21 janvier 1897.

[Illustration]

Mes Armes.

A une novice pour sa Profession.

Air: _Partez, hérauts_...

«L'épouse du Roi est terrible comme une armée rangée en bataille;

elle est semblable à un chœur de musique dans un camp d'armée.»

_Cant._, VI, 3; VII, I.

«Revêtez-vous des armes de Dieu, afin que vous puissiez résister

aux embûches de l'ennemi.» Ephes., VI, II.

Du Tout-Puissant j'ai revêtu _les armes_,

Sa main divine a daigné me parer;

Rien désormais ne me cause d'alarmes,

De son amour qui peut me séparer?

A ses côtés, m'élançant dans l'arène,

Je ne craindrai ni le fer ni le feu;

Mes ennemis sauront que je suis reine,

Que je suis l'épouse d'un Dieu.

O mon Jésus! je garderai l'armure

Que je revêts sous tes yeux adorés;

Jusqu'au soir de l'exil, ma plus belle parure

Sera mes vœux sacrés.

_O Pauvreté_, mon premier sacrifice,

Jusqu'à la mort tu me suivras partout;

Car, je le sais, pour courir dans la lice,

L'athlète doit se détacher de tout.

Goûtez, mondains, le remords et la peine,

Ces fruits amers de votre vanité;

Joyeusement, moi je cueille en l'arène

Les palmes de la Pauvreté.

Jésus a dit: «_C'est par la violence

Que l'on ravit le royaume des cieux._»

Eh bien! la Pauvreté me servira de _lance_,

_De casque glorieux_.

_La Chasteté_ me rend la sœur des Anges,

De ces esprits purs et victorieux.

J'espère un jour voler en leurs phalanges;

Mais, dans l'exil, je dois lutter comme eux.

Je dois lutter, sans repos et sans trêve,

Pour mon Epoux, le Seigneur des seigneurs.

La Chasteté, c'est le céleste _glaive_

Qui peut lui conquérir des cœurs.

La Chasteté, c'est mon arme invincible;

Mes ennemis, par elle, sont vaincus;

Par elle je deviens, ô bonheur indicible!

L'épouse de Jésus.

L'Ange orgueilleux, au sein de la lumière,

S'est écrié: «Je n'obéirai pas!...»

Moi, je répète en la nuit de la terre:

Je veux toujours obéir ici-bas.

Je sens en moi naître une sainte audace,

De tout l'enfer je brave la fureur.

_L'Obéissance_ est ma forte _cuirasse_

Et le _bouclier_ de mon cœur.

O Dieu vainqueur! je ne veux d'autres gloires

Que de soumettre en tout ma volonté;

Puisque l'_obéissant redira ses victoires_

Toute l'éternité!

Si du guerrier j'ai les armes puissantes,

Si je l'imite et lutte vaillamment,

Comme _la vierge aux grâces ravissantes,

Je veux aussi chanter en combattant_.

Tu fais vibrer de _ta lyre_ les cordes,

Et cette lyre, ô Jésus, _c'est mon cœur!_

Alors je puis de tes miséricordes

Chanter la force et la douceur.

En souriant je brave la mitraille,

Et dans tes bras, ô mon Epoux divin,

En chantant je mourrai sur le champ de bataille,

_Les armes à la main!_

Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-même · 第 157 / 403 题