L. (Calvados), 20 juin 1910.

Je ne puis passer sous silence le miracle que notre chère Sr Thérèse

de l'Enfant-Jésus vient de faire.

Notre lessiveuse, Mme G..., avait des plaies variqueuses depuis des

années; sa jambe faisait peur, tant les plaies étaient profondes. Elle

fut examinée par plusieurs médecins. Quand l'un d'eux, qui avait déjà

guéri des malades atteints de cette infirmité, examina sa jambe, il fut

surpris de voir de pareilles plaies; il lui ordonna un grand repos et

d'aller deux fois la semaine se faire panser au dispensaire, ce qu'elle

fit; et après des mois, sa jambe était toujours très mal. Il lui eût

fallu le repos complet au lit, mais cela était impossible à cette pauvre

femme qui vit uniquement de son travail. Elle souffrait donc atrocement,

surtout la nuit. Emue de pitié, je lui conseillai une neuvaine à notre

chère petite sainte et lui donnai aussi une relique pour la poser sur sa

jambe. A la fin de la seconde neuvaine, toutes les plaies étaient

fermées.

Sr X.,

_religieuse garde-malade_.

Suit le certificat du docteur.

89.

S. (Alsace), juin 1910.

Les personnes les plus réfractaires à la piété--personnes du monde et

jetées dans le tourbillon des œuvres matérielles--se sont trouvées

conquises d'emblée à la vie d'union au Sacré-Cœur, à la communion, au

pur esprit de l'Evangile par quelques mots à peine sur la chère petite

sainte, par quelques pages, que dis-je? _quelques lignes_ de ses écrits

pétris d'amour de Dieu et d'onction du Saint-Esprit. Elles suivent,

depuis, allègrement la voie des _aigles_ et étonnent leur entourage... A

leur tour, elles sont apôtres et des intimes de leur amie du ciel.

Un autre groupe d'âmes, maintenant parues devant Dieu, a consolé mon

ministère--grâce à l'œuvre et à la _voie_ de Sr Thérèse--: les

agonisants! Oh! que de transformations intimes obtenues par elle à ces

minutes dernières où le soleil couchant de la grâce se hâte de mûrir ses

élus pour la récolte, dans la gloire! Ici, les traits sont innombrables

et ravissants...

Rd P. H.

90.

Couvent de X. (Espagne), 3 juillet 1910.

_Guérison de Sœur M._

Il y avait huit ans que notre chère Sr M***, Converse de ce

Couvent, souffrait d'une maladie d'estomac. Plusieurs médecins, à

diverses reprises, dirent que ce pouvait être un cancer ou un ulcère;

mais ils ne l'affirmèrent pas, la maladie n'étant pas arrivée à son

dernier degré, où les vomissements de sang ne laissent plus de doute.

Pendant ce long espace de temps, la malade eut des intervalles de mieux,

elle pouvait alors travailler et suivre en partie la communauté, non

pour la nourriture, car elle était à un régime spécial. Les crises

violentes arrivaient ensuite; alors elle ne pouvait prendre que du lait

et en petite quantité, la morphine seule la calmait dans ce cas. Ces

derniers six mois, les crises se succédèrent très rapprochées; la

malade, d'une maigreur extrême, était très faible. On comprenait que le

mal progressait, et à grands pas; déjà la morphine ne lui produisait

plus l'effet ordinaire. Notre chère sœur souffrait avec une patience

angélique, elle était contente de souffrir pour expier ses péchés, faire

son purgatoire ici-bas et convertir les pécheurs, à l'exemple de Sr

Thérèse de l'Enfant-Jésus, à laquelle elle était très dévote, ayant déjà

reçu d'elle, il y a quelques mois, une grande grâce qu'elle estimait

davantage que sa guérison. Les choses en étaient là, lorsqu'une des

Mères françaises exilées, qui venait de lire la dernière édition de la

grande Vie de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus et les nouveaux miracles

qu'elle raconte, parla à la malade de ces guérisons, surtout de celles

de quatre ulcères à l'estomac, et l'engagea à faire une neuvaine. La

sœur s'y refusa absolument: «Non, dit-elle, car je sais que je

guérirais, et je veux souffrir pour aller au ciel, ou plutôt je ne veux

pas demander la santé, parce que je ne veux que la volonté de Dieu.»

Mais le soir, la Révérende Mère Supérieure visitant la malade, celle-ci

lui raconta l'offre de la Mère française: «Oui, dit la Supérieure, vous

devez faire la neuvaine et demander la santé, car vous savez que la

communauté a besoin de sujets.»

En vraie fille d'obéissance, la sœur, voyant là l'ordre du ciel,

commença dès le lendemain, dimanche 12 juin, une neuvaine très fervente

ayant la conviction intime qu'elle allait guérir. Elle plaça sur son

estomac une relique de «Térésita», rendit tous les médicaments à

l'infirmière, disant: «A présent, j'attends Térésita, c'est elle qui

doit me guérir.»

Les premiers jours de la neuvaine furent pénibles, surtout de nuit où la

malade ne pouvait trouver aucun repos (depuis longtemps d'ailleurs). De

jour, elle travaillait tant qu'elle pouvait à son emploi de cordonnière,

trop même, et comme une des sœurs qui faisait la neuvaine avec elle

l'en reprenait, disant qu'elle gâterait l'œuvre de Sr Thérèse:

«Laissez-moi, répondit la vaillante sœur, quand Térésita verra que je

n'en puis plus, elle viendra, je l'attends, je l'attends!»

Sa grande foi fut récompensée. Le soir du 18, elle se coucha comme à

l'ordinaire, ne pouvant trouver de position reposante dans son lit. Un

peu avant minuit, elle s'assoupit; alors il lui sembla qu'elle sentait

près d'elle une personne qui voulait la guérir. Comprenant que c'était

Térésita, la malade lui dit: «Non, non, je ne veux pas guérir, si ce

n'est pour la plus grande gloire de Dieu.» Mais Sr Thérèse, sans

faire cas de ces paroles, ou plutôt accomplissant la volonté divine,

soulevait les couvertures et passait doucement sa main sur l'estomac de

la sœur. «Alors, dit celle-ci, je sentis comme une rosée céleste qui

tombait goutte à goutte dans tout mon intérieur et le rafraîchissait

d'une manière qui ne se peut dire. Le bien-être surnaturel que

j'éprouvais m'éveilla et je me dis à moi-même: «Mon Dieu! serait-ce

vrai? suis-je guérie?...»

Elle se leva, fit plusieurs mouvements qu'avant cette guérison

miraculeuse elle ne pouvait absolument se permettre sans beaucoup

souffrir; plus rien... aucune douleur! elle se sentait bien, très bien.

Au même instant, minuit sonna: «Oui, pensa la malade, c'est vrai,

Thérèse de l'Enfant-Jésus est descendue à l'heure de la naissance de

l'Enfant-Dieu», et, profondément émue, elle pleura. Puis, elle récita le

_Te Deum_ et la prière à la sainte Trinité, si en honneur en Espagne, et

passa le reste de la nuit en actions de grâces. A 4 heures, elle se leva

comme la communauté et courut chez la Mère Supérieure: «Ma Mère, je suis

guérie; Térésita est venue!» La prudente Prieure demanda à la miraculée

une épreuve de quinze jours avant de rien publier de ce fait

merveilleux.

Pendant cette quinzaine, Sr Marie a repris toute la vie commune:

lever, nourriture, travail. Elle a mangé exprès les choses les plus

indigestes et dont elle était privée depuis des années, elle a bu du

vin... et tout a été trouvé excellent, rien ne lui a fait mal. Les

premiers jours il lui restait une grande faiblesse, dans les jambes

surtout, mais peu à peu les forces sont revenues avec l'alimentation.

Aujourd'hui, sa santé est excellente et elle semble rajeunie. Son

visage, très souvent enflammé autrefois par l'ardeur intérieure qui lui

dévorait l'estomac, a repris une teinte naturelle. Enfin, tout prouve

que Thérèse est «descendue» et que, voyant du bien à faire sur ce petit

coin de terre, elle a laissé tomber du ciel un pétale de rose ou plutôt

une rosée bienfaisante qui a rendu la santé à sa privilégiée.

Nous l'appelons ainsi, puisque voilà deux fois qu'elle reçoit de Sr

Thérèse des preuves de son affection.

Sr X.

91.

Couvent de la Providence, X., 14 juillet 1910.

Ma sœur et son mari étaient un sujet de mauvais exemple pour leur

nombreuse famille de sept enfants. Aucun moyen n'avait été épargné pour

les rappeler à leurs devoirs. Ne sachant plus à quel saint me

recommander, j'abandonnai à la bonne Providence le soin d'intérêts si

chers et si sacrés.

Cependant, sur les instances réitérées d'une de nos sœurs, je me

décidai, quoique avec un peu d'hésitation, à prier Sr Thérèse, et je

demandai à la chère petite sainte qu'elle me fit savoir par un signe

manifeste, le 2 janvier, qu'elle s'occupait de ma requête. Ce jour même,

au matin, sans que rien pût le faire pressentir, sans que j'aie fait

aucune démarche nouvelle, ma sœur et mon beau-frère venaient me

témoigner leurs regrets et me faire des promesses pour l'avenir.

Toute saisie de ce résultat inespéré, je le fus bien davantage au récit

qu'ils me firent. Ne pensant nullement la veille à faire ce voyage, ils

s'étaient sentis comme poussés par une force surnaturelle et s'étaient

décidés, presque malgré eux, à venir vers moi.

Vous pensez, ma Révérende Mère, que non seulement j'étais ébranlée, mais

convaincue de la puissance de Sr Thérèse au ciel!

Après avoir fait connaître la petite sainte à ces pauvres égarés et

glissé son image dans leur foyer, je lui demandai instamment d'achever

son œuvre en ramenant aux pratiques de la vie chrétienne cette

famille d'infidèles baptisés. Elle n'a pas fait les choses à demi. J'ai

eu dernièrement le bonheur de voir mon beau-frère et ma sœur

s'approcher du tribunal sacré et de la Table sainte avec une foi et une

simplicité vraiment édifiantes.

Sr B.

92.

Trouville-sur-Mer (Calvados), 16 juillet 1910.

Je soussignée, Mme M., demeurant à Trouville-sur-Mer, certifie

l'exactitude absolue des faits ci-dessous relatés et en autorise la

publication pour la plus grande gloire de Dieu et de Sr Thérèse de

l'Enfant-Jésus.

Ma fille aînée, Thérèse, née le 6 octobre 1898, se trouva prise, 14

jours avant la première Communion de l'année dernière, fixée au 6 juin,

d'une entérite aiguë telle qu'elle ne pouvait plus rien prendre que de

l'eau bouillie. Un remède donné imprudemment à dose trop forte l'avait

affaiblie à ce point que, trois jours avant la première Communion, le

jeudi dans l'après-midi, quand elle voulut se lever pour essayer ses

habits de première communiante, elle s'évanouit et dut aussitôt se

remettre au lit. Le docteur, qui la voyait tous les jours, déclara

qu'il était impossible de songer à ce qu'elle prît part à la cérémonie

du dimanche.

Le lendemain vendredi, découragée, j'allai assister à la Messe. Je

rencontrai M. l'abbé L., il me parla de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus

et m'engagea à l'invoquer pour la guérison de ma fille. Je le fis

aussitôt, et quels ne furent pas mon étonnement et ma joie en rentrant

quand je constatai une amélioration subite et considérable! Le docteur,

revenu dans la matinée, m'autorisa à lever l'enfant une heure, et, si le

mieux continuait le lendemain samedi, à la faire confesser dans son lit,

et à la faire assister à la Messe de communion le dimanche matin, à

condition qu'elle se recoucherait aussitôt et se reposerait toute la

journée.

Le lendemain, le mieux s'était confirmé et même augmenté. Thérèse alla

se confesser à l'église et prit part à tous les exercices de retraite de

l'après-midi. Le dimanche, levée dès 5 heures du matin, elle assista,

non seulement à la Messe de communion, mais encore à la grand'Messe, aux

Vêpres et à la procession extérieure, sans aucune fatigue. Le lendemain,

elle assista à la Messe d'actions de grâces, et le surlendemain, au

pèlerinage de Notre-Dame de Grâce, à Honfleur.

Depuis, elle n'a jamais été malade, si bien que je suis heureuse de

pouvoir la compter au nombre de ceux qui ont manifestement éprouvé la

bienfaisante protection de la petite Sr Thérèse dont elle porte le

nom.

En foi de quoi j'ai signé la présente attestation.

Mme M.

93.

Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-même · 第 290 / 403 题