... sait souffrir et se taire
_Sans murmurer_;
et le lièvre de _L’Héritière_, qu’un personnage de la pièce se
glorifie
_D’avoir pu (le) tuer vivant._
A propos de ce vers de _Michel et Christine_, maintes fois cité:
Aux _quatre coins_ de la machine _ronde_,
remarquons cette locution usuelle «le coin d’une assiette», qui a
donné lieu à la riposte suivante:
«Mon enfant, disait une mère à son petit garçon assis à table à côté
d’elle, je t’ai déjà recommandé de ne pas mettre sur la nappe les
noyaux de tes cerises; on les dépose sur le coin de son assiette.
— Mais, maman, je ne peux pas le trouver, le _coin_ de mon assiette!»
(Le journal _La Nation_, 31 octobre 1890.)
Mentionnons encore le reproche bien immérité adressé à Molière par
Eugène Scribe, dans son discours de réception à l’Académie française,
et qu’aucun des Immortels ne releva:
«La comédie de Molière nous instruit-elle des grands événements du
siècle de Louis XIV? Nous dit-elle un mot des erreurs, des faiblesses
ou des fautes du grand roi? Nous parle-t-elle de la _révocation de
l’Édit de Nantes_?»
Comment Molière, mort en 1673, eût-il pu parler de la révocation de
l’Édit de Nantes qui eut lieu en 1685, c’est-à-dire douze ans après
sa mort? (Cf. Gustave FLAUBERT, _Dossier de la bêtise humaine_, dans
Guy DE MAUPASSANT, _Étude sur Gustave Flaubert_, en tête des _Lettres
de Gustave Flaubert à George Sand_, p. XLIV.)
Villemessant, qui, comme nous venons de le dire, a parlé, dans
ses _Mémoires_, des bévues d’Eugène Scribe, mentionne, en ce même
endroit, ces deux gentils quatrains extraits de l’opéra-comique
_Jaguarita l’Indienne_, par Saint-Georges et Leuven:
Glissons-nous dans l’herbe
Comme le serpent,
Qui, _fier et superbe_,
S’avance _en rampant_.
La dent de la panthère,
Le ventre du boa,
Voilà, sur cette terre,
Voilà _le sort qu’on a_!
Alfred de Musset et son frère Paul, un soir qu’on venait de jouer,
sur un théâtre de société, un vaudeville de Scribe, annoncèrent
qu’ils allaient représenter un opéra-comique de leur cru, improvisé
séance tenante.
Cette saynète résumait plaisamment les procédés de composition et de
facture chers à Eugène Scribe et à son école.
Celui des deux frères qui remplissait le rôle de l’amoureux
commençait par chanter:
Oui, j’entrerai dans ce château!
Et l’autre, le valet et confident, de roucouler ensuite:
Il entrera dans ce château!
Puis tous deux de chanter en chœur:
Espérance et courage!
Notre sort sera beau,
Et bientôt, je le gage,
Nous aurons l’avantage
D’entrer dans ce château,
D’entrer (_bis_) dans ce château.
C’était la fin du premier acte.
Le second acte ne se compose que du même vers, modifié de mille
façons:
Vous entrerez dans ce château.
Le tyran, déguisé en basse-taille, beugle:
Ils sortiront de ce château!
Voilà le nœud de la pièce.
Et voici le dénouement: