Suit le certificat du médecin.
61.
Carmel de V. (Espagne), 7 novembre 1909.
Pour comprendre combien je suis redevable à votre chère petite Sainte,
vous devez savoir de quel mal elle m'a guérie; je vous confierai donc
mon secret afin que vous rendiez grâces à Dieu qui seul peut opérer de
pareils changements.
Depuis plus de six années, je souffrais d'une tentation terrible qui
semblait vouloir empoisonner toute ma vie religieuse. Si heureuse
pourtant dans ma vocation, je me demandais souvent si je ne m'étais pas
trompée et à quoi me servirait ma vie austère de Carmélite, si je
n'avais en perspective qu'une éternité de tourments, car je croyais déjà
mon arrêt de damnation prononcé!... Ces suggestions entravèrent mes
élans vers Dieu que je n'osais plus regarder comme mon Père, mais comme
un juge terrible et irrité.
Pendant cette dernière année 1909, à cet état d'âme si pénible vinrent
se joindre des souffrances physiques continuelles qui rendaient les
épreuves morales encore plus insupportables. C'est alors que je
commençai une neuvaine à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus pour obtenir ma
double guérison.
Au matin du deuxième jour, je la sentis près de moi, infusant dans mon
âme, avec cette paix qui surpasse tout sentiment, un ardent désir de ma
sanctification, une volonté ferme de ne plus vouloir que celle de Dieu.
Ma céleste libératrice opérait en moi une transformation telle que,
depuis lors, l'ombre même de la défiance ne m'a plus effleurée.
Cette grâce ne peut s'exprimer.
Sr X.
62.
S. M., Portugal, 14 novembre 1909.
Au commencement du mois de mai, mon frère s'était fait mal à la jambe et
la blessure, d'abord insignifiante, devint de plus en plus grande et
prit un aspect horrible: elle allait du genou au pied. Il souffrait de
grandes douleurs, et tous les jours le mal devenait plus grave. Ce qui
nous faisait perdre courage, c'était l'exemple de notre oncle, affligé,
depuis bien des années, d'une semblable blessure qu'on n'a jamais pu
guérir... Je me suis alors tournée avec confiance vers Sr Thérèse de
l'Enfant-Jésus. Nous fîmes trois neuvaines de suite, et, à la dernière,
la jambe fut guérie.
J. M. de B.
63.
D., Sénégal, 18 novembre 1909.
Vers la mi-janvier 1909, je fus pris d'un chagrin immense, d'une
tristesse et d'un abattement insupportables.
J'avais perdu tout appétit, toute gaieté, je maigrissais à vue d'œil,
le temps me paraissait ne pas s'écouler; et, ne prenant de plaisir
absolument à rien, la neurasthénie vraiment horrible qui m'étreignait me
rendait l'existence d'une amertume que pourront comprendre seuls ceux
qui ont subi les effets de cette mauvaise maladie...
Je m'adressai au Sacré-Cœur de Jésus, à Notre-Dame de Lourdes, les
suppliant de faire cesser cet état de découragement si profond et cette
lassitude dont je ne pouvais m'affranchir.
Pendant quatre longs mois, le ciel sembla demeurer sourd à mes prières
et à mes supplications, et je songeais à me faire rapatrier du Sénégal,
quand, vers les premiers jours du mois de Marie, je me pris à rougir de
mon manque d'énergie, je me sentis pris d'un grand courage pour réagir
contre mon état mental, cause de tous les maux dont je souffrais. Les
forces me revinrent avec l'appétit: la neurasthénie avait totalement
disparu. La vie me réapparut pour ainsi dire belle et pleine de charmes.
Le 17 mai, je reçus de ma famille une lettre où l'on m'annonçait que
l'on avait commencé et même terminé, à mon intention, une neuvaine en
l'honneur de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, carmélite, morte en 1897,
en odeur de sainteté, au Carmel de Lisieux.
Je dois dire que mes souffrances morales ont pris fin vers les premiers
jours de mai, c'est-à-dire précisément au moment où commençait la
neuvaine en l'honneur de la sainte carmélite.
Je délivre cette attestation en reconnaissance de la faveur obtenue.
O. B., _officier_.
64.
N. (Alpes-Maritimes), 21 novembre 1909.