25 mars 1897.

Un lis au milieu des épines.

Composé pour une novice.

Air: _L'envers du ciel_.

O Seigneur tout-puissant! dès ma plus tendre enfance,

Je puis bien m'appeler l'œuvre de ton amour;

Je voudrais, ô mon Dieu, dans ma reconnaissance,

Ah! je voudrais pouvoir te payer de retour.

Jésus, mon Bien-Aimé, quel est ce privilège?

Pauvre petit néant, qu'avais-je fait pour toi?

Et je me vois ici, suivant le blanc cortège

Des vierges de ta cour, aimable et divin Roi!

Hélas! je ne suis rien que la faiblesse même;

Tu le sais bien, mon Dieu, je n'ai pas de vertus!

Mais tu le sais aussi, pour moi, le bien suprême

Qui me charma toujours... c'est toi, mon doux Jésus!

Lorsqu'en mon jeune cœur s'alluma cette flamme

Qui se nomme l'amour... tu vins la réclamer.

Et loi seul, ô Jésus, pus contenter mon âme,

Car jusqu'à l'infini j'avais besoin d'aimer!

Comme un petit agneau loin de la bergerie,

Gaîment je folâtrais, ignorant le danger;

Mais, ô Reine des cieux, ma Bergère chérie,

Ton invisible main savait me protéger!

Ainsi, tout en jouant au bord des précipices,

Déjà tu me montrais le sommet du Carmel;

Je comprenais alors les austères délices

Qu'il me faudrait aimer pour m'envoler au ciel.

Seigneur, si tu chéris la pureté de l'Ange,

De ce brillant esprit qui nage dans l'azur,

N'aimes-tu pas aussi, s'élevant de la fange,

Le lis que ton amour a su conserver pur?

S'il est heureux, mon Dieu, l'Ange à l'aile vermeille

Qui paraît devant toi tout blanc de pureté,

Ma robe, dès ce monde, à la sienne est pareille,

Puisque j'ai le trésor de la virginité!

1897.

La rose effeuillée.

Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-même · 第 158 / 403 题