Je viens accomplir un devoir bien doux que m'impose ma conscience, en
vous écrivant ces quelques lignes.
Atteint depuis plus de vingt ans d'une maladie d'estomac, je croyais
être au terme d'une longue durée de souffrances, car, au mois de juillet
dernier, mon mal empira d'une façon inquiétante et mon docteur ne
conservait qu'un bien faible espoir. Les médications n'opéraient plus
et ne m'apportaient aucun adoucissement. L'appétit était nul et je
n'avais plus de sommeil. Les professeurs et élèves devaient partir, vers
le 8 juillet, en colonie de vacances, et j'avais depuis longtemps
renoncé au plaisir de les suivre, tant j'étais épuisé, puisque mon
pauvre estomac ne pouvait plus supporter la moindre nourriture, même
quelques gorgées de lait.
Je reçus alors la visite d'un jeune séminariste qui me parla, en termes
très émus, de la dévotion à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus; il me
proposa de m'associer à une neuvaine de prières faites au Carmel pour ma
guérison. Je priai avec toute la confiance que m'avait inspirée mon ami,
et le 6 juillet, au soir, je demandai à la «petite reine» de pouvoir
dormir jusqu'au lendemain, cinq heures.
Moi qui ne dormais plus, je ne me réveillai le lendemain qu'à l'heure
fixée. Mieux encore: l'appétit était revenu, et le 8 juillet, au matin,
je partis pour un long voyage.
Quinze jours après, je pus suivre une excursion et faire 40 km. à pied
dans une seule journée! Bien des amis qui m'avaient vu si près de la
mort témoigneraient volontiers aujourd'hui du miracle de ma guérison.
Je fais des vœux pour que Sr Thérèse soit connue, vénérée et
bientôt glorifiée sur nos autels.
A. H., _professeur_.
65.
A., 9 décembre 1909.