J'avais reçu une éducation chrétienne chez les religieuses de la
Compassion à X., près M.--Mais, rentrée dans le monde, j'eus vite oublié
tout et j'abandonnai bientôt les saintes pratiques de notre religion. Je
revins, quelques années après, pensionnaire au même couvent, et je puis
dire, à ma confusion, que les sentiments chrétiens s'étaient
complètement éteints en moi.
Cependant, on me prêta la Vie de la «petite fleur de Jésus».
Machinalement,--car je n'avais aucun attrait pour tout ce qui était
religieux--je lus ce livre; je l'avais fini le même jour. Mes
sentiments, durant cette lecture, ne changèrent pas; mais pourtant je me
sentis attirée vers cette âme si pure et si sainte; le soir, lorsque
j'eus fini, un quelque chose d'indéfinissable s'emparait de mon âme; la
petite sainte commençait son œuvre.
Le lendemain, 15 juillet 1909, mon esprit était encore plus fortement
préoccupé par le même objet; en même temps, le regret de mes fautes
passées entrait dans mon cœur et l'appel divin se faisait entendre.
Alors il s'engagea en moi une lutte acharnée entre la nature et la
grâce. Le monde m'appelait en me montrant tous ses charmes, et Jésus
m'invitait à le suivre en me faisant voir sa croix et son amour. Je ne
pourrai jamais exprimer ce qui se passa dans mon âme en cette
inoubliable journée!...
Enfin, vaincue par la grâce, j'allai confier mon bonheur à une
religieuse qui tient auprès de moi la place de ma mère. Je lui racontai
le miracle que Sr Thérèse venait d'opérer, je lui dis le désir que
j'avais de me donner entièrement à Nôtre-Seigneur. Puis j'allai trouver
mon confesseur à qui je fis une confession générale de ma vie
passée..... C'était bien fini, la «petite Reine» venait d'effeuiller sa
rose sur mon âme, et désormais j'appartenais à Jésus!.....
Et aujourd'hui, ma Révérende Mère, que j'ai revêtu le saint Habit,
j'attends de notre grande sainte de voir se lever pour moi l'aurore du
beau jour de ma profession. Quelle reconnaissance et quel amour j'ai
pour elle! Ah! remerciez-la avec moi pour le miracle opéré en ma
faveur!...
87.
Couvent du Sacré-Cœur, W. (Angleterre). 24 juin 1910.
Au mois d'août dernier, j'ai dû subir une sérieuse opération qui avait
très bien réussi; mais, quelques mois plus tard, un autre mal ayant fait
son apparition, une nouvelle opération fort critique devint urgente; je
(?)us administrée, il semblait ne plus y avoir d'espoir. Cependant, pour
des raisons à Lui seul connues, Nôtre-Seigneur ne m'appela pas encore;
mais ma santé restait des plus précaires.
Au mois d'avril, j'eus une terrible crise de foie, et cette partie de
l'organisme restait sérieusement atteinte.
Quand je reçus la Vie de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, je me sentis
alors vivement pressée de lui faire une neuvaine. Avec la permission de
ma Supérieure, je vous priai d'avoir la bonté de m'envoyer une relique
de votre chère petite sainte et, dimanche dernier, je commençai la
neuvaine.
La journée, depuis mon lever, fut très mauvaise; j'éprouvais de telles
douleurs, que je me demandais si je pourrais me tenir sur les jambes
jusqu'à la fin du jour. Quand, au moment de la Bénédiction du Saint
Sacrement, toutes douleurs disparurent, et depuis je ne m'en ressens
plus. Je vais très bien, et les forces reviennent à vue d'œil.
Que Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus m'aide à faire un bon usage de cette
santé que je lui dois, après Dieu!
Sr X.
88.