XXIV

Comment Robert gagna la troisième bataille, où tous les Sarrasins furent

tués.

Peu de temps après l'armée des Sarrasins revint, avec une plus grande

puissance, devant la cité de Rome. Mal leur en prit, car ils y

demeurèrent tous, grâce à Robert.

Avant que l'empereur allât les combattre, il manda ses chevaliers et

leur ordonna, si le chevalier blanc revenait, de faire tout leur

possible pour le prendre, afin qu'il sût de quelle nation il était. Les

chevaliers répondirent qu'ils le feraient.

[Illustration]

Quand la journée fut venue, grand nombre des meilleurs chevaliers de

l'empereur s'en allèrent en un bois, en embuscade, pour essayer de

prendre le chevalier blanc; mais ils perdirent leur peine, car ils ne

purent savoir d'où il venait. Quand ils le virent batailler, ils

sortirent tous du bois; là vous eussiez vu de grands coups se donner,

harnais reluire, trompettes et clairons sonner pour épouvanter les

Sarrasins, et lances se rompre, et gens et chevaux tomber; c'était

plaisir à voir cette fête. Robert, qui était venu sur son cheval blanc

et avec ses blanches armes, se mit au plus fort de la mêlée, et nul, si

hardi qu'il fût, n'osait l'attendre, à cause des grands coups qu'il

donnait, car il frappait d'estoc et de taille [37], et ne perdait pas un

coup. A l'un il rompait la tête, à l'autre les reins: tous demeurèrent

morts.

[Note 37: De la pointe et du tranchant.]

Les Romains se ralliaient autour de lui et prenaient courage. De la

grande joie qu'ils avaient de voir Robert ainsi besogner contre cette

canaille, la force leur croissait tellement, qu'avec son aide tous les

Sarrasins furent occis: de quoi on eut grande joie en la cité de Rome.

Légendes pour les enfants · 第 80 / 156 题