Et il lui serra la main avec effusion…

«Mais, l’important, dit-il, l’important n’est pas là… Il faut

maintenant que nous ne fermions point le cercle. Et vous allez nous y

aider, monsieur Darzac. Attendez-moi!…»

Et, presque joyeux, il se jeta à quatre pattes. Maintenant,

Rouletabille m’apparaissait avec une tête de chien. Il sautait partout

à quatre pattes, sous les meubles, sous le lit, comme je l’avais vu

déjà dans la Chambre Jaune, et il levait de temps à autre son museau,

pour dire:

«Ah! je trouverai bien quelque chose! quelque chose qui nous sauvera!»

Je lui répondis en regardant M. Darzac:

«Mais ne sommes-nous pas déjà sauvés?

— … Qui nous sauvera la cervelle… reprit Rouletabille.

— Cet enfant a raison, fit M. Darzac. Il faut absolument savoir comment

cet homme est entré…»

Tout à coup, Rouletabille se releva, il tenait dans la main un revolver

qu’il venait de trouver sous le placard.

«Ah! vous avez trouvé son revolver! fit M. Darzac. Heureusement qu’il

n’a pas eu le temps de s’en servir.»

Ce disant, M. Robert Darzac retira de la poche de son veston son propre

revolver, le revolver sauveur et le tendit au jeune homme.

«Voilà une bonne arme!» fit-il.

Rouletabille fit jouer le barillet de revolver de Darzac, sauter le

culot de la cartouche qui avait donné la mort; puis il compara cette

arme à l’autre, celle qu’il avait trouvée sous le placard et qui avait

échappé aux mains de l’assassin. Celle-ci était un bulldog et portait

une marque de Londres; il paraissait tout neuf, était garni de toutes

ses cartouches et Rouletabille affirma qu’il n’avait encore jamais

servi.

«Larsan ne se sert des armes à feu qu’à la dernière extrémité, fit-il.

Il lui répugne de faire du bruit. Soyez persuadé qu’il voulait

simplement vous faire peur avec son revolver, sans quoi il eût tiré

tout de suite.»

Et Rouletabille rendit son revolver à M. Darzac et mit celui de Larsan

dans sa poche.

«Oh! à quoi bon rester armés maintenant! fit M. Darzac en secouant la

tête, je vous jure que c’est bien inutile!

— Vous croyez? demanda Rouletabille.

— J’en suis sûr.»

Rouletabille se leva, fit quelques pas dans la chambre et dit:

«Avec Larsan, on n’est jamais sûr d’une chose pareille. Où est le

cadavre?»

Le parfum de la dame en noir · 第 15 / 30 题