Je suis chargée par une de mes amies de vous écrire le fait suivant.
Avant de commencer, permettez-moi de vous donner quelques détails pour
vous la faire connaître:
Mme X. est protestante; sa fille, mariée à un Hollandais catholique,
a fait son abjuration et sa première communion depuis son mariage; ce
jeune ménage habite Buenos-Ayres.
Au commencement de cette année, mon amie vous écrivit, vous demandant un
livre de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, car elle voulait faire une
neuvaine à cette petite sainte; elle avait appris que sa fille était
malade et, en même temps, elle recevait la nouvelle que son gendre se
disposait à revenir en Hollande pour recevoir un dernier adieu de son
père mourant. Cette pensée était pour elle une véritable épreuve,
sachant loin d'elle sa fille restée seule et malade.
Chaque jour de la neuvaine, Mme X. lisait un chapitre de la vie de
Sr Thérèse. Or, un jour qu'elle venait d'achever sa lecture, après
avoir senti plusieurs fois une odeur de fleurs et d'encens, elle voit
tout à coup devant elle une mer bleue, sur laquelle voguait un bateau
qu'elle reconnut pour être un de ceux de la Compagnie hollandaise; en
même temps elle entendit comme des bruits de cloches et des voix
célestes qui la ravissaient. Cela dura quelques instants, puis tout
cessa... «Qu'est-ce que ceci?!...» se dit-elle.
Elle ne parla d'abord à personne de ce qui venait de lui arriver; mais
au bout de quelques jours, elle dit à son mari: «Nous avons la
certitude que notre gendre est en route; mais si toute la famille
revient, notre gendre, notre fille, notre petit-fils, je puis te dire
que mes idées religieuses seront changées: je croirai à la communion des
saints, car voilà ce que, pendant ma neuvaine, j'ai vu et entendu.»
Les choses s'étant réalisées à la lettre, Mme X. a tenu sa promesse,
elle croit maintenant à la communion des saints.
Elle-même veut signer cette lettre que je vous écris en son nom.
Veuillez, etc...