[Note 113 : Altitude de la Gounda : 745 mètres ; l’altitude du plateau

varie entre 790 et 827 mètres.]

[Note 114 : C’est ainsi que naissent la plupart des ruisseaux dans le

plateau banda.]

[Note 115 : On m’avait signalé à Ara la présence du Poivre d’Éthiopie

sur les bords de la Gounda ; je ne l’ai point rencontré. Par contre le

_Piper Clusii_ fructifié abonde. Il y a très peu de lianes à

caoutchouc.]

[Note 116 : Il formait un carré de 100 mètres de côté.]

[Note 117 : Les seules plantes naturalisées qui aient subsisté sont le

ricin et le piment.]

[Note 118 : Les bazinguers de Senoussi prétendent que la destruction de

la ville remonte à quelques années auparavant ; leur maître n’aurait

plus trouvé qu’à glaner dans les ruines amoncelées par Rabah.]

[Note 119 : 20 janvier.]

[Note 120 : Le _Coffea excelsa_ y est très commun.]

[Note 121 : Parmi les essences, citons le _Tetrapleura Thonningii_, un

_Xanthoxylum_ arborescent à tronc couvert de grosses épines, une

Euphorbe cactiforme, dont les rameaux sarmenteux s’élèvent à 7 ou 8

mètres et retombent à 1 mètre du sol, un très grand _Sanseviera_, le

_Landolphia owariensis_ ; le _Coffea excelsa_ paraît manquer.]

[Note 122 : Altitude : 744 mètres.]

[Note 123 : Spécialement l’espèce à tiges très flexibles et sans épines

sur la gaine des feuilles.]

[Note 124 : Le lit de ces ruisseaux s’encaisse ordinairement dans la

roche et les cascadelles sont nombreuses au milieu de galeries assez

épaisses.]

[Note 125 : Altitude : 560 mètres. Les altitudes relevées dans les Kagas

environnants varient de 591 à 634 mètres.]

[Note 126 : Le village de Kaka, situé dans le voisinage, est occupé par

des Couraboulous ; ce sont des Diris, originaires du Dar Kouti, amenés

près de Ndellé par Senoussi.]

[Note 127 : Le plus important, le Mansaco, à 500 mètres au S. de Golo,

est complètement asséché. Son lit s’encaisse de 5 à 8 mètres dans les

rochers (il est ici près de sa source) ; large de 8 à 15 mètres, il est

presque entièrement occupé par une belle galerie où je remarque

plusieurs touffes de bambou d’Abyssinie. Sur le haut du plateau, on

trouve, outre les _Landolphia_ nains, les deux espèces utiles : _L.

Owariensis_ et _L. Heudelotii_, le _Clitandra_ ; enfin le _Landolphia

amœna_ est commun dans les rochers. On rencontre aussi sur le plateau

une plante très curieuse l’_Encephalartos septentrionalis_.]

[Note 128 : Altitude de Golo : 633 mètres ; du sommet de la falaise, 719

mètres : altitudes relevées pendant la traversée du plateau (20

kilomètres) : 706, 752, 767, 745, 752, 727 mètres ; Mansaka, 668

mètres ; Djalmada, 645 mètres.]

[Note 129 : Au cours de nos marches nous eûmes beaucoup à souffrir d’un

ennemi qui semble bien insignifiant ; la mellipone. On a beaucoup

exagéré le danger des fauves et des reptiles pour l’explorateur ; on

s’est plaint des ennuis que font subir les fourmis, les termites, les

insectes xylophages. Tout cela n’est rien à côté de l’irritation

énervante causée par la mellipone. C’est un hyménoptère gros comme un

très petit moucheron (3 millimètres de long), noir de tête et de

corselet ; l’abdomen, très aplati, est brun roussâtre en dessus et

blanchâtre en dessous ; le cou et les pattes sont velus, les ailes

diaphanes avec des reflets roses et bleuâtres. Vivant en société comme

l’abeille, elle gîte dans les crevasses des rochers ou dans les troncs

d’arbres secs renversés sur le sol. Le miel, d’un jaune brun, est encore

plus sucré et plus fin que celui de l’abeille, on en trouve parfois de

très acide, couleur jaune-clair, produit peut-être par une autre espèce.

On rencontre des nuées de mellipones dans presque toutes les parties

boisées des plateaux qui dominent Ndellé, dans une grande partie du

Soudan occidental, sur le Haut-Oubangui au N. des rapides de

l’Eléphant : la forêt équatoriale semble ici barrer son extension. Aux

environs de Mansaka ces insectes sont si nombreux qu’ils constituent un

fléau insupportable. Quand vous êtes à cheval, ils tourbillonnent déjà

par centaines autour de votre tête et de vos mains, mais si vous vous

arrêtez c’est par milliers qu’ils s’assemblent autour de vous, vous

frôlant sans cesse, entrant dans les yeux, dans le nez, les oreilles,

dans la bouche si vous parlez, se noyant par dizaines dans votre verre.

N’essayez pas d’ailleurs de les écraser : ils dégagent une odeur des

plus écœurantes.]

[Note 130 : Le Djalmada, affluent du Djangara, est tari ; on creuse des

trous dans l’argile blanche et on recueille l’eau qui suinte la nuit.]

[Note 131 : Kouboudoukou est à 596 mètres.]

[Note 132 : Le filtre au permanganate magnéso-calcique la rend plus

limpide, mais elle conserve néanmoins son goût terreux.]

[Note 133 : Rat des roseaux (_Aulacode swinderien_).]

[Note 134 : L’eau est d’un gris blanchâtre, si trouble qu’on ne peut

distinguer le fond à 0m,30. Les parties vaseuses sont parfois couvertes

de châtaigne d’eau, de _Nymphæa_ pourprés, de _Potamogeton_, d’_Alisma

humilis_, de _Jussieria_ dont les racines se transforment en flotteurs

d’un blanc d’ivoire. Mais l’espèce caractéristique de ces mares, en des

lits asséchés, c’est le _Panicum Bourgu_ habité par de nombreux « Rats

des roseaux », que nos porteurs manquent rarement de pourchasser.]

[Note 135 : Une végétation composée d’un très petit nombre d’espèces

(Nénuphar, _Potamogeton_, etc.), mais très abondante, remplit parfois le

lit entier de la rivière.]

[Note 136 : Les Mellipones sont communes, mais dans le bush et non dans

les plaines d’inondation. La plupart des arbres qui présentent des creux

sont occupés par le nid de ces Hyménoptères, dont nos porteurs

recherchent le miel.]

[Note 137 : Ces rideaux d’arbres et d’arbustes s’appellent en banda

_Goungou_, en ndouka _Koutou_, en bambara _Kotori_.]

[Note 138 : Le _Balanites ægyptiaca_ nous apparut pour la première fois

en cette station.]

[Note 139 : Ces prairies nues sont désignées par les Roungas sous le nom

de _Koubou_, de _Rando_ par les Bandas ; enfin des Bambaras emploient le

terme de _Kégnaka_ pour un type analogue au Soudan occidental.]

[Note 140 : Ce genre de terrain s’appelle _Pata_ en banda, _Bodo_ en

ndouka et _Bogondongou_ en bambara.]

[Note 141 : On sait que ce trait se retrouve chez les Danakil des

marécages du Haut-Nil.]

[Note 142 : Les Arabes du Dar-Sila perdraient, au passage de cette zone

marécageuse infestée par la Boguené, le tiers du bétail et des chevaux

qu’ils conduisent à Ndellé. (D’après le capitaine JULIEN).]

[Note 143 : Les gens d’Adem se sont avancés jusqu’au village koulfé de

Molo, situé à 75 kilomètres environ à vol d’oiseau au N.-E. de Fort-

Archambault, et sur le plateau Sara à moins de 60 kilomètres à vol

d’oiseau.]

[Note 144 : La plaine au pied des collines est à une altitude de 470 à

Télé.]

[Note 145 : Télé est un village Ndouka.]

[Note 146 : Un des bazinguers de Senoussi qui nous accompagnaient a

découvert dans le sable une ponte de crocodile de 48 œufs. Nous avons

cassé un de ces œufs et le petit crocodile se mit à marcher. Les

bazinguers ont fait cuire les autres œufs sans les casser et les ont

mangés.]

CHAPITRE VIII

GÉNÉRALITÉS SUR LE PAYS DE SENOUSSI

I. Aperçu général. — II. Aperçu sur la météorologie de Ndellé. — III.

Végétation et agriculture.

* * * * *

I. — APERÇU GÉNÉRAL

La partie orientale du bassin du Chari, où le sultan Senoussi s’est

constitué un petit empire placé sous le protectorat français, comprend

deux contrées fort distinctes.

L’une située au S. et au S.-E. de Ndellé forme un plateau élevé de 650 à

850 mètres au-dessus du niveau de la mer, où naissent les affluents

orientaux du Chari, ceux de la Kotto, ainsi que les rivières du S.-O. du

Dar Four. Ces rivières, tant qu’elles sont sur le plateau, coulent dans

des lits profondément entaillés dans la roche qui est, tantôt le grès

horizontal rapporté sans preuves paléontologiques aux formations du

Karroo, tantôt le grès ferrugineux improprement désigné sous le nom de

latérite par JUNKER et les voyageurs récents.

Les galeries qui bordent ces rivières ont encore la splendeur des

galeries du bassin de l’Oubangui. Certains arbres s’y élèvent à 40

mètres de hauteur. Les lianes s’y enchevêtrent, les palmiers, les

fougères, les grandes aroïdées vivent sous ce couvert imposant. Quelques

orchidées épiphytes, associées aux tiges sarmenteuses du _Piper Clusii_,

ou des _Culcasia_ enlacent les vieux troncs d’arbres couverts de

mousses, de lichens et de champignons. Ces galeries dépassent rarement

100 mètres de largeur et sont souvent beaucoup plus étroites, mais elles

existent partout où il y a un cours d’eau coulant sur la roche.

L’eau y circule d’une manière permanente, au contraire, les moins

importantes de ces rivières s’assèchent au printemps dans la partie de

leur cours situé dans la plaine : à 150 kilomètres de sa source, le

Bangoran, en février, n’est plus formé que d’une chaîne de mares

occupant les dépressions du lit asséché alors qu’à quelques kilomètres

de sa source, c’est, à la même époque, une belle rivière au courant

assez rapide.

Au delà des galeries s’étend, sur tout le plateau, une végétation assez

dense quoique subissant annuellement l’action des incendies de brousse.

Le bambou d’Abyssinie forme de grandes taches, et ses chaumes, la

plupart desséchés, couvrent des centaines d’hectares, à l’exclusion de

toute autre végétation.

Les _Vouapa_, les _Afzelia_, les _Daniella_ et d’autres légumineuses

arborescentes forment parfois des futaies assez étendues, mais leurs

troncs sont complètement nus et dépourvus de toute végétation

cryptogamique. La brousse claire (le bush de SCHWEINFURTH) avec des

arbres nains aux troncs tordus, est l’exception.

Cette contrée est de beaucoup la plus riche en productions naturelles.

La liane à caoutchouc du Soudan (_Landolphia owariensis_ et _L.

Heudelotii_) et surtout les lianes naines (lianes des herbes) donnant du

caoutchouc dans leurs racines, y sont fréquentes ; un intéressant

caféier sauvage se rencontre dans les galeries, ainsi qu’un poivrier ;

le palmier à huile croît sur le haut Tété.

C’est aussi sur le plateau que sont établis la plupart des villages, et

lorsque les Arabes ou plutôt les Baguirmiens islamisés et les Rabistes

sont venus conquérir cette contrée, ils ont eux aussi construit leurs

zéribas sur les escarpements du plateau ou dans les déchirures qui sont

fréquentes à l’entrée de la plaine.

Celle-ci constitue l’autre contrée du Chari oriental. C’est une seconde

terrasse de 100 à 150 mètres en contre-bas de la première. Nous avons

décrit son aspect à l’O. de Ndellé dans un précédent chapitre. Nous

avions traversé cette plaine en venant de Fort-Crampel après le massif

des Mbras, en coupant les dépressions du moyen Koukourou, du moyen

Bamingui et du Bangoran.

Les kagas[147], dispersés entre ces rivières, sont tantôt d’énormes

blocs de quartzites que l’érosion a respectés, tantôt des dômes de

granit semblables à de gigantesques termitières. Ce sont les seuls

accidents de terrain qu’on observe de ce côté.

Au N.-N.-E. de Ndellé, la plaine a un autre aspect et la monotonie de la

végétation s’accentue davantage encore.

Jusqu’à la Tété et à l’Aouk le pays est très faiblement irrigué et le

lit des rivières qui le traversent ne contient plus d’eau à la saison

sèche.

De Ndellé jusqu’aux derniers ruisseaux allant à la Mindja Engoulou

(rivière de Ndellé, affluent du Bangoran), le grès horizontal vient

mourir au bord de la plaine, formant une falaise presque abrupte

diversement déchiquetée, mais ayant une direction générale N.-S. Cette

falaise domine la plaine de 50 à 80 mètres.

En poursuivant la route vers le N., en même temps qu’on descend, on

passe du grès horizontal sur des quartzites inférieurs à stratification

très inclinée.

On coupe près de leurs sources le Mansaka et le Djalmada complètement

asséchés en mars, mais environnés encore de petites galeries. Ces deux

ruisseaux sont les hauts affluents du Djangara, rivière du Kouti,

tributaire de l’Aouk, actuellement inconnue, mais qui aurait, au dire

des Arabes, l’importance du Bangoron. Ensuite on coupe ou on longe de

faibles ondulations constituées par les quartzites, très redressés, dont

il a été question. En se décomposant ces quartzites ont donné un sol

très pierreux, peu boisé, impropre à la culture.

Par une pente insensible, on arrive dans cette vaste région d’inondation

qui, commençant à la Tété, se poursuit jusqu’à la frontière du Dar Four

sur près de 8° en longueur et qui atteint environ 80 kilomètres de

largeur ; c’est la basse plaine du Mamoun, dont l’altitude est comprise,

à la limite des hautes eaux, entre 470 et 490 mètres au-dessus du niveau

de la mer.

Cinq grandes rivières originaires des plateaux du S. : la Tété, le

Moussoubourta, le Boungoul, la Mindja ou Diahap, enfin, le Bahap, ont

tracé leur lit dans ce pays marécageux, sans pente, et sont réunies

entre elles par plusieurs bras communiquant eux-mêmes par des cheneaux

au lit incertain, avec des étangs et des canaux à une seule issue.

A l’E. du Dar Sara et du Dar Salamat, tous ces bras se réunissent en un

seul auquel on peut conserver le nom d’Aouk que lui a donné NACHTIGAL.

En réalité Aou, synonyme de Bahr ou de Ba, signifie fleuve en langue

rounga. Il y a l’Aou Tété, l’Aou Boungoul, etc. C’est incontestablement

le Boungoul qui doit être regardé comme la branche principale de l’Aouk.

Où nous l’avons traversé, le cours mesure de 30 à 35 mètres. La berge de

la rive droite a 4 mètres et la bande d’inondation a 300 à 500 mètres de

large.

Si, comme cela est probable, aucun barrage de roches n’interrompt le

cours inferieur du Ba Aouk, cette artère, la plus longue du bassin du

Chari, pourrait être remontée à l’hivernage par des embarcations assez

sérieuses.

On pourrait de même remonter la Tété, large de 25 mètres, avec des

berges de 1m,50 à 3 mètres de hauteur, où nous l’avons passée, et le

Bahap qui mesure à côté du Mamoun 30 à 60 mètres de large avec des

berges de 2 à 4 mètres, mais où l’eau ne coule plus au moment des plus

basses eaux que sur 6 à 10 mètres de largeur et 0m,20 à 0m,30 de

profondeur.

La Tété prend sa source à une cinquantaine de kilomètres au S.-E. de

Ndellé. Le Moussoubourta reçoit la Gounda qui naît près des ruines de

l’ancienne ville kreich de Mbélé.

Le Boungoul vient du même plateau, mais plus à l’E. dans la contrée

habitée autrefois par des Bongos.

Quant au Diahap, il est formé par la Mindja, rivière originaire des

Monts Châla, où POTAGOS a découvert ses sources en 1878.

Après avoir traversé le pays des Bingas, la Mindja se divise en deux

branches, l’une constitue le Bahap et l’autre le Diahap nommé aussi

Kuési, vient tomber dans le Boungoul. Le nom de Mamoun est donné à une

mare en arc de cercle, située au N. du Bahap, qui mesure aux basses eaux

40 à 50 mètres de large sur 4 kilomètres de long et 0m,50 à 1 mètre de

profondeur, avec des fosses plus profondes où se retirent les

hippopotames à la saison sèche. Vers le N. ce chenal s’élargit en un

marais qui collecte en hivernage les eaux des environs et au S. est

séparé du Bahap par une jetée naturelle, large de 20 mètres, coupée de

deux fossés par lesquels le trop-plein du Mamoun se déverse dans le

Bahap qui, à partir de là, prend le nom de Koumara (en goulla), Kamaré

(en arabe).

Au N. du Mamoun existent encore d’autres rivières que coupent les

caravanes qui se rendent au Dar Sila : l’une est l’Aou Kali, qui va se

jeter dans l’Aouk, et l’autre la Mé (probablement le Mérabé de

NACHTIGAL) qui irait au Bahr Salamat.

Quant à l’ouadi Nzilli, c’est l’affluent le plus septentrional de

l’Aouk. Il viendrait des hauteurs du Dar Fongoro, riches en _Borassus_

et situées en plein Dar Four.

Par extension les Arabes ont donné le nom Mamoun à toute la région des

rivières du delta de l’Aouk. A la saison des pluies cette région devient

un immense lac dont le Mamoun, proprement dit, constitue la partie la

plus centrale. Chaque rivière et chaque chenal est environné de

bordures, larges de quelques centaines de mètres et parfois de plusieurs

kilomètres, entièrement dépourvues d’arbres et sur lesquelles doit

s’étendre l’inondation à la saison des pluies.

L’ensemble constitue alors une immense nappe d’eau remplie de plantes

aquatiques d’où émergent des îles plus ou moins boisées et surélevées de

quelques mètres à peine. Lorsque la crue est terminée, il ne reste plus

que des flaques d’eau dans les dépressions séparées par des prairies de

bourgou et d’andropogonées amphibies.

Il est difficile de se faire une idée de la richesse de cette contrée en

grands mammifères herbivores. Dans le court séjour que nous avons fait

au Mamoun, nous avons vu 4 à 5 espèces d’antilopes par grands troupeaux

de 10 à 50 individus, un couple de rhinocéros, de nombreux phacochères.

Les Fahr el bous (_Aulacodus_) foisonnent dans les prairies de Bourgou

et constituent un des gibiers les plus délicats. Nous avons vu en outre

des traces fraîches de buffles, de girafes, et les abords des mares sont

littéralement piétinés par les éléphants et les hippopotames ; enfin les

indigènes nous ont assuré que le lamantin nommé abkour par les Arabes et

kerevoa par les Goullas était commun dans le Mamoun et dans les parties

les plus profondes du Boungoul.

Les oiseaux de rivage qui vivent sur le bord des grands fleuves

africains ne sont pas moins nombreux ; les aigrettes, en particulier,

sont fréquentes. Dans l’eau on trouve une tortue qui mesure plusieurs

décimètres de diamètre, le crocodile vulgaire y est commun, ainsi que

diverses espèces de grands poissons siluridés.

La végétation se compose des essences habituelles de la zone

soudanienne : le karité, le nété, le cailcédrat, le _Diospyros

mespoliformis_, les _Terminalia_, les _Combretum_, auxquels s’ajoutent

quelques espèces plus septentrionales, comme le _Balanites ægyptiaca_,

le _Sclerocarya Birrœa_, le _Combretum aculeatum_, le _Boscia

senegalensis_, etc. Chose curieuse, les _Acacia_ et plusieurs autres

arbustes épineux des steppes, y sont moins communs que dans les plaines

plus méridionales du Bangoran. Le bourgou, la plante saccharifère de

Tombouctou, remplit la plupart des fossés et le riz réussirait

parfaitement dans tous les terrains s’inondant chaque année. Cependant

le pays est pauvre et peu peuplé.

En résumé, les contrées situées à l’E. et au S. du Ouadaï n’ont qu’une

valeur médiocre. La liane à caoutchouc, principale richesse de l’Afrique

centrale que l’Européen puisse exploiter, y fait presque complètement

défaut.

Enfin les habitants, comme toutes les races faibles du Soudan, ont

beaucoup souffert des incursions des musulmans qui, loin de développer

une civilisation, n’ont laissé que des traces de leur oppression, en

faisant partout de larges vides.

II. — APERÇU SUR LA MÉTÉOROLOGIE DE NDELLÉ[148]

En décembre, janvier et février, la direction du vent oscille entre le

N. et l’E., en se fixant souvent au N.-E. Quand la direction se

rapproche de l’E., il devient froid et parfois légèrement humide ; s’il

est au N., au contraire, il est brûlant et élève la température. C’est

en janvier que ce vent atteint sa plus grande intensité ; il souffle

parfois toute la nuit avec une violence qui augmente encore de 7 à 10

heures ; vers midi il cesse généralement pour reprendre un peu vers le

soir.

Quand il est franchement de N.-E., ce vent transporte beaucoup de sable,

mais pas suffisamment pour en accumuler d’une façon sensible dans les

dépressions du relief. Il contribue largement à la dissémination des

graines à cette époque. Il fait tomber les fruits indéhiscents des

arbres (_Detarium_), entr’ouvre les gousses (_Erythrophleum_),

transporte les aigrettes (_Vernonia_), charrie les fruits à ailettes

(_Combretum_, _Terminalia_). Il arrache aussi les feuilles mortes ;

c’est pourquoi beaucoup d’arbres de la brousse perdent leurs feuilles en

décembre et janvier (_Terminalia_, _Combretum_, _Parkia_,

_Butyrospermum_, _Vitex_, _Anogeissus_). Les rameaux de certaines

espèces se détachent même des branches principales (_Detarium_, Bambou).

Il a parfois une influence néfaste sur la végétation en grillant les

fleurs (_Butyrospermum_, Mimusops des rochers). Il est probable qu’il

active l’écoulement de la gomme des Légumineuses arborescentes

(_Acacia_, _Parkia_, _Lonchocarpus erinaceus_, _Afzelia_), car en

janvier le pied des arbres est parfois entouré d’une masse séreuse de

gomme.

Le vent soufflant de l’O. précède les tornades du petit hivernage. Le 19

février, au matin, la direction E. du vent s’est brusquement renversée,

le vent souffle avec impétuosité de l’O., charriant toujours du sable ;

le temps, moins sec qu’auparavant, est très lourd. A midi, il se

ralentit, mais le soir, à 8 heures, il redevient violent en venant

toujours franchement de l’O. (malgré une légère déviation vers le N.).

La nuit a été très lourde, la transpiration abondante. Le thermomètre

qui était monté à 37° n’est pas descendu au-dessous de 27°. Le soir, il

y avait eu des éclairs vers l’O. et à 2 heures, nous avions entendu les

roulements lointains du tonnerre. Le 20, à 8 heures et demie du matin,

le ciel est couvert, le vent a cessé, il tombe quelques gouttes de pluie

sans tonnerre. Les précipitations de cette saison sont très faibles à

Ndellé[149], tandis que les pluies ne sont pas rares alors à Fort-Sibut

ni parfois à Fort-Crampel.

Dans le Dar Kouti, c’est le début du printemps qui marque l’extrême

sécheresse du pays. A partir de février, le Bangoran ne coule plus, la

Mindja Engoulou est tarie, il ne reste plus que çà et là des flaques

d’eau. Ce n’est plus qu’à leur sortie des massifs de grès horizontaux

que les ruisseaux ne sont pas à sec, mais dès qu’ils sont parvenus dans

la plaine, tout s’évapore. Il reste seulement dans leur lit des

chapelets de mares permanentes.

La saison des pluies débute aux premiers jours de mars par une série

d’orages, mais non accompagnés de précipitations très abondantes. On

observe fréquemment un vent d’O., le ciel est parfois couvert et

orageux. La première pluie est tombée à Ndellé le 16 mars ; le 29, à 3

heures, il y eut un orage assez fort, accompagné de tonnerre ; à 4

heures, quelques gouttes d’eau sont tombées ; le 30, le ciel fut très

couvert le soir, mais à la nuit les nuages se dissipèrent. Une forte

tornade avec tonnerre, éclairs et pluie abondante, qui a duré une demi-

heure, eut lieu le 3 avril au soir ; le 4, il y eut un nouvel orage ;

puis encore le 8 au soir, avec quelques gouttes d’eau. En somme, la

saison des pluies commence franchement au début d’avril pour continuer,

dans toute sa force, jusqu’en octobre.

Dès avril on se met à cultiver les champs situés autour des habitations.

Ceux qui ont du bétail le parquent là quelques jours. On ensemence alors

autour des cases du maïs, des patates, des dazos.

Les grandes plantations ne se feront qu’un peu plus tard.

MATURATIONS. — Du 25 février au 5 mars, _Lophira_ ; du 20 au 30 mars, le

_Daniella_, puis le _Vouapa_ ; les premières _Ximenia_ en février ; les

premiers Nété au 5 avril ; les _Detarium_, de décembre à avril.

En somme, Ndellé a un climat analogue à celui de Fort-Sibut.

III. — VÉGÉTATION ET AGRICULTURE

Les populations des Etats de Ndellé sont exclusivement agricoles. En

effet, c’est uniquement dans la culture et la récolte des produits de la

brousse qu’elles peuvent chercher leur subsistance. La chasse ne fournit

presque rien ; la pêche est inconnue et d’ailleurs des rivières comme le

Bangoran et la Tété sont peu poissonneuses. L’industrie n’existe pour

ainsi dire pas. Le prétendu Arabe ne l’a pas introduite dans ces

contrées et l’arborigène était incapable d’aucune initiative. La

teinturerie est ignorée, le travail des cuirs est rudimentaire, le

tissage du coton n’est connu que par des étrangers et des Roungas. Seul

le travail du fer (fonte et forge) entièrement aux mains des Bandas, est

assez perfectionné.

L’étain (mbassa) vient de la Tripolitaine par les caravanes. On n’en

trouve pas dans la région et c’est par erreur que le capitaine JULIEN en

avait signalé la présence vers la moyenne Kotto. Comme le cuivre

(nagas), produit du Dar-Four, il s’emploie pour la fabrication des

bracelets et des ornements d’armes.

L'Afrique centrale française · 第 19 / 66 段