Ame qui n’a dormi que dans le lit de Dieu.
(_Ibid._, Claire, p. 244.)
Dans ce poème, _Pleurs dans la nuit_, déjà mentionné, presque toutes
les strophes seraient à citer comme exemples d’obscurités:
L’espace voit sans fin croître la branche Nombre,
Et la branche Destin, végétation sombre,
Emplit l’homme effaré.
(_Ibid._, p. 234.)
De même, dans _Ce que dit la bouche d’ombre_, tout serait à citer, et
force est de nous restreindre:
L’homme, comme la brute, abreuvé du néant,
Vide toutes les nuits le verre noir du somme.
(_Les Contemplations_, t. II, p. 366.)
La profondeur disant à la hauteur: Je t’aime!
(_Ibid._, p. 382.)
Voir aussi, dans ce volume, les pièces intitulées _Horror_, _Dolor_,
_Hélas! tout est sépulcre_, _Les Mages_, etc.
_La Légende des siècles_, que Théodore de Banville qualifie
d’«impeccable» et déclare «la Bible et l’Évangile de tout
versificateur français» (_Petit Traité de Poésie française_, p. 30
et 2), est un des recueils où, dans ses quatre tomes, Victor Hugo
a réuni le plus de termes rares, le plus de ces énumérations de
vocables étranges, de noms de personnages peu connus ou inconnus,
et que le critique Émile Faguet assure qu’il puisait surtout dans
le vieux dictionnaire de Moreri. «Moreri est la mine où Victor Hugo
descend tous les jours et plusieurs fois par journée. Moreri lui
donne l’histoire, qu’il se charge de rendre pittoresque, surtout
les noms propres bizarres, étranges, inquiétants, qui réveillent
l’attention et la tirent à eux, comme une couleur éclatante tire à
elle les yeux.» (_Le Temps_, 16 juillet 1911, Feuilleton.)
Qu’est-ce que la colline «Callichore»? (_La Légende des siècles_, La
Terre, t. I, p. 24; Hetzel-Quantin, s. d., in-16.)