_Copie de la lettre de M._ HOUSSART, _capitaine de vaisseau au long
cours, à M. le Rédacteur de la Feuille d'annonces du Havre_.
Monsieur,
J'ai lu dans votre feuille, du 31 avril, une note sur l'excellence des
préparations de M. Appert; je m'empresse de réunir mon assentiment à
celui de mes honorables camarades qui ont signé cette note.
J'ajouterai qu'ayant été, en 1806, membre d'une commission nommée à
Bordeaux, par M. le Commissaire général de la marine, pour l'examen des
premiers produits de M. Appert, j'ai une expérience de dix-huit ans à
offrir en leur faveur. J'ai constamment fait usage et toujours j'ai
trouvé ses préparations supérieures à tout ce qui existe en ce genre. Au
mois d'août dernier, revenant du Bengale, j'ai pu faire servir à mes
passagers, le jour de ma rentrée au Havre, un pâté de perdreaux, un
fricandeau, des petits pois, des petites fèves et des compotes de
mirabelles qui avaient vingt-deux mois ou deux ans, et dont le palais
le plus délicat n'aurait pas soupçonné l'antiquité.
Prêt à partir pour l'Inde, j'ai renouvelé mes approvisionnemens en
préparations conservées de M. Appert, et même j'ai étendu l'emploi en
l'appliquant à la nourriture de mon équipage, pour lequel j'ai pris de
ses conserves pour cent vingt jours de mer. Il m'est prouvé, par cet
essai, que les matelots seront plus sainement et aussi abondamment
nourris, sans aucune augmentation de dépense et peut-être même avec
économie.
Veuillez bien, monsieur, insérer cette lettre dans un de vos prochains
numéros.
J'ai l'honneur, etc.
_Signé_ HOUSSART.