2 spécimens, Kousri.

Espèce connue du Nil et du Niger.

=6.= MARCUSENIUS LHUYSI Steindachner, 1870. — 2 jeunes spécimens, Fort-

Archambault.

Espèce sénégalienne.

=7.= GNATHONEMUS CYPRINOIDES Linné, 1766. — 1 spécimen, Kousri.

Espèce du Nil, du Niger et du Congo.

=8.= GNATHONEMUS SENEGALENSIS Steindachner, 1870. — 3 spécimens, Fort-

Archambault.

Du Sénégal et de la Gambie.

=9.= GNATHONEMUS TAMANDUA Günther, 1864. — 1 spécimen, Kousri.

Cet exemplaire avait d’abord été rapporté par moi[270] au _G. elephas_

Boulenger, espèce extrêmement voisine, mais après nouvel examen il doit

rentrer dans l’espèce de Günther, signalée déjà dans le Niger, au

Calabar et au Congo.

=10.= HYPEROPISUS TENUICAUDA Pellegrin, 1904[271].

La hauteur du corps égale environ la longueur de la tête et est comprise

cinq fois dans la longueur sans la caudale. La tête plus longue que

haute a le profil supérieur courbé. Le museau est égal à la moitié de la

région post-oculaire de la tête. L’œil fait la moitié ou un peu plus de

la moitié de la longueur du museau. La largeur de la bouche représente

1/5 de la longueur de la tête. Les dents aux mâchoires sont échancrées,

au nombre de 3 à 5 en haut, de 6 en bas. Il existe au menton un

renflement globuleux assez marqué. L’origine de la dorsale est deux fois

1/2 à trois fois plus éloignée de l’extrémité du museau que du début de

la caudale. L’origine de l’anale est à égale distance du bout du museau

et du début de la caudale. La pectorale arrondie fait les trois quarts

de la tête ou presque. La ventrale représente la moitié de la longueur

de la pectorale. Le pédicule caudal est deux fois 1/2 à deux fois 3/4,

aussi long que haut, mesurant les deux tiers de la longueur de la tête.

On compte seize écailles autour du pédicule caudal. La caudale échancrée

est écailleuse, à lobes obtusément pointus.

La coloration est ardoisée au-dessus, violacée sur les côtés et sur le

ventre.

D. 13-14 ; A. 64 ; P. 11 ; V. 6 ; Ec. 18 | 105 | 20-23.

No 04. 111-112. Coll. Mus. Fort-Archambault : Mission Chari-Lac Tchad

(Chevalier-Decorse) _Types_.

Longueur : 270 + 35 = 305 et 150 + 10 = 160 millimètres. Un troisième

spécimen de Kousri doit également être rapporté à cette espèce.

Ces poissons sont assez voisins d’_Hyperopisus bebe_ Lacépède, du Nil,

du Sénégal, de la Gambie et du Niger, la seule espèce du genre

auparavant connue. Ils s’en distinguent principalement par la plus

grande longueur du pédicule caudal et, en conséquence, le moindre nombre

d’écailles autour de celui-ci, par le menton plus globuleux, la livrée

plus sombre.

[Illustration : FIG. 80. — _Hyperopisus tenuicauda_ Pellegrin.]

=11.= MORMYRUS JUBELINI Cuvier et Valenciennes, 1846. — 2 spécimens,

Kousri et Fort-Archambault.

Cette espèce que M. Boulenger[272] ramène au _M. caschive_ Hasselquist

du Nil, du Gabon et du Congo, habite le Sénégal et le Niger.

=12.= GYMNARCHUS NILOTICUS Cuvier, 1826. — 1 spécimen, Fort-Archambault.

Du Nil Blanc, du Sénégal et du Niger.

=Characinidæ.=

=13.= SARCODACES ODOË Bloch, 1794. — 1 spécimen, Fort-Archambault.

Du Sénégal au Congo et du lac Ngami.

=14.= HYDROCYON FORSKALI Cuvier, 1817. — 1 spécimen, Kousri.

Du Nil, du Sénégal et du Niger.

=15.= ALESTES BAREMOSE Joannis, 1835. — 1 spécimen, Kousri.

Cette espèce à laquelle il faut ramener l’_A. Kotschyi_ Heckel, habite

le Nil, le lac Rodolphe et du Sénégal au Niger.

=16.= _Alestes macrolepidotus_ Cuvier et Valenciennes, 1849. — 1

spécimen jeune, Fort-Archambault.

Espèce signalée dans le Nil, du Sénégal à l’Ogôoué, et dans le lac

Tanganika.

=17.= ICHTHYOBORUS BESSE Joannis, 1835. — 1 spécimen, Fort-Archambault.

Cette espèce, à laquelle il faut ramener l’_I. microlepis_ Günther,

habite le Nil.

=18.= DISTICHODUS ALTUS Boulenger, 1899. — 1 spécimen, Fort-Archambault.

Espèce du Congo.

=19.= CITHARINUS CITHARINUS Geoffroy, 1809. — 1 spécimen de Fort-

Archambault et 2 jeunes du lac Tchad.

Cette espèce à laquelle on doit rapporter le _C. Geoffroyi_ Cuvier, est

connue du Nil, du Sénégal, de la Gambie, du Niger et du Congo.

=Cyprinidæ.=

=20.= _Labeo coubie_ Rüppell, 1832. — 2 spécimens, Kousri et Fort-

Archambault.

Espèce du Nil, du Sénégal, de la Gambie et du Niger.

=21.= LABEO SELTI Cuvier et Valenciennes, 1842. — 1 spécimen, Kousri.

Cette espèce du Sénégal est extrêmement voisine de la précédente à

laquelle elle est ramenée par M. Boulenger[273].

=22.= LABEO SENEGALENSIS Cuvier et Valenciennes, 1842. — 1 spécimen,

Fort-Archambault, 4 spécimens, lac Tchad.

Cette espèce du Sénégal, de la Gambie et du Niger est rapprochée par M.

Boulenger du _Labeo horie_ Heckel du Nil et de l’Albert Nyanza[274].

=23.= LABEO CHARIENSIS Pellegrin, 1904[275].

La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise quatre

fois dans la longueur sans la caudale. La largeur de la tête fait les

trois quarts de sa longueur. Le museau est très proéminent, recouvert de

nombreux tubercules. Des tubercules s’étendent sur les côtés de la tête

jusqu’à l’œil. L’espace interorbitaire est plan, aplati. L’œil supéro-

latéral, entièrement dans la seconde moitié de la tête, est contenu 6

fois dans la longueur de la tête, près de 3 fois dans la longueur

interorbitaire. La surface interne des lèvres possède de nombreux plis

transversaux. Un tout petit barbillon complètement caché dans le pli

latéral existe de chaque côté. Les écailles du ventre en avant et entre

les pectorales sont fort petites. On compte 3 écailles entre la ligne

latérale et la ventrale. La dorsale à 10 rayons branchus, est

falciforme ; son bord est échancré profondément ; les rayons antérieurs

extrêmement prolongés mesurent une fois 3/4 la longueur de la tête, 3

fois 1/2 celle du dernier rayon. L’anale possède 7 rayons dont 5

branchus. La pectorale un peu plus courte que la tête n’atteint pas la

ventrale qui finit à l’anus. Le pédicule caudal est un peu plus long que

haut. Il y a 12 écailles autour du pédicule caudal. La caudale est

fourchue, à lobes pointus.

La coloration est uniformément brun-olivâtre, claire en dessous. La tête

est violacée.

D. 12 ; A. 7 ; P. 18 ; V. 9 ; Ec. 4 1/2 | 34 | 6 1/2.

No 04-92. Coll. Mus. — Fort-Archambault : Chari-Lac Tchad (Chevalier-

Decorse) _Type_.

Longueur : 240 + 60 = 300 millimètres.

Cette espèce vient se placer auprès de _Labeo Lukulæ_ Boulenger et de

_L. parvus_ Boulenger, du bassin du Congo, qui possèdent aussi seulement

12 écailles autour du pédicule caudal. La forme tout à fait particulière

de sa dorsale la rapproche de _Labeo falcifer_ Boulenger.

[Illustration : FIG. 81. — _Labeo Chariensis_ Pellegrin.]

=Siluridæ.=

=24.= EUTROPIUS GRENFELLI Boulenger, 1900. — 1 spécimen, Kousri.

Espèce du Congo.

=25.= SCHILBE MYSTUS Linné, 1766. — 2 spécimens, Kousri.

Espèce du Nil, du Niger au Congo, des lacs Moero et Rukwa.

=26.= CLAROTES LATICEPS Rüppell, 1829. — 1 spécimen, Kousri.

Espèce du Haut-Nil, du Nil blanc, du Bahr-el-Gebel.

=27.= CHRYSICHTHYS AURATUS I. Geoffroy, 1829. — 2 spécimens, Fort-

Archambault.

Cette espèce à laquelle il faut ramener, semble-il, le _C. macrops_

Günther est connue du Nil, du Niger et de la Côte de l’Or.

=28.= SYNODONTIS SCHALL Bloch Schneider, 1801. — 1 spécimen, Kousri. 4

spécimens jeunes, Fort-Archambault.

Du Nil, du Sénégal, des lacs Rodolphe et Stéphanie.

=29.= SYNODONTIS MEMBRANACEUS Geoffroy, 1809. — 2 spécimens, Kousri et

Fort-Archambault.

Du Nil blanc, du Sénégal et du Niger.

=30.= SYNODONTIS COURTETI Pellegrin, 1906[276].

La hauteur du corps est contenue 4 fois 1/4 dans la longueur, celle de

la tête 3 fois. Le museau très allongé, subacuminé, dilaté à la région

buccale, fait le double de la région postoculaire de la tête. L’œil

situé dans la seconde moitié de la tête est supère, son diamètre est

contenu 5 fois 1/2 dans la longueur de la tête, 1 fois 1/2 dans l’espace

interorbitaire. La bouche est entourée de lèvres très développées,

papilleuses. Les barbillons maxillaires simples, non membraneux,

s’étendent seulement jusqu’à l’origine de la pectorale, les barbillons

mandibulaires externes, avec 3 filaments simples, environ jusqu’au même

point. Les barbillons mandibulaires internes avec 5 ou 6 filaments non

ramifiés finissent à peu près sous le bord antérieur de l’œil. Les dents

mandibulaires courtes, crochues sont au nombre de 15. La fente

operculaire ne s’étend pas au-dessous de la base de la pectorale. Les

plaques céphaliques sont presque complètement recouvertes par la peau

pustuleuse. Le bouclier occipito-nuchal ne s’étend pas en arrière au

delà de la base de l’épine de la dorsale. Le prolongement huméral peu

élevé, non armé d’épines, se termine en arrière en pointe aiguë

n’atteignant pas tout à fait aussi loin que le bouclier occipito-nuchal.

La dorsale a 7 rayons branchus, son épine sans serratures antérieures

fait la moitié de la tête. La base de l’adipeuse égale 2 fois la

longueur de celle de la dorsale rayonnée. La distance qui sépare les

deux nageoires est un peu inférieure à la base de la dorsale rayonnée.

L’anale a 13 rayons dont 9 branchus[277]. L’épine de la pectorale est

plus forte et plus longue que celle de la dorsale, avec une douzaine de

dents réclinées au bord postérieur, environ le double au bord antérieur.

La ventrale n’atteint pas tout à fait l’anale. La caudale est

médiocrement fourchue.

La coloration est grisâtre avec de très nombreux petits points sur la

tête, de plus grandes taches noires sur les nageoires et sur le ventre

s’agrandissant encore sur le corps où elles atteignent les dimensions de

l’œil et forment 4 ou 5 rangées longitudinales plus ou moins régulières.

D. I 7 ; A. III 9 ; P. 10 ; V. 7.

No 04-83. Coll. Mus. — Fort-Archambault : Mission Chari-Lac Tchad

(Chevalier-Decorse) _Type_.

Longueur : 85 + 20 = 105 millimètres.

[Illustration : FIG. 82. — _Synodontis Courteti_ Pellegrin.]

Cette espèce que je dédie bien volontiers à M. Courtet, membre de la

mission Chari-Lac Tchad, n’est représentée que par un petit spécimen, ce

qui m’avait fait hésiter d’abord à la décrire. Elle est remarquable par

la longueur de son museau qui la rapproche de _Synodontis Vaillanti_

Boulenger[278] de Bangi sur le Haut Oubangui ; elle présente également

des affinités avec _S. longirostris_ Boulenger, de la rivière Yembe à

Banzyville (Oubangui)[279], ces deux régions assez voisines comme l’on

sait du bassin du Chari.

=Ophiocephalidæ.=

=31.= OPHIOCEPHALUS OBSCURUS Günther, 1861. — 2 spécimens, Fort-

Archambault.

Du Nil blanc, du Bahr-el-Jebel, de la Gambie au Congo.

=Anabantidæ.=

=32.= ANABAS WEEKSI Boulenger, 1896. — 2 spécimens, Fort-Archambault.

Espèce du Congo.

=Cichlidæ.=

=33.= HEMICHROMIS FASCIATUS Peters, 1857. — 2 spécimens, Fort-

Archambault.

Espèce de l’Ouest de l’Afrique, du Sénégal, du Niger, de l’Ogôoué et du

Congo.

=34.= HEMICHROMIS BIMACULATUS Gill, 1862. — 3 spécimens, Fort-

Archambault.

Espèce s’étendant du Sahara et du Nil à toute l’Afrique occidentale

jusqu’au Cap.

=35.= TILAPIA NILOTICA Linné, 1766. — 3 spécimens, Fort-Achambault.

Espèce répandue en Syrie, dans le bassin du Nil, le lac Kivu, le

Gallaland, le Soudan, le Sénégal, la Gambie, le Niger.

=36.= TILAPIA HEUDELOTI A. Duméril, 1859. — 3 spécimens, Fort-

Archambault.

Du Sénégal au Congo.

=37.= TILAPIA ZILLII Gervais, 1848. — 1 spécimen, Fort-Archambault.

Espèce de Palestine, d’Egypte, du Sahara et du Niger.

=38.= TILAPIA MELANOPLEURA A. Duméril, 1859. — 3 spécimens, Fort-

Archambault.

Du Sénégal au Congo et au Chiré.

=Mastacembelidæ.=

=39.= MASTACEMBELUS LOENNBERGI Boulenger, 1898. — 5 spécimens, Fort-

Archambault (Flaques du Ba-Kiré).

Du Niger et du Cameroun.

=Tetrodontidæ.=

=40.= TETRODON FAHAKA, Hasselquist, 1757. — 1 spécimen, Fort-

Archambault.

Espèce du Nil, du Sénégal et du Niger.

=POISSONS DU BASSIN DU CONGO=

=Cyprinodontidæ.=

=41.= HAPLOCHILUS CHEVALIERI Pellegrin, 1904[280].

La hauteur du corps est contenue 4 fois à 4 fois 1/2 dans la longueur

sans la caudale, celle de la tête 3 fois 1/2. La tête est très aplatie

au-dessus. La mâchoire inférieure est proéminente ; les dents de la

série externe fines et aiguës sont plus volumineuses et assez espacées.

Le diamètre de l’œil est égal ou un peu inférieur à la longueur du

museau et est contenu 3 fois dans la longueur de la tête, 1 fois 1/2

dans l’espace interorbitaire. Il existe de grandes écailles sur la tête

et sur l’opercule. Les écailles cycloïdes sont au nombre de 27 ou 28 en

ligne longitudinale, de 8 en ligne transversale. La ligne latérale est

représentée par une série de petits points. La dorsale à 7 ou 8 rayons

commence au-dessus de l’antépénultième rayon de l’anale, 3 fois plus

près de l’origine de la caudale que du bord antérieur de l’œil, au

niveau de la 19e ou 20e écaille longitudinale. L’anale a 13 ou 14

rayons, les postérieurs égalant environ ceux de la dorsale. La pectorale

atteint la ventrale et fait les 2/3 de la tête. La ventrale arrive à

l’anale ou presque. Le pédicule caudal est au moins aussi haut que long.

La caudale est en pointe, les rayons médians sont très prolongés et

dépassent la longueur de la tête.

La coloration est des plus brillantes. Le dos est olivâtre, les côtés et

le ventre sont jaunes. Une ligne foncée court sur le bas des flancs et

du pédicule caudal. Chaque écaille sur les côtés porte un large point

rouge carmin. Les nageoires sont jaunes ; la dorsale, l’anale et la

caudale finement ponctuées de carmin. Les mâchoires sont bordées de

carmin. Une ligne semicirculaire brune s’étend, à la face inférieure,

d’un angle de la bouche à l’autre.

D. 7-8 ; A. 13-14 ; P. 14 ; V. 5 ; L. long. 27-28 ; L. transv. 8.

No 04-62. Coll. Mus. — 3 exemplaires. Brazzaville : Mission Chari-Lac

Tchad (Chevalier-Decorse) _Types_.

Longueur totale : 48, 48, 47 mm.

[Illustration : FIG. 83. — _Haplochilus Chevalieri_ Pellegrin.]

Cette jolie espèce, que je dédie bien volontiers au Chef de la mission

Chari-Tchad, se rapproche surtout d’_Haplochilus singa_ Boulenger,

espèce décrite[281] il y a quelques années d’après un exemplaire mâle

des marais de Boma à l’embouchure du Congo. Elle s’en distingue surtout

par la forme de sa caudale dont les rayons médians sont prolongés en

pointe accentuée, tandis qu’au contraire cette nageoire est « échancrée,

quelques-uns des rayons supérieurs et inférieurs étant prolongés », dans

l’espèce de BOULENGER.

_H. Chevalieri_ présente aussi certains caractères communs avec _H.

cameronensis_ Boulenger[282] de la rivière Kribi, mais dans cette espèce

la dorsale commence bien plus en avant.

=42.= HAPLOCHILUS DECORSEI Pellegrin, 1904[283].

[Illustration : FIG. 84. — _Haplochilus Decorsei_ Pellegrin.]

La hauteur du corps est contenue 3 fois 2/3 à 4 fois dans la longueur,

sans la caudale, la longueur de la tête 3 fois 1/2. La tête est plate en

dessus. La mâchoire inférieure est proéminente ; les dents coniques sont

fines et aiguës. Le diamètre de l’œil est au moins égal à la longueur du

museau et est contenu 1 fois 1/2 dans l’espace interorbitaire, près de 4

fois dans la longueur de la tête. Il y a de grandes écailles sur

l’opercule. Les écailles cycloïdes, sont au nombre de 25 à 28 en ligne

longitudinale, 11 ou 12 en ligne transversale. La dorsale à 8 ou 9

rayons commence au-dessus du milieu ou du début du 3e tiers de l’anale,

2 fois plus près de l’origine de la caudale que du bord antérieur de

l’œil, au niveau de la 16e ou 17e écaille longitudinale. L’anale a 13 ou

14 rayons égalant environ ceux de la dorsale. La pectorale fait les 2/3

de la tête. Les ventrales petites n’atteignent pas l’anale. Le pédicule

caudal est 1 fois 1/2 aussi long que haut. La caudale est arrondie,

acuminée, les rayons médians plus ou moins prolongés en pointe égalant

parfois la longueur de la tête.

La coloration est uniformément jaunâtre avec le bord de chaque écaille

très foncé. Le ventre est clair. Une ligne sombre s’étend de la tête à

l’origine de la dorsale. Chez les femelles, les nageoires sont

grisâtres, la dorsale, l’anale et les ventrales avec de petits points

carmins plus ou moins nombreux. Chez les mâles (?) quelques lignes

longitudinales de petits points de même couleur se voient en outre sur

les écailles de l’opercule et des flancs ; des points carmins existent

aussi sur la caudale qui est finement bordée de carmin.

D. 8-9 ; A. 13-14 ; P. 15 ; V. 6 ; L. long. 25-28 ; L. transv. 11-12.

No 04-61. Coll. Mus. — 5 exemplaires, Bessou (Oubanghi) : Mission Chari-

Lac Tchad (Chevalier-Decorse) _Types_.

Longueur totale : 40, 39, 29, 27, 24 millimètres.

Le plus grand spécimen est une femelle avec des œufs. Cette intéressante

petite espèce que je me fais un plaisir de dédier à mon ami le Dr

DECORSE qui a recueilli avec tant de soin les riches matériaux

ichtyologiques rapportés par la mission Chari-Tchad, est surtout voisine

d’_H. spilauchen_ A. Duméril du Gabon mais peut en être distinguée par

sa mâchoire inférieure proéminente, son œil plus petit[284], sa

coloration et surtout par ses écailles plus nombreuses en ligne

transversale.

L'Afrique centrale française · 第 40 / 66 段